Diplomatie et relation internationale

Pas de deux diplomatiques au Moyen-Orient: La visite de Rice et de Ban Ki-moon au Moyen-Orient


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Le Moyen-Orient a été ces derniers jours la scène de ballet diplomatique ouvert par la tournée du Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, suivie de près part celle de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, avec en filigrane des responsables européens. Et tout cela dans des circonstances où la plus importante mission de Rice consiste à faire pressions sur les pays arabes en vue de mettre un bémol à l’Initiative de paix arabes conformément aux diktats du régime d'Israël.


agence de presse Mehr
Mercredi 28 Mars 2007



L'agence de presse Mehr



Toujours selon l'agence de presse Mehr, Ban Ki-moon s'est rendu inopinément jeudi dernier en Irak, où il a participé à un point de presse conjoint avec le Premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki. Ban Ki-moon a tenu à réitérer le soutien de l'ONU aux efforts déployés par le gouvernement irakien dans le sens d’y rétablir de la sécurité. Ce point de presse a été pourtant ponctué de la déflagration d’un obus de mortier, qui a touché tout près du lieu de la conférence de presse. Ban Ki-moon n’a pas pu contrôler sa peur tandis que Nourri al Maleki, a réussi à garder son sang froid. Cette image a fait le tour du monde sur le petit écran.

La visite de Ban Ki-moon en Irak a eu lieu dans des conditions où conformément au calendrier fixé à l'avant, il ne devait pas se rendre à Bagdad. Jeudi soir, Ban Ki-moon a quitté Bagdad à destination du Caire où il a entamé des pourparlers avec les responsables égyptiens au sujet du processus de paix au Moyen-Orient. Il s'est entretenu tout d'abord avec le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmad Aboul Gheit du processus de la paix au Moyen-Orient, notamment de l’Irak, du Liban ainsi que de la situation au Darfour. Ensuite il a rencontré le Président égyptien, Hosni Moubarak et le Secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. A la suite de cette visite, Ban Ki-moon s’est en Palestine occupée pour s’entretenir avec les responsables de l'Autorité autonome de la Palestine et ceux du régime sioniste.

Cette tournée a également conduit le Secrétaire général de l'ONU en Jordanie et le 28 mars il se rendra à Riad afin d’assister au Sommet arabe. Le périple moyen-oriental de Ban Ki-moon se clôturera au Liban.





La diplomatie de pressions sur les pays arabes



Simultanément à la tournée de Ban Ki-moon au Moyen-Orient, George Bush y a aussi envoyé son émissaire, qui n’est d’autre que sa secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice. Elle s’est rendue samedi Assouan afin de rencontrer ses homologues égyptien, saoudien, émirati et jordanien. A son arrivée aux territoires palestiniens, elle s’est entretenue avec Mahmoud Abbas, président de l’Autorité autonome, et en Palestine occupée, elle a rencontré le Premier ministre du régime sioniste Ehud Olmert ainsi que son homologue israélienne, Tipzi Livni.

Avant de dépêcher Rice dans la région, George W. Bush a prétendu que le rétablissement de la paix au Moyen-Orient constituait l'une des priorités de son gouvernement. Et d’ajouter que Rice s’attellerait à réaliser cette tâche en y impliquant toutes les parties concernées. Rice et Ban Ki-moon se sont rencontrés le dimanche le 25 mars à Beitolmoqaddas.



L’Initiative de paix arabes et la nouvelle manœuvre d'Israël pour se faire passer un pacifiste



Ce ballet diplomatique se fait après que le régime sioniste s’est dit intéressé par l’Initiative de paix arabe, élaboré en l'an 2002. A cet effet, Ehud Olmert a déclaré: « Le plan de paix arabe constituait une base importante et appropriée rendant le terrain favorable aux prochaines négociations avec les Etats arabes modérés. » Mais il reste à savoir si Olmert était oui ou non sérieux dans ses déclarations ou bien comme ces prédécesseurs, il ne fait que parler et dans le pratique, il ferme les yeux sur tout. Le plan de paix arabes dont l'Arabie saoudite a proposé, stipule une normalisation des relations des pays arabes avec Israël, si ce dernier accepte de se retirer derrière les frontières 1967. Or, les propos de Tipzi Livni, ministre des A.E. du régime sioniste, selon qui deux articles du plan de paix arabes, dont le rapatriement de tous les réfugiés palestiniens et le retrait d’Israël derrière les frontières de 1967n engendreraient des difficultés, montrent que dans le pratique, ce régime ne souhaite aucunement admettre le plan de paix arabes.

