ALTER INFO

Politique étrangère : Sarkozy part en croisade contre l'Islam.


Dans la même rubrique:
< >

Jeudi 8 Décembre 2016 - 13:05 Formidable reprise économique aux USA

Jeudi 8 Décembre 2016 - 12:40 Fidel et le Che : deux politiques différentes


Imitant le croisé en chef G.W Bush, Sarkozy a placé sa politique étrangère dans un cadre religieux : selon un mantra qu'il a répété à plusieurs reprises, il y a « menace de confrontation entre l'Islam et l'Occident ». C'est une première pour un président, et la vraie rupture, dangereuse pour la République Laïque, est là. Sa politique au Moyen Orient est vue sous ce prisme là.


syryne3@hotmail.com
Jeudi 30 Août 2007

Politique étrangère : Sarkozy part en croisade contre l'Islam.

Sarkozy part en croisade contre l'Islam, de la Palestine à l'Iran.

Lundi Sarkozy a fait un discours pour présenter sa politique étrangère. En pièce jointe vous trouverez l'intégralité de ce discours.

Quelques mots sur le cadre dans lequel celle-ci a été placée et qui a, semble-t-il, échappé aux « experts » en tout genre. Sarkozy, une première pour un président de la République Laïque, a placé sa politique étrangère en grande partie dans un cadre religieux.

En effet, Sarkozy a insisté a plusieurs reprises dans son discours sur la menace d'une «confrontation entre l'Islam et l'Occident », dont l'affaire des caricatures de Mahomet a selon lui été un signe avant-coureur. Sarkozy s'aligne donc sur la thématique chère à son maître, le croisé en chef méthodiste de Washington, G.W Bush, et sa croisade contre l'Islam (également dénommé islamisme, islamisme politique, et chez les judéo chrétiens américains extrémistes : islamo fascisme).

Sur cette thématique « menace d'une confrontation entre l'Islam et l'Occident «, citons la voix du «croisé » Sarkozy :

« …Premier défi : comment prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident, voulue par les groupes extrémistes tels qu'Al Qaeda qui rêvent d'instaurer, de l'Indonésie au Nigeria, un khalifat rejetant toute ouverture, toute modernité, toute idée même de diversité »…

Toute personne informée et sensée sait que le supposé projet d'instaurer un califat est un mythe, qu'Al Qaeda, le Golem crée par la CIA au service de l'Empire américain pour combattre l'ex Union Soviétique en Afghanistan, a été reprogrammé pour justifier ses guerres de conquête, sous la dénomination « guerres contre le terrorisme » dans les pays riches en ressources naturelles notamment gaz et pétrole qui se trouvent être en majorité des pays musulmans.

Plus loin Sarkozy dit :

« …Prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident, c'est aussi encourager, aider, dans chaque pays musulman les forces de modération et de modernité à faire prévaloir un Islam ouvert et tolérant, acceptant la diversité comme un enrichissement. Dans ce domaine, il n'est pas de recette miracle, unique… »

On est là dans l'ingérence complète dans les affaires intérieures des pays dont la principale religion est l'Islam. Ce préchi précha du missionnaire en chef Sarkozy est bien évidemment en flagrante et totale contradiction avec les principes de la République française de séparation du pouvoir politique et du religieux. Cet immigré de première génération, n'a, semble-t-il, pas retenu les leçons d'instruction civique apprises à l'école de la République Laïque, ni compris le contenu de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Le fait de cadrer sa politique étrangère sur cette hypothétique menace d'une «confrontation entre l'Islam et l'Occident », sous entendu bien sûr, l'Occident judéo chrétien, a, nul doute, des implications, dans la politique étrangère de Sarkozy au Moyen Orient, notamment en ce qui concerne le règlement du conflit israélo palestinien et de la politique vis-à-vis de l'Iran. C'est clair et d'ailleurs il le dit lui-même.

