Palestine occupée

Pas de solution pour Azmi Bishara


Le HAMAS doit veiller à ne pas devenir otage de la reconnaissance internationale


zineomar@gmail.com
Samedi 7 Mars 2009

Pas de solution pour Azmi Bishara
Omar Mazri : Pas de solution pour Azmi Bishara

Je livre ma traduction de l'interview de Azmi Bihara réalisée par Moutiî Allah Tha'ib pour islamonline le 6 mars 2009. Azmi l explique qu'il n'y a pas de solution en perspective autre que la résistance.




Le HAMAS doit veiller à ne pas devenir otage de la reconnaissance internationale




Q: Existe-t-il une réelle utilité de dialogue ou de recherche d'une base de compréhension mutuelle entre Hamas et l'Autorité, sachant d'une part le caractère contradictoire de leurs programmes respectifs et d'autre par que l'Autorité palestinienne ne représente plus grand monde au sein même du FATAH?

L'exigence d'unité nationale palestinienne est demandée par les Palestiniens et par les peuples arabes et personne ne peut faire l'impasse sur cette demande. Et le sens de cette exigence est souvent revendiqué dans le cadre du mouvement de libération et non dans le cadre des négociations insensées et vaines. Les peuples arabes savent que la phase historique actuelle est une phase de libération de nationale et de résistance. Ce qui crée la confusion est le jeu médiatique qui sème la confusion dans l'esprit des gens en leur faisant croire que l'exigence d'unité nationale est une exigence pour elle même et à n'importe quel prix et ce qui est faux. L'union est autour de la résistance. L'unité doit se construire sur le principe de la libération.


Par conséquent, la demande de reconstruction de l'OLP, doit s'articuler autour de cette exigence d'unification des rangs de la résistance et non autour d'un dialogue pour la mise en place d'un gouvernement de "technocrates" et d'une démarche consensuelle des élections. Si un gouvernement d'unité nationale est nécessaire pour gérer les affaires et préparer les élections il ne peut être à l'image des gouvernements d'Oslo, mais un gouvernement d'unité nationale fondé sur l'esprit de l'OLP et le constat d'échec d'Oslo.

Contrairement à cet esprit d'unité nationale autour de la résistance, on assiste à l'expression de la mise en place d'un gouvernement d'unité nationale dont la finalité se résume à une réconciliation de façade pour gérer le dialogue avec les donateurs et donner une crédibilité à et aux résultats des élections présidentielles et législatives. Le but est de parvenir à changer les résultats des élections précédentes, en jouant sur l'usure du HAMAS et du soutien occidental qui arrive comme une providence pour discréditer HAMAS après un long siège et la guerre. La vérité pourtant veut que celui qui appelle à la démocratie et au recours de la voix des urnes quelle que soit l'issue, il n'a qu'à commencer par reconnaitre celles qui sont en vigueur et s'y soumettre au lieu de semer la discorde.

Les paramètres et la gravité de ce dialogue entre le HAMAS et l'Autorité palestinienne exigent que dans l'ordre du jour de ce dialogue il y ait la clarification des positions de l’Autorité palestinienne sur l'intensification et l'élargissement des colonies juives à Jérusalem et ailleurs, sur l'agression barbare et criminel contre Gaza, sur l'élection de Netanyahou, sur l'impasse à laquelle sont parvenus les négociations avec Israël.


La faisabilité et la viabilité de l'unité nationale, dans un gouvernement vont se valider selon le rapprochement des points de vue et de la nature du traitement sur la tragédie palestinienne, sur l'occupation israélienne et sur le soutien effectif ou juste formel au principe de la résistance. Sans l'adoption et le respect de ce principe nul ne peut comprendre la logique du dialogue et encore moins celle d'un gouvernement d'unité nationale.

Ce dialogue sera sans doute interprété par certains comme une volonté du Hamas d'être reconnu internationalement, et de payer le prix de cette reconnaissance, comme il l'a fait l'OLP. Le Refus de participer à ce dialogue biaisé au départ sera aussi utilisé, par les mêmes interprètes de la scène palestinienne, pour accuser le Hamas et le Jihad islamique et le Front populaire d'être contre le dialogue ou de le subordonner à des conditions rendant sa tenue impossible. La partie qui a invité au dialogue et qui en a préparé la tenue (l'Egypte) va tenter par l'intimidation et les pression d'imposer sa feuille de route à ce dialogue qui doit rester dans le canevas tracé par le camp arabo américain visant la poursuite des accords d'Oslo et le désarmement de la résistance puis la mise à mort de la résistance au nom d'une pseudo légitimité à une utopique communauté internationale qui construit et garantit la paix au Moyen-Orient.

