Politique Nationale/Internationale

Perspectives de l’économie mondiale 2020/2021 et impacts géostratégiques et économiques sur l’ Algérie


ALGERIE


Perspectives de l’économie mondiale 2020/2021 et impacts géostratégiques et économiques sur l’ Algérie


Abderrahmane Mebtoul
Dimanche 17 Mai 2020

 Perspectives de  l’économie mondiale 2020/2021  et  impacts géostratégiques et économiques sur l’ Algérie

CRISE ECONOMIQUE ET IMPACT SUR L "ALGERIE

Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane MEBTOUL



L'épidémie du coronavirus a un impact sur l'économie mondiale qui connaîtra en 2020, trois chocs, un choc de l'offre avec la récession de l'économie mondiale, un choc de la demande du fait de la psychose des ménages, et un choc de liquidité. Cette crise, aura à l'avenir un impact sur toute l'architecture des relations internationales dans toutes leurs dimensions, militaire, économique, sociale et culturelle . Pour l'Algérie fortement connectée à l'économie mondiale à travers sa rente d'hydrocarbures qui lui procure directement et indirectement 98% de ses ressources en devises, est fortement impactée par cette crise où le cours du pétrole fonction du retour de la croissance de l’économie mondiale,loin de certains discours euphoriques d’experts et de responsables algériens fluctuera en moyenne annuelle entre 30/35 dollars, en n’oubliant pas la perte des parts de marché pour le gaz où la baisse des prix en référence à 2010 est de plus de 60%, procurant 33% des recettes à Sonatrach, ce qui donnerait des réserves de change de moins de 40 milliards de dollars fin 2020 avec une importation de biens et services d’environ 35 milliards de dollars qui est le montant incompressible. En plus il s’agira de quantifier le manque à gagner de la réduction de production de l’Algérie variant entre 240.000 et 145.000 barils/j sur une production totale ne dépassant pas 1 million de baril jour. Le cours du pétrole a été coté le 16 mai 2020 à 32,84 dollars( 30,35 euros) le Brent et à 29,71 dollars(27,45 euros) le Wit du fait à la fois d’une légère reprise de l’économie chinoise et surtout d’une baisse des stocks américains. Il devrait fluctuer en moyenne annuelle, pour 2020, selon la majorité des institutions internationales entre 30/35 dollars après la réduction de 9,7 milliards de barils des pays OPEP/non OPEP et sous réserve d’une reprise timide le second semestre Et ce malgré la décision de l’Arabie Saoudite (plus de 33% du quota OPEP, 60% de la production, commercialisée mondiale se faisant hors OPEP) ), d’une coupe d'un million de barils par jour (mbj) ramenant sa production , à 7,5 mbj, les prix du pétrole sont toujours relativement faibles , pénalisés par les incertitudes du redémarrage tant de l’économie américaine que chinoise et l’importance des stocks. Dans ce cadre la loi de finances complémentaire d’établir le cours à 30 dollars le baril, comme référence est réaliste. Car toute déstabilisation de l’Algérie aura comme impact une déstabilisation de toute la région méditerranéenne et africaine comme j’ai eu à le démontrer récemment dans plusieurs Contributions tant nationales ( fin avril 13 mai 2020- www.algerie1.com- quotidiens gouvernementaux El Moudjahid et Chaab, qu’internationales, www.alterinfo.net , Etats Unis d’Amérique dans American Herald Tribune 28 décembre 2016- (Prof. Abderrahmane Mebtoul: « Any Destabilization of Algeria would have Geo-strategic Repercussions on all the Mediterranean and African Space » –« Dr. Abderrahmane Mebtoul: “Algeria Still Faces Significant Challengesé- 11 aout 2018 - « Prof. Abderrahmane Mebtoul: We Have Witnessed a Veritable Planetary Hecatomb and the World Will Never be the Same Again »23 avril 2020 et AfricaPresse-Paris le 05 mai 2020 ; site Arabi21 14 mai 2020) .



