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Politique identitaire et holocauste


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Paul Craig Roberts
Samedi 23 Septembre 2017

Politique identitaire et holocauste


    Les signes de l'effondrement des États-Unis sont partout. Apparemment, nul ne les remarque. Le monde vote toujours avec les États-Unis à l’ONU. À partir du moment où même la Russie et la Chine servent de domestiques à la politique étrangère des États-Unis en votant avec eux contre la Corée du Nord, le cliché du caractère exceptionnel et indispensable de ce pays paraît être un succès de propagande, même au sein des ennemis les plus menacés de Washington. Quand la Russie et la Chine suivent l’exemple des États-Unis, le monde comprend qu'il n'y a aucune alternative au leadership de Washington.


    Avec une dette publique de 20 billions de dollars – un endettement privé encore plus grand, une population active submergée de découverts et se contentant d’humbles services domestiques tiers-mondistes peu payés, un marché boursier gonflé au-delà de toute raison par les liquidités de la Réserve fédérale et des entreprises qui rachètent leurs propres actions avec leurs bénéfices, une armée aux prises depuis 16 ans avec quelques musulmans piètrement armés, un ministère de la propagande tenant lieu de presse et pour conséquence l'ignorance du public et l’effondrement total de la morale dans les institutions publiques et privées ainsi que la disparition de courage –, les États-Unis sont néanmoins capables de faire danser le monde entier au son de leur musique. Washington est le magicien d'Oz.


    Au cours des 16 dernières années, Washington a entièrement ou partiellement détruit des pays, massacré, mutilé, fait des orphelins et des veuves, et déplacé des millions de gens. Malgré cela, Washington se présente toujours comme le grand défenseur des droits de l'homme, de la démocratie et de tout ce qui est bien. Les Étasuniens n’ont pas beaucoup élevé la voix pour protester contre les énormes crimes commis par « leur » gouvernement contre l'humanité.


    L'ONU n'a adopté aucune résolution condamnant le gouvernement des États-Unis pour ses agressions sans fin, ses crimes de guerre horribles et ses interventions illégales dans d'autres pays.


    Washington compte sur la menace au lieu de la diplomatie, et c’est acceptable pour le monde. Financée par l'argent étasunien, l'ONU siège comme un club d'approbation au service des États-Unis.


    Devenues des structures d'État policier, les organismes sécuritaires ont transformé l'obligation de signaler les crimes de guerre en acte de trahison punis de peines d'emprisonnement. Le code militaire, tout comme la Constitution des États-Unis et les lois qui les mettent en vigueur, sont lettres mortes, non respectés et non imposés.


    Étudions l’affaire de Bradley/Chelsea Manning. Bradley Manning a diffusé un film montrant, comme dans un jeu vidéo, des troupes étasuniennes qui massacraient des journalistes, des piétons, un bon samaritain et ses enfants. Ces massacres sont des crimes de guerre. Mais c'est Manning, celui qui les a révélés au lieu de ceux qui les ont commis, qui a été puni.


    Dernièrement, après sa libération de prison, Chelsea Manning a été proposée à la nomination de collaboratrice émérite à l'école Kennedy de l'université de Harvard. Harvard a très probablement fait cela pour afficher son parti pris envers le transsexualisme, surtout pas envers les diseurs de vérités condamnés à tort et fait passer pour traîtres. Il en a résulté un tollé : Comment se fait-il que l’université de Harvard ose vraiment embaucher une jeteuse d’alerte. Manning pourrait ficher parterre toute la Matrice.


    Pour empêcher cela, Mike Morell, ancien adjoint et directeur intérimaire de la CIA, a démissionné de son titre de membre senior non-résident de Harvard, au motif qu'il « ne peut pas faire partie d'une organisation qui honore un traître coupable d’avoir diffusé de l’information confidentielle ». Morell est à l’aise dans sa situation d’opposant à la jeteuse d’alerte, Manning. Morell s’inquiète juste de passer pour un adversaire du transsexualisme. Aussi, voici ce qu’il a ajouté dans sa lettre de démission : « Il est important de noter que je soutiens pleinement les droits de Mme Manning en tant que transsexuelle, y compris son droit à servir notre pays dans l'armée étasunienne. »


    Morell, rappelez-vous, est l'immoraliste fou qui a dit à l'émission de télévision Charlie Rose, que les États-Unis devraient commencer à massacrer des Russes pour leur envoyer un message. Les Étasuniens devraient s’alarmer que des gens aussi fous que Morell puissent parvenir aux rangs supérieurs de la CIA.


    Bien entendu, sous la pression de la CIA, l’université de Harvard a cédé et a annulé la nomination de Manning.


