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Olmert et Abbas 'enfoncent le clou' en Palestine


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Les récentes ouvertures de "paix" entre le Premier Ministre israélien Olmert et le Président de l'Autorité Palestinienne Abbas ne promettent pas une amélioration sensible des conditions de vie pour les Palestiniens ou une fin de l'occupation israélienne.
Des résultats plus probables incluent une intensification des efforts pour diviser le public palestinien et ébranler leur gouvernement légalement élu.


Par James Brooks > jamiedb@wildblue.net
James Brooks est le webmaster de Vermonters for a Just Peace en Palestine/Israel. Il peut être contacté à l'adresse suivante : jamiedb@wildblue.net.


James Brooks
Mercredi 3 Janvier 2007

Photo ci-contre : Le Premier Ministre israélien, Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas se serrent la main avant leur reunion dans la résidence du Premier Ministre à Jérusalem, 23 décembre 2006. (MaanImages/POOL/PPO)
Photo ci-contre : Le Premier Ministre israélien, Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas se serrent la main avant leur reunion dans la résidence du Premier Ministre à Jérusalem, 23 décembre 2006. (MaanImages/POOL/PPO)
La réunion a été décrite comme une ouverture aux relations entre Israel et l'Autorité Palestinienne qui "boostera Abbas" et exclura le Hamas. Olmert, Abbas, et leurs commanditaires à Washington et en Europe ont insisté sur le fait que le Hamas, le parti majoritairement élu par le peuple, "renonce à la violence" et "reconnaisse le droit à exister d'Israel".

Ce sont les objectifs déclarés de l'écrasant blocus économique qu'Israel et les puissances occidentales ont imposé à la Palestine Occupée depuis mars dernier.

Objectivement, aucune de ces demandes n'a beaucoup de substance. Le Hamas a récemment renoncé à la violence en maintenant un cessez-le-feu unilatéral depuis bien plus d'un an.

La même période a vu une escalade régulière des incursions, des arrestations, des meurtres, et de la colonisation israélienne dans les territoires occupés.

Tout le monde, y compris l'Etat-Major israélien, sait que le Hamas reviendrait à un cessez-le-feu s'il pensait qu'Israel était sérieux au sujet d'une réciprocité. La dernière proposition de Khaled Meshaal, le chef en exil du Hamas, pour un cessez-le-feu de dix ans a été sommairement repoussée.

Ce n'est pas le Hamas qui lance la plupart des roquettes sur Israel ces temps-ci, mais les Brigades Al Aqsa rattachées au parti du Fatah de M. Abbas, secondées par les Brigades Al-Quds du Jihad Islamique.
Et toutes les victimes et destructions israéliennes provoquées par les deux dernières années de roquettes palestiniennes ne sont pas comparables aux dégâts accomplis lors d'une semaine d'opération de l'IDF en Palestine occupée.

Le "mini-sommet" Olmert-Abbas a fourni plus de preuves sur le manque de sincérité concernant la demande "de renoncement à la violence" quand M. Olmert n'a même pas obtenu une pause dans les tirs de roquettes par Al Aqsa avant sa réunion avec le chef de Fatah.

Quant à "la reconnaissance du droit à exister d'Israel", nous notons simplement qu'Israel doit encore reconnaitre le "droit à exister" de l'Etat de la Palestine.

Israel interdit actuellement un Etat palestinien et nie quotidiennement les droits nationaux des Palestiniens par son occupation militaire étouffante. Dans ces circonstances, il semble peu raisonnable que le Hamas repousse une reconnaissance de ce "droit à exister" jusqu'à ce qu'il soit réciproque en paroles et en actes.


Le problème, naturellement, est qu'une Autorité Palestinienne dirigée par le Hamas ne peut pas être considérée comme une compagnie convenable dans aucun "processus de paix" avec Israel jusqu'à ce que le Hamas satisfasse les deux demandes, comme le Fatah est censé l'avoir fait par le passé.

Le "processus de paix" fonctionne sous un système de précédent, dans lequel chaque concession faite par les dirigeants palestiniens a été irréversiblement gravée dans la pierre, alors que de nombreuses promesses israéliennes ont été effacées dans la pratique et devront encore être gagnées par les Palestiniens lors de futurs entretiens.

Aujourd'hui, après 40 ans d'occupation israélienne et d'annexion rampante du reste de leurs terres, les Palestiniens ont peu de choses à quoi s'accrocher sauf leurs droits nationaux et leur refus obstiné de s'en séparer.

Toute personne connaissant bien l'histoire du "processus de paix" ne sera pas étonnée par les sondages qui continuent à montrer qu'une majorité de Palestiniens soutient le Hamas et son refus de reconnaître "le droit à exister" d'Israel, au moins jusqu'à ce que celui-ci rende la pareille.


Pourtant, la raison sous-jacente déclarée du blocus économique de l'Autorité Palestinienne était de "convaincre les Palestiniens" (en les menant au dénuement) à abandonner le Hamas en faveur du plus "modéré" Fatah.

Vraisemblablement, un stratège bien informé aurait du savoir que la majorité des Palestiniens rejetterait cette tentative flagrante d'ébranler leur vote. Cela pourrait même durcir le soutien au Hamas et son allégeance à ses principes.