1.-Les turbulences de l’économie mondiale 2020/2021

1.1-Dans son rapport d’avril 2020 sur les perspectives mondiales , le Fonds monétaire international a avancé trois évolutions alternatives face aux impacts de l’épidémie du coronavirus. Le premier scénario se base sur l'hypothèse d'une pandémie non maîtrisée à la fin du mois de juin, contraignant les pays à maintenir leurs mesures draconiennes (confinement des populations, fermetures de commerces non essentiels, trafic aérien drastiquement réduit, télétravail en masse) au second semestre 2020. Le produit intérieur brut (PIB) se contracterait alors de 6% au lieu de 3%. - Le deuxième scénario envisage une seconde épidémie survenant en 2021 mais plus légère que la pandémie de cette année. La reprise économique mondiale ne serait alors pas de 5,8% mais d'environ 0,8%. - Le troisième scénario est la combinaison des deux premiers avec le prolongement de la paralysie de l'activité et du confinement au second semestre suivie d'une seconde épidémie survenant en 2021. Au lieu d'avoir un rebond en 2021, la récession se poursuivrait, avec une contraction d'environ -2,2%. Pour le FMI. l'impact direct des mesures visant à contenir la propagation du virus; le resserrement des conditions financières; des mesures politiques pour soutenir les revenus et assouplir les conditions financières; et les cicatrices laissées par la dislocation économique que les mesures politiques ne sont pas en mesure de compenser complètement. Qualifiant la récession la plus grande depuis la Grande Dépression des années 1930, Mme Gopinath a déclaré que la perte cumulée de la production mondiale en 2020 et 2021 devrait totaliser 9.000 milliards de dollars. Les dernières Perspectives prévoient que la production des économies développées diminuera considérablement de 6,1% en 2020, tandis que la production des marchés et des économies en développement diminuera de 1%. La Chine et l'Inde, cependant, verront respectivement une croissance modérée de 1,2% et de 1,9%. Pour d’autres instituts internationaux, si le virus est contenu et que les économies peuvent recommencer à fonctionner normalement, 2021 devrait connaître un rebond de 5,8%, selon les perspectives de l'économie mondiale du FMI. Mais cette reprise en 2021 ne sera que partielle, car, le taux de croissance se calcule apr rapport àà la période précédente, un taux de croissance de 5% par rapport à un taux de croissance négatif en 2020 donnera en termes réels un taux de croissance entre 0 et 1,1,5% ( voir notre interview à France 24 et à l’American Herald Tribune le 23 avril 2020) car le choc de 2020 dû au coronavirus aura des effets durables sur l’économie du monde. Compte tenu des incertitudes accrues, particulièrement en ce qui concerne l’évolution du virus et la destruction de capacités industrielles, on ne peut pas exclure de nouvelles révisions à la baisse. De toute manière, le grippage des chaînes d’approvisionnement mondiales dû à la pandémie forcera les gouvernements à tout repenser et la politique économique qui sera sans doute ajustée si ce n’est complètement remaniée pour encourager un rapatriement de productions critiques. Cela concernera notamment les équipements sanitaires et de produits pharmaceutiques, avec des mesures protectionnismes et le resserrement des conditions financières, sous réserve qu’il n’ y ait pas une deuxième vague d’infections qui forcerait les gouvernements à envisager de réinstaurer le confinement avec un impact désastreux sur le marché du travail .