« …Prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident, c'est enfin traiter les crises du Moyen-Orient. Il y a cinq ans seulement, la région ne connaissait qu'une crise. Aujourd'hui, elle en subit quatre, très différentes mais chaque jour davantage liées entre elles.

Tout a été dit, beaucoup a été tenté à propos du conflit israélo-palestinien. Le paradoxe de la situation est que nous savons quelle sera sa solution, deux Etats -ou peut-être devrait-on mieux dire : deux Etats-Nations- vivant côte à côte dans la paix et la sécurité à l'intérieur de frontières sûres et reconnues. Nous connaissons le contenu détaillé de cette solution à travers les paramètres Clinton et le legs de Taba. .. «


Là, on constate que Sarkozy pour solutionner le conflit, ignorant superbement la proposition de l'Arabie Saoudite qui déplait aux sionistes, s'appuie sur des négociations qui n'ont pas abouti parce qu'elles ne tenaient pas compte des demandes palestiniennes. Elles se calquaient sur les exigences israéliennes, ne proposaient qu'une restitution partielle de la Cisjordanie et pour les réfugies palestiniens un retour dans ce qui devrait constituer l'Etat Palestinien c'est-à-dire Gaza et une Cisjordanie largement amputée dont on peut constater sur le terrain la réalité grandissante de cette amputation avec le mur d'apartheid servant de frontière ouest et à l'est l'annexion de la vallée du Jourdain, et une annexion rampante de la partie est de Jérusalem.

Sarkozy fait donc sienne la position israélienne que soutient d'ailleurs Washington. Autrement dit pour Sarkozy la solution ce n'est pas le plan de paix proposé par l'Arabie Saoudite prévoyant le retrait des territoires occupés en 67 incluse Jérusalem est et pour les réfugiés le respect de la résolution de l'ONU 195, retour chez eux avec des aménagements à discuter entre les deux parties. Non c'est la solution américano sioniste d'annexion d'une grande partie de la Cisjordanie, et un état palestinien réduit à des miettes de l'ancienne Palestine, des bandoustans encerclés par les colonies sionistes et reliés entre eux par des tunnels et des ponts.

Notons qu'en situant le conflit israélo palestinien dans un cadre religieux, Sarkozy fait fi de ce qu'il est vraiment : un problème politique qui doit être replacé dans son véritable contexte celui du colonialisme occidental, avec une occupation colonisation et extermination de la population autochtone, même si dans le cas des sionistes, le génocide mené contre le peuple palestinien se réalise par étape, de manière parfaitement organisée administrativement, avec des bureaucrates sionistes émules d'Eichmann pour l'exécution de ce plan génocidaire.

Toujours selon Sarkozy :

« …Nous avions une idée du chemin à parcourir : la feuille de route, qu'il faut certainement revisiter. Nous connaissons enfin les parrains de la paix : les membres du Quartet, désormais représentés par une personnalité de premier plan : Tony Blair, et les pays arabes modérés.

Malgré tout cela, chacun a le sentiment désespérant que la paix ne progresse pas. Pire : qu'elle recule dans les esprits et les cœurs. J'ai la réputation d'être l'ami d'Israël et c'est vrai. Je ne transigerai jamais sur la sécurité d'Israël. Mais tous les dirigeants des pays arabes, à commencer par le président Mahmoud Abbas, qui sont venus nombreux à Paris depuis mon élection, connaissent mes sentiments d'amitié et de respect envers leurs peuples.

Que cette amitié m'autorise à dire aux dirigeants israéliens et palestiniens que la France est déterminée à prendre ou à soutenir toute initiative utile. Mais elle a une conviction : la paix se négociera d'abord entre Israéliens et Palestiniens. Dans l'immédiat, nos efforts, ceux du Quartet et des pays arabes modérés, doivent aller à la reconstruction de l'Autorité palestinienne, sous l'autorité de son Président.

