Par Gabriele Zamparini, le 6 mai 2008
Getcha popcorn ready ! Le théâtre de marionnettes de la Zone Verdâtre de Bagdad est en train de monter un nouveau spectacle : le procès de Tareq Aziz.
Le chef d'accusation de l'ancien Vice-Premier Ministre irakien, à l'époque où l'Iraq était encore libre et un pays, concerne l'exécution de 42 marchands de Bagdad en 1992. Quand l'Irak était sous l'embargo génocide imposé par les États-Zionistes et leur sous-fifre britannique par l'intermédiaire des Nations Unies.
Le 5 août 1992, le New York Times rapportait :
Mais le n'importe quoi est arrivé quand les autorités irakiennes, face à la montée de la colère publique due à la hausse du prix des denrées alimentaires provoquée par la dévaluation, ont arrêté environ 500 commerçants pour spéculation et affairisme, et ont ensuite exécuté 42 d'entre eux dans une tentative pour faire baisser les prix. [NDT : sic.]
Comprendre quelle pourrait être la responsabilité d'un Vice-Premier Ministre dans pareille affaire est épineux, mais si les guignols sanguinaires voulaient trouver le coupable il leur suffisait de chercher chez les marionnettistes, à Washington et à Londres.
Tareq Aziz a été détenu en otage par l'occupant hors-la-loi de son pays pendant cinq ans, il n'a été jusqu'ici ni inculpé, ni jugé ni mis en examen. Mais la nouvelle loi d'amnistie stipule que toute personne détenue pendant un an sans être déférée devant un tribunal doit être remise en liberté. Les bouffons et les marionnettistes ne peuvent accorder ça à Aziz. Non seulement il a refusé de déposer contre le Président irakien Saddam Hussein, mais il a aussi fait son éloge d'un ton provoquant quand il a été appelé à témoigner : « J'ai eu l'honneur de travailler avec l'ancien régime et avec le héros Saddam Hussein. Il est le héros derrière l'unité et la souveraineté de l'Iraq. C'est un honneur pour moi. »
En avril 1980 Tareq Aziz, alors Ministre des Affaires Étrangère et Vice-Premier Ministre irakien, a survécu à une tentative d'assassinat soutenue par l'Iran et effectuée par des membres du Parti islamique Dawa (le parti de Maliki, le Premier Ministre fantoche). Dans l'attaque, des membres du Parti islamique Dawa ont jeté une grenade vers Aziz dans le centre de Bagdad. L'attentat a tué plusieurs personnes. Cet acte terroriste comptait au nombre des faits motivant la guerre entre l'Iran et l'Iraq.
Aziz est catholique chaldéen. Combien de pays chrétiens ont un Ministre des Affaires Étrangère et un Vice-Premier Ministre musulman ? Washington et Londres ont fait beaucoup d'efforts pour décrire l'Irak d'avant l'occupation comme un pays sectaire gouverné par une minorité. Cette propagande, visant à diaboliser l'Iraq et à jouer un rôle décisif dans l'invasion et l'occupation (vous souvenez-vous de la liberté irakienne ?), a été diffusée non seulement par le Parti de la Guerre et ses nombreux larbins de la corporation médiatique d'État, mais aussi, et de manière beaucoup plus honteuse, par de nombreux gauchistes et des sorties de la presse alternative. Le résultat est le Nouvel Irak, un lieu, même plus un pays, déchiré en morceaux par les ennemis de Saddam Hussein, une horde de terroristes et de seigneurs de guerre installés et soutenus par les grands marionnettistes, les États-Zionistes et l'Iran. Bien entendu, pour leur précieuse assistance, des remerciements doivent être accordés aux nostalgiques de Grande-Bretagne, d'un ancien empire qui n'est toujours pas devenu la colonie du Saint Israël, le 51ème État (ou le 1er, ça dépend par où on commence à compter) des États-Zioniens d'Amnésique, et à la jamais absente Communauté Internationale de hyènes et de vautours.
Au théâtre de marionnettes de la Zone Glauque, Le Procès de Tareq Aziz mettra en vedette le « juge » kurde Rauf Rachid Abdel Rahman, qui présidait déjà dans les dernières scènes du lynchage de Saddam Hussein en 2006, suite à la démission de son prédécesseur, le juge kurde Rizgar Amin, qui craignait pour sa vie après que le gouvernement collabo sectaire l'ait été critiqué pour « mollesse » envers Saddam au tribunal. À l'époque, Moqtada al-Sadr a joué un grand rôle dans ce spectacle, qui comportait aussi le kidnapping, la torture et l'assassinat de quelques avocats de la défense.
Par curiosité, juste quelques jours avant l'assassinat du Président irakien Saddam Hussein, Raouf Rachid Abdel Rahman s'est enfui d'Iraq et a demandé l'asile politique en Grande-Bretagne avec sa famille.
Maintenant il est de retour sur la scène, le spectacle doit continuer après tout ! La dernière fois, Amnesty International, Human Rights Watch et l'Organisation des Nations Unies, n'ont donné au spectacle que de très mauvaises critiques. Mais qui s'occupe des critiques ? Les quelques spectateurs sont déjà très pressés de sabrer une nouvelle bouteille de champagne !
Gabriele Zamparini est cinéaste et écrivain indépendant vivant à Londres. C'est le producteur et le réalisateur des documentaires sur DVD « XXI CENTURY » et « The Peace ! » et l'auteur de « American Voices of Dissent » (Paradigm Publishers). Il est joignable à l'adresse info@thecatsdream.com. Tout sur lui et sur son travail sur thecatsdream.com/.
Original : http://onlinejournal.com/artman/publish/article_3254.shtml
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info