Proche et Moyen-Orient

Olmert prépare la guerre


Le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a placé la Syrie en tête de son agenda avec la stratégie apparente de démontrer qu’Israël est prêt à la guerre tout en explorant des négociations possibles sur une paix durable.

par Donald Macintyre


Donald Macintyre
Mardi 12 Juin 2007

Un conseil des ministres spécial sur la sécurité a établi une commission ministérielle à 11 sur la Syrie. Elle sera informée des préparations militaires pour un possible conflit avec Damas. Un officiel israélien a suggéré aussi que cette commission puisse envisager des appels à des pourparlers avec la Syrie au sein de l’establishment.

Ceux qui défendent l’exploration de négociations avec le Président Bashar Assad prétendent qu’ils pourraient garantir que la Syrie mettra fin à son soutien au Hezbollah et au Hamas, en échange de la restitution du Plateau du Golan, saisi par Israël il y a 40 ans lors de la Guerre des Six Jours.

Ce conseil sur la sécurité s’est réuni le lendemain d’un exercice militaire dans le désert du Néguev, hautement médiatisé, dans lequel l’armée a "attaqué" un objectif conçu pour ressembler à un village syrien. Cet exercice a fait suite à des mises en garde par le chef d’état-major des Forces de Défense d’Israël, Gabi Ashkenazi, sur une possible "détérioration" sur le front nord d’Israël.

Selon une estimation des services de renseignements militaires, le Président Assad serait bien placé, après des mouvements de soldats syriens et des pilonnages des positions au nord du Golan, pour lancer une attaque surprise sur le Plateau. Ils ont dit aussi qu’il y avait toutefois peu de risque qu’il déclenche les hostilités.

M. Olmert a dit lors de ce conseil qu’"Israël ne veut pas la guerre avec la Syrie" et il a dit qu’il était intéressé à tenir des négociations directes avec Damas. Ceci semblait contredire des suggestions faites plus tôt, selon lesquelles Israël ne parlerait pas à son voisin du nord-est sans avoir d’abord une preuve solide qu’il cesserait de soutenir le Hezbollah et le Hamas.

Le ministre Kadima, du camp des colombes, Meir Sheetrit, s’est opposé à la formation d’une commission ministérielle qui passerait en revue les préparations militaires, parce que cela entrait en conflit avec l’objectif de M. Olmert de rechercher la paix.

Cette commission inclura le faucon ultra Avigdor Lieberman. Ce dernier a déclaré hier que la raison des récentes interviews données par le Président Assad, qui a lancé l’idée des négociations, était de détourner la menace posée par le tribunal international sur le meurtre de l’ancien Premier ministre Rafik Hariri. Mais, des officiels israéliens ont rapporté une tentative de division entre les ministres sur une opposition catégorique à des négociations, parce que, selon eux, les pourparlers avec les Palestiniens ne progressent pas.

Une rencontre prévue aujourd’hui entre Mahmoud Abbas, le président palestinien, et M. Olmert a été annulée à la demande des Palestiniens. Les officiels palestiniens ont indiqué qu’ils avaient échoué à faire un progrès adéquat pour garantir les reversements de quelques 800 millions de dollars (600 millions d’euros) dus à l’Autorité Palestinienne, qu’Israël retient depuis que le Hamas est entré au pouvoir l’année dernière. Israël refuse aussi d’étendre tout cessez-le-feu pour Gaza et la Cisjordanie, où il a poursuivi ses raids à la chasse aux activistes.

Hier, les troupes israéliennes ont tué un Palestinien de 67 ans, Yehia al-Jabari, et blessé six autres membres de sa famille durant un raid avant l’aube contre sa maison d’Hébron.

Il y a eu des contacts indirects entre la Syrie et Israël à travers des intermédiaires. Mais Yossi Alpher, un analyste israélien de premier plan et défenseur des pourparlers avec la Syrie, a déclaré hier que M. Olmert devrait surmonter trois obstacles avant des négociations substantielles : persuader un Président George Bush toujours méfiant de lui donner le "feu vert", lors de sa rencontre à venir à Washington ; la réticence de l’Egypte, de la Jordanie et de l’Arabie Saoudite pour des pourparlers avec Damas ; et les complications posées par le choix d’un nouveau ministre de la défense après les élections à la direction du Parti Travailliste la semaine prochaine.

M. Alpher a déclaré : "Il devra défendre l’idée que cela serait dans l’intérêt existentiel d’Israël [de parler avec la Syrie]. Je ne suis pas sûr qu’il sera prêt à le faire."

Donald Macintyre écrit pour le journal britannique The Independent

http://alternatives-international.net/article987.html http://alternatives-international.net/article987.html



Mardi 12 Juin 2007


Commentaires

1.Posté par goc le 13/06/2007 00:28 | Alerter
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pour ma part, je serais tenté de croire plutot a des gesticulations afin de cacher l'incapacité actuelle pour israel d'attaquer la syrie

isael n'a jamais fait "semblant" d'attaquer, elle a souvent fait semblant de vouloir négocier tout en preparant une attaque de grande envergure, mais jamais le contraire

bref ca sent la fin

2.Posté par al sibten le 14/06/2007 02:48 | Alerter
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