S'il est assez clair le fort désir par le Hamas d'être reconnu internationalement, et il est plus étrange encore que l'Europe exige la tenue de ce dialogue à l'établissement d'un gouvernement palestinien d'unité nationale ... Et les conditions de la mise en place de ce gouvernement annoncent tous les enjeux attendus et les compromis espérés...


Q : Croyez-vous que le Hamas est devenu plus mature sur le plan politique après la dernière guerre? Quels sont les gains de la guerre?

Evoquer des gains politiques pour parler d'un mouvement politique qui a mené un combat de résistance pour protéger son peuple d'une agression est une atteinte à la probité morale et politique de ce mouvement et du peuple qui le soutient. Poser le problème en ces termes c'est faire allusion à un mouvement séparé de sa population ce qui n'est pas le cas de HAMAS. Dire que le HAMAS négocie ou manœuvre politiquement au détriment de la souffrance des populations victimes de la guerre menée par Israël est immoral...

Poser la question sous cette forme c'est occulter l'échec de la guerre israélienne malgré les dommages causés à la population de Gaza. Maintenant, sur un plan pratique, le Hamas a tenu en échec l'armée israélienne et a maintenu la cohésion sociale et politique de la population et ceci est à son actif et à celui du peuple palestinien. Indépendamment de l'idéologie, il n'ya rien de mal à ce qu'un parti ou mouvement élève et renforce sa position politique quand il sort vainqueur d'une confrontation dans un rapport de forces en sa défaveur.

Il est indéniable que le HAMAS sort, de cette guerre, renforcé politiquement sur la scène palestinienne et arabe. Ceux qui ont spéculé du côté israélien, arabe et occidental que la guerre israélienne allait détruire en 48 heures de bombardement intensif la base sociale et politique du HAMAS sont les véritables perdants en dépit du prix élevé de la société et aussi par le mouvement de résistance.


Je ne doute pas que la direction du Hamas ait démontré sa maturité politique face à l'agression. Elle se manifeste dans la détermination et l'orientation de la lutte contre l'agression, malgré l'existence d'autres éléments obstructifs dans le camp de ceux qui ont misé sur la victoire de l'agression ou qui l'ont peut-être encouragé. Mais c'est maintenant que le HAMAS doit faire preuve de plus de maturité politique dans les rapports au quotidien avec la population et de traiter à l'intérieur de la bande de Gaza, les autres factions et mouvements avec davantage d'humilité en cherchant davantage leur participation dans le débat et dans l'effort dépassant la vision sectaire ou étroitement partisane. Le HAMAS doit veiller à ne pas confisquer les luttes et les sacrifices du peuple palestinien du fait de la diversité sociale, de la complexité politique et de l'accumulation historique de la résistance palestinienne. La résistance ne peut être réduite au HAMAS ni au FATAH.


La tâche nouvelle du HAMAS est de construire un large front de résistance et non pas limitée à sa seule faction ou à des factions idéologiquement proches. La résistance doit être élargie à tous les mouvements de résistance y compris hors des frontières des factions armées pour impliquer d'autres partenaires du mouvement national. L'important est de mettre sur pied un front uni de la résistance. Le moment le plus opportun pour rassembler, pour le sage et l'humble, est toujours celui où il dispose de sa plus grande gloire et de sa plus grande capacité comme l’est HAMAS a l’issue de sa confrontation avec l’armée israélienne.
Il faut dire sans ménagement et sans complaisance que lorsqu’on examine le dialogue au Caire et l'attitude corporatiste du HAMAS qui monopolise la parole, face aux médias, en présence des factions qui ont participé à l'effort de guerre on ne peut que rejeter ce procédé qui ne rend pas hommage à tous les sacrifices et à toutes les luttes. Le HAMAS ne doit perdre ni l'humilité ni le devoir de reconnaissance envers les autres qui adoptent la même stratégie de résistance contre le même ennemi.



