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Pas d'emploi dans la nouvelle économie, ni dans l'ancienne


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Paul Craig Roberts
Mardi 8 Janvier 2008

Pas d'emploi dans la nouvelle économie, ni dans l'ancienne


Par Paul Craig Roberts, le 7 janvier 2008


​​​​Décembre n'a apporté aucun emploi aux Étasuniens. Tout au contraire, le secteur privé a perdu 13.000 postes par rapport au mois précédent.


​​​​Si décembre donne un signe avant-coureur sur la nouvelle année, elle va être mauvaise. L'année dernière, saluée par les propagandistes républicains et les économistes du « libre-échange » comme la preuve que la mondialisation bénéficie aux Étasuniens, a été maussade. Selon les données des listes de personnel non agricole du Bureau des Statistiques du Travail, la « super économie » des États-Unis a créé le nombre misérable de 1.054.000 nouveaux emplois nets en 2007. (BLS Job Numbers, 5 janvier 2008)


​​​​Même cette valeur est insuffisante pour entretenir la croissance de la population, et les Étasuniens découragés, incapables de trouver un job, laissent tomber de force le travail, faisant par conséquent monter le taux du chômage à 5%.


​​​​Au cours de la dernière année, les industries de production de biens étasuniennes, continuant sur leur longue tendance, ont perdu 374.000 postes.


​​​​Mais la production de ces choses appartenait à la « vieille économie. » La « nouvelle économie » procure des services. L'année dernière, 1.428.000 boulots de services ont été créés dans le secteur privé.


​​​​Le propagandistes du « libre-échange » ont-ils raison sur le fait que les emplois de service, qui sont notre avenir, sont ceux de haut de gamme dans la recherche et le développement, l'innovation, l'entreprise capitaliste, la technologie de l'information, la haute finance, et les sciences et l'ingénierie, dans lesquels les États-Unis auraient une telle pénurie de scientifiques et d'ingénieurs qu'on devraient les importer de l'étranger avec des visas de travail ?


​​​​Non, selon les statistiques officielles de l'emploi.


​​​​Quelles professions fournissent les 1,4 millions postes de service en 2007 ?


​​​​Les serveuses et les barmen en représentaient 304.200, soit 21% des nouveaux boulots de service de l'année dernière et 29% des nouveaux emplois nets.


​​​​Les soins de santé et d'assistance sociale en constituaient 478.400, soit 33% des nouveaux jobs de service et 45% des nouveaux emplois nets. Les soins de santé mobiles et les hôpitaux en justifiaient la part du lion.


​​​​Les professionnels et les affaires de services en représentaient 314.000, soit 22% des nouveaux boulots de service et 30% des nouveaux emplois nets. Est-ce que ces professionnels et ces jobs de services sont les emplois haut de gamme dont parlent les « libre-échangistes » ? Jugez par vous-même. Les services à la construction et à l'habitation représentent 53.600 postes. Les services de comptabilité en justifient 60.500. L'architecture et l'ingénierie en représentent 54.700. La conception de systèmes informatiques et les services apparentés justifient 70.400 emplois. Le conseil en gestion en représente 88.400.


​​​​Il y avait davantage d'emplois pour les préposés hospitaliers que pour les architectes et les ingénieurs. Les serveuses et les barmen représentaient l'année dernière un plus grand nombre de nouveaux jobs que l'ensemble des professionnels et des affaires de services.


​​​​Le commerce de gros et de détail, le transport et les services publics représentaient 181.000 nouveaux emplois en 2007.


​​​​Où sont les autres nouveaux emplois ? Quelques-uns sont éparpillés dans les arts, les divertissements et les loisirs, la réparation et la maintenance, le personnel et le service de blanchissage, et chez les membres d'associations et d'organisations.


​​​​C'est tout.


​​​​Gardez à l'esprit que les 374.000 postes perdus qui produisaient des biens doivent être soustraits des 1.428.000 nouveaux boulots de service pour arriver au chiffre net des emplois gagnés. Les nouveau jobs de services représentent plus de 100% des nouveaux emplois nets.


​​​​Gardez à l'esprit aussi que bon nombre de nouveaux postes ne sont pas occupés par des citoyens Étasuniens. Beaucoup d'emplois d'ingénierie et scientifiques sont occupés par des étrangers faits entrer avec des visas de travail. Les Indiens et les autres étrangers peuvent être embauchés pour travailler à un tiers de moins que le salaire étasunien. Les emplois d'ingénierie et scientifiques qui sont délocalisés sont payés un peu moins d'un cinquième du salaire étasunien. Même les infirmières étrangères sont embauchées avec des visas de travail. Nul ne sait combien de préposés hospitaliers sont des clandestins.