Mais il est tout aussi indispensable de relancer sans délai une authentique dynamique de paix conduisant à la création d'un Etat palestinien. Que les parties et la communauté internationale se dérobent à nouveau à cette ambition, et la création d'un " Hamastan " dans la bande de Gaza risque d'apparaître rétrospectivement comme la première étape de la prise de contrôle de tous les territoires palestiniens par les islamistes radicaux. Nous ne pouvons pas nous résigner à cette perspective. La France ne s'y résigne pas… »


Sarkozy parle d'état palestinien mais le qualificatif viable a disparu de son discours, ce peut donc être un état avec des frontières temporaires comme le veut Tel Aviv, sachant que le «temporaire » et les « faits sur le terrain » sont les caractéristiques de la colonisation sioniste de la Palestine depuis le début.

On constate que là encore Sarkozy fait sienne la position américano sioniste. Il reprend à son compte leur terminologie pour nommer la Bande de Gaza puisqu'il parle de «Hamastan ». Il nie la réalité politique palestinienne suite aux élections législatives de 2006 qui a porté démocratiquement le Hamas au pouvoir, qu'ils qualifient avec mépris d' »islamistes radicaux », agite l'épouvantail de l'»islamisme radical », tout comme le font les américano sionistes, pour justifier son adhésion totale aux exigences du régime sioniste.

D'ailleurs la réaction du Hamas au discours de Sarkozy ne s'est pas faite attendre. Dans une dépêche AFP du 27/08/06 de 16h30 et intitulée :

Le Hamas critique Nicolas Sarkozy

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a critiqué aujourd'hui les déclarations du président français Nicolas Sarkozy, qui a rejeté la création d'un "Hamastan" dans la bande de Gaza.

"Ces déclarations ont été faites sur la base d'informations erronées. Le Hamas ne cesse de répéter qu'il ne souhaite pas créer une entité particulière à Gaza", a indiqué un porte-parole du Hamas Sami Abou Zouhri.

"La France et la communauté internationale doivent respecter la légalité du mouvement Hamas et éviter de soutenir un camp palestinien contre un autre. La conclusion d'un accord sera impossible si la principale force palestinienne est ignorée", a ajouté ce porte-parole.


Sarkozy c'est clair soutient au côté des américano sionistes le gouvernement collaborateur d'Abbas Fayyad sans tenir compte de ce que veut le peuple palestinien. Celui-ci dans sa grande majorité réclame un gouvernement d'union nationale Hamas Fatah, ce à quoi s'opposent américains israéliens et aussi Sarkozy.

Sa politique étrangère vis-à-vis de l'Iran il la place également dans ce cadre »confrontation entre l'Islam et l'Occident » :

… "Quatrième crise, au confluent des trois autres : l'Iran. La France maintient avec ses dirigeants un dialogue sans complaisance, qui s'est avéré utile en plusieurs occasions. Elle a pris l'initiative, avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, d'une négociation où l'Europe joue un rôle central, rejointe par les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Les paramètres en sont connus ; je n'y reviens pas, sinon pour réaffirmer qu'un Iran doté de l'arme nucléaire est pour moi inacceptable, et souligner l'entière détermination de la France dans la démarche actuelle alliant sanctions croissantes mais aussi ouverture si l'Iran fait le choix de respecter ses obligations.

Cette démarche est la seule qui puisse nous permettre d'échapper à une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran. Cette quatrième crise est sans doute la plus grave qui pèse aujourd'hui sur l'ordre international..."


