Palestine occupée

Palestine occupée: La coexistence avec l'occupation n’est pas une option


La coexistence avec l'occupation n’est pas une option
Par Sam Bahour

Les Palestiniens ont été historiquement manipulés, politiquement neutralisés et rendus totalement dépendants des dons internationaux.
Un document de stratégie palestinienne récemment publié décrivant des options de stratégie politique témoigne d'une nouvelle bouffée d'air frais dans la lutte pour la liberté et l'indépendance des Palestiniens.


Dimanche 7 Septembre 2008

Photo : Des soldats israéliens fouillent des fidèles palestiniens musulmans qui tentent de pénétrer dans la mosquée Ibrahimi à Hébron pour le premier vendredi du mois de Ramadan, 5 Septembre 2008. (Mamoun Wazwaz/MaanImages)
Photo : Des soldats israéliens fouillent des fidèles palestiniens musulmans qui tentent de pénétrer dans la mosquée Ibrahimi à Hébron pour le premier vendredi du mois de Ramadan, 5 Septembre 2008. (Mamoun Wazwaz/MaanImages)
Après 60 ans de dépossession et 40 ans d'une brutale occupation militaire israélienne, beaucoup des «négociateurs» puissants mondiaux sont convaincus qu’ils ont réussi à soumettre les Palestiniens à accepter les gigantesques injustices qui leur ont été imposées.

A la tête du chœur se trouvent les États-Unis et son allié israélien, ainsi que plusieurs régimes arabes antidémocratiques.

Sur le plan politique, ils continuent à tirer une grande fierté d’un "processus de paix" sans fin qui a créé une industrie de la paix en Palestine, soutenue financièrement par les contribuables du monde entier. Ce processus de paix n'a pas l'intention de parvenir à une paix juste, mais ressemble plutôt à la mise en pièces des aspirations nationales des Palestiniens avec des attributs d'État - l'antithèse d'un Etat doté d’une véritable souveraineté, et encore moins d’une auto-détermination.

Sur le front sécuritaire, ils affirment que l'Autorité Palestinienne (en référence au gouvernement non élu de Salam Fayyad à Ramallah) excelle dans la mise en place d’un régime sécuritaire à la main lourde, qui rappelle terriblement les Etats policiers des régimes arabes antidémocratiques comme l'Egypte, la Jordanie et l’ensemble des Etats du Golfe riches en pétrole, que les États-Unis soutiennent depuis des décennies. Menée par le Général américain Keith Dayton et approuvée par la direction palestinienne basée à Ramallah, cette poussée d'activité sécuritairement lourde semble pour nombreux observateurs n’être rien de plus qu'une autre option de sous-traitance pour une version israélienne de ses propres besoins de «sécurité».

Sur le plan économique, ils mettent en évidence des grands projets de création d’une poignée de méga-zones industrielles, la majorité étant située sur la frontière israélienne définie unilatéralement (illégale) entre la Cisjordanie et Israël.
Ces zones industrielles sont destinées à absorber les plus de 150000 travailleurs palestiniens à qui Israël a interdit de travailler en Israël. De plus, comme me l'a dit récemment un Israélien faisant la promotion de ces zones industrielles, pour chaque emploi créé dans une telle zone, trois seront créés pour les Palestiniens en dehors des zones industrielles - donc, en substance, la création d'une économie entièrement artificielle autour des bulles économiques palestiniennes appartenant à des intérêts étrangers, mais sous contrôle israélien.

Les 1,5 millions de Palestiniens piégés par Israël dans la plus grande prison à ciel ouvert au mode, Gaza, ne font même pas partie de la discussion.

En bref, l'approche de la communauté internationale est de créer une dynamique dans laquelle les Palestiniens coexistent, mais pas avec leurs voisins israéliens, mais plutôt avec le système de l'occupation militaire israélienne, ou pour le dire tout simplement, de recouvrir de sucre le statu quo qui profite à Israël.