Dans cet esprit, un responsable américain de haut rang a déclaré que Rice ferait tout son possible pour amener les pays arabes, alliés des Etats-Unis à leur plan de paix en prenant en compte les revendications d'Israël ; et cela malgré le fait que certains responsables arabes dont le Secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa et le ministre égyptien des A.E., Aboul Gheit aient jugé peu probable tout amendement au plan de paix arabes.

La visite de Ban Ki-moon dans la région à la suite de la mise en place du gouvernement d'Union nationale palestinien s'effectue dans des circonstances où certains pays occidentaux ont repris leur contact avec certains ministres du gouvernement, qui ne sont pas liés au Hamas.



La politique sélective des Occidentaux qui souhaitent coopérer avec les ministres du nouveau gouvernement palestinien qui ne dépendent pas du Hamas a inquiété même le Président Abbas et d’autres responsables du Fatah qui sont soutenus par les Occidentaux et Israël. En réaction à la décision des Occidentaux pour ne contacter que des ministres qui ne sont pas membres du Hamas, le Hamas a qualifié d’inadmissible cette politique sélective. Au cours de ces derniers jours, les autorités belges, norvégiennes et autrichiennes se sont rendues en Palestine Occupée, mais seul le Vice-ministre norvégien des Affaires étrangères s’est entretenu avec le Premier ministre, Ismail Haniyah, d’autres responsables européens se sont abstenus de rencontrer les ministres du Hamas, pour prouver leur politiques sélectives face au gouvernement d’Union nationale palestinien. Le Porte-parole du bloc parlementaire pour le changement et les réformes affilié au Hamas, Salah Al-Bardawil a déclaré qu’une telle approche était une sorte de l’entêtement politique des Etats-Unis. Al-Bardawil a demandé au gouvernement d’Union nationale d’adopter une position unie avec le Président de l’Autorité palestinienne pour que tous les ministres soient traités sans aucune discrimination. D’autre part, le Président et le Premier ministre palestiniens en rejetant l’approche sélective de certains pays occidentaux dont les Etats-Unis face au nouveau gouvernement, ont mis l’accent sur la nécessité de l’adoption d’une position unique face au gouvernement composé du Hamas et du Fatah et d’autres groupes palestiniens. Les Etats-Unis, la France et l’Angleterre et certains pays européens ont annoncé qu’ils reprenaient leurs contacts avec les ministres du gouvernement palestinien qui ne sont pas membres du Hamas. Al-Bardawil a ajouté que la visite de Rice au Moyen-Orient s’effectuait avec pour objectif d’approfondir le fossé entre les groupes palestiniens. Selon Al-Bardawil la Secrétaire d’Etat américaine n’a aucun plan politique, car elle est totalement résignée devant les pressions israéliennes, et pour cela sa visite n’a aucune différence avec les précédentes. Le samedi 17 mars, le Conseil législatif palestinien a donné son vote de confiance au cabinet d’Ismail Haniyah, et le lendemain, la première séance s’est tenue sous la présidence du Président Abbas. A la suite de la victoire du Hamas aux législatives de janvier 2006, et la formation du gouvernement par ce groupe, les pays européens ont suspendu leurs aides aux Palestiniens et ont conditionné la reprise des aides à la reconnaissance d’Israël, à accepter les accords précédents et à mettre à côté la résistance. Les membres de la Commission quadripartite composée des Etats-Unis, de la Russie, de l’Union européenne et de l’ONU ont une nouvelle fois mis en avance hier soir, les mêmes conditions pour la reprise des aides aux Palestiniens. Mais vu les tergiversations de ladite commission qui cherche à présenter ses positions unilatérales en faveur d’Israël, comme la position de la communauté internationale, il semble que le nouveau gouvernement palestinien dirigé par Ismail Haniyah qui a insisté sur la résistance en tant que droit légitime doit faire face aux sérieux défis et l’on ne peut pas prévoir une perspective claire. D’autre part, compte tenu des politiques démagogiques du régime de Tel Aviv et ses protestations contre les principaux articles du plan de paix des Arabes dont leur opposition à l’hébergement des réfugiés palestiniens dans les pays arabes et leur retour en Palestine en prenant en considération le soutien des Etats-Unis aux exigences d’Israël pour le changement du plan arabe et la visite importante de Rice avec pour objectif de faire pression sur les pays arabes et notamment l’Egypte et l’Arabie Saoudite ; le plan prévoyant également la formation d’un Etat palestinien ayant la Noble Qods pour la capitale et l’établissement de la paix équitable restera comme un rêve.


Mercredi 28 Mars 2007

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