Politique Nationale/Internationale

Petites remarques aux socialistes avant le Congrès de Reims


Tiré de mon blog: www.christophepaquien.fr


christophe.paquien@gmail.com
Vendredi 14 Novembre 2008

Petites remarques aux socialistes avant le Congrès de Reims

Oui, je sais, je ne suis pas socialiste (en tout cas pas encarté, parce qu’ils ont oublié Jaurès et continuent à singer Mitterrand), mais comme je ne considère pas le PS comme une communauté amish ou une secte hindou, mais comme un parti politique potentiellement d’utilité publique, je me permets de m’exprimer. J’espère que mes amis socialistes qui liront ce message y réfléchiront avant, pendant et après les turpitudes du Congrès de Reims. L’époque me semble bien le valoir. Je pense que :
  1. Le taux d’abstention et la diffusion des voix lors des votes de motions reflètent l’incertitude des militants quant à qui peut incarner un véritable leadership dans le PS et pour le pays. Ce que les gens cherchent aujourd’hui c’est avant tout quelqu’un qui leur dira la vérité, sur la situation, comme sur ce qui peut être fait (et pour ça, il faut bosser). Ils veulent quelqu’un qui s’engagera pleinement dans son action, pour eux. Agissant de la sorte, il les inspirera et gagnera un soutien solide.
  2. Le mauvais résultat (par rapport à ce que l’on attendait) de la motion Delanoë, la victoire de celle de Collomb et Royal, et le bon score de celle de Benoît Hamon, montre une volonté de changement, ce que n’incarnait pas le candidat de Hollande, à la différence de Royal et Hamon qui, sans proposer beaucoup plus qu’un changement abstrait « à la Obama », représentaient une rupture avec les mauvaises habitudes du passé.
  3. L’avant-Congrès (et on est bien parti pour que ce soit la même chose pendant) se caractérise par des discussions d’appareil dans l’appareil et pour l’appareil, ou chantages et marchandages servent les batailles d’égos. Les rares discussions sur le « fond » concernent le positionnement et les alliances futures (MoDem, NPA). L’amitié entre Pierre Mendès-France et Jean Zay ne s’est pas construite sur leurs préférences culinaires, ni sur une alliance tactique éphémère pour prendre leur parti (le Parti radical), mais sur un projet que l’un et l’autre défendaient et pour lequel ils ont décidé de faire marche commune. Aujourd’hui, un véritable projet de gauche (et même au-delà) me semble devoir se concentrer sur le monde de demain dans lequel nous auront dépassé la crise dans laquelle nous sommes entrés. Pour cela, il est nécessaire de rompre avec la culture de la réussite personnelle, du compromis avec les principes et avec soi-même, de rompre avec ce système financier qui en est un de ses nombreux excréments. Un monde dans lequel le potentiel humaniste de chaque individu sera excité par une culture de la vie utile, de l’échange élévateur et de la joie créatrice, et assuré par un environnement éducatif, sanitaire et productif que seul l’Etat (à l’image de la planification gaullienne d’après-guerre) peut façonner, est possible, si nous nous engageons à le réaliser.
Nous vivons une époque trouble de grandes tensions. C’est dans ces moments que se décident les grandes orientations d’une société. Déjà, le 15, en plein milieux du Congrès, les représentants des 20 pays les plus puissants de la planète se rencontreront pour déterminer (ou pas) de nouvelles règles économiques internationales. Le monde aurait gagné à une véritable alternative proposé par les vrais socialistes. Samedi, alors que les certaines personnes présentent au sommet du G20 sont souvent considérées par les socialistes comme des « incompétents », des « ideologues », ou tout simplement des « gens de droite », de quoi parlera-t-on à Reims ?


Vendredi 14 Novembre 2008


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