Néolibéralisme et conséquences

Oui au maintien de l’agriculture paysanne – Non à la politique destructrice de la Confédération contre les paysans


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Vendredi 9 Décembre 2016 - 08:29 SECURITE DES MOYENS DE PAIEMENT 


par Judith Barben


Judith Barben
Vendredi 28 Septembre 2007

Dans «Horizons et débats» le viticulteur Willy Cretegny a présenté le référendum qu’il a initié avec d’autres paysans biolo­giques contre la nouvelle loi sur l’agriculture. Pour le comité référendaire, arrêter la Politique agricole 2011 ratée de la Confédération est une question de principe.
Depuis 1993, l’agriculture suisse a été soumise à un grand nombre de réformes successives toutes au service de la libéralisation du marché selon les règles du jeu de l’OMC1. A l’époque, il y avait encore 93 000 entreprises paysannes familiales. A présent, elles ne sont plus que 63 000; 30 000 exploitations agricoles ayant dû abandonner. Selon la Politique agricole 2011, 30 000 fermes supplémentaires devraient encore disparaître. Le référendum est nécessaire si l’on veut empêcher ce développement. Les mécanismes de protection nationaux qui sont encore en vigueur doivent être maintenus à tout prix. Cretegny constate: «Nous devons lutter pour l’approbation du droit au protectionnisme.» (voir encart ci-contre)
Comme prochain pas il s’agit de construire «la résistance civile» contre la politique agricole de la Confédération et de formuler une initiative populaire pour la qualité de l’agriculture que nous, citoyens et citoyennes, – paysans et consommateurs – voulons en Suisse.
Aujourd’hui que la pénurie alimentaire nous menace, la souveraineté alimentaire est un bien auquel on ne doit pas renoncer. Sans souveraineté alimentaire il n’y a pas de souveraineté politique, car alors on est à la merci de l’étranger. C’est légitime et nécessaire qu’une communauté protège son droit à une alimentation saine et sans technologie génétique et son droit à une exploitation du sol durable. Le modèle suisse de production alimentaire, basé sur un ensemble de petites entreprises agricoles et sur la diversité alimentaire le garantit de façon extraordinaire. De plus, la forme de communauté qui y est liée, avec des structures villageoises, est la colonne vertébrale de la démocratie directe. Le modèle suisse peut servir d’exemple à d’autres pays.
Si nous ne préparons pas un retour aux fondements et si nous n’opposons pas une nouvelle vision à la Politique agricole 2011 du Conseil fédéral, nous aurons à subir des effets dévastateurs:
• perte de la souveraineté alimentaire,
• soumission aux diktats d’entreprises qui travaillent au plan mondial avec une production agricole industrielle, la monoculture et une utilisation intensive de produits chimiques,
• disparition d’aliments sains et parfaitement valables,
• aliments génétiquement modifiés,
• encore plus de folie sur le plan des transports (ail de la Chine, pommes de la Nouvelle-Zélande …),
• mort des structures villageoises, dépeuplement de villages et de vallées,
• perte de la qualité de vie et de lieux de repos,
• disparition d’une campagne soignée par les paysans.
Cette politique est contre la nature et misanthrope. Elle viole la Constitution fédérale suisse, laquelle stipule explicitement:

«La Confédération veille à ce que l’agriculture […] contribue substantiellement (a) à la sécurité de l’approvisionnement de la population; (b) à la conservation des ressources naturelles et à l’entretien du paysage rural; (c) à l’occupation décentralisée du territoire.» (Art. 104, al. 1)


En outre, la constitution (Art. 104 al. 2 et 3) oblige la Confédération à mettre en place des mesures de soutien et de protection pour l’agriculture indigène et à rémunérer équitablement les prestations fournies. Aucun de ces deux aspects n’est garanti par la PA 2011. C’est pourquoi celle-ci est anticonstitutionnelle.
Soutenez et signez le référendum contre la Loi fédérale sur l’agriculture! Le nombre de signatures n’est pas encore suffisant! •


1 Organisation mondiale du commerce

Le protectionnisme, c’est la politique de protection

Le mot «protectionnisme» provient du verbe latin «protegere = protéger». Chaque femelle animale protège son enfant. L’homme, un être social disposant du bon sens, se protège lui-même et protège sa communauté. Dans l’économie le mot «protectionnisme signifie la protection de la production indigène contre la concurrence de l’étranger par des mesures de politique de commerce extérieur.» (Duden)
Il devait aller de soi que chaque pays défende ce droit original. C’est un signe des temps que nous devons lutter aujourd’hui pour que l’on reconnaisse le droit au protectionnisme. Des Spin-doctors («détourneurs de vérité» professionnels) nous ont tordu la tête (spin=tordre) au point que nous avons actuellement à nous justifier pour un droit naturel! En vérité, ces manipulateurs de la vérité sont au service d’un agenda anti-éthique et destructeur, le prétendu «libre commerce mondial».

Source: JFW Journal Franz Weber No 81,
septembre 2007.
Case postale, 1820 Montreux 1,
Tél. +41 21 964 37 37, E-mail: ffw@ffw.ch




Jeudi 27 Septembre 2007

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