Politique Nationale/Internationale

POUTINE PRÉSENTE LE « NEW DEAL RUSSE »


Dans son message annuel du 10 mai sur la Fédération, le président russe Vladimir Poutine s’est montré déterminé à renforcer le statut de grande puissance de la Russie. Il a présenté les trois principaux défis qui se posent à la Russie : la crise démographique, la défense nationale et le développement de l’économie nationale.


Mercredi 17 Mai 2006



Il est tout à fait remarquable que Vladimir Poutine ait choisi d’évoquer le président américain Franklin Roosevelt lorsqu’il parla de la nécessité pour le gouvernement russe de pénaliser les intérêts financiers égoïstes au profit de l’intérêt général. Cette référence à Roosevelt indique que Poutine tente de définir un genre de « New Deal russe ». Les élites russes connaissent déjà l’essai « Un New Deal pour la Russie », rédigé par feu le professeur Taras Muranivsky, un ancien collaborateur de LaRouche.

Le président russe commença par rappeler les grands espoirs que la chute du communisme avait suscités chez des millions de personnes au début des années 90, « mais les autorités et les hommes d’affaires n’ont pas réalisé ces espoirs. Certains membres de ces groupes ont recherché leur enrichissement personnel d’une façon que nous n’avons jamais vue dans l’histoire de notre pays, aux dépens de la majorité de nos citoyens et au mépris de la loi et des normes de la moralité. "Dans l’élaboration d’un grand programme national qui recherche le bien pour le plus grand nombre, il est vrai qu’on marche sur les pieds de certaines personnes, et il en sera ainsi. Mais ces pieds appartiennent à une poignée de gens qui cherchent à retenir ou à gagner des positions ou des richesses, ou les deux, par des voies raccourcies qui portent atteinte au bien général." Ce sont des paroles admirables et il est dommage que ce ne soit pas moi qui y aie pensé. C’était Franklin Roosevelt, le président des Etats-Unis en 1934. Ces paroles ont été prononcées au moment où le pays sortait de la grande dépression. De nombreux pays se sont trouvés confrontés à des problèmes similaires, comme nous aujourd’hui, et beaucoup ont trouvé des moyens dignes de les surmonter. »

Le président russe évoqua ensuite la nécessité de moderniser l’équipement technologique de l’industrie russe : « Nous devons prendre de sérieuses mesures pour encourager l’investissement dans la production de l’infrastructure et dans le développement innovateur, tout en maintenant la stabilité financière que nous avons instaurée. La Russie doit réaliser tout son potentiel dans les secteurs de pointe comme l’énergie, les transports et communications et l’aérospatial. (...) Nous devons prendre des mesures pour le développement de l’énergie nucléaire, un secteur nucléaire basé sur des réacteurs sûrs de la nouvelle génération. Nous devons consolider la position de la Russie sur les marchés mondiaux dans la technologie et l’équipement nucléaires et mettre pleinement à contribution notre savoir, notre expérience. (...) Nous devons, bien sûr, concentrer également nos efforts sur de nouvelles directions prometteuses pour l’énergie : l’hydrogène et l’énergie thermonucléaire. »

Sur le plan monétaire, il insista sur la nécessité de poursuivre les efforts pour parvenir au rouble convertible, qui doit être une devise attractive pour les règlements et l’épargne. « Nous devons organiser des marchés sur le territoire russe pour la commercialisation du pétrole, du gaz et d’autres biens, marchés sur lesquels les transactions sont effectuées en roubles. Nos biens sont commercialisés sur les marchés mondiaux, pourquoi pas ici, en Russie même ? »

Poutine s’est alors tourné vers le thème démographique. « Maintenant, passons à la question la plus importante. (...) Je veux parler de la famille, du plus grave problème auquel nous ayons à faire face aujourd’hui - le problème démographique. La population de notre pays diminue à raison de 700 000 personnes par an en moyenne. (...) Pour résoudre ce problème, nous devons prendre les mesures suivantes. D’abord, nous devons faire baisser le taux de mortalité, deuxièmement, adopter une politique de migration efficace et troisièmement, nous devons augmenter le taux de natalité. » Poutine a proposé un programme pour encourager les naissances, grâce à des allocations familiales plus généreuses. « Notre but doit être d’encourager les familles à avoir au moins un deuxième enfant. »

L’économiste et député Serguei Glaziev, auteur de Genocide, un ouvrage sur la détérioration de la situation économique et sociale russe (publié en anglais par l’EIR), qui s’était pourtant montré fort critique jusqu’à présent envers la politique du Kremlin, notait le 10 mai : « Le message présidentiel d’aujourd’hui signifie, pour l’essentiel, un réexamen fondamental des politiques sociales et économiques menées jusqu’ici. En effet, le chef de l’Etat a reconnu les revendications programmatiques inlassablement mises en avant par les forces patriotiques nationales. Nous avons beaucoup parlé du soutien aux enfants et aux familles, de la promotion du progrès scientifique et technologique, de mettre l’économie sur une voie de développement innovatrice, de la nécessité d’utiliser le rouble dans les transactions internationales et de la modernisation des forces armées. Presque toutes ces propositions de l’opposition ont désormais été déclarées de grandes orientations de la politique économique nationale. J’en suis heureux. »

http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=2221 http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=2221



Mercredi 17 Mai 2006

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