Le Général David Petraeus à qui la Maison Blanche a confié la périlleuse mission de commander ses forces, en Irak, appartient à cette nouvelle génération d'officiers que l'armée a envoyé faire des études supérieures dans de grandes universités. Il a soutenu, notamment, un doctorat de relations internationales, à Princeton, sur le thème, o combien sensible, "l'armée américaine et les leçons du Vietnam". Mais à entendre son audition de mardi devant le Congrès, il ne donne guère l'impression d'avoir su, dans l'exercice de son métier, rallier les théories jadis apprises sur le terrain. Le texte qu'il a présenté aux Congressistes n'est, pour ainsi dire, qu'un grotesque tissu de mensonges : Selon les dires du général, c'est la RII, avec ses milliers de kilomètres de frontières terrestres et maritimes communes, avec ses multiples intérêts économiques et sécuritaire communs, qui sème la violence, en Irak ; c'est encore l'Iran qui a fait de l'économie de son voisin, second exportateur de pétrole mondial, un champ de ruines, au point que sa population ne mange plus à sa faim et qu'elle souffre de toute sorte de pénuries, celles d'essence et de médicaments, en premier lieu. Toujours, selon le vaillant général, c'est encore à l'Iran qu'il faudrait en tenir rigueur, si les Irakiens, pris de colère et de désespoir, prennent les armes et les pointent en direction de l'occupant, le même occupant qui les a fait regretter la sanguinaire dictature de Saddam. Mais il y a un point que M. Petraeus omet de rappeler dans son rapport : Comment se fait-il qu'en dépit de tous ces maux énumérés, les Etats-Unis d'Amérique appellent, sans cesse, ce diable incarné qu'est l'Iran, au dialogue ? Comment se fait-il qu'ils multiplient les invitations, assorties, de temps à autre, de rapports favorables, comme celui de Baker-Hamilton ? Cette flagrante contradiction ne peut s'expliquer que d'une seule et unique manière : face à une guerre, dont toutes les dimensions leur échappent, désormais, les Etats-Unis d'Amérique cherchent une issue qui ne peut se trouver sans aide des voisins de l'Irak. Seulement, cette issue, les Américains, colonialistes d'esprit qu'ils sont, ne la veulent pas autrement que taillée sur mesure. Or, ces mesures ne peuvent, par définition, convenir aux peuples de la région. Les cinq années de la présence US, en Irak, et les souffrances qu'elle a causées, dissipent la moindre incertitude à ce sujet. Aussi, à l'impasse irakienne dont héritera, sans doute, le successeur de Bush, il n'existe aucune échappatoire, si ce n'est celui d'un retrait sans condition des troupes et d'une nouvelle philosophie de vie, celle qui dit : il ne faut jamais sous estimer plus faible que soi!