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Paradis Blanc en état d’alerte - Réchauffement climatique dans le Grand Nord du Québec


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Par Jessica Nadeau, Journal de Montréal, samedi le 24 février 2007

Kuujjuarapik, Nunavik – Les pires scénarios envisagés par les spécialistes du réchauffement climatique sont déjà en train de se concrétiser dans le Grand Nord québécois, comme a pu le constater une équipe du Journal de Montréal qui y a accompagné des scientifiques sur le terrain.

« Nous savions tous que ça allait arriver, mais franchement, je ne pensais pas voir ça de mon vivant » lance Michel Allard, spécialiste du sol arctique au Centre d’Études nordiques de l’Université Laval, basé à Kuujjuarapik.


danyquirion@videotron.ca
Mardi 27 Février 2007

Paradis Blanc en état d’alerte - Réchauffement climatique dans le Grand Nord du Québec
En quelques années à peine, la température moyenne au Nunavik a augmenté de trois degrés. Un record à l’échelle planétaire.

Le sol s’est lui aussi réchauffé de près de deux degrés, faisant fondre le pergélisol sur lequel sont bâties la plupart des infrastructures.

À Kuujjuarapik, sur la côte est de la Baie d’Hudson, les Cris ont observé pour la premières fois, cet hiver, des craquements dans le sol assez important pour faire trembler les maisons.

Plusieurs villages sont en péril à cause de ce dégel. D’autres ont connu des glissements de terrain importants et des délocalisations. Même les aéroports, construits sur le pergélisol, s’enlisent tranquillement, obligeant le ministère des Transport à suivre la situation de très près.

La climatisation dans le Grand Nord

L’hiver arrive plus tardivement. Il est plus chaud et raccourcit de saison en saison. Cette année, à Noël et même en janvier, il pleuvait. En plein février, lorsqu’il fait généralement trop froid pour qu’il y ait des précipitations de neige, on constate des accumulations sans précédent. Avril, le traditionnel « mois de la neige », est devenu celui de la pluie.

Les extrêmes météorologiques sont plus fréquents. Ces dernières années, le Nunavik a connu ses premiers épisodes de canicules estivales avec des records frôlant les 38 degrés.

Au point où la climatisation a fait son apparition dans les modestes maisons de Kuujjarapik, il y a deux ans. Étonnant lorsqu’on sait que dans les années 1990, il neigeait parfois en juin.

« La nature nous parle et de qu’on voit fait peur » laisse échapper Alec Tuckatock, homme d’affaires et chasseur inuit.

Fonte des glaces

Partout en Artique, la glace de mer fond à un rythme fulgurant. Sur la baie d’Hudson dans le Grand Nord québécois, les randonnées en motoneige deviennent hasardeuses. La glace prend plus tard, elle est plus mince et disparaît beaucoup plus tôt au printemps. Les glaces d’été, qui perdurent jusqu’en juillet, sont de l’histoire ancienne. Et les accidents, parfois mortels, se multiplient.

« Avant, on ne se posait pas de questions sur la solidité de la glace, mais maintenant, il n’est pas rare de traverser de traverser des partie de slush (Ndt : mélange de neige et d’eau) et nous commençons à avoir peur » déplore Alek Niviaxiu, qui travaille avec les chasseurs du village d’Umiujaq.

Nouvelles espèces animales

Et ces grands observateurs de la nature ne sont pas au bout de leurs surprises. La ligne nordique des arbres se modifie, les incendies de forêt sont plus fréquents et de plus en plus d’arbustes s’implantent dans des régions jusqu’alors hostiles.

Parallèlement, ils constatent l’arrivée de nouvelles espèces animales encore jamais vue dans leur coin de pays : merles d’Amérique, tourterelles tristes, pigeons, colibris, porcs-épics, mouffettes. Dans certains villages, on n’a même pas de nom Inuit pour ces nouveaux venus.

Ils sont envahis par de nouvelles formes d’insectes et une campagne de santé publique sur le virus du Nil a même vu le jour ces dernier mois.

Les grandes oies des neiges changent leurs périodes migratoires, les caribous sont malades, les renards roux et orignaux, suivis des loups, franchissent des limites nordiques jamais atteintes. Et les ours polaires, qui perdent leurs banquises, gagnent la côte et deviennent menaçants parce qu’affamés.

Les pêcheurs n’arrivent plus à prendre leurs quotas de baleines et la traditionnelle chasse aux phoques se fait désormais plus souvent en canot qu’en motoneige.

« Tout change tellement vite, nous essayons de nous adapter et, parfois, ce n’est pas si mal, concède Alec Tuckatuck. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines ».


Mardi 27 Février 2007


Commentaires

1.Posté par Gilles COUTURIER le 27/05/2007 07:36 | Alerter
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Ces populations nord-canadiennes sont des indiens qui se sont adaptés aux pires conditions climatiques des régions les plus inhospitalières du continent, pour une bonne raison. Ils espéraient ainsi que le monde entier leur foutrait la paix! Peine perdue.
Notre brillante civilisation, qui telle une pieuvre aveugle, jette ses tentacules j'usqu'aux confins des continents, pèse de tout son poids sur la glace qui fond, sans même qu'aucun d'entre nous y ayions mis les pieds.
Il y a trente ans, circulait une parabole que je mis, moi-même un an à comprendre:
"Le battement d'aile du papillon" Il serait temps de l'expliquer aux millions d'individus qui indirectement nuisent, de l'autre bout de la planète... aux Inuits.

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