Palestine occupée

Pour l'instant, la troisième Intifada ne menace pas Israël



Andreï Mourtazine
Mercredi 29 Septembre 2010

Pour l'instant, la troisième Intifada ne menace pas Israël
Ironie du sort, ou logique historique, l'échec des négociations actuelles à Washington entre le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a coïncidé avec le triste anniversaire dans la politique proche-orientale.
La deuxième Intifada a commencé il y a exactement dix ans, plus précisément le 28 septembre 2000 avec le soulèvement armé des Arabes palestiniens résidant sur les territoires de la Cisjordanie, dans la bande de Gaza et en Israël même.

La deuxième Intifada n'a cessé qu'après le décès de Yasser Arafat, premier président inamovible de l'OLP (l'Organisation de libération de la Palestine) en novembre 2004. Un peu plus tôt, les services secrets israéliens ont liquidé par des attaques aériennes ciblées les idéologues du Hamas à Gaza : le cheikh Ahmed Yassine et Abdel Aziz Al-Rantissi.
Il convient de rappeler que le premier soulèvement de ce genre, une sorte de guérilla, commença en 1987 et se termina autrement : par la victoire politique des Arabes en 1994. L'Autorité palestinienne présidée par Yasser Arafat apparut alors à Gaza et en Cisjordanie.
Rappelons la chronologie. Le 28 septembre 2000, lorsque le premier ministre israélien était Ehud Barak, leader du parti Avoda, son principal concurrent Ariel Sharon, leader du Likoud, bloc d'opposition de partis de droite, accompagné d'une centaine de policiers monte sur le Mont du Temple (l'esplanade des mosquées) à Jérusalem et entre avec sa suite dans la partie arabe de la ville où se trouve la mosquée al-Aqsa, le troisième lieu saint musulman par ordre d'importance. Les Arabes indignés se sont mis à jeter des pierres sur Sharon et les personnes qui l'accompagnaient, la police a réagi en employant des matraques et des grenades à gaz lacrymogène. Cela s'est passé jeudi. Le lendemain, après la prière de vendredi, des troubles ont repris de plus belle à l'initiative des jeunes Arabes. Ils ont de nouveau jeté des pierres et des bouteilles incendiaires sur les policiers. Ceux-ci ont tiré des balles de caoutchouc en tuant 4 Arabes.
Les jours suivants, le soulèvement s'est étendu pratiquement à toutes les enclaves palestiniennes de Cisjordanie et, partiellement, à la bande de Gaza. Toute la police palestinienne créée par l'administration d'Arafat a, en fait, passé aux côtés des insurgés. Les Arabes étaient déjà armés non seulement de pierres, mais aussi de cocktails Molotov et d'armes à feu: des fusils mitrailleurs Kalachnikov. L'armée régulière a été lancée pour défendre les Israéliens.
On peut discuter longtemps sur les causes de l'Intifada. A première vue, elle fut provoquée par Ariel Sharon brûlant du désir d'affaiblir le premier ministre Ehud Barak qui était son principal concurrent politique et qui, selon le Likoud, était en train de faire trop de concessions aux Arabes. En effet, Barak avait fait des concessions : il retira les troupes israéliennes du Sud-Liban occupé par les Israéliens à la suite de la guerre de 1982 et menait, avec la médiation du président américain, des pourparlers avec Yasser Arafat sur la création d'un Etat palestinien indépendant et le règlement définitif du conflit palestino-israélien.
La dernière étape de ces pourparlers eut lieu en juillet 2000 à Camp David, mais les parties opposées n'avaient pu s'entendre sur deux points fondamentaux : le statut de Jérusalem Est que les Arabes considèrent comme la future capitale de l'Etat palestinien et le retour en Israël des réfugiés chassés de leurs terres à la suite des guerres arabo-israéliennes.
D'autre part, l'Intifada intéressait également certains dirigeants palestiniens comme un moyen de faire pression sur Israël. Il s'agit notamment de Yasser Arafat qui, six ans après son retour dans sa patrie, ne put, ou ne voulait pas, créer un Etat indépendant, ainsi que de certains jeunes leaders radicaux palestiniens, comme, par exemple, Marwan Barghouti, dirigeant du Fatah pour la Cisjordanie, qui avait essayé de faire plier la colombe Barak.
Mais, comme cela était arrivé maintes fois dans l'histoire des guerres arabo-israéliennes, les Palestiniens sous-estimèrent les conséquences de leurs actions et, finalement, récoltèrent la " tempête ". Le bilan des 5 années de confrontation : environ 3 000 Arabes et 900 Israéliens morts, la guerre coûta le poste de premier ministre à Ehud Barak. Ariel Sharon qui lui succéda en février 2001 réduisit pratiquement à néant tous les efforts pacifiques de son prédécesseur et le processus de paix débuté à Madrid en 1991 fut pratiquement gelé.
Que voyons-nous aujourd'hui? Tout d'abord, la division du camp des Palestiniens en modérés et en radicaux. Parmi les modérés, il faut citer le président actuel de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas n'ayant pas le charisme, le pouvoir et l'argent de Yasser Arafat. Il ne peut fonder son espoir que sur les Etats-Unis, principal médiateur pour le Proche-Orient, capable d’exercer une pression réelle sur Israël. En principe, Abbas est contre la confrontation armée avec Israël, mais les partisans de la lutte armée contre Israël, les radicaux des groupements du Hamas, le " Djihad islamique " et d'autres, sont actuellement concentrés dans la bande de Gaza qui subit un sévère blocus militaire et économique imposé par Israël.
En décembre 2008 et en janvier 2009, l'armée israélienne a porté une frappe préventive aux principales forces de choc du Hamas. Les principaux états-majors (cellules locales) du Mouvement de résistance islamique, ainsi qu'un grand nombre de ses combattants ont été liquidés au cours de l'opération Plomb durci. Un grand nombre de civils en ont également été victimes. L'Europe et la Russie ont alors condamné Israël pour l'emploi disproportionné de la force, mais Tel-Aviv a atteint l'objectif fixé. Toute la structure militaire du Hamas à Gaza a été pratiquement détruite. Le blocus israélien rigoureux a fermé les canaux des livraisons illégales d'armes et la situation désastreuse oblige les habitants de Gaza à songer aux moyens de se procurer du pain quotidien, et non pas à la guerre.

Dans ces conditions, Israël peut ne pas craindre une répétition de l'Intifada, au moins, durant quelques années.
Ce texte n'engage que la responsabilité de l'auteur

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Mercredi 29 Septembre 2010


Commentaires

1.Posté par Majid le 29/09/2010 14:42 | Alerter
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Bonjour,
Toute la structure de la mouqawama n'est pas détruite mon cher, tu es trop pessimiste nous les musulmans on supporte toout les malheurs du monde pour la cause de l'eternel ALLAH on sacrifie beaucoup plus, mais ce n'est que la vie terrestre, on espere mieu dans l'au delà inchallah, encore plus on n'a pas encore perdu la guerre contre ses sionistes satanistes.
on n'abandonne jamais et la victoire finale est pour nous plus ElQods inchallah, la Oumma n'a jamais cessée de donner naissance à des hommes comme Salah Eddine, ne l'oubliez pas, eux ils le savent, et ils ont peur de nous mëme étant faible militairement comme tu dis.
Cordialement majid.
La Mouquawama ne mourra jamais .

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