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Palestine occupée: Apprendre de l'Afrique du Sud


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La valeur stratégique de la solidarité internationale avec le peuple palestinien dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie, les réfugiés de la Diaspora et les Palestiniens en Israël soulève quelques questions fondamentales.
Les plus immédiates et urgentes sont : quelle devrait être la nature de la solidarité internationale et comment peut-elle le mieux soutenir la lutte palestinienne pour l'auto-détermination ?


Par Savera Kalideen & Haidar Eid


Dimanche 5 Octobre 2008

Photo : Rami Swidan/MaanImages - La police motée israélienne monte la garde à proximité des Palestiniennes qui attendent de franchir le checkpoint de Qalandia pour aller prier à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem
Photo : Rami Swidan/MaanImages - La police motée israélienne monte la garde à proximité des Palestiniennes qui attendent de franchir le checkpoint de Qalandia pour aller prier à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem
La solidarité internationale a besoin, en premier lieu, d'aborder les façons par lesquelles le sionisme colonial a suivi et continue de suivre la politique de bantoustanisation de l'apartheid sud-africain. Il y a aussi un impératif à aborder les dommages sévères que les Accords d'Oslo ont causé à la lutte palestinienne, étant donné le degré de confusion que ces accords ont créé dans la sphère internationale.

Une analyse historique du bourbier palestinien actuel ne peut pas séparer l'apartheid et le sionisme du colonialisme. Comme le soutient de façon très convaincante Samir Amin dans Développement inégal, au 19ème siècle en Afrique du sud, le capitalisme central et le colonialisme ont dépossédé par la force les communautés rurales africaines pour satisfaire leur besoin d'un vaste prolétariat pour exploiter les grandes richesses minéralières du pays.

Les autochtones ont été conduits dans des régions sans végétation qui les ont laissés sans autre alternative que de devenir une main-d'œuvre bon marché pour les mines européennes et les fermes, et plus tard, rejoindre l'industrie sud-africaine. La dépossession initiale a lentement transformé une société pleine de vie et dynamique en simples réserves de travail, avec une perte graduelle d'indépendance, et finalement, en la création de l'apartheid et des Bantoustans.


Cependant, ce processus n'est pas à sens unique : pendant toute la dépossession et la reconstruction de l'Afrique du Sud en un paradis pour la suprématie raciale, la communauté internationale a été mobilisée par la lutte interne sud-africaine et une campagne de plaidoyer concertée par les sud-africains pour protester contre la création manifeste de l'apartheid d'un excédent de travail, et contre l'exploitation inhumaine et raciste des sud-africains noirs.


Aujourd'hui c'est l'Etat d'apartheid israélien qui est condamné pour la dépossession d'une population autochtone, l'application d'une politique de génocide contre elle et récemment même la menace d'un «holocauste» dans la Bande de Gaza. Israël a depuis des années été accusé de faire bien pire que l'état d'apartheid par des sud africains tels que l'archevèque Tutu, Blade Nzimande et John Dugard. Ces sud-africains qui ont expérimenté l'apartheid citent l'usage de F-16, d'hélicoptères armés contre des civils désarmés, ainsi que la démolition des maisons et l'arrestation des familles de « militants » suspectés comme des pratiques qui font que l'apartheid israélien est qualitativement pire que l'apartheid sud-africain.

Des ressemblances entre les deux états d'apartheid peuvent être trouvées dans leur politique de la citoyenneté, leur usage de la détention sans jugement, et les lois qui limitent la liberté de mouvement et le droit de vivre dans sa propre maison avec sa propre famille.

Comme l'apartheid sud-africain donnait la citoyenneté aux sud-africains blancs et reléguait les noirs dans des «patries indépendantes» (i.e les bantoustans), le sionisme donne aux juifs tous les droits de la citoyenneté dans l'état d'Israël, pendant qu'il refuse la citoyenneté aux palestiniens - les habitants autochtones de la terre. Alors que l'apartheid utilisait la race pour déterminer la citoyenneté, l'état d'Israël utilise l'identification religieuse pour déterminer la citoyenneté.

Comme l'Etat d'apartheid a créé des lois criminalisant la liberté de mouvement sur leur terre ancestrale, Israël utilise une infrastructure d'occupation militaire composée de checkpoints, de colonies et de routes réservées aux juifs, le mur d'apartheid, combinée avec une myriade de régulations légales qui gouvernent la vie quotidienne des palestiniens et sont destinées spécifiquement à restreindre leur travail et leur vie.

Depuis 1967, Israël a détenu une partie de la population palestinienne mâle et aujourd'hui compte plus de 11 000 prisonniers dans ses geôles, des milliers d'entre eux sans recours légal.

Beaucoup de ceux qui ont été incarcérés ont passé des années en prison pour des «crimes» tels que l'entrée illégale en Israël. Des milliers de familles palestiniennes vivent avec la menace d'une séparation forcée ou sont déjà séparées parce qu'elles n'ont pas les permis nécessaires pour vivre ensemble -des laissez-passer qu'Israël a refusé de délivrer depuis 2000.