Dans ce cas, la politique aurait dû être dirigée vers la réponse minoritaire. Quelle était la probabilité qu'une aggravation de la pauvreté accompagnée d'un siège militaire sanglant et des différends internes soutenus et parfois incités par des agents et des collaborateurs israéliens, puissent mener un nombre considérable de personnes à capituler dans les bras d'Abbas ? C'était, après tout, l'un des objectifs déclarés du projet.

Politiquement, cela serait considéré comme "enfoncer le clou", un effort calculé pour diviser un électorat sur des lignes idéologiques, habituellement pour son propre gain politique.

Dans ce cas-ci, l'électorat n'est pas le collège électoral des politiciens qui "enfoncent le clou", mais les Palestiniens, les victimes appauvries du vol de terres de la plus longue occupation militaire illégale du monde moderne.

Pendant que M. Olmert et son épouse partageaient récemment des harengs avec une sauce au citron avec M. Abbas dans une villa ensoleillée de Jérusalem-Est, les collaborateurs du Premier Ministre ont bravé tous les interdits pour projeter une image d'Abbas comme "n'importe quel autre chef d'Etat". Ils ont même hissé un drapeau palestinien (en se moquant de la loi).

Les "cadeaux" de Noël de M. Olmert comprenaient 100 millions de dollars des propres recettes fiscales de l'Autorité Palestinienne, qu'Israel avait saisies depuis que le gouvernement élu du Hamas s'était installé dans le bureau en mars dernier.

Puisque la somme retenue par Israel est estimée maintenant à plus de 800 millions de dollars, la somme dérisoire donnée à M. Abbas avait un air d'argent du silence payé par le crime organisé. La majeure partie sera utilisée pour payer les dettes de l'Autorité Palestinienne à ses créanciers israéliens et puis seulement après, Israel sera satisfait que le Hamas n'en voit jamais la couleur.

Comme Olmert était disposé à céder seulement un huitième de l'argent des Palestiniens, il peut consentir à retirer un huitième des "barrages routiers" de l'armée israélienne dans les fragments de Cisjordanie où des Palestiniens sont encore autorisés à vivre.

Il promet également de faciliter l'obtention d'autorisations à la population de Cisjordanie pour aller dans ses propres vergers, ou dans la ville ou le village d'à côté, ou peut-être (miracle !) dans une ville voisine. En d'autres termes, M. Abbas a obtenu un léger (et très probablement provisoire) assouplissement de la poigne suffoquante d'Israel sur la gorge de la Palestine.

En échange, le Président Abbas est parvenu à oublier qu'Israel avait illégalement enlevé et emprisonné le porte-parole du Conseil Législatif Palestinien, au moins 28 des membres élus du CLP, et au moins 10 ministres de gouvernement, dont la moitié est toujours détenue.

Est-ce que "un chef d'Etat" va prier pour obtenir des miettes d'une puissance étrangère qui détient les membres enlevés de son propre gouvernement ?

Si M. Abbas étaient sincèrement intéressé par la formation d'un gouvernement d'unité nationale avec le Hamas, il n'aurait pas vendu à si bon marché ses prisonniers d'état.

S'il s'était vraiment engagé dans la démocratie en mars dernier, il aurait mené son parti battu dans une opposition loyale au gouvernement nouvellement élu du Hamas.

En serrant les rangs avec le Hamas, Abbas et le Fatah auraient pu montrer au monde que les Palestiniens obéissaient à leur propre constitution, établissaient leurs propres questions, et n'étaient pas en proie à une interférence extérieure ou aux blocus.

Au lieu de cela, il s'est mis à commander les forces de sécurité de l'Autorité Palestinienne et le Fatah a sombré dans une opposition déloyale qu'il a maintenu à ce jour.

Récemment, il a mené l'Autorité Palestinienne sur un nouveau territoire constitutionnel en réclamant le pouvoir unilatéral d'appeler à de nouvelles élections. Sa Cour Suprême bourrée de membres du Fatah a récemment déclaré que les décisions prises par le CLP actuel étaient "nulles et non avenues".

Renforcé par un nouvel approvisionnement significatif en armes et en formation par les USA, M. Abbas semble dangereusement proche d'usurper la constitution palestinienne et la volonté du peuple en feignant d'être l'unique représentant légitime de l'Autorité Palestinienne.

En suivant cette voie, M. Abbas s'est rendu disponible pour les forces externes qui souhaitent le transformer en dernier corrupteur des élections libres et justes de janvier dernier.

L'objectif final de ces parties, Israel parmi les premiers, pourrait être de déclencher la guerre civile palestinienne et fractionner fatalement la solidarité nationale des Palestiniens, leur clef de survie.

Peut-être qu'à cet effet, le mythe qu'Israel n'a "aucun partenaire pour la paix" est transformé en un mythe qu'Israel "n'a qu'un seul partenaire pour la paix", un qui, dans les conditions actuelles, ne peut pas prétendre représenter les Palestiniens.


Source : http://electronicintifada.net/
Traduction : MG pour ISM


Mercredi 3 Janvier 2007

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