Sarkozy ignore les discussions entre l'Iran et l'AIEA et les déclarations récentes de cette dernière concernant la production de plutonium, l'affaire étant selon l'AIEA réglée (voir le site de l'AIEA sur le sujet). Soit il connaît très mal le dossier du nucléaire iranien, car quiconque le suit de près sait que l'Iran respecte ses obligations en tant que membre signataire du TNP et qu'il a le droit à l'énergie nucléaire civile en tant que tel, soit il ne fait qu'adopter la position américano sioniste contre l'Iran, ce qui est plus probable. Il parle de «bombe iranienne» comme si les iraniens poursuivaient un programme nucléaire militaire, mais où sont ses preuves, lit-il seulement les rapports de l'AIEA ? (Bush vient de renchérir lui en parlant d' »holocauste nucléaire »). Sarkozy donne aussi son accord pour un « bombardement de l'Iran » si celui-ci ne respecte pas ses obligations, entendons par là, s'il n'obéit pas aux exigences américano sionistes de cesser le développement de son programme nucléaire civil.

Une position extrêmement dangereuse sur laquelle devrait se pencher avec plus de sérieux les parlementaires dans l'opposition.

La réponse du président iranien elle aussi ne s'est pas fait attendre, et il ne mâche pas ses mots :

Au cours d'une conférence de presse, le président Ahmadinejad a balayé d'un revers de main la mise en garde de Sarkozy que l'Iran risquait d'être bombardée à cause de son programme nucléaire. Il a dit

« Il (Sarkozy) a pris ses fonctions récemment et veut dire quelque chose pour attirer l'attention des autres. Ainsi, il ne sait pas de quoi il parle »…. » Il est encore inexpérimenté, cela veut dire, peut être, qu'il ne sait pas ce que ses propres mots veulent dire. Je pense que ce qu'il a dit c'est pour être consommé par ses cercles internes. Pour nous cela n'a pas de valeur politique ».

Ahmadinejad a ajouté que les différents devraient être résolus par le dialogue.

Sarkozy a aussi utilisé ce mantra « confrontation entre l'Islam et l'Occident » pour parler de son projet de « Club Med » (Union Méditerranéenne).

On ne peut que s'étonner que personne dans les medias et les partis d'opposition n'ait relevé ce qui fait la trame de la déclaration de sa politique étrangère, ce mantra maintes fois répété : «confrontation entre l'Islam et l'Occident »,, emprunté aux néo conservateurs judéo chrétiens US.

La rupture de Sarkozy en matière de politique étrangère est dans ce mantra, et c'est une véritable menace pour la République Laïque.

Les missiles iraniens sont-ils une menace pour l'Europe ?

Genocide à Gaza, Ilan Pappe



Mercredi 29 Août 2007
La Mouche du Coche

Discours_de_Politique_Etrangere_de_Sarkozy_270807.709526.doc Discours de Politique Etrangere de Sarkozy 270807.doc  (72 KB)




Jeudi 30 Août 2007


Commentaires

1.Posté par laigle le 30/08/2007 14:29 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Sans entrer dans les détails, l'article parle de ces vraies subversions qui ont été utilisées à l'encontre de certains pays muslmans, d'autant plus , lorsque ceux ci n'étaient pas de simples sattaelites des puissancesoccidentales(dont nombre d'entre elles, sont frappées par la nostalgie du colonialisme ou aspirent à un empire) .
Si en plus , ces pays là ont été leader de la lutte contre le colonialisme ou l'impérialisme , alors, cela fait d'eux un "laboratoire " pour reprendre l'expression du roi Hassan II dont les services de sécurité, en coopération avec des pays occidentaux dont l'un, est le vrai patron du Maroc) ont soutenu la subversion en ALgérie tout en la niant ( " qui tue qui? et autres fantsmes destinés à appuyer les criminels terroristes qu'ils sponsorisaient , afin que l ANP tombe, et laisse l Algérie sans défense) .
Aujourd'hui, dans l'après 9/11(qui lui, est un false flag, dont au passage, les " qui tue qui?" d'hier à l'encontre de l'Algérei,essaient de défendre sa V.O , voir les Editions La Découverte , Le Monde , Canal+ etc..., bref, la partie immergée qui est la partie médiatique que n'importe qui peu voir ) on est passé à autre chose .
Ca ne veut pas dire qu'il y a cessation du soutien à la subversion ( mais elle ne répond plus à l'objectif de couler complétement un pays, ca rpond à l'objectif de lui nuire et d'avoir un niveau suffisant pour cela ) .
Aujourd'hui, avec le 9/11, on est entré complétement dans une période d'un nouveau colonialisme qui ne dit pas son nom.
Avant,c'était pour civiliser, aujourd'hui,c'est pour démocratiser .
Et au lieu d'arreter les soutiens aux vraies subversion ( dans ces cas là ,c'est à Langley, au Bd mortier, etc..qu'il faudrait procéder à des arrestations ) , on s'en prend à des états nations .
personne n'a rien dit à l Iran , lorsque elle soutenait les groupes subversifs en Algérie.
personne n'a rien dit au Soudan , lorsqu'il en faisait de même ....
Persone n'a rien dit au Maroc ou à l Arabie Saoudite ...
personne n'a rien dit au Paksitan lorsqu'il soutenait les Talibans .
Personne n'a rien dit à la Chine lorsqu'elle faisait de même ....