Ce que la communauté internationale oublie de mentionner, c’est que la dynamique sur le terrain est explosive. L'occupation militaire israélienne est bien là et provoque des dégâts structurels et peut-être irrévocables aux terres palestiniennes et aux personnes.

L’entreprise de colonisation israélienne destinée seulement aux Juifs est incontrôlable et construit de plus en plus de colonies illégales comme s'il n'y avait pas de lendemain, sans oublier la vague croissante de la violence des colons qui reste impunie.

Toutes les activités de colonisation ont lieu avec la pleine approbation du gouvernement israélien et sous les yeux de la communauté internationale. Les systèmes de santé et éducatifs défaillants (ou absents) en Palestine engendrent une génération de Palestiniens qui ont beaucoup moins à perdre et peu d'espoir pour l'avenir.

Ceux qui ont sorti les Palestiniens de l'équation pour l'avenir de la Palestine devraient regarder de plus près l'histoire et la lutte de ce grand peuple. Les Palestiniens reconnaissent mieux que la plupart les dangers qui sont posés par la poudrière de la désunion interne et l'intervention étrangère dans leurs moyens de subsistance.

Les Palestiniens savent mieux que quiconque que l'état actuel des choses génère une très grande peur que leur lutte pour la liberté et l'indépendance recule de plusieurs décennies. Pourtant, à des époques déterminées dans leur histoire, les Palestiniens ont toujours repris l'initiative et continué, comme tous les peuples opprimés et en lutte ont l’habitude de le faire.

Au cours des derniers mois, j'ai participé avec un groupe de 45 Palestiniens de tous les milieux : des hommes et des femmes, de droite et de gauche, des laïcs et des religieux, des politiciens, des universitaires et des acteurs de la société civile et des hommes d’affaires vivant en Palestine occupée, à l'intérieur d'Israël et dans la Diaspora.

Nous étions un groupe qui est un microcosme reflétant la dynamique de la société palestinienne. Nous n'avons pas pu nous rencontrer tous dans une seule pièce quelque part dans le monde parce que la réalité (les restrictions aux déplacements) qu’Israël a créé ne nous a pas permis de le faire, néanmoins, nous continuons à élaborer des plans et à agir. Notre mission est d'ouvrir un débat sur la direction vers laquelle nous allons aller : Quelles sont les options stratégiques des Palestiniens pour mettre fin à l'occupation israélienne, s’il y en a ?

Après plusieurs réunions de travail en Palestine et à l'étranger et un débat en ligne, nous avons produit un premier document : "Reprendre l'Initiative : Options Stratégiques Palestiniennes pour une fin de l'occupation israélienne."
Le document est publié à l’adresse suivante : www.palestinestrategygroup.ps et reflète une alternative à un discours palestinien officiel mais impuissant, qui, selon l’avis de la plupart des Palestiniens, ira dans très peu de temps la tête dans le mur.

La société palestinienne est une société dynamique et réfléchie qui a été tellement maltraitée et rabaissée par Israël et ses partisans que beaucoup de gens, dont de nombreux Palestiniens eux-mêmes, seront surpris par le fait que les Palestiniens ont toutes les options. Une chose est sure : peu importe combien de temps l'occupation israélienne illégale continuera, ne vous attendez pas à ce que les Palestiniens se réveillent un matin et acceptent d’être moins humains que n'importe quelle autre personne libre dans ce monde.

Les Palestiniens ont donné à tout le monde - y compris à leurs propres dirigeants traditionnels – beaucoup de temps de mettre fin à cette occupation humiliante et brutale. Quand tout le reste a échoué, les Palestiniens reprennent l'initiative, et ils continueront de le faire encore et encore, jusqu'à ce que cette occupation soit expédiée dans la poubelle de l'histoire avec tous les criminels de guerre qui lui a permis de persister pendant de si nombreuses années.

Source : http://electronicintifada.net
Traduction : MG pour ISM


Dimanche 7 Septembre 2008

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