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Pas touche à la Russie (Kommersant)


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Le discours prononcé la semaine dernière par le président russe, Vladimir Poutine, devant la Conférence de Munich sur la sécurité est certainement la plus vigoureuse volée de bois vert administrée par le locataire du Kremlin aux Etats-Unis depuis la tonitruante intervention à l'ONU du leader soviétique, Nikita Khrouchtchev.


Kommersant
Vendredi 16 Février 2007



Mercredi, au cours de la première conférence de presse donnée cette année à la Maison-Blanche, le président George W. Bush a enfin donné une appréciation des rapports avec la Russie. Il s'est employé à mettre l'accent sur ce qu'il y avait de positif dans les relations avec la Moscou, à convaincre les journalistes que la Russie jouait un rôle important dans le règlement des crises iranienne et coréenne et aussi dans le domaine de la non-prolifération des armes nucléaires.

Des sources du quotidien Kommersant proches de la Maison-Blanche annoncent que le président Bush a préféré étouffer le scandale de Munich et faire mine que dans les rapports entre les Etats-Unis et la Russie rien d'extraordinaire ne s'est produit sous l'impact de circonstances tant intérieures qu'extérieures.

De l'avis des interlocuteurs de Kommersant, une réponse appuyée de George W. Bush au Kremlin aurait fourni aux démocrates une excellente occasion pour renvoyer aux républicains les accusations concernant la "perte de la Russie", que ceux-ci avaient adressées au président Clinton à la fin des années 90, à l'issue de ses huit années de présidence. Il est remarquable qu'alors que la course à la présidence est déjà lancée aux Etats-Unis la principale prétendante démocrate, Hillary Clinton, ait déjà clairement laissé entendre que les démocrates étaient disposés à jouer la "carte russe" contre le président Bush qui fait déjà figure de "canard boiteux".

Cependant, une estimation trop positive des relations avec la Russie par George W. Bush aurait immédiatement été mise à profit par ses opposants au Congrès. Ils n'auraient pas manqué de rappeler à Bush la liste des "démarches amicales" de Moscou, qui avaient passablement compliqué les actions de Washington sur l'échiquier international. Au congrès on fait figurer sur cette liste la récente livraison à l'Iran de missiles sol-air russes Tor-M1, une transaction qui avait été annoncée au mois de décembre de l'année dernière.

En attendant, plusieurs observateurs à Washington estiment qu'outre ses problèmes relatifs avec le congrès et l'absence de moyens de pression réels sur Moscou le président Bush avait d'autres raisons de garder un ton modéré en ce qui concerne les relations avec la Russie. Pour les experts, George W. Bush ne peut pas se permettre de brusquer les convenances la veille de batailles diplomatiques décisives sur l'Iran, un domaine où la position de la Russie sera à bien des égards déterminante.


Vendredi 16 Février 2007

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