Et bien aujourd'hui,comme il y a un déplacement de l'échiquier, on ne condamne pas l Iran pour des actes subversifs, on le condamne pour une industrie .
On condamane al Chine de supporter les Talibans en Afghanistan( au passage,c'était pas " Al Quaida" qui devait être la cible et non les talibans ?, On a fait décidemment l contraire.....mais ce n'est pas un hasard ).
L Arabie Saoudite a son "destin" qui se joue à Washington, lors du bras de fer entre les membres sionistes/neo cons . Il y'a ceux qui sont plus sionistes que neocons et inversement .
Lorsque Wolfowitz et Perle ont fait faire menacer l Arabie Souadite ( via des canaux officeux ) c'est Bush (tradition pétrolière ) et Cheney qui sont allé à leur rescousse.
la ligne de fracture semble s'etre éieinte publiquement, mais elle demeure et un Bush affaibli ne signife pas que les criminels de Washington qui tiennent le système ne feront pas pencher la balance dans un sns ou l'autre.

Ce qui semble être une découverte pour nombre de francais n'est en fait qu'un changement conjoncturel , la structure étant déjà là .
Avant, c' était plus discret , moins bruyant cela allait moins vite et c'était moins "ambitieux" .
Mais si on leur rapelle la période de "Tonton" , ce qui a étré fait à l'encontre de l Algérie (évoqué plus haut ) , si on leu rapelle que le PS est un parti sioniste et que seule la présence dans le monde politique francais de rescapés gaullistes a empehcé d'aller trop loin, ils ne doivent plus être étonné.
le colonialisme et ses relants n'étaient jamais loin.
Bon,c'est vrai,aujourd'hui,depuis l'élimination des gaullistes,on a deux entités sionistes et ce, complétement .
Donc , ce n'est que la conjoncture qui a changé , pas la structure, puisqu'elle avait déjà en ses germes, la propension à adoptr des porjets plus grands encore, plsu ambitieux, plus écrasants , plus guerriers, plus coloniaux .
Et cela ne va que monter en puissance .







2.Posté par m'çammi le 30/08/2007 17:15 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Pour confirmation laissez-vous guidés et après la reflexion vient La Méditation ...

de la part de M'çammi.

Bravo au Courage de O L Grandmaison

Sarko et sa vision de l' histoire apologétique de la colonisation


Par Olivier Le Cour Grandmaison
mercredi 9 mai 2007

Le texte que nous a adressé pour publication Olivier Le Cour Grandmaison est une salutaire dénonciation de l’apologie de la colonisation française faite par celui qui est désormais appelé à diriger les "destinées de la France" !

