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Pas d'échappatoire à la guerre et au chômage


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Paul Craig Roberts
Jeudi 10 Janvier 2008

Pas d'échappatoire à la guerre et au chômage


Par Paul Craig Roberts, le 9 janvier 2007


​​​​Les électeurs du New Hampshire ont choisi des clones bellicistes des Bush-Cheney comme candidats de leur parti à la présidence. Les seuls candidats n'étant pas dans la poche d'Israël, Kucinich, Paul, et Gravel, n'ont pas une chance d'être investis par leur parti.


​​​​Obama, qui offrait quelques espoirs de changement, casse son soutien la veille de la primaire du New Hampshire, en déclarant qu'il allait envahir le Pakistan pour protéger les États-Unis. Pourquoi Obama a-t-il pensé que ce message motiverait ceux qui sont enclins à soutenir sa candidature est un mystère.


​​​​Ça veut dire que le changement est improbable. En privant les Étasuniens d'informations sérieuses sur l'origine du conflit, les groupes de réflexion néo-conservateurs, les médias, les prédicateurs évangéliques, le Président Bush, le Vice-Président Cheney, et de nombreux autres membres du gouvernement, ont réussi à transformer la majorité d'entre eux en islamophobes apeurés.


​​​​Le déroulement des événements économiques durant l'année 2008 sont susceptibles d'accroître la peur dans la population, la crainte de la venue de la récession et de l'endettement.


​​​​Comme le disaient les Allemands nationaux-socialistes, une population apeurée fait bon accueil à un sauveur. Le Régime Bush a mis en place toutes les pièces nécessaires à la domination de l'exécutif.


​​​​Sous Greenspan, la Réserve Fédérale a créé de l'argent et des faibles taux d'intérêt pour cacher les effets de la perte des emploi délocalisés sur l'économie étasunienne. Les prix bas, obtenus en remplaçant la main-d'œuvre étasunienne par la main-d'œuvre asiatique à faible coût, ont masqué l'impact inflationniste de la politique monétaire de la Fed .


​​​​La faiblesse des taux d'intérêt a artificiellement créé l'augmentation du prix du logement en réduisant le coût du prêt hypothécaire. La plupart des gens achètent en fonction du montant des paiements mensuels, sans tenir compte du prix d'achat de la maison.


​​​​Par le refinancement, beaucoup de propriétaires se sont emparés de leur propre avoir, pour dépenser la hausse du prix de leur maison produite par la faiblesse des taux d'intérêts [*]. Ces dépenses et le boom de la construction ont induit les gens en erreur sur la solidité de l'économie.


​​​​Il en va de même de la productivité et des statistiques sur le PIB des États-Unis. Comme Susan Houseman l'a montré, les statistiques n'ont été corrigées, ni pour tenir compte de la délocalisation, ni pour inclure la croissance de la productivité et du PIB à des coûts de main-d'œuvre plus bas, ni pour prendre en compte la réalité de la production de biens délocalisée, qui concerne en fait le PIB de l'Asie.


​​​​Le rendement poussé par les cadres des institutions financières a dupé les acheteurs de produits dérivés du subprime (prêt hypothécaire à haut risque), qui se sont effondrés, laissant le système financier dans de graves problèmes.


​​​​Le renflouements du système financier exige la création de toujours plus de liquidités, mais la valeur d'échange du dollar chancelle sous le déficit budgétaire et commercial des États-Unis. La création d'argent supplémentaire rend la détention des actifs existants en dollar encore moins attrayant pour les étrangers qui financent les déficits étasuniens.


​​​​En dépit de sa perte de valeur, le dollar a conservé son rôle de monnaie de réserve parce qu'il n'y a aucune alternative évidente. L'euro étant une devise apatride, il est susceptibles d'être affecté par des différentiels de taux d'intérêt survenant entre pays membres de l'UE. L'économie britannique est relativement faible, et elle doit faire face à des problèmes similaires à ceux des États-Unis. Les économies montantes des pays d'Asie ne sont pas prêtes à assumer ce rôle.


​​​​Comme je l'ai maintes fois documenté, aux États-Unis la croissance de l'emploi se borne aux services domestiques non exportables. Les États-Unis sont aujourd'hui beaucoup plus tributaire des importations de produits manufacturés que de l'énergie. La délocalisation rend le commerce impossible à équilibrer car elle transforme le PIB étasunien en importations.


​​​​La délocalisation est désormais parvenu à passer du domaine de la fabrication à celui des emplois de services hauts de gamme. Alan Blinder, économiste de l'Université de Princeton et ancien vice-président de la Réserve Fédérale, estime que plus de 30 millions d'emplois de services, remplis par des diplômés de l'enseignement supérieur, sont susceptibles de délocalisation.