1.2- Les premières estimations de l’OIT indiquent une hausse significative du chômage et du sous-emploi dans le sillage du virus où sur les 7 milliards d’habitants pour les pays en voie de développement, Amérique latine, Asie, Afrique, entre 50/80% de l’emploi est dans la sphère informelle sans protection sociale étant avec le confinement une véritable bombe sociale ( Abderrahmane Mebtoul « le poids de la sphère informelle au Maghreb -Institut Français des Relations Internationales IFRI décembre 2013) . Sur la base de différents scénarios relatifs à l’impact du COVID-19 sur la croissance du PIB mondial (les estimations préliminaires de l’OIT montrent une augmentation du chômage mondial variant de 5,3 millions (scénario «optimiste») à 24,7 millions (scénario «pessimiste») à partir d’un niveau de référence de 188 millions en 2019. Le scénario «moyen» laisse présager une hausse de 13 millions (7,4 millions dans les pays à revenu élevé).. Si ces estimations demeurent hautement incertaines, tous les chiffres convergent vers une hausse substantielle du chômage mondial. Par comparaison, la crise financière mondiale de 2008-09 avait fait augmenter le chômage de 22 millions. En effet, la pandémie de Covid-19 a de lourdes conséquences sur les populations et l'économie, qui restent encore difficiles à évaluer. En conséquence, le commerce international s'est effondré : le FMI prévoit ainsi une baisse de 11% du volume d'échange de biens et services en 2020. Pour les pays avancés, la récession devrait atteindre 6,1%. Aux Etats-Unis, où il y a peu de filet de sécurité sociale et où le système de santé est défaillant, la contraction du PIB devrait être de 5,9%. Dans la zone euro, le PIB va même dégringoler de 7,5% avec des populations en Italie, en Espagne et en France durement affectées par le coronavirus. Dans la zone Amérique Latine et Caraïbes, la récession sera à peine moins marquée (-5,2%). Pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale, le FMI table sur une baisse du PIB de 2,8%. La Chine et l'Inde devraient tirer leur épingle du jeu avec une croissance respective de 1,2% et de 1,9%. L’impact de l’épidémie du coronavirus touchera de manière plus dramatique les pays en voie de développement et notamment africain marqués par une instabilité politique, une mauvaise gouvernance avec un niveau de corruption élevé, des économies structurellement dépendantes de l’exportation de pétrole, un contexte macroéconomique dégradé et un climat des affaires défectueux ce d’autant plus que les prévisions de la Banque mondiale notent une croissance négative entre -2,1% et -5,1% pour la première fois depuis 25 ans sur le continent. Comme le note un rapport de l’OUA le continent Afrique est actuellement à l’image d’un patient Covid-19 sous assistance respiratoire. Une chose est sûre : les pays africains ne pourront plus s’endetter comme avant. La récession mondiale, la fragilisation des pays européens et le flottement économique de la Chine vont à terme réduire les fonds dédiés aux aides internationales et aux prêts aux pays en développement. La souveraineté économique et la diversification ne peuvent plus être des revendications, mais un plan d’action pour les années à venir, le continent disposant des ressources humaines, intellectuelles, et économiques pour changer de paradigme et chercher une croissance endogène. Quant à la région MENA à l’image d’autres pays du monde, fortement connectées à l’économie mondiale, les économies de la région s’acheminent droit vers une récession en 2020. Le rapport montre par exemple comment la propagation du Covid-19, associée à l’effondrement des prix du pétrole, modifie les prévisions de croissance du secteur privé et de la Banque mondiale pour 2020. En effet, les prévisions du 1er avril dernier pour la région Mena donnaient à penser que ces deux chocs coûteraient environ 3,7 % du PIB régional pour 2019 (soit approximativement 116 milliards de dollars), alors qu’on annonçait 2,1% pas plus tard que le 19 mars. Selon le rapport, la pandémie de Covid-19 plombe les économies de la région Mena de quatre manières : détérioration de la santé publique, baisse de la demande mondiale de biens et services de la région ; recul de l’offre et de la demande intérieures en raison de l’application de mesures de distanciation sociale ; et, surtout, chute des prix du pétrole. Le rapport fait valoir que la faible croissance dans la région Mena est due au manque de transparence dans la gouvernance et de confiance d’où l’importance d’ un nouveau contrat social. Dune manière générale, le monde ne sera plus jamais comme avant devant se préparer à de profonds bouleversements géostratégiques, politiques, miliaires, économiques, énergétiques, sociaux et culturels 2020/2030/2040. A court terme 2020/2021, les gouvernants se trouvent confrontés à trois dilemmes. Le premier scénario est continuer le confinement quitte à étouffer la machine économique avec les risques neuro psychologiques et surtout le risque d’exploitions sociales pour ceux qui n‘ont pas de revenus et de protection sociale. surtout dans des pays où domine la sphère informelle. Le second scénario est le dé-confinement total avec le risque d’un désastre sanitaire avec des millions de morts, qu’aucun Etat ne pourrait supporter et le risque d’une déstabilisation politique de bon nombre de pays qui ‘ont pas d’assises populaire. La solution médiane est un dé-confinement progressif maitrisée conciliant l’aspect sanitaire, économique et psycho- sociologique supposant une responsabilité collective.