Car cette question est loin d’être simplement "historique". La tentative forcenée de réhabilitation du passé colonial, que cherchent à imposer les représentants politiques de l’impérialisme français, est au service de leurs ambitions néocoloniales toujours bien actuelles. En témoigne à nouveau, au soir du second tour des présidentielles, le discours de Sarkozy qui, outre la place qu’il a accordée au "sud de la Méditerranée", n’a pas manqué de pourfendre tout esprit de "repentance". En revanche, le nouveau Président n’hésite pas à faire l’éloge de l’esprit des Croisades et du Bonapartisme !

Une menace pour les peuples et pays sous domination impérialiste et une provocation à l’égard des populations vivant en France issues de la colonisation et de l’esclavage. A ce double titre, il faut battre en brèche cette apologie revancharde. Un combat qui est partie intégrante du combat contre l’offensive réactionnaire globale que prépare Sarkozy.

Enseignant à l’Université d’Evry-Val-d’Essonne, Olivier Le Cour Grandmaison est l’auteur de « Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’Etat colonial » (Fayard, 2005).

« Le rêve européen a besoin du rêve méditerranée. Il s’est rétréci quand s’est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d’empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation. »
Après cette énumération supposée rendre compte d’une glorieuse tradition incarnée par la France depuis des siècles et inlassablement défendue par tous ceux qui furent soucieux de défendre son rayonnement, le même ajoute : « Faire une politique de civilisation comme le voulaient les philosophes des Lumières, comme essayaient de le faire les Républicains du temps de Jules Ferry. Faire une politique de civilisation pour répondre à la crise d’identité, à la crise morale, au désarroi face à la mondialisation. Faire une politique de civilisation, voilà à quoi nous incite la Méditerranée où tout fût toujours grand, les passions aussi bien que les crimes, où ne rien fut jamais médiocre, où même les Républiques marchandes brillèrent dans le ciel de l’art et de la pensée, où le génie humain s’éleva si haut qu’il est impossible de se résigner à croire que la source en est définitivement tarie. La source n’est pas tarie. Il suffit d’unir nos forces et tout recommencera. »
Quel est auteur de ces lignes qui se veulent inspirées alors qu’elles ne font que reprendre la plus commune des vulgates destinée à légitimer les « aventures » coloniales de la France ? Un ministre des Colonies de la Troisième République ? Un membre de la défunte Académie des « sciences coloniales » ? Un nostalgique de l’Algérie française qui les aurait rédigées pour prononcer un discours destiné à célébrer cette période réputée faste où la France commandait à 70 millions « d’indigènes » répartis sur 13 millions de kilomètres carrés ?

Non, l’auteur de cette prose, aussi mythologique qu’apologétique de la colonisation, n’est autre que Nicolas Sarkozy qui a prononcé ces fortes paroles en tant que ministre-candidat lors d’un meeting à Toulon le 7 février 2007.

Singulièrement passée sous silence par la plupart des médias et des autres dirigeant(e)s politiques engagés dans les élections présidentielles, cette intervention confirme que la réhabilitation du passé colonial de la France n’est pas une embardée conjoncturelle de l’actuelle majorité et de son principal représentant. Au contraire, cette réhabilitation, sans précédent depuis la fin de la guerre d’Algérie, s’inscrit dans un projet politique cohérent, systématique et crânement assumé par le candidat de l’UMP désormais chef de l’Etat français.
Pour des motifs partisans, et pour défendre ce que ce dernier croit être l’honneur de la France et de ses citoyens, il se fait donc porte-parole d’une histoire officielle, mensongère et révisionniste des causes qui ont conduit à la construction de l’empire français, érigé par de nombreuses guerres de conquête, puis dirigé par des institutions coloniales racistes et discriminatoires. En témoigne, notamment, le statut des « indigènes », considérés alors non comme des citoyens libres et égaux mais comme des « sujets français » privés des droits et libertés démocratiques élémentaires et soumis, qui plus est, à des dispositions répressives - le Code de l’indigénat, entre autres, - qui ne pesaient que sur eux.