Cette politique frappe au cœur de la vie de famille depuis que les Palestiniens sont forcés de s'adresser à Israël pour obtenir des permis de réunification familiale s'ils veulent vivre ensemble.

Pendant les années d'apartheid, l'Afrique du Sud a subi la pression répétée de la communauté internationale et des organisations multilatérales telles que le Conseil de Sécurité de l'ONU qui a voté de multiples résolutions contre elle à cause de son traitement inhumain des noirs. Cela a donné a donné une aide bienvenue aux opprimés, alors que les palestiniens aujourd'hui sont privés de ce petit réconfort parce que les Etats-Unis d'user de leur veto pour s'assurer qu'Israël échappe à la censure du monde entier.


La solidarité internationale avec le peuple palestinien a, depuis des décennies, joué un rôle extrêmement important, bien que dialectique, en renforçant la lutte. Il y a une indéniable liaison proportionnelle entre les différentes formes de lutte dans les territoires occupés et l'attention internationale et la solidarité qu'elle est capable d'inspirer.

Il est inquiétant qu'après 15 années d'évitement de la part d'Israël de chaque engagement des Accords d'Oslo, et huit années après le début de la seconde Intifada palestinienne, il subsiste encore fortement dans la société civile internationale, la conviction que la lutte palestinienne a, essentiellement, été résolue. D'où l'urgence pour une campagne internationale de solidarité qui mette en lumière les ressemblances entre l'apartheid et le sionisme, ainsi que l'expérience commune des palestiniens aujourd'hui, comme peuple dépossédé, et des sud-africains noirs sous apartheid.

Nous avons tous vu que les résultats des élections de 2006 en Palestine se sont vus refuser la légitimité de la part de la communauté internationale et que le peuple palestinien a été puni collectivement pour sa témérité en choisissant ses propres leaders.

Les sud-africains avaient dû attendre 27 ans pour que le leader qu'ils avaient choisi et leur parti soit libre de les conduire ; durant ces longues années ils ont rejeté tous les faux leaders qu'on leur imposait même quand ces collaborateurs étaient célébrés par Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Aussi récemment qu'en 1987, Thatcher était assez sûre d'elle pour dire que « Nelson Mandela ne sera jamais le président d'une Afrique du Sud libre ».

Comme le gouvernement de Thatcher, les autres gouvernements dans le monde ont été forcés d'isoler l'apartheid de l'Afrique du sud . Ils ne l'auraient pas fait sans la pression exercée sur eux par leurs propres peuples. Israël doit être isolé exactement de la même façon que l'apartheid sud-africain.

Aujourd'hui, il y a une lutte de masse grandissante en Palestine, ainsi que d'autres formes de lutte, exactement comme c'était le cas à l'intérieur de l'apartheid sud-africain. Un mouvement de solidarité international intensifié avec un agenda commun peut faire résonner la lutte pour la Palestine dans chaque pays dans le monde, et de cette manière fermer le monde aux Israéliens jusqu'à ce qu'ils ouvrent le monde aux Palestiniens.

Source : Electronic Intifada
Traduction : MM pour ISM


Dimanche 5 Octobre 2008


Commentaires

1.Posté par Sylvain le 05/10/2008 17:53 | Alerter
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Ilserait peut-être utileàla cause palestinienne delancerune pétition nternationale - fut-elle symbolique - demandant au Secrétaire général la suspension de l'adhésion d'Israël à l'ONU, tant qu'elle n'appliquera pas TOUTES les résolutions, à commencer par la 181 (qui n'était qu'une recommandation ) pour ce qui est
1/ du territoire "généreusement attribué" aux sionsites
2/ de l'internalisation de Jérusalem et des Lieux Saints

Ras le bol des mal nommées "frontières "de 1967 qui sont en fait les "frontières"de 1949q ui n'ont rien àvoir avec les frontières de la susdite résolution 181 du 29 novembre 1947.

Cette entité sioniste est toujours un état illégitime sans frontières et sans constitution.



2.Posté par Sylvain le 05/10/2008 18:34 | Alerter
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2/ de l'internaTIONAlisation de Jérusalem et des Lieux Saints

C’est une chose ignorée de beaucoup de militants, l’importance de cette internationalisation sans laquelle la résolution/RECOMMANDATION 181 n’aurait pas été adoptée

Selon les écrits même du patron de la délégation sioniste à l’ONU en1947 Moshe Sharetez : « plusieurs Etats chrétiens parmi ceux approuvant le plan de partage avaient annoncé sans équivoque qu’ils ne voteraient ce plan que si Jérusalem obtenait un statut international. Il devient ainsi évident que la majorité requise pour le plan de partage ne pourrait être assurée si l’internationalisation de la Ville saint n’était pas incluse dans la résolution »

Or beaucoup de « pseudo-bons » auteurs parlent seulement de « partager la Palestine en deux états ». Et les malhonnêtes auteurs sionistes présentent la chose comme si le vote de la 181 (avec une fausse majorité des deux tiers obtenue en partie essentielle par chantage) c’était là une décision qui s’imposait et que les deux parties avaient l’obligation d’appliquer.

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