Politique Nationale/Internationale

Pékin adresse une mise en garde bien frappée à Washington et à Moscou (Izvestia)


Dans ce domaine hautement technologique qu'est l'armement antisatellite, la Chine a damé le pion aux Etats-Unis et à la Russie, écrit Alexandre Khramtchikhine, de l'Institut d'analyse politique et militaire. En tirant depuis la Terre un missile balistique qui est allé frapper de plein fouet un satellite sur orbite, Pékin s'est incontestablement "rappelé au bon souvenir" de Washington. Mais la Chine qui se fortifie au fil des jours a aussi mis en garde les Russes.


Izvestia
Lundi 12 Février 2007



Les dernières guerres ont montré que dans l'utilisation des armes de haute précision les troupes américaines étaient extrêmement dépendantes des satellites. La veille d'une très probable opération en vue de rattacher Taïwan à la Chine - elle pourrait être lancée d'ici deux à trois ans - Washington s'est vu recommandé de ne pas fourrer son nez dans ce qui ne le regarde pas.

Il semble bien que l'avertissement s'adresse aussi à la Russie. Un avertissement qui d'ailleurs n'est pas le premier. En septembre 2006, Pékin avait pendant dix jours tenu des exercices militaires au niveau des deux plus importants districts militaires, limitrophes de la frontière avec la Russie. Leur but était de travailler la manoeuvre de formations militaires loin de leurs bases et de parfaire la gestion de l'intendance. Ce scénario est synonyme de préparation d'une guerre avec la Russie, comprenant un volet non pas défensif, mais offensif. Des opérations en profondeurs avaient été menées sur terre, dans une zone de steppe alpine. Pour la Chine les objectifs visés ne pouvaient être que la Russie et le Kazahstan.

En Russie jusqu'à présent il est admis de ne craindre que l'OTAN. Seulement personne ne dit quelles raisons l'OTAN aurait-elle de nous attaquer. De nos jours l'alliance montre en Afghanistan combien elle est inopérante et, chose essentielle, rechigne à combattre. Les potentialités de la Chine, elles, ne suscitent aucun doute.

La signature récente à Pékin de l'accord frontalier avec la Chine ne doit pas nous nourrir d'illusions. En 1860, la Russie avait déjà signé l'Accord de Pékin et plusieurs protocoles annexes. Dans ces documents il était clairement mentionné que les îles de l'Amour Tarabarov et Bolchoï Oussouriskii appartenaient à la Russie. Maintenant elles sont chinoises (à moitié pour la seconde). Si la Chine devient encore plus forte et si la Russie s'affaiblit on nous "demandera" de nouveaux territoires.



Lundi 12 Février 2007

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