Q : Comment voyez-vous l'idée de la création d'une référence autre que l'Organisation de libération de la Palestine? Quel sera le rôle de cette référence?

Ce n'est pas une perspective pour le moment ... Ce qui est préoccupe mon esprit ce sont les problèmes suivants:


Premièrement, la construction d'un front uni de résistance des factions et des personnalités indépendantes unis par le même refus du règlement de la question palestinienne découlant du processus d'Oslo et en accord total avec le principe de la résistance. Je ne vois pas un seul parti ou un seul mouvement capable, dans la société palestinienne complexe, de se présenter comme une organisation qui peut être représentative, à elle seule, de toute la société et se présenter comme alternative à l'OLP.


Deuxièmement, contribuer à l'émergence de ce front qui prend en charge la reconstruction de l'OLP et qui lui donne sur deux axes d'actions : la poursuite de la résistance et l'action politique sur la scène internationale et, d'autre part, la gestion des affaires des populations pour les aider à survivre et vivre longtemps sans être contraint d'accepter le règlement injuste. Et cela inclut les Palestiniens en Israël et de la diaspora, il est temps pour la réorganisation et l'implication de ce dernier dans la lutte.



Q : À la lumière du blocus et de la pression arabe et internationale contre le HAMAS quelle attitude doit adopter le Hamas pour défendre au mieux la cause palestinienne sur la scène internationale ?

La tâche mondiale commence à l'intérieur... Plus vous êtes forts sur le terrain de la confrontation avec l'ennemi et en même temps vous êtes légitime et crédible au sein de la population qui vous abrite et vous soutient plus forte sera votre position et votre influence au niveau mondial... Il y la nécessité de prévoir d'autres conditions essentielles, notamment le développement l'expression libre interne, l'amélioration du discours médiatique, politique et diplomatique pour le faire parvenir à l'extérieur et répondre aux questionnements des forces libérales dans le monde ... Discours sur l'égalité, la justice et la liberté.
Il faut être naïf pour croire que HAMAS son discours et son idéologie puissent être acceptés ou écoutés par les centres de décision et les institutions occidentales. Il faut croire à une écoute sérieuse au sein des mouvements de libération et des êtres epris de justice et de vérité en dehors des cercles officiels. Il faut leur parler de liberté, de résistance à l'occupation, de justice...


Le peuple palestinien, composé de citoyens appartenant à plusieurs communautés, est identitairement un peuple arabe et musulman, mais le conflit en Palestine n'est pas un conflit religieux, mais une lutte nationale contre le colonialisme. La lutte ne vise ni les Juifs ni le Judaïsme ni les autres confessions, elle est une exigence légitime de justice, d'égalité et de liberté.


Q: Quelles sont les perspectives pour le Hamas de prendre contact avec la nouvelle administration américaine, surtout maintenant que la résistance islamique s'est imposée comme équation incontournable dans la région?


L'Administration des États-Unis impose toujours les mêmes conditions de contact, de rencontre et de rapports durables : il faut se soumettre et en payer le juste prix. L'expérience de la quête de reconnaissance de l'OLP, comme une fin en soi, l’a poussé à se montrer disposée à payer le prix de cette reconnaissance, et regardez où nous en sommes ... Je serais étonnement très surpris si on vient me confirmer que le Hamas exprime d'avoir une telle ambition. La reconnaissance par l'Amérique doit être le résultat d'un pouvoir politique pour l'Amérique qui reconnait et non pour celui qui cherche à être reconnu par l'Amérique.

L'Amérique ne reconnait que celui qui paye le prix, l'objectif américain n'est pas de reconnaître gratuitement mais de faire payer le prix en concédant des concessions. La reconnaissance par l'Amérique est le début de la descente aux enfers car la partie reconnue par l'Amérique doit fatalement se retrouver otage non seulement de la reconnaissance mais otage des concessions à faire les unes après les autres sans garantie de contrepartie.



Q : Nous savons qu'à l'instar de tout mouvement de libération le mouvement Hamas est traversé en son sein par plusieurs courants et plusieurs tendances. Quelle est l'ampleur du changement qui risque de se produire au sein de HAMAS après les événements de Gaza au niveau des programmes, de la planification, des stratégies et de la direction du mouvement ?