    Est-ce que quelqu'un s'est plaint auprès de Harvard au sujet de la nomination de Morell ? Morell, contrairement à Manning, est un véritable criminel, bien que ce ne soit pas reconnu. En tant que responsable de la CIA, Morell est associé à son programme de torture, un crime selon les lois étasuniennes et internationales. Harvard et Morell se sentent bien avec la torture, mais dire la vérité à son sujet est interdit. Tel que Morell voit les choses, commettre des crimes de guerre ne fait aucun tort aux États-Unis, tant que Manning n'en parle pas.


    Empêcher la dénonciation des crimes incessants du gouvernement, est l’unique raison du classement confidentiel de l'information. Pourtant, l’administration des États-Unis entière, les facultés de droit et les tribunaux qui sont censés faire observer la loi, ne parlent pas de la politique qui rend invisibles les crimes gouvernementaux et qui condamne les dénonciateurs de crimes qui autrement passeraient inaperçus.


    Comment qualifier le courage des gens de Harvard ? Est-ce que la note F- est assez basse ? De mon temps, les universitaires n'étaient pas des lâches méprisables qui servent d'hommes de paille aux crimes du gouvernement.


    Aussi embarrassante pour les États-Unis que soit cette affaire, passons à l'élément le plus intéressant. Morell n'est pas gêné par la répression contre une tireuse d’alarme qui a révélé des crimes de guerre, mais Morell est gêné parce qu’il semble en désaccord avec la politique identitaire. Il craint de paraître adversaire du transsexualisme.


    En d'autres termes, ce qui ressort de tout cela, c’est que la politique identitaire surpasse la vérité. Nous le voyons partout, de l'enlèvement des statues au Parti démocrate, avec Hillary Clinton et le Comité national démocrate s’attaquant à la classe ouvrière, la qualifiant maintenant de Blancs racistes, sexistes et homophobes. De nos jours, les deux partis politiques étasuniens représentent les industries de l'armement, les compagnies qui délocalisent l’emploi, les grandes banques et Wall Street. Aucun parti politique ne représente le peuple.


    Effectivement, les gens partagés en groupes se retournent les uns contre les autres. C'est le but de la politique identitaire. À part les hétérosexuels blancs, tous les autres groupes sont des victimes. Femmes, Noirs, hispaniques, homosexuels et transsexuels, tous apprennent que leurs ennemis ne sont pas les industries d'armement, les entreprises qui délocalisent, le secteur financier ou Washington, mais les Blancs hétérosexuels que la politique identitaire assimile à la classe ouvrière. Des femmes, des Noirs, des hispanophones et des homosexuels sont naturellement aussi membres de la classe ouvrière, mais ils ne se voient plus ainsi. Ils se considèrent femmes, Noirs, hispaniques, homosexuels et victimes ; pas victimes de l’administration et des puissants groupes d'intérêts que sert le gouvernement, mais victimes des Blancs… et des statues de la « guerre civile ».


    La controverse à propos de la statue de Robert E. Lee, dans la ville de Virginie Richmond, capitale des États confédérés d'Amérique, est à nouveau d’actualité. Les attaques contre les statues sont l'une des façons dont la gauche libérale/progressiste enseigne la haine. D'abord, la haine est contre les statues, les objets inanimés. Comme nous l'avons vu dans les vidéos de la statue du soldat confédéré qui a été abattue, les profanateurs du monument ont craché sur la statue et lui ont donné des coups de pied, comme à une personne.


    Pour la populace ignorante, cet objet inanimé est un substitut de Blanc raciste du sud qui, croit-elle, « combattait pour l'esclavage ». Et la haine ne s'arrête pas là. Elle s'étend aux Pères fondateurs qui ont écrit la Constitution. La populace ignorante, sans doute des étudiants et des gens venus en bus, payés par on ne sait qui, voient dans la Constitution un document raciste, écrit par des racistes parce qu’elle dit de rendre à leurs propriétaires les biens qui se sont enfuis (les esclaves). La populace est incapable de comprendre qu’au 18ème siècle, l'esclavage était légal et pratiqué par de nombreuses entreprises. Pour la populace ignorante, l'esclavage n’était pas motivé par le manque de main-d'œuvre, mais par la haine du Blanc envers les gens de couleur. La gauche libérale/progressiste enseigne que c’est par racisme que les Blancs ont asservis les Noirs.


    Comme l’explique Roger D.McGrath dans le numéro de juin 2017 de Chronicles, et comme l'ont bien fait comprendre d'innombrables historiens, en particulier le socialiste Karl Polanyi, chaque race a été asservie. En Amérique du Nord, des Irlandais furent achetés et vendus. Mais les idéologues qui vendent la haine ne se soucient pas des faits. Leur but est de propager la haine, et au diable la vérité. Les gauchistes libéraux/progressistes étant essentiellement des Blancs, la haine qu'ils prêchent va revenir sur eux et les déborder. C’est dur !


