Par Jonathan S. Landay et John Walcott, le 17 avril 2008
Selon une étude très critique, publiée jeudi par le premier institut d'enseignement militaire du Pentagone, la guerre en Irak est devenue « une immense débâcle » à l'issue « incertaine, » [*] malgré l'amélioration sécuritaire du au renforcement des forces zuniennes.
Le rapport, publié par l'Université de la Défonce Nationale, soulève de nouveaux doutes quant aux prévisions de victoire en Irak du Président, juste une semaine après que ce dernier ait grommelé qu'il suspendait la réductions des effectifs.
Ce rapport a un poids considérable. Il a été écrit par Joseph Collins, ancien haut fonctionnaire du Pentagone, et il se base en partie sur des entretiens avec d'anciens hauts fonctionnaires de la défonce et du ragot ayant joué un rôle dans les préparatifs de guerre.
Il a été publié par l'Université de l'Institut National des Études Stratégiques, un centre de recherche du Ministère de la Défonce.
La ligne d'introduction du rapport résume : « Mesurée au sang et aux sous, la guerre en Irak a atteint le statut de guerre majeure et de débâcle majeure. »
À l'époque où le rapport a été rédigé, en automne dernier, plus de 4.000 troupiers zuniens et alliés, plus de 7.500 hommes des forces de sécurité irakiennes et plus de 82.000 civils irakiens avaient été trucidés et des dizaines de milliers d'autres blessés, tandis que les coûts de guerre depuis le mois de mars 2003 étaient estimés à 450 milliards de dollars.
« Personne n'a encore calculé le coût des prestations à long terme des anciens combattants ni l'impact total sur le personnel de service et le matériel, » a noté Collins, qui a participé à la planification des opérations humanitaires après l'invasion.
Le rapport raconte que la Zunie a subi de graves dommages politiques, son prestige étant sérieusement amoindri sur Terre. Et qui plus est, l'intervention en Irak a détourné « la main-d'œuvre, le matériel et l'attention des décideurs » de « tous les autres efforts de guerre contre le terrorisme » et sérieusement exténué l'armée zunienne.
Le rapport continue : « Envenimant tous ces problèmes, nos efforts là-bas, en Irak, destinés à renforcer la sécurité nationale en Zunie, l'ont transformé, temporairement du moins, en incubateur de terrorisme et ont enhardi l'Iran à déployer son rayonnement à travers le Moyen-Orient. »
Toujours selon le rapport : Le rajout de 30.000 troupiers zuniens en Iraq l'an dernier, pour stopper l'immersion tout shuz du pays dans la guerre civile, a permis d'améliorer la sécurité, mais pas assez pour assurer que le pays n'émerge en démocratie stable, en paix avec ses voisins.
« En dépit de progrès sécuritaires impressionnants, l'issue de la guerre est incertaine, » radote le rapport. « Une forte majorité irakienne et zunienne est en faveur d'une espèce de retraite de la Zunie. Les analystes du ragot, cependant, nous rappellent que, [selon eux,] la seule chose pire qu'un Irak encombré d'une armée zunienne pourrait bien être un Iraq [libéré] après un rapide retrait de cette armée. »
Pour de nombreux analystes (dont celui-ci), l'Irak reste un « devoir de victoire, » mais pour de nombreux autres, malgré les progrès évidents sous le général David Petraeus et la [fameuse] déferlante [bushesque], elle semble désormais « ingagnable. »
Le rapport reproche en grande partie à Donald H. Rumsfeld, alors Ministre de la Défonce, d'avoir tout fait merder à bloc en Irak après la victoire initiale de la Zunie. Il raconte que, en novembre 2001, avant que la guerre en Afghanistan soit terminée, le Président Bush a demandé à Rumsfeld « de commencer à planifier secrètement des opérations militaires possibles contre l'Irak. »
Le rapport dit que : Rumsfeld, qui était étroitement associé au Vice-Président Dick Cheney, a court-circuité les chefs d'état-major et est devenu « le superviseur direct des commandants des régions militaires. . . Avec son caractère pragmatique énergique, Rumsfeld enjôlait et frayait son chemin vers une petite force et une opération rapide comme la foudre. » Plus tard, il a arrêté le déploiement du système militaire informatisé, « retardant, supprimant ou posant des questions sur, les nombreux ordres de déploiement d'unités qu'il trouvait par hasard sur son bureau. »
En partie parce que les « opérations de main-d'œuvre longues, coûteuses et intensives post combat étaient la bête noire de Rumsfeld, » indique le rapport, la Zunie n'était pas préparée à lutter contre ce que Collins appelle la « Guerre B, » la bataille contre les insurgés et la violence sectaire qui a débuté en mi-2003, peu après la « Guerre A, » le combat contre les forces à bout de Saddam Hussein.