La levée du siège de Gaza et l'ouverture de passage est pour l'instant la question fondamentale pour le HAMAS tant dans ses rapports en interne qu'à l'externe. A côté de cette question une autre aussi vitale que la première et sur laquelle il y a un consensus est la nécessité stratégique pour le HAMAS, dans tous ses compartiments politiques, sociaux, caritatifs, religieux et militaires, de se renforcer et de se prémunir contre toute nouvelle agression israélienne. Je suppose aussi qu'il est en train d'examiner ses faiblesses dans le contrôle de la Cisjordanie après la prise en main des services de sécurité palestiniens par une nouvelle doctrine et de nouveaux cadres qui ne considèrent pas Israël comme un ennemi, et qui se sont spécialisés dans la prévention et la répression de la résistance et même des expressions de solidarité avec notre peuple dans la bande de Gaza. Je pense que HAMAS va aussi redéployer ses efforts à destination de la scène internationale pour donner se donner l’espace de communication qui lui a fait défaut durant la guerre.

Pour la dernière question, sur la direction du mouvement, non seulement je ne connais pas la réponse à cette question, mais je ne comprends pas la signification de celle-ci et l'objectif visé par sa présentation dans l'interview.


Q : Le président américain Abraham Lincoln disait que la meilleure des stratégies politiques consiste à "battre son ennemi puis à en faire un allié". Il s'agit de choisir parmi ses ennemis les plus hostiles les plus éminents et puis les retourner pour qu'ils agissent en allié et non plus en ennemi en prenant le risque de leur confier des rangs élevés dans l'administration et les rouages de l'Etat. S'ils ne peuvent pas servir notre cause on les empêche ainsi de servir leur propre cause ou servir d'autres causes hostiles à la notre. Comment le Hamas pourrait-il mettre en œuvre cette stratégie à la lumière du refus du FATAH de laisser le HAMAS gouverner ou de l'expression d'hostilité envers le HAMAS?

Je ne sais pas si j'ai bien compris la question. Je n'arrive pas à voir à qui vous faites allusion dans votre. Mais je ne suis pas d'accord avec ce qui a été dit à la fin de votre question. Contrairement à ce que était la situation avant l'agression sur la bande de Gaza, les dirigeants actuellement au pouvoir (qui ne sont nécessairement des militants du FATAH) ouvert) ont un intérêt plus que jamais à l'adhésion du Hamas au gouvernement provisoire. En plus des gains tactiques espérés de la participation de HAMAS à ce gouvernement il y a un autre intérêt stratégique celui de penser qu'il est possible de faire changer tout ou partie de la vision de Hamas dans la coexistence au sein d'un gouvernement d'unité nationale.

Par la participation du HAMAS il s'agit de donner une légitimité à l'autorité palestinienne et de donner au gouvernement une stabilité et une crédibilité aux yeux de l'opinion palestinienne et arabe pour gérer la reconstruction de Gaza et instituer des relations normalisées avec les pays donateurs et la communauté internationale. Et aux fins de la stabilisation de la légitimité de ce gouvernement, le peuple arabe Et, troisièmement, rendre possible l'organisation des élections pour la présidence et le Conseil législatif. Le gouvernement palestinien actuel est un gouvernement de transition, par définition, après le limogeage du gouvernement HAMAS, qui lui est construit sur la majorité au sein du Conseil législatif.



Q : Pensez-vous que Marwan Barghouti pourrait sauver puis redéployer le Fatah dans son rôle militant et résistant pour la cause palestinienne?

Je n'ai pas de réponse définitive à cette question. Et j'essaie d'être le plus objectif en me détachant de l'amitié qui me lie depuis longtemps avec Marwan.

Il ne fait aucun doute qu'il existe un rôle fondamental à l'individu, s'il dispose d'un capital crédibilité, en particulier dans les périodes de crises organiques de ce genre ... Le frère Marwan est qualifié pour jouer un rôle important dans la réhabilitation du mouvement Fatah, et la reconstruction de son caractère libérateur et résistant. Peut-être que c'est cette compétence et ce rôle qui le font craindre par beaucoup au sein de la direction de l'actuel Autorité palestinienne.