2. L’économie algérienne face à la crise mondiale


2.1-.-Pour l'Algérie fortement connectée à l'économie mondiale à travers sa rente d'hydrocarbures qui lui procure directement et indirectement 98% de ses ressources en devises, est fortement impactée par cette crise, devant éviter des discours contraires à la dure réalité qui provoquent une névrose collective au niveau de la population. . La crise mondiale actuelle n'est pas la seule explication de la léthargie de l’appareil productif algérien, 07% de croissance du PB en 2019, selon le FMI, 0,8% selon le gouvernement , avec une prévision négative moins de 5% pour 2020, selon le FMI, le secteur industriel représentant moins de 6% du PIB avec la dominance du commerce-services –administration peu performants. Les prévisions de la banque mondiale tablent sur une contraction de 3% du PIB en 2020 suite à la chute des investissements publics, qui représentent 44% de la totalité des investissements, les efforts visant à stimuler l’investissement privé, comme l’abrogation de la règle 51/49 pour les secteurs non stratégiques, étant entravés par des incertitudes nationales et mondiales De ce fait le taux de chômage devrait s’accroitre en raison de la cessation d’activité de plusieurs entreprises, notamment dans le secteur du BTPH et la rupture des approvisionnements en provenance de Chine et d’Europe en raison de l’épidémie de Covid-19, qui représentent plus de 80 % des importations algériennes, pourrait entraîner une hausse les prix des importations, notamment dans le domaine céréalier dont l’Algérie est un grand importateur au niveau mondial. Les recettes devant être au divisé par PLUS DE deux par rapport à 2019 qui ont été de 34 milliards de dollars , montant auquel il faudra soustraire les couts d'exploitation et la réduction de son quota entre 240.000 e t145.000 barils/jour, le gaz n’étant pas touché par cette réduction mais assistant à une nette baisse de ses exportations en raison de la crise (- baisse des prix sur le marché international de plus de 60% avec un stockage excédentaire) et de la forte concurrence, USA, Qatar, Russie , MEDGAZ et TRANSMED fonctionnant à peine à 50% de leurs capacités. Cela a un impact négatif sur le taux de chômage, ,en raison du ralentissement du taux de croissance, dominée par l'impact de la dépense publique via la rente Sonatrach, avant la crise, prévoyait 12% de taux de chômage en 2020 , et l'estimant dans son dernier rapport d'avril à 15, 5% pour 2020 , les prévisions pour 2021 étant inchangées à 13,5% et ce sous réserve, autant pour le PIB de profondes réformes , ce taux ne tenant pas compte des emplois rente, faire et refaire les trottoirs et des sureffectifs dans l'administration . La sphère informelle contrôle selon la banque d'Algérie plus de 33% de la masse monétaire en circulation, plus de 40/45% de l'emploi concentré dans le commerce, les services , les saisonniers dans l'agriculture, et plus de 50% de la valeur ajoutée hoirs hydrocarbures. A cela s'ajoute, selon certaines organisations patronales qui évoquent entre 1,5 /1,7 millions de pertes d'emplois dans la sphère réelle Et sur environ 12,5 millions de la population active sur plus de 44 millions d'habitant en mars 2020 environ 40/45% de la population active, environ 5/6 millions sont sans protection sociale rendant difficile leurs prises en charge Ils sont sans revenus pour bon nombre qui ont cessé leurs activités, sans compter que bon nombres de ménages vivent dans deux trois pièces plus de 5/8 personnes avec des impacts psychologiques avec le confinement. Et l'on devra prendre en compte, à l'avenir la réforme du système des retraites qui sera le grand défi des années à venir ; le vieillissement de la population, où la moyenne d'âge des deux sexes selon le rapport de l'ONU, 2018, est à environ 78 ans de durée de vie. Cela pose d'ailleurs la problématique des subventions qui ne profitent pas toujours aux plus défavorisées (parce généralisables à toutes les couches) rendant opaques la gestion de certaines entreprises publiques et nécessitant à l'avenir que ces subventions soient prises en charges non plus par les entreprises mais budgétisées au niveau du parlement pour plus de transparence.. Car, comment avec une entrée en devises de plus de 1000 milliards de dollars ( sans compter les dépenses en dinars) entre 2000/2019 dont pour Sonatrach avec ses dérivées 98% et une sorties de devises concernant les biens et les services (entre 9/11 milliards de dollars/an entre 2010/2019) , ayant dépassé 935 milliards de dollars n'ont permis qu'un taux de croissance, moyenne annuelle, entre 2,5 et 3%. Comment faire avec un montant modique de moins de moins 60 milliards de dollars fin mars 2020, la compression des importations ayant une limite, montrant un divorce entre la dépense et les impacts économiques et sociaux : mauvaise gestion ou corruption ou les deux à la fois. La pression démographique souvent oublié est une véritable bombe à retardement avec une population dépassant 43 millions d’habitants en 2020 et plus de 50 millions horizon 2030. Comment dès lors, avec un taux de croissance réel inférieur au taux de croissance démographique créer entre 350.000/400.000 empois par an entre 2020/2025, ( encore que le taux de chômage officiel sous-estime la demande d'emplois féminins ) qui s'ajoutent au taux de chômage actuel nécessitant un taux de croissance de 8/9% par an pour éviter de vives tensions sociales. L'Algérie doit donc se préparer à de nombreux défis, avec les tensions internes inévitables sur les réserves de change (moins de 40 milliards de dollars fin 2020) et budgétaires entre 2020/2022.



