Mesdames, Mesdemoiselles Messieurs Bonsoir, Votre présence parmi nous ce soir est la marque de la confiance sans cesse croissante que vous accordez à la COBEMA. Je m’en honore et je vous en remercie.
Cela fait bientôt deux ans que nous œuvrons au bien-être de la Communauté à travers des actions éducatives, culturelles mais aussi économiques et politiques.
Nous avons su à chaque fois créer l’événement par nos différentes manifestations dans certains quartiers. Par exemple l’organisation d’une offre alternative pour l’Aïd el Kébir 2009, tant la situation aux abattoirs de Saint Louis est inacceptable !
Abattoirs desquels nous avons été sciemment et honteusement évincés cette année par les services de la mairie et plus précisément, il faut les nommer, par madame Martine VASSAL et monsieur Salah BARIKI.
Pourquoi donc ? Parce que nous avons catégoriquement refusé leurs méthodes clientélistes et rejeté les propositions de soumission qui ont fait le malheur de notre communauté et qui n’ont que trop duré. Le but de cette éviction était, vous vous en doutez, de freiner l’élan de la COBEMA. En fait, rien ne pourrait restreindre sa croissance inexorable car la COBEMA est portée à bout de bras par vous tous et je m’en félicite.
Que ce soit clair, ON NE NOUS ACHETE PAS ! Nous sommes avant tout dans une logique de terrain, orientée exclusivement vers l’intérêt de notre communauté. Mais après deux années d’existence, le constat est peu reluisant.
Malgré des réussites individuelles certaines, nous demeurons les tristes spectateurs d’une stigmatisation érigée en système d'État, et délibérément dirigée contre notre communauté qui doit plus que jamais se libérer du carcan dans lequel elle est t’emprisonnée depuis des décennies.
Qui pointer du doigt ?
Qui dénoncer si ce n’est la gestion plus que honteuse des autorités politiques confortées par la complicité de certains membres manipulés et parachutés de notre communauté, irrésistiblement attirés par les « koursi » ou sièges éjectables tant convoités. La bassesse des débats actuels sur les quelques « burqas » et autres « niqabs », en sont un exemple flagrant.
L’hypocrisie atteint son paroxysme lorsque survient la polémique autour des
minarets.
La République est-elle à ce point menacée ? Est-elle si fragile ?
Ce débat s’apparente à un débat de chiffonniers et je pèse mes mots.
Au sens figuré, un chiffonnier est un homme de lettres de bas étage, qui collectionne et diffuse des faits, des nouvelles hétéroclites, sans intérêt et souvent sans fondement.
Ces chiffonniers, ont-ils déjà oublié que c’est grâce au 7è régiment des tirailleurs algériens que notre ville a été délivrée ? Auraient-ils oublié que notre communauté a marqué l’histoire par sa participation à la libération de la France voire de l’Europe, que ce soit à Monté Cassino ou à Baden Baden, tout comme elle a participé à sa reconstruction ?
Malgré tout, il semble que nous soyons toujours mis en demeure de justifier notre présence dans ce pays, la France, qui est le nôtre. Ne leur en déplaise !
Comment percevoir et comprendre autrement les débats actuels sur l’identité nationale qui en premier lieu visent notre communauté et sa religion, l’Islam. Chaque semaine apporte son lot de petites phrases assassines et insultantes. Les exemples hélas, sont légion.
Ce débat sur l’identité nationale, voulu et organisé par le gouvernement Sarkozy, aura au moins permis à certains de montrer leur vrai visage.
Comment oublier les paroles de Brice HORTEFEUX, ministre de la république disant à notre propos :
«Un arabe ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes !» Ou celles de Nadine MORANO pour qui Tout jeune musulman porte une casquette à l’envers, parle le verlan et a du mal à se lever le matin !
A vrai dire, devant leur incompétence à gérer les affaires du pays, et notamment la crise grave qui arrive, la communauté sert d'écran de fumée destinée à accaparer les médias et le débat public.
Ici même, dans notre belle ville de Marseille, fondée faut-il le rappeler il y a 2600 ans par des étrangers venus d’Asie Mineure, le dérapage est venu de notre maire, Jean- Claude GAUDIN.
Ce soir, je saisis cette occasion pour saluer Mourad GOUAL ici présent, le seul à avoir tenu tête à Jean-Claude GAUDIN, lors d’un débat sur l’identité nationale, malgré la présence de nombreux élus parachutés de la communauté dont on taira les noms par charité musulmane.