​​​​Tant que la Chine gardera sa monnaie arrimée au dollar, les prix bas de la poursuite de la délocalisation pourront masquer les effets du nouveau cycle de création de monnaie de la Fed. Mais, un nouveau cycle de création de monnaie peut-il créer assez de nouvelles dépenses de consommation, grâce au surendettement des consommateurs, pour cacher, derrière davantage d'emplois de serveuses et de barmen, les emplois perdus dans la délocalisation, ou bien les nouvelles liquidités seront-elles épuisées dans le sauvetage hors de la tourmente des institutions financières ? L'accès à plus de crédit n'aide pas les gens qui en sont déjà gavés, et ça ne peut pas payer leurs factures, surtout quand ils sont en train de perdre leur boulot.


​​​​Une étude des économistes de l'Institut Politique des Sciences Économiques signale que, comme en 2006, les plus récentes données, sur le revenu de la famille étasunienne typique est demeuré 1.000 dollars sous son niveau record de l'année 2000. Six ans de « reprise économique » n'ont pas réussi à ramener le revenu familial moyen réel à son pic antérieur. La combinaison de l'endettement massif, avec la perte des emplois délocalisés, et la récession, est susceptible de produire une baisse de niveau de vie supplémentaire aux États-Unis.


​​​​Le mois dernier (décembre 2007), le Bureau du Budget du Congrès (CBO) a publié son rapport sur le revenu des ménages. Les données du CBO montrent que la part de 80% des Étasuniens diminue dans le revenu global, et que, dans la répartition de ce dernier, la hausse chez les 20% plus hauts revenus a été presque entièrement absorbée par les 1% au sommet [autrement dit, dans la tranche des 20% les mieux payés, presque uniquement les revenus des 1% du sommet progressent, NDT]. Gardez à l'esprit que, selon l'étude de Susan Houseman, certaines de ces hausses de revenus mesurées sont en réalité des revenus fantômes.


​​​​Une économie qui concentre ses hausses de revenus au plus haut niveau, tout en éliminant les emplois à forte valeur ajoutée en les envoyant à l'étranger, et démantèle ainsi l'échelle de mobilité ascendante [c'est-à-dire, la promotion au sein des entreprises, NDT], est une économie qui court à de graves problèmes, même en ne tenant compte ni des produits dérivés du subprime, ni des problèmes de la devise.


​​​​Tous les candidats à l'élection présidentielle actuellement en lice sont des personnalités autoritaires. Le prochain Président des États-Unis est susceptible de profiter de la montée des épreuves économiques dans le pays et de la résistance grandissante contre l'hégémonie étasunienne à l'étranger pour achever le démantèlement du système constitutionnel.



​​​​Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor dans l'administration Reagan. Il est l'auteur de Supply-Side Revolution : An Insider's Account of Policymaking in Washington, Alienation and the Soviet Economy et Meltdown: Inside the Soviet Economy, et est coauteur avec Lawrence M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Clic ici pour l'entrevue [en anglais] de Peter Brimelow de Forbes Magazine avec Roberts au sujet de la récente épidémie d'inconduite des procureurs.



Original : http://www.vdare.com/roberts/080109_escape.htm
Traduit au mieux par Pétrus Lombard pour Alter Info



* NDT : C'est-à-dire : Le faible taux d'intérêt a favorisé l'achat des maisons . Cela a entraîné le boom dans la construction qui a fait augmenter le prix du logement à cause de la grande demande de maisons neuves. Grâce à cette augmentation du capital représenté par leur maison, les nouveaux propriétaires ont pu refinancer le remboursement de leur prêt afin de dépenser le montant de la hausse du prix de leur maison dans des achats de consommation. Les anciens propriétaires ont pu faire des hypothèques sur leur maison, réévaluée au prix du marché en plein boom, pour faire des dépenses de consommation. . .




Vendredi 18 Janvier 2008


Commentaires

1.Posté par Mike le 10/01/2008 22:37 | Alerter
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D'autres spécialistes nous expliquent cela déjà depuis qq années. la bulle immobilière des USA est la pire chose que ce capitalisme chauvage a créé. Elle a donné aux gens une illusion de richesse, tandis qu'un énorme transfert de capacité de production, et de technologies s'effectuent vers d'autres pays.

Ces capitalistes spéculent sur le fait que les énormes marchés intérieurs qui se créent dans le BRIC prendront le relais des 300 millions d'américains qui vont voir leur pouvoir d'achat fondre pour les 7 à 10 ans à venir.

Le train change de locomotive qui est trop ancienne et réparée de partout. Le combustible ($) va certainement changer également contre un mélange plus énergétique (composition en cours d'étude)

2.Posté par MIJEON Amaury le 14/01/2008 19:11 | Alerter
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Cela n'est pas fait par hasard!
Ce qui est sur,c'est qu'un deuxième Cheney sera élu!
Et la guerre contre l'Iran pourrait démarrer avant les élections de cette fin d'année.
Tout pour le chaos!

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