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ALTER INFO
Ogives nucléaires disparues : Trahison des ordres les plus élevés
Global Research, par Mahdi Darius Nazemroaya, le 29 octobre 2007 Les ogives nucléaires disparues du 29-30 août 2007 Selon un grand choix de reportages, plusieurs bombes nucléaires ont été « perdues » pendant 36 heures après qu'elles aient décollé le 29/30 août 2007 pour un voyage d'un bout à l'autre des États-Unis, de la base militaire de l'US Air Force de Minot dans le Dakota du Nord à la base militaire de l'US Air Force de Barksdale en Louisiane. [1] Selon certaines informations, au total six ogives nucléaires W80-1 armées sur des missiles de croisière AGM-129, auraient été « perdues. » [2] L'histoire a été signalée pour la première fois par le Military Times, après que des militaires aient laissé filtrer l'histoire. Il est également intéressant de noter que le 27 août 2007, quelques jours avant l'incident des missiles nucléaires « perdus », trois bombardiers B-52 effectuaient des missions spéciales sous mandat direct du général Moseley, chef d'état-major de l'US Air Force. [3] Il a été rapporté que l'exercice était une mission de collecte d'images et d'informations aériennes. La base de Minot est aussi le siège de la 91ème Space Wings [NDT : Une unité de missiles stratégiques], une unité sous le commandement de l'Air Force Space Command [NDT : Force Aérienne Spatiale des États-Unis ayant entre autre la responsabilité des missiles intercontinentaux à têtes nucléaires]. Selon les rapports officiels, les pilotes de l'US Air Force ne savaient pas qu'ils transportaient des armes de destruction massive. Une fois rendus en Louisiane, ils ont également laissé les armes nucléaires sans surveillance sur la piste d'atterrissage pendant plusieurs heures. [4] L'adjoint du Chef d'état-major de l'US Air Force pour les Opérations, les Plans et les Besoins, le Major Général Richard Y. Newton III a commenté l'incident en disant qu'il y avait eu une série « sans précédent » d'erreurs de procédure, qui ont révélé « l'effritement du respect des normes de manipulation des armes. » [5] Ces déclarations sont trompeuses. La sécurité relâchée ne résultait pas de négligence dans les procédures au sein de l'US Air Force, mais plutôt de la falsification délibérée de ces procédures. Si un soldat, un marine, un aviateur ou un matelot devait sortir un fusil et un chargeur, des armes de bien moindre importance par leur dangerosité et leur coût, il y a un processus strict de signatures et de rendu de compte impliquant une chaîne de commande et de la paperasserie. Cela fait partie de la série de contrôles et de mesures militaires utilisés par tous les services des forces armées US. Les militaires qualifiés pour parler de ce sujet confirmeraient qu'il y a une procédure rigoureuse relative à la manipulation des armes nucléaires. Il y a une chaîne de commande sévère et pratiquement inflexible en ce qui concerne la manipulation des armes nucléaires et ce n'est pas n'importe quel soldat, matelot, aviateur ou marine qui est autorisé à manipuler les armes nucléaires. Seuls les militaires spécialisés dans les procédures spécifiques de manutention et de chargement, sont autorisés à manipuler, à y avoir accès, et à charger les ogives nucléaires. Chaque membre du personnel qui déplace ou même qui touche ces armes doit signer un formulaire de suivi et de contrôle et il est entièrement responsable de leur mouvement. Il y a de bonnes raisons derrière toute cette paperasse à compléter pour déplacer ces armes. Les officiers qui ordonnent le déplacement des armes nucléaires, notamment les commandants des bases militaires, doivent également remplir les formulaires en question. Autrement dit, déménager sans autorisation des armes nucléaires serait pratiquement impossible à accomplir à moins que la chaîne de commande soit contournée, ce qui impliquerait dans ce cas la falsification délibérée des formulaires et du suivi des procédures. Les bombardiers stratégiques qui transportent des armes nucléaires ne peuvent pas non plus voler chargés avec leurs armes nucléaires sans l(autorisation des hauts responsables militaires et du commandant de la base. Le feu vert des hauts responsables militaires doit être transmis aux militaires qui chargent les armes nucléaires. Sans cette autorisation, aucun vol ne peut avoir lieu. Dans le cas des missiles nucléaires perdus, les ordres ont été donnés et l'autorisation de vol a été accordée. Une fois de plus, tout membre compétent et qualifié de l'US Air Force peut certifier que c'est la procédure régulière. Il y a deux importantes questions auxquelles il faut répondre concernant l'incident des missiles nucléaires « perdus » : 1. Qui a donné l'ordre d'armer les ogives thermonucléaires W80-1 sur des missiles de croisière AGM-129 ? De quel niveau de la hiérarchie militaire est originaire cet ordre ? Comment a été transmis l'ordre en bas de la chaîne de commande ? 