Il est de l' intérêt public national que de promouvoir la reconstruction du Fatah et lui faire jouer son rôle historique. C'est une tâche de première importance. Au delà des individus la reconstruction du FATAH ne peut échapper à l’obligation de faire un état des lieux et de dresser une analyse critique et objective des accords d'Oslo, de ce qui a été accompli au nom de ces accords et bien entendu de déclarer l'adoption de la résistance comme principe intangible. Il va de soi qu'il faut reconstruire le FATAH tout en définissant le statut et le rôle de la diaspora, ainsi que la nécessaire reconstruction de l'OLP ... Sans un tel examen global il est difficile pour tout militant politique de restaurer l'esprit et le rôle du Fatah.

C'est le sens du rôle du FATAH dans les circonstances de la population sous occupation et dans la diaspora. Une fois cette mission du Fatah consolidée la reconstruction n'est qu'une question de redistribution des rôles de leadership, et les circonstances peuvent militer pour telle ou contre telle figure historique ou figure émergente. Un individu il couvre l'existence de tel ou tel leader, mais la situation ne change pas de manière radicale ... Chacun est libre d'avoir des ambitions politiques comme les hommes sont libres d'investir sur telle ou telle autre figure politique mais celà est secondaire devant le contenu de l'ambition politique d'un mouvement et le contenu de son programme politique.



Q : D. Azmi, si vous avez à prendre une décision à place du Hamas, quelle serait la première des trois résolutions à prendre? La même question si vous êtes le dépositaire de la décision du Fatah ...

Cette question est très difficile. Et, de fait, le lecteur va trouver qu'au cours de l'interview, j'ai déjà répondu indirectement à cette question

En bref, Pour le Hamas il doit rester humble devant la victoire et ne pas chercher à imposer son hégémonie sur la résistance palestinienne et ne pas perdre de vue la représentativité de la diversité des leaderships au niveau de la résistance et de l'action politique. Il doit bien entendu conserver sa ligne de respect du principe de la résistance. Il ne doit pas changer ses positions contre la reconnaissance politique internationale.

Pour le FATAH le plus important est de prendre conscience que le FATAH ne gouverne pas. Une Autorité gouverne en son nom et agit de telle manière que FATAH soit marginalisé. Il faut refuser le processus de marginalisation et se redéployer pour réhabiliter les principes du militantisme et de la résistance du FATAH authentique. Il doit se libérer de l'emprise et de l'étiquette de «parti du Président". Ce sont les premiers pas avant toute décision et toute mesure de restructuration ou de redéploiement.




Q : A la suite des événements dans la bande de Gaza, croyez-vous encore en la résolution de Azmi Bishara, un État bicéphale comme il l'a prêché auparavant?

Je n'ai jamais annoncé ou prêcher un tel bicéphalisme ni jamais entendu une telle proposition qui parle « d'un État à deux têtes ».
Je sais que le débat a tourné autour d'une "solution à deux États», d’une solution à « un État » ou «d’une solution».

Je ne sais pas ce que faire la guerre sur la bande de Gaza sur la nature de la solution? La guerre en elle-même ne change pas le point de vue de tout être humain sur la nature de la solution, sauf si la guerre devient une contrainte poussé à l'extrême et qui impose sa solution en dépit de la pensée, de la logique et des idées des hommes. La guerre aurait imposé une solution mais pour l'homme cette solution serait non naturelle donc inacceptable. Il n'y a solution que si l'intelligence humaine l'accepte et que le sens de la justice la trouve acceptable et équitable.

Oui, j'ai mis en avant l'idée d'un seul État de plusieurs façons. J’ai même dit que je ne m'oppose pas à un Etat palestinien dans les limites des frontières de Juin 67, avec Jérusalem comme capitale et la reconnaissance du droit de retour des réfugiés.


Mais il est clair que ce qui est à l'ordre du jour n'est ni la solution pour un seul Etat ni la solution de deux États ni une autre solution. Cette solution à deux états ne peut que défendre le droit de retour. Mais ce qui se pratique dans les négociations est à l'opposé de la solution à deux états... ou d'une quelconque autre solution.

J'ai écrit à plusieurs reprises récemment pour exprimer ce je pense et qu'il n'y a pas lieu de s'enthousiasmer ou de se précipiter : il n'ya aucune solution en perspective ni en un seul Etat ni en deux Etats. Il faut se libérer du leurre et du dilemme. Par contre il faut avoir la conviction et la certitude que la cause palestinienne est une réalité qui n'accepte ni leurre ni dilemme.