Sous le prétexte fallacieux de lutter contre on ne sait quelle « pensée unique » et désir de « repentance », lesquels n’existent que dans l’esprit de Sarkozy et de ceux qui ont forgé ces pseudo-concepts grossiers, sur le plan intellectuel s’entend, pour mieux faire croire à leur propre courage et originalité, on assiste donc à une instrumentalisation spectaculaire du passé colonial de la France. Manipuler cette histoire par la surexposition de certains de ses aspects « positifs » supposés - la colonisation au nom de la civilisation par exemple -, par l’euphémisation ou la sous-estimation des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis au cours de cette longue période de l’empire colonial, et par l’occultation enfin de l’oppression et de l’exploitation imposées à ceux qu’on appelait alors avec mépris « les indigènes », tels sont les ressorts principaux de cette opération.

Moderne et audacieux Sarkozy ? De tels discours nous ramènent au plus convenu de la doxa officielle forgée sous la Troisième République. Quel est l’adjectif qualificatif adéquat à cette opération qui repose sur un mépris souverain de l’histoire et des innombrables victimes des guerres et des répressions coloniales ? Réactionnaire, assurément.

Jamais depuis des décennies, un candidat soutenu par le plus important parti de la droite parlementaire ne s’était engagé dans cette voie. Stupéfiante involution. Elle témoigne d’une radicalisation significative des discours élaborés sur ces questions par l’UMP et son représentant en même temps qu’elle légitime et banalise des thèmes qui n’étaient jusque-là défendus que par l’extrême-droite et quelques associations de nostalgiques de la période coloniale. Pour les amateurs d’exception française, en voilà une remarquable mais sinistre car la France est le seul Etat démocratique et la seule ancienne puissance impériale européenne où l’un des principaux candidats à l’élection présidentielle ose tenir de pareils propos. A quoi s’ajoute le fait que ce pays est également le seul où une loi - celle du 23 février 2005 -, toujours en vigueur en dépit du tour de passe-passe politico-juridique du Président de la République, sanctionne une interprétation officielle de ce passé colonial. « La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. » Telle est, en effet, la première phrase de l’Article 1 de ce texte voté par l’UMP et l’UDF au terme de débats où Rudy Salles, le très officiel porte-parole de cette dernière formation politique à l’Assemblée nationale, a joué un rôle particulièrement actif. Qu’en pense François Bayrou lui qui prétend dépasser le clivage gauche/droite et incarner une autre façon de faire de la politique ? Il n’est pas besoin d’être un brillant philologue pour comprendre que le terme œuvre, employé dans ce contexte, emporte une appréciation évidemment positive de la période considérée.

Face à cette offensive politique, engagée depuis longtemps par les diverses composantes de la droite parlementaire, notamment, et son principal représentant que comptent faire les dirigeants de la gauche parlementaire et radicale ? Ils doivent le faire savoir au plus vite.

Olivier Le Cour Grandmaison

3.Posté par m'çammi le 30/08/2007 17:25 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Toujours reconnaitre le courage des Hommes Libre... c'est motivant !


Olivier Le Cour Grandmaison est un universitaire français né le 19 septembre 1960 à Paris. Historien spécialiste des questions de citoyenneté sous la Révolution française et des questions qui ont trait à l'histoire coloniale, il enseigne les sciences politiques à l'université d'Evry-Val d'Essonne ainsi qu'au Collège international de philosophie.

4.Posté par Daniel Milan le 30/08/2007 17:34 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Si je comprends bien notre "aigle" (que j'ai déjà lu sous un autre pseudo !) qui me fait plutôt penser à un blaireau, toute résistance serait de la subversion et nous devrions accepter de subir comme "le meilleur des mondes" les régimes "musulmans" qui parasitent et spolient les peuples et qui ne se maintiennent que par l'oppression, la répression et les interdictions...

