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«Pénuries de main d'œuvre» : des députés LREM appellent à intégrer les migrants dans le marché


«Trouver chez l'autre ce que nous n'avons plus chez nous» : dans une récente tribune, 18 députés LREM prônent l'immigration de travail afin notamment de «réduire les pénuries de main d'œuvre rencontrées dans certains métiers» en France.


Fabien Rives
Mercredi 9 Octobre 2019

Un policier positionné devant le chantier de destruction de la jungle de Calais, en octobre 2016 (image d'illustration).
Un policier positionné devant le chantier de destruction de la jungle de Calais, en octobre 2016 (image d'illustration).
Simultanément au lancement du débat sur le dossier migratoire à l'Assemblée nationale, voulu par le chef de l'Etat, certains députés de la majorité présidentielle ont fait connaître leur position en invoquant l'opportunité économique représentée selon eux par les migrants. Dans un texte reproduit le 7 octobre sur le site du newsmagazine Le Point, 18 députés LREM appellent en effet à «élargir le marché du travail pour les migrants». Ils expliquent, entre autres, vouloir «trouver chez l'autre ce que nous n'avons plus chez nous».
Les réfugiés, des travailleurs «particulièrement motivés [...] et fiables» dans le BTP ?

Dans ce long plaidoyer pour l'immigration de travail, les parlementaires en question abordent notamment le volet du marché de l'emploi. Souhaitant «élargir les possibilités de séjourner en France», ils entendent «réactualiser la liste des métiers sous tension, devenue largement obsolète», et proposer ces emplois aux migrants. «Les personnes âgées séjournant à l'hôpital, en maison de retraite ou celles qui sont dépendantes à domicile peuvent bénéficier des qualités humaines de personnes pétries du respect des plus âgés», précise par exemple le texte. Ce système permettrait de «réduire les pénuries de main d'œuvre rencontrées dans certains métiers», assurent ses auteurs.

Trouver chez l'autre ce que nous n'avons plus chez nous

Soulignant que «les patrons du BTP recrutent parmi les réfugiés qu'ils considèrent comme particulièrement motivés, travailleurs et fiables», les auteurs de la tribune mettent alors en avant l'opportunité, selon eux, de «trouver chez l'autre ce que nous n'avons plus chez nous».



Dans un entretien publié le même jour sur France info, le député LREM du Vaucluse Jean François Cesarini – qui a relayé la tribune sur les réseaux sociaux – appuie cet appel à intégrer les migrants, de façon plus poussée, dans le marché du travail français. L'élu insiste, pour sa part, sur la nécessité selon lui de cibler des zones géographiques.

Les immigrés viennent faire des travaux que les Français ne veulent pas faire

«[Il s'agit de] savoir où nous avons besoin de main d'œuvre», explique-t-il, avant de préciser : «Ce n'est pas en concurrence avec les chômeurs français. Ce ne sont pas les mêmes métiers qui sont pris par des migrants et par les chômeurs français. De tout temps, les immigrés viennent faire des travaux que les Français ne veulent pas faire.»

Cet appel à élargir le marché de l'emploi aux migrants intervient à peine un mois après les récentes déclarations d'Emmanuel Macron sur la question migratoire. Le chef de l'Etat avait alors interrogé son propre camp politique en ces termes : «La question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas. Les bourgeois n'ont pas de problème avec [l'immigration] : ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec.» Des propos qui correspondent à un virage indéniable pour celui qui, quatre ans plus tôt, alors ministre de l'Economie, avait lui-même qualifié l'arrivée de migrants en France comme «une opportunité économique».

Si le dossier migratoire oppose régulièrement les partis politiques dits «populistes» à ceux supposés «progressistes» – les premiers regroupant majoritairement des familles de droite contre des formations politiques classées plus à gauche chez les seconds – le député et secrétaire national du PCF Fabien Roussel, a récemment tenu des propos détonants à gauche sur la question. L'élu du Nord a en effet affirmé, le 23 septembre, être opposé à l'«immigration organisée par les traités libéraux de Bruxelles» et à l'emploi de clandestins par certains chefs d’entreprise. Une prise de position qui n'était pas sans rappeler celle, des décennies plus tôt, du secrétaire général du Parti communiste Georges Marchais qui estimait lors d'un meeting : «Il faut stopper l'immigration officielle et clandestine ! Il est inadmissible de laisser entrer de nouveaux travailleurs immigrés en France alors que notre pays compte déjà près de deux millions de chômeurs français et immigrés.»

Le 7 octobre, les députés ont entamé le débat sur «la politique migratoire de la France et de l'Europe», avant une séance portant sur le même thème, prévue deux jours plus tard, au Sénat.



Mercredi 9 Octobre 2019


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