Si les conditions sont réunies je choisirais la solution à un seul Etat démocratique fondé sur la citoyenneté et l'égalité des droits. La solution a deux états avec un Etat puissant et arrogant au dessus d'un Etat sans souveraineté et sans paix ni progrès n'est pas une solution. Le réalisme ne m'impose pas de confiner ma vie dans un dilemme de solutions pour le moment impossibles mais d'agir, dans les circonstances qui me sont imposées, pour une solution réaliste, prioritaire et à portée de mes moyens : une stratégie de fermeté et de résistance dans le respect de la formulation initiale à l'objectif de libération qui demeure la seule solution crédible, viable et honorable à envisager pour les opprimés.


Q: Quelle est votre vision pour l'avenir des négociations de paix entre les Arabes et l'Autorité palestinienne d'une part, et Israël de l'autre, à la lumière de la montée de l'extrême-droite israélienne ou "la droit de la droite"?

Dans le meilleur des cas pour les supporters du processus de paix les négociations vidées de leur sens et de leur contenu vont satisfaire aussi bien les arabes du camp David que ceux d'Oslo et les Occidentaux qui ne sont pas disposés à se pencher sur le règlement du conflit. Les négociations reprendront comme une fin en soi. Je reste pourtant sceptique sur les suites à envisager entre le gouvernement de Netanyahou et les signataires de traités de paix comme la Jordanie et l'Égypte.
Il est vrai que la "gauche" en Israël est la partie qui a fait et refait les guerres contre le monde arabe mais cela ne doit pas faire oublier le bellicisme de la droite et son opposition ouverte à la paix et à la normalisation avec les arabes y compris avec ceux qui sont signataires de traités de paix. Le consensus à Israël est le suivant : pas de paix, pas de négociations, pas de solution. Dans l’état actuel des choses les négociations de paix engagées avec la Syrie seront stoppées.

Si les arabes modérés n'ont rien obtenu de la gauche israélienne que vont-ils attendre de la droite israélienne? Les arabes le savent très bien et c'est pourquoi leur vœu et leur sollicitation ne sont ni un règlement du conflit ni une solution pour les palestiniens mais la mise en place d'un scénario qui donne l'illusion d'un dialogue, le bricolage d'un décor qui crée le leurre pour faire semblant de négocier devant les peuples arabes. Nous allons donc assister à une opération de marketing politique et de relations publiques avec un montage médiatique sur des dons, des conférences de paix, des subventions…

La vieille histoire qui a fait recette va recommencer sa rengaine, à mon avis, cette fois-ci , plus ennuyeuse et plus stérile. Il est quand même étrange que celle-ci fait déjà l'actualité dans les médias.



Q: Quelle est la bonne solution, et, éventuellement, dans les conditions actuelles et futures de la cause palestinienne?

Il n'y a pas de véritable solution qui soit en même temps réalisable dans les circonstances actuelles. Et cela signifie qu'il n'y a pas de solution.
Et je doute même qu'il existe dans les tiroirs ou dans la têtes des décideurs des bricolages de solutions, des ajustements même de façon injuste, éhontée et erronée.
Il n’y a pas de solution.
Celui qui est préoccupé par la solution doit la chercher ailleurs. Elle réside dans l'auto-construction des éléments de force et de grandeur du peuple arabe et de ses élites par les palestiniens et les arabes eux-mêmes en comptant sur leurs dons et leurs talents.

Source en arabe : islamonline


Traduction :Omar Mazri

http://www.liberation-opprimes.net/index.php?option=com_content&view=article&id=374:pas-de-solution&catid=74:devoir-de-resistance&Itemid=54


Samedi 7 Mars 2009


Commentaires

1.Posté par Aigle le 07/03/2009 14:13 | Alerter
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Bishara entant qu'observateur du sionistonazisme de l'interieur ( ayant milité dans les territoires de 48 ) et politologue resume clairement les enjeux qui mobilisent aujourd'hui les Sionistonazis de la planete ainsi que les seules voies que doivent prendre les generations arabes d'aujourd'hui pour imposer l'EXISTENCE des leurs dans ce monde

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