​​​​Quelle super nouvelle économie les Étasuniens ont ! La croissance de l'emploi a décidément une saveur tiers-mondiste. Un très faible pourcentage des nouveaux postes de l'année 2007 exigent une formation supérieure. Depuis qu'il y a si peu d'emplois pour les diplômés universitaires, quelle est « la réponse de l'enseignement » ?


​​​​Où sont les avantages de la délocalisation pour les Étasuniens ? La réponse est : Les profits sont réservés à un très petit nombre de cadres, qui reçoivent des primes de plusieurs millions de dollars pour accroître les bénéfices en délocalisant les emplois. Le reste du fric va aux escrocs de Wall Street, qui ont vendu à des gens pleins de confiance les produits dérivés du subprime (emprunt à haut risque).


​​​​Les « libre-échangistes » prétendent que le bénéfice est dans les prix bas de Wal-Mart (une chaîne de supermarchés bon marchés). Mais les prix sont bas uniquement parce que la Chine maintient sa monnaie arrimée au dollar. De cette manière, la valeur de la monnaie chinoise chute avec celle du dollar. Cette indexation ne durera pas éternellement. Le dollar a perdu 60% de sa valeur par rapport à l'euro durant les années du régime Bush. Déjà, la Chine est en train d'ajuster le cours de sa monnaie. Quand le yuan sera désarrimé du dollar, les clients de Wal-Mart penseront qu'ils sont chez Neiman Marcus (une sorte de Fauchon à l'étasunienne).


​​​​Tout comme les Étasuniens ont été trahis par « leurs » dirigeants à tous les niveaux du gouvernement, ils ont été trahis par les « leaders » des affaires à Wall Street et dans les entreprises. Les élitistes du gouvernement et des entreprises se sont avérées être les pires ennemis des Étasuniens eux-mêmes.



​​​​Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor dans l'administration Reagan. Il est l'auteur de Supply-Side Revolution : An Insider's Account of Policymaking in Washington, Alienation and the Soviet Economy et Meltdown: Inside the Soviet Economy, et est coauteur avec Lawrence M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Clic ici pour l'entrevue [en anglais] de Peter Brimelow de Forbes Magazine avec Roberts au sujet de la récente épidémie d'inconduite des procureurs.



Original : http://www.vdare.com/roberts/080107_jobs.htm
Traduit au mieux par Pétrus Lombard pour Alter Info




Jeudi 10 Janvier 2008


Commentaires

1.Posté par la souris de la nuit le 08/01/2008 23:18 | Alerter
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tres bon article.

2.Posté par Un sceptique du mondialisme le 09/01/2008 16:22 | Alerter
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C’est exactement ce qui se passe en France.

Les mondialistes avaient promis d'échanger les métiers peu glorieux ou peu rentables, de la construction ou de l’agro-alimentaire, par des professions de pointe.

Malheureusement, les pays émergents fournissent aussi, comme c'était prévisible, des professionnels de pointe à couts très bas.

C'était prévisible puisque les Indiens et les asiatiques en général sont champions depuis plus de 15 ans des professions de l'informatique.

En France il n'y a pas de semaine sans qu'on apprenne la fermeture d'une entreprise qui se délocalise.

Les emplois de services marchent encore parce qu'il y a encore assez de professionnels pas encore délocalisés ou de retraités pour en faire la demande.

Les retraites sont payées parce qu'il y a toujours des professionnels pour les payer. Mais au rythme des délocalisations les professionnels vont se transformer en chomeurs et les retraités et les emplois de services disparaitrons faute d'argent pour les payer.

La mondialisation a aussi « rationalisé » la production agricole en ruinant les producteurs locaux, incapables de produire aux mêmes couts que dans les pays favorisés par le soleil.

En fait le seul système viable sur la terre, à cause des pays aux ressources, couts de revient et ensoleillement variables, est l’ancien système de douanes, qui permet par des taxes de faire payer les articles fabriqués par des esclaves ou des prisonniers, comme en Chine, au même prix que les articles fabriqués localement dans un pays civilisé. Seul ce système est capable de maintenir l’emploi dans les pays ou la production est chère du fait de la protection sociale, des bons revenus, c’est-à-dire dans les pays civilisés.

Alors, que veulent faire les mondialistes, qui savent très bien tout cela ?

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