Aujourd’hui, il paie sa franchise et son courage en se voyant écarté de la liste UMP aux élections régionales alors qu’avant ce malheureux épisode il était pressenti. Sa place fut proposée par la suite à Myriam SALAH-EDDINE qui a eu la présence d’esprit et l’honnêteté de la refuser. Quel bel exemple de liberté d’expression et de démocratie interne !
Voici une illustration claire de ce qu’est un «koursi éjectable». La COBEMA soutient fermement et totalement ces deux personnes dans leur combat pour l’indépendance d’esprit et la dignité.
Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, certains comportements ne sont plus acceptables.
Le parachutage des élus à patronymes maghrébins roulant clairement pour des
intérêts bien éloignés des nôtres, doit cesser.
Les élus de la communauté doivent venir de la base ; ils doivent être choisis pour leur compétence et leur abnégation et non pour leur degré de servilité au système.
Notre expérience du terrain nous a montré la réalité des choses ! La gestion de la communauté a des relents colonialistes d’un autre Temps ! Les mêmes « bachagas » sont là pour calmer ou acheter les foules désireuses de changement, et ainsi mieux les tromper.
L’exemple flagrant et d’une extrême violence est la gestion de la grande mosquée de Marseille. Grande certes par la taille mais bien petite par la notoriété et la légitimité.
Que ce soit bien clair, nous ne sommes pas contre le projet d’une Grande Mosquée à Marseille. Nous sommes contre ce projet de Grande Mosquée.
Il apparaît clairement que cette mosquée sera un lieu touristique type « salon de thé » sur le même modèle que la mosquée de Paris, dirigée par des pantins autoproclamés. Les touristes pourront y déguster des baklawas aux amandes avant d’être invités à en admirer l’architecture ! L’équipe en charge de ce dossier a été mise en place par le même Salah BARIKI, dont la mission est de ficher la communauté, surtout ses imams, en tenant des dossiers destinés aux renseignements généraux.
Les documents sont à la disposition de ceux qui veulent les consulter.
Peut-on envisager une seule seconde la même gestion de la communauté juive par exemple, et le fichage de tous les rabbins de Marseille ?
I N I M A G I N A B L E !
C’est un privilège spécifiquement réservé aux maghrébins voire aux musulmans.
Cette mosquée, dont le budget initial était de 7 millions d’€ est passé à 22 millions en quelques années ! Quelles sont les réelles raisons du triplement du coût de la construction ? Voilà une question pertinente !
Nous devons absolument mettre fin au sentimentalisme qui nous caractérise. Ce
n’est pas parce qu’une personne porte un nom à consonance maghrébine qu’elle est présumée loyale ou honnête.
Il nous faut demander des comptes, suivre les actions, se questionner sur les financements et les donneurs d’ordre. La vie politique est une affaire sérieuse et on doit s’en occuper car on n’est jamais mieux renseigné et informé que par soi-même !
Il faut donc absolument s’intéresser de plus près à ce qui se passe sur le terrain et s’impliquer totalement dans les affaires de la cité. Autrement, d’autres feront ce travail et ce ne sera pas dans notre intérêt !
Il est temps aujourd’hui que la communauté choisisse elle-même ses représentants.
Voila pourquoi, depuis bientôt six mois, nous avons entamé un travail de fond avec pour objectif, de permettre à la communauté d’être représentée clairement et effectivement au Conseil Régional.
Après avoir discuté avec les principales formations politiques locales, Michel VAUZELLE est le seul à avoir tenu compte de nos préoccupations et de nos revendications.
Nous tenons d’ailleurs à remercier Guillaume THIERIOT, son directeur de cabinet, présent parmi nous ce soir, pour l’intérêt qu’il porte à la COBEMA.
Cependant, que les choses soient claires : La COBEMA n’est, et ne sera jamais en rien inféodée à un quelconque mouvement politique. Notre indépendance et notre liberté de ton ne seront jamais négociables.
Et c’est dans cet esprit que nous avons mis en avant la candidature de Mohammed DAHMANI au sein de la liste menée par l’actuel président de région ; avec pour but, une fois la victoire acquise, d’être à la fois un élu de la république et un représentant de la communauté au sein du Conseil Régional.
La confiance que nous lui accordons n’est cependant ni gratuite, ni aveugle.
C’est pourquoi ce soir, je vous appelle à voter au premier tour de ces élections régionales pour la liste menée par Michel VAUZELLE et laisse donc le soin à
Mohammed DAHMANI de se présenter à vous.
Merci pour votre attention !
http://www.med-in-marseille.info/spip.php?article722