2.-L’Algérie de demain, 2020/2030 facteur de la stabilisation de la région méditerranéenne et africaine


2.1.- Il ne faut verser uniquement dans la sinistrose et tout pouvoir ne doit pas regarder seulement vers le passé, devant certes faire un bilan sans complaisance pour éviter les erreurs du passé, éviter toute d »stabilisation de l’Algérie et préparer l’avenir des générations futures Certes l’Algérie a engrangé plus de 1000 milliards de dollars en devises dont 98% avec les dérivées proviennent de Sonatrach et a importé en biens et services plus de 935 milliards de dollars entre 2000/02019 avec un taux de croissance dérisoire ( entre 2/3%, mauvaise gestion et corruption) mais cette manne pétrolière a permis à l’Algérie d’effacer une énorme dette extérieure et d’engager des dépenses d’infrastructures importantes. C’est un acquis pour le pays, il faut le reconnaitre. Mais ce modèle a atteint ses limites comme par le passé, devant imaginer un nouveau modèle de développement , éviter de reproduire les schémas du passé comme le schéma directeur "des industries industrialisantes" des années 70 qui est mort, étant bien placé puisque ayant été directeur d’Etudes au Ministère de l’Industrie et de l’Energie entre 1974/1979. Il en est également du schéma directeur de la production en substitution aux importations qui est frappé de désuétude, s’orientant vers un nouveau modèle de croissance mondial avec la quatrième révolution économique est irréversible entre 2020/2030. Il faut dorénavant miser sur l’investissement immatériel qui manque cruellement au pays. Et sans cet investissement, l’Algérie peut investir autant de milliards de dollars sans connaître de développement voire régresser. Il s’agit de réunir les conditions pour attirer les meilleurs cadres de la nation pour transformer notre diplomatie, notre administration et notre économie en moteur du développement. La formation continue doit être généralisée à tous les niveaux et l’ordre de mérite devenir le levier de la promotion sociale. Les expériences historiques montrent clairement que les richesses naturelles n’ont pas d’effet direct sur le niveau de développement et que l’on construit une société développée d’abord sur les valeurs morales. L’Algérie doit impérativement recomposer ses valeurs et ses principes pour reconstruire une société moderne et ouverte à la culture et au développement économique, technique et social autour d’un projet de société qui donne espoir à une jeunesse désabusée. D’où l’importance d’une gouvernance centrale et locale rénovée fondé sur un système participatif et qui appelle aux compétences algériennes locales et celles établies à l’étranger. C’est ainsi que l’on donnera aux Algériens l’envie de construire ensemble leur pays et d’y vivre dignement et harmonieusement, de rétablir la confiance entre les citoyens et les institutions de la république, de préserver les libertés individuelles et consolider la cohésion sociale à laquelle je suis profondément attachée.



