Sur le seuil de la maison de la famille de Abou Mo'ataq, le sang, les petits corps déchirés et le reste du repas se mélangent. C'est la conséquence de cet affreux massacre perpétré par les forces de l'occupation israélienne, le matin du lundi 28 avril, à Beit Hanoun. Une mère et quatre de ses enfants y ont péri. Une nouvelle fois, l'occupation exprime son intention d'anéantir des familles palestiniennes dans leur totalité.
Liquider une famille !
Le choc anéantit le père de cette famille martyre qui voit sa famille liquidée par l'occupant. Ce dernier lui avait déjà tué un enfant, dans une précédente incursion.
Les mains sur la tête, le pauvre père crie et répète : « Nous n'avons qu'Allah ».
La femme d'Ahmed et leurs quatre enfants prenaient leur repas lorsque les obus sionistes les ont fauchés.
Détails
Le Centre palestinien des droits de l'homme en avait donné les détails. Notre Centre Palestinien d'Information (CPI) en a reçu une copie. En fait, un bombardier sioniste couvrait une incursion de l'armée de l'occupation israélienne, dans la zone de Beit Hanoun. A huit heures quinze du matin, il a tiré un missile en direction de résistants, non loin de la mosquée d'Abdallah Azzam, un kilomètre plus loin de la zone de l'incursion ! L'obus est tombé dix mères seulement plus loin de la maison de la famille martyre.
Moins d'une minute plus tard, l'avion militaire a lancé deux nouveaux missiles pour détruire la porte de la même maison.
Les éclats des missiles étaient bien suffisants pour tuer madame Mayssar Abou Mo'ataq, 40 ans, et quatre de ses enfants. Deux autres enfants ont été moyennement blessés. Et une dizaine de passants ont aussi été atteints.
Quelle scène !
En dépit du danger omniprésent, les voisins se sont précipités chez eux pour porter les corps, ou du moins ce qui en restait. Ils ne pouvaient les transporter que sur des charrettes, faute d'ambulances. En fait, ces engins ne peuvent plus rouler, manque de carburant, conséquence du blocus, une autre tragédie provoquée par l'occupant.
Et lorsque les journalistes sont arrivés, le lieu de crime reflétait encore le crime. Un voisin a dit que la famille prenait son repas lorsque les obus les ont surpris pour les transformer en petits morceaux.
Un registre noir
Ce nouveau crime vient s'ajouter au registre noir de l'occupant. Cet occupant avait déjà anéanti plusieurs autres familles.
Pas plus loin que le mois de mars dernier, un avion militaire israélien a tiré trois missiles sur la maison du sexagénaire palestinien Abdou Ar-Rahman Attallah, dans la rue An-Nafaq de la ville de Gaza. La maison détruite a enseveli six membres de la famille dont trois femmes. Huit autres personnes ont été blessées dont trois enfants et un nourrisson de deux jours seulement.
Quelques temps auparavant, le 9 juin 2006, des embarcations maritimes israéliennes ont visé la famille de l'enfant Hoda Al-Ghaliya. Elle s'amusait sur la plage de Gaza, dans la zone As-Sodaniya. Sept membres de la famille y ont péri, dont le père et la mère. Tous les autres membres de la famille ont été blessés.
La famille d'Abou Salmiya n'était pas mieux lotie. Le 12 juillet 2006, elle a perdu neuf de ses membres. Un bombardier israélien F16 avait lâché sur leur maison une bombe d'une tonne. Le père, la mère et sept enfants y ont laissé leur vie.
Quelques années en arrière, en 2002 plus exactement, une bombe du même poids avait été lâchée sur la maison de Salah Chahada pour tuer dix-neuf personnes dont sept membres de la famille Abou Mattar.
En somme, ces actes pratiqués systématiquement contre les familles palestiniennes font partie de la politique de terreur pratiquée contre tout le peuple palestinien. Contre ses enfants, ses femmes, ses personnes âgées, ses résistants, sa terre, ses principes, ses députés, ses leaders…