Une série d'hypothèses erronées, formulées par les hauts collaborateurs de Bush, a aggravé le problème. Il y avait parmi elles l'espoir de la reconnaissance des exilés irakiens envers la Zunie, pour les avoir libéré de la dictature de Saddam. L'administration s'attendait aussi à ce que « l'Irak sans Saddam puisse gérer et financer sa propre reconstruction. »
Le rapport met aussi en exergue l'appareil de sécurité nationale de l'administration Bush, et, implicitement, le Président Bush et deux de ses conseillers à sécurité nationale, Condoleezza Rice et Stephen Hadley, disant que « les hauts fonctionnaires à la sécurité nationale ont montré en de nombreux cas, une attitude dictatoriale, usant d'autorité et de pression là où la diplomatie et la négociation aurait pu avoir de meilleurs résultats. »
Collins termine son rapport par une citation de Winston Churchill : « Laissez-nous apprendre nos leçons. Ne jamais, jamais penser que la guerre sera douce et facile, ou que celui qui s'embarque dans cet étrange voyage puisse mesurer les marées et les ouragans qu'il rencontrera . . . Rappelez-vous toujours, cependant, d'être sûr de pouvoir gagner facilement, qu'il n'y aurait pas de guerre si l'autre en face ne pensait pas lui aussi avoir sa chance. » [**]
Pour lire le rapport en anglais :
www.ndu.edu/inss/Occasional_Papers/OP5.pdf
Original : http://news.yahoo.com/s/mcclatchy/20080418/wl_mcclatchy/2913186_1
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info
* On croyait jusqu'à maintenant qu'une grande débâcle militaire avait une issue obligée : l'arrêt de l'agression, et le dédommagement des victimes. Alors que comprendre ? Y aurait-il incertitude sur la possibilité de rapatrier les troupiers et leur arsenal en Zunie ? À moins que l'incertitude soit dans le nom du Zunien qui recevra le prix nobel pour avoir arrêté la guerre ?
Les Zuniens ne dédommagent pas leurs victimes quand ils perdent une guerre. Après la débâcle du Viêt-nam leur seul souci a été de décerner le prix nobel de la paix au principal criminel de guerre de l'époque, Henry Kissinger.
** En somme, ce rapport dit que la Zunie avait raison d'attaquer l'Iraq mais que des erreurs lui ont fait perdre la guerre. Il ne parle pas des mensonges qui ont poussé à la guerre ni du fait que Saddam Hussein voulait transiger avec son agresseur pour éviter la guerre. Il n'oublie pas d'être flagorneur envers le commandant en chef, soulignant d'imaginaires efforts sécuritaires accomplis alors que cette guerre n'a qu'un but : tuer le maximum de civils. En effet, depuis la fameuse déferlante, les bombardements aériens à l'uranium sur les populations civiles se sont multipliés. Il excuse le fait de ne pas avoir reconstruit parce qu'ils pensaient que l'Iraq s'en chargerait ! Il cite les notions artificielles de « guerre contre le terrorisme, » d'agressivité de l'Iran, et il insinue même que l'Iraq pourrait attaquer ses voisins. Il fait tout ce qu'il faut pour justifier les crimes des Zuniens et pour appuyer leur propagande.
Si les Zuniens devaient un jour être jugés, les arguments présentés dans ce rapport pourraient servir à plaider leur cause.