Propagande médiatique, politique, idéologique

Philippe Val défend la liberté de la presse


Mais non, ce n’est pas ce que vous croyez. Philippe Val ne défend pas seulement la liberté de caricaturer Mahomet, mais aussi la liberté de la presse de bénéficier des investissements de « grands financiers ».

(extrait de Lu, vu, entendu n°23 : « Scories » publié par acrimed)


Jeudi 9 Février 2006


Dans l’émission « Charivari » du 30 janvier 2006 sur France-Inter, après un bref résumé de l’arrivée de « Google » en Chine et de la censure du moteur de recherche sur la question tibétaine et sur d’autres questions liées au régime politique chinois, Philippe Val se livre à un exposé sur le rôle de la presse écrite payante dans les régimes démocratiques.

« En bref, nous connaissons tous la crise des journaux quotidiens, l’érosion de l’écoute des radios en général et la fragilité du marché publicitaire qui menace même les chaînes de télévision. [Diable !] A cela, il faut ajouter les journaux gratuits qui sont un phénomène transitoire ? destiné à [Un complot ?] accélérer l’assèchement des recettes publicitaires dont tous les grands médias ont besoin pour subsister. » On aurait pu croire que les « gratuits » étaient d’abord destinés à accroître les profits des actionnaires, quelles qu’en soient les conséquences par ailleurs. En tout cas, avec Philippe Val, les médias indépendants et sans ressources publicitaires seront bien défendus.

Le directeur de Charlie Hebdo enchaîne alors les incohérences et les idées reçues... « Si les propriétaires de radios, ou des télévisions, ou des moyens de diffusion Internet gratuits, ou des journaux distribués gratuitement avaient le désir de diffuser des choses fausses, la presse payante serait là pour le dénoncer et même si la diffusion est restreinte , elle est encore assez diverse pour être garante d’une éthique journalistique suffisante aux besoins de l’information de la démocratie. » Face à tous les autres médias, seule la presse écrite et sa fabuleuse diversité pourraient donc sauver la qualité de l’information... Comme le montre par exemple la façon dont cette presse a couvert l’agression dans le RER D, le référendum sur la constitution européenne ou récemment la baisse miraculeuse du chômage.

Et si... « ...par exemple, la presse passait sous silence tel ou tel événement par intérêt politique ou commercial dans un pays utopique ou enfin dans une période du futur : le New-York Times ou El Païs ou la Republica finirait par faire circuler l’information. » Bis : Comme le montre par exemple la façon dont elle a couvert l’agression dans le RER D, le référendum sur la constitution européenne ou récemment la baisse miraculeuse du chômage.

Et Philippe Val entonne une réplique que nous ne lui connaissions pas encore :

« Or, il se passe dans le monde démocratique un phénomène très inquiétant, un certain nombre de grands financiers, qui par la nature même de leur travail, voient à long terme et qui possèdent les grands journaux, les grands journaux de télévision, les radios, sont en train de se désengager de ces entreprises. » Au moment où l’emprise des conglomérats tansnationaux et financiarisés dictent leur loi à tous les autres, où les concentrations s’accélèrent en France même, Philippe Val ne voit là aucune mencee et s’inquiète d’un éventuel désengagement.

Cette fable étrange s’achève par un appel lyrique et pathétique : « Aujourd’hui et c’est aujourd’hui qui nous intéresse, le seul moyen de résister à ce phénomène c’est d’acheter des journaux et de les lire, une façon d’aider à vivre ceux qui nous aident à vivre. » [Transcription de Stéphane Marion]

- Un double « scoop » de France soir. Dans France Soir du 27 décembre 2005, cette brève (texte intégral) titrée Le Grand bond en arrière :

« Serge Halimi, journaliste au Monde diplomatique, dans Le Grand bond en arrière , à paraître le mois prochain , s’interroge : « Pourquoi le monde occidental, à partir des années 80, passe, avec armes et bagages, au néo-libéralisme ? » Et reprend à son compte cette phrase d’Alain Minc : “La mondialisation est à l’économie ce que l’air est à la l’individu ou la pomme à la gravitation universelle.” ».

Un an après la parution du livre de Serge Halimi, France soir, confondant la première et la deuxième édition, découvre qu’il va paraître en 2006 ! Et des 620 pages qui peuvent être lues comme une réfutation de la pensée du plagiaire Alain Minc, le quotidien retient que l’auteur de ce bref opuscule aurait, somme toute, plagié le plagiaire. Un double « scoop » digne de France soir, légende vivante du journalisme !



acrimed


Mercredi 7 Février 2007

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