2.2.-J’ose imaginer une Algérie où les nouvelles générations vivront confiantes et heureuses dans leur pays et où nous assisterons non pas un retour de la majorité des cadres expatriés, il ne faut pas être utopique, mais les associer au redressement national et ils sont disponibles. Pour cela, l’Algérie doit impérativement élaborer une stratégie d’adaptation avec réalisme qui sera l’œuvre des acteurs économiques, politiques et sociaux, tenant compte de la nouvelle transformation du monde, loin de l’ancienne vision bureaucratique, de croire que des lois et des nouvelles organisations déconnectés des réalités locales et internationales sont la solution miracle alors qu’il s’agit de s’attaquer au fonctionnement de la société.0 Le grand problème pour l’Algérie est de s’adapter au grand défi qui attendent le monde, où après l’épidémie du coronavirus le monde ne sera plus jamais comme avant avec de profondes mutations géostratégiques, sociales, culturelles et économiques. L’Algérie doit construire si elle veut éviter sa marginalisation une économie hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales dont son escape naturel est l’espace méditerranéen et africain. . Depuis des décennies tous les pouvoirs ont eu pour objectif l’après hydrocarbures. Or avec la forte consommation intérieure l’épuisement pour l’Algérie est dans moins de 10/15 ans, devant éviter de vivre éternellement sur l’illusion de la rente éternelle. D’où l’importance d’un nouveau modèle de consommation énergétique devant éviter l’erreur de fonder la stratégie sur un modèle de consommation énergétique linéaire Mais après 58 ans d’indépendance politique , l’économie algérienne repose sur la rente des hydrocarbures, faute de vision stratégique d’adaptation au nouveau monde, du fait de rigidités culturelles et politiques des tenants de la rente. Ces derniers qui propagent un discours soit disant nationaliste, voient l’ennemi extérieur partout, discours populistes d’une autre époque, auquel aucun Algérien ne croit. . Il s’agit de mobiliser toutes les forces de la Nation pour débattre des questions d’actualité qui sont souvent éludées dans les débats et les programmes politiques et je ne puis cacher ma grande inquiétude pour notre pays si nous n’entreprenons pas immédiatement des réformes structurelles permettant un ré-Engineering profond de l’Algérie durant les 10-15 prochaines années. Je suis convaincu que la bonne gouvernance devra accompagner les changements sans précipitation, en associant des Algériens de diverses sensibilités et compétences, y compris les non résidents.L’Algérie sera sauvée par le génie des Algériens et tant qu’on n’adhérera pas à ce principe de base nous vivrons une errance économique et politique avec le risque d’un statu- quo qui risque de conduire droit le pays au FMI fin 2021 début 2022 avec l’épuisement inéluctable des réserves de change. Evitons tant la sinistrose que l’autosatisfaction. Tout pouvoir devra accepter les critiques productives, personne n’ayant le monopole du nationalisme, et donc être attentif aux propositions de toutes les composantes de la société.


En résumé, il faut être réaliste, avec moins de 40 milliards de dollars de réserves de change fin 2020, le risque est l’épuisement des réserves de change fin 2021 ,le premier semestre 2022 supposant une mobilisation générale impliquant une profonde refonte politique. Car, l’Algérie dispose de compétences suffisantes localement et à l’étranger pour s’en sortir à condition d’un retour à la confiance Etat-citoyens, évitant les discours démagogiques, de développer une stratégie économique basée sur nos capacités propres, d’opérer les choix judicieux avec nos partenaires étrangers et enfin d’utiliser nos richesses pour un développement durable. Se mentir les uns les autres ou se cacher la réalité nous entraînera irrésistiblement vers d’autres épreuves tragiques qu’aucun algérien patriote ne souhaite. En économie le temps ne se rattrape jamais. Toute Nation qui n’avance pas, en ce monde turbulent et instable en perpétuel mouvement recule et le temps presse pour redresser le bateau Algérie et l’éloigner de la zone de tempête que certains experts occidentaux lui prédisent. Pour cela, nous devons procéder sans complaisance à un examen très lucide de la situation pour mieux réagir dans plusieurs segments de la vie économique et sociale tels: éducation-formation, santé, stratégie industrielle , modernisation de l’agriculture, culture financière des acteurs économiques, efficacité de l’administration, relance et croissance des entreprises, réduction des déséquilibres régionaux et inégalités sociales, formation civique et politique de la jeunesse et tant d’autres domaines. Je crois fermement que le peuple algérien a d’énormes ressources en lui-même et sera capable de réagir à l’instar d’autres peuples qui ont su conjuguer la modernité, l’émancipation par le travail et ce grâce à un changement radical de la gouvernance.




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Dimanche 17 Mai 2020


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