Du reste tous ces régimes, y compris les faux régimes "islamiques" adorent les mêmes idoles, cela ne trompe personne, en dehors de ceux qui veulent bien être trompés, parce qu'ils en tirent avantages !

Allez, la réalité est que tous les bourreaux sont solidaires des bourreaux !

Les résistances islamiques (dans leurs moyens) peuvent être parfois discutables, voire même fausses (les opportunistes diligentés sont aux aguets !), mais elles constituent toujours une avancée par rapport au statut quo ; du reste, c'est ce qui explique la solidarité des bourreaux à leur égard !!

5.Posté par laigle le 30/08/2007 17:48 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

M Daniel Milan

outre le fait que vous êtes grossier, vous n'êtes même pas à même de comprendre mes commentaires ....
Continuez à avoir votre viison simpliste des choses si cela vous arrange .
Si on commence à rentrer dans les définitions des "résistances islamistes" qui donnent aujourd'hui les occasions tant rêvées à certrains de partir en croisade, pardon, en "war on terror" , y'a de quoi dire, notamment sur leurs origines et leurs soutiens , bien entendu, il fadurait rentrer dans le détail et prendre en compte les contextes .
Mais visiblement, outre l'anathème, y'a pas grand chose que vous sachiez exprimer .

6.Posté par laigle le 30/08/2007 17:51 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Ah oui, j'oublias, Mr Milan
Je n'ai jamais posté sur ce site en dehors du sujet sur Sifaoui et celui-ci .
Là encore, vous démontrez à quel point vous fonctionnez sur le préjugé plus que sur une base factuelle .
Et sur d'autres sites, j'utilise toujours les pseudos de "Laigle" ou "Elvaiz".
Alors, par pitié,, relevez le niveau et produisez quelque chose qui vaille la peine d'être discuté, mais que cela ait quelque chose d'interessant au moins .


7.Posté par Daniel Milan le 30/08/2007 18:45 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Ecoutez M. Laigle, je vous ai exprimé ma pensée sur le sujet et j'espère qu'il se touvera quelqu'un d'autre pour vous répondre selon votre attente !

8.Posté par Daniel Milan le 30/08/2007 19:21 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Mr Laigle, peut-être que je vous avais lu sous votre propre pseudo, je vous l'accorde, et m'en excuse.

Je ne prononce d'anathèmes sur personne et n'affirme rien qui ne soit fondé...

Je constate seulement que les discours défendant et les bourreaux et criminalisant les victimes sont partout les mêmes...

Merci quand même pour votre discours si révélateur...






9.Posté par Daniel Milan le 30/08/2007 19:59 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Nous assistons à une alliance des criminels d'Etat contre leurs victimes (criminalisées)... sous l'égide d'Israël et de l'Amérique !
Cela dans le but de "justifier" préventivement, persécutions, répressions, tortures, génocides...

Nous nous devons de nous élever contre cette alliance, n'en déplaise aux complices, même plumitifs, de ces criminels d'Etat, quels qu'ils soient !

10.Posté par Oumar le 05/09/2007 21:19 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

En matière de politique étrangère , la position de l'opposition en france, est elle différente ? A en juger par les déclarations de la candidate sociliste, non . Il ne faut donc pas compter sur l'opposition politique au parlement ,pour infléchir cette politique ,à moins d'un miracle inattendu . Une majoritè écrasante des élus et de la population française ainsi que les états d'Europe et d'Afrique sont derrière Sarkosi surtout lorsqu'il brandit la menace islamIste sur l'accès au pétrole . Le seul espoir qui reste pour rêver une autre politique , une politique juste de paix , c'est la mobilisation d'une petite minorité de la population une mobilisation dans le domaine éconmique : Cesser d'acheter des articles et produits US sionistes: alcool ,armes, jeux...C'est ce qui a contribué en partie , à vaincre l'aparteid en Afrique du Sud .

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS

Publicité

Brèves



Commentaires