    Alors qu’aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Europe et au Canada, du fait de la forte immigration non blanche et de la grande différence de taux de natalité, les populations blanches deviennent des groupes minoritaires, quelle conséquence prévoyez-vous pour les Blancs que l’on fait passer pour de détestables oppresseurs ? Il n'est pas possible d'enseigner la haine et de ne pas s'attendre à ce qu'elle soit exprimée dans une action politique. Les Blancs seront-ils traités dans leur propre pays comme les Juifs de l’Allemagne nazie ?


    En 1973, dans Le Camp des saints, Jean Raspail, l'écrivain français, a exploré cette question. Il y a quarante-quatre ans, ce livre était un best-seller. De nos jours, à mon avis, le lire ou seulement le mentionner sera vu comme la preuve que vous êtes raciste. Il y a tant de limites à ce dont il est possible de parler aujourd’hui, que la connaissance de l'ère actuelle est refusée à ceux qui la vivent.


    Le 12 septembre, pendant que j'étais cerné par le cyclone Irma, qui a fait choir un grand chêne rouge sur ma maison et m'a maintenu enfermé dans une communauté de montagne avec les routes bloquées et sans téléphone pendant trois jours, Chris Roberts, qui écrit sur le site Internet Unz Review, nous a rappelé l'histoire prophétique de l'effondrement de la nation française face à l'immigration non-blanche.


    C'est à peu de chose près ce qui se passe aujourd'hui, non seulement en France, mais aussi dans tout le monde occidental. Peut-être les Blancs le méritent-ils. Peut-être cela bénéficiera-t-il à ces pays. Mais le fait est que personne n'est autorisé à en parler. Marine Le Pen dit que la France est aux Français, pas aux gens d’Afrique et du Moyen-Orient. Parce qu'elle dit que la France est aux Français, elle et son parti politique sont racistes, fascistes, nazis.


    C'est ce que Jean Raspail prévoyait il y a presque un demi-siècle. Les Blancs seraient psychologiquement incapables de se défendre, malgré leur écrasante puissance militaire et économique.


    Penchons-nous sur l'immigration massive non-blanche en Occident. Les entreprises allemandes voulaient de la main-d’œuvre turque. L'agroalimentaire, les abattoirs et le bâtiment étasuniens voulaient de la main-d’œuvre mexicaine. Le Canada voulait étoffer sa population. Les puissances coloniales britanniques et européennes ont justifié leur colonialisme en accordant le statut de citoyenneté à leurs colonisés. En d'autres termes, l'empire a abouti au retournement de l'invasion. Au 21ème siècle, l'Occident subit l’immigration massive de gens déplacés par les guerres sans fin de Washington et le pillage économique fait par l'Ouest. Nous les tuons là-bas pour qu'ils viennent ici.


    Associez la grande immigration non-blanche avec la politique identitaire – une création de Juifs de culture marxiste devenue l’idéologie officielle de la gauche libérale/progressiste occidentale –, et vous obtenez la possibilité de l’holocauste des Blancs. Les Juifs, qui s’imaginent différents des Goyim blancs, sont considérés blancs par le reste du monde, et même les pires Blancs. Les auteurs de la politique identitaire eux-mêmes seront victimes de leur propre doctrine.


    La politique identitaire empêche effectivement les Blancs d’être conscients de leur destin de victimes potentielles d'une doctrine politique capable de préparer un holocauste, et si certains Blancs s’en rendent compte, la politique identitaire les empêche de protester contre leur destin de victimes.


    L'Occident est schizophrène. D'un côté, le massacre soutenu de gens de couleur – par Washington soutenu par le Canada, l'Europe, l'Australie et le Royaume-Uni – sert à prouver que le monde occidental est coupable du massacre et du pillage des populations non-blanches. De l'autre, les gouvernements occidentaux accueillent à bras ouverts les réfugiés qui fuient leurs guerres et leur oppression économique. La politique identitaire assure que les Occidentaux se sentiront coupables, pendant que les gouvernements occidentaux assurent l’accroissement du nombre d’immigrants non-blancs en commettant d’autres des crimes contre eux.


    Les non-Blancs auront leur revanche. Qui pourra dire que les imbéciles blancs ne se la sont pas infligée eux-mêmes ?


    La politique identitaire en action :
www.nationalreview.com/node/451391/print



Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a aussi été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a obtenu de nombreuses affectations universitaires.


Paul Craig Roberts, 20 septembre 2017

Original : www.paulcraigroberts.org/2017/09/20/identity-politics-brewing-holocaust/
Traduction Petrus Lombard




Samedi 23 Septembre 2017


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