2. Si ce n'était pas une erreur de procédure, qu'elle était l'objectif militaire ou politique sous-jacent poursuivi par ceux qui ont donné les ordres ? « Perdre » des armes nucléaires est impossible Comme l'a commenté Robert Stormer, ancien capitaine de corvette de l'US Navy : « Les reportages de presse ont initialement présenté l'erreur commise par l'US Air Force de transporter par voie aérienne des armes nucléaires au-dessus des États-Unis en violation aux ordres permanents de l'US Air Force et des traités internationaux, mais ils ont complètement omis les plus importantes questions telles que, pour commencer, comment ont pu s'échapper six missiles de croisière nucléaires ? » [6] Robert Stormer soulève aussi un point essentiel qui n'est pas précisément un secret: « Il y a une chaîne de garde stricte pour toutes ces armes. La manipulation des armes nucléaires est expliquée avec force détail dans les règlements de l'US Air Force, à l'honneur de ce service. Chaque personne qui ordonne le déplacement de ces armes, leur manipulation, qui brise les scellés ou déplace toute arme nucléaire, doit avoir l'approbation officielle aux fins du suivi. » [7] Robert Stormer poursuit : Deux spécialistes des munitions armées sont tenus de travailler en équipe en présence d'armes nucléaires. Toutes les personnes travaillant avec des armes nucléaires doivent satisfaire à des normes de sécurité très strictes et doivent avoir fait l'objet de vérifications sur leur loyauté (ce que est connu comme le Programme de fiabilité du personnel concernant les armes nucléaires ; directive 5210 42 du ministère de la Défense). Ils travaillent dans des zones restreintes en vue l'un de l'autre et sont constamment contrôlés. [8] Robert Stormer déballe cette totale dissimulation du Pentagone en faisant remarquer certains faits logiques et les procédures militaires. Premièrement, il dévoile que: « Toutes les forces de sécurité affectées [à la manipulation et à la protection des armes nucléaires] sont autorisées à utiliser la force meurtrière pour protéger les armes contre toute menace [incluant le vol]. » [9] Il a ensuite fait remarquer que la réalité physique ne peut être ignorée : « Personne ne peut déplacer rapidement un missile de croisière d'une tonne, ou en oublier six d'entre eux, comme le rapportent certaines informations, en particulier des missiles de croisière chargés avec des explosifs de haut niveau. » Il relève plus loin une autre réalité physique et procédurale sur l'assemblage des armes nucléaires : Les États-Unis ne doivent pas non plus transporter des armes nucléaires destinées à l'élimination attachées aux dispositifs de lancement sous les ailes d'un avion de combat. La procédure prévoit de séparer l'ogive du missile, d'enfermer l'ogive dans un caisson et de le transporter par avion cargo militaire vers un dépôt, et non vers une base de bombardiers opérationnels qui se trouve être justement une zone de transit [NDT : Barksdale] pour les opérations du Moyen Orient. [10] Ce dernier point soulève la question de la destination des armes nucléaires. Dans ce contexte, Robert Stomrer dresse une liste d'importantes questions pour lesquelles il demande une réponse : 1. Pour quelle raison, quel but a été avancé, des armes nucléaires ont été transportées à Barksdale ? 2. Combien de temps a-t-il fallu avant que l'erreur soit découverte ? 3. Combien de fautes et d'erreurs ont été commises, et combien sont nécessaires pour que cela se produise ? 4. Combien et quels protocoles de sécurité ont été négligés ? 5. Combien et quelles procédures de sécurité ont été court-circuitées ou ignorées ? 6. Combien d'autres inobservances dans les procédures de commande et contrôle y a-t-il eu ? 7. Qu'est-ce que le Congrès compte faire afin de mieux superviser le commandement et le contrôle nucléaire US ? 8. Comment apprécier cet incident face aux préoccupations sur la fiabilité du contrôle des armes nucléaires et du matériel nucléaire en Russie, au Pakistan et ailleurs ? 9. Est-ce que l'administration Bush a des plans pour attaquer l'Iran avec des armes nucléaires, comme certains bulletins d'informations le suggèrent ? C'est une question de perception; qui peut être « claire » ou « obscure », comme pourquoi les ogives nucléaires n'ont pas été préalablement retirées des missiles. Pour ceux qui ont examiné cette série d'événements « obscurs » il devient « clair » qu'un gouvernement criminel dirige les États-Unis. En aucune façon, six missiles nucléaires n'auraient pu être chargés « par erreur, » surtout quand les ogives séparées devait être apposées sur les missiles par du personnel spécialisé dans ce genre de fonction capitale. Il a aussi été prétendu que les équipes militaires des bases militaires de Minot et de Barksdale ont fait de grosses « erreurs de procédure. » Quelle est la probabilité pour que cela se produise simultanément en deux endroits ? Il est également intéressant de noter que les reportages originaux provenant de sources militaires disaient que seules cinq des six ogives nucléaires de Minot ont fait l'objet d'un compte-rendu à Barksdale. [11] Les ogives nucléaires sont également conservées dans des aires d'entreposage spécialisées ou dans des bunkers. De plus, les armes nucléaires n'ont pas été mises hors service à Barksdale. Le rôle du Programme de Sûreté des Armes Nucléaires : Qu'est-il arrivé à la surveillance électronique ? Le Programme de Sûreté des Armes Nucléaires est un programme commun aux ministères US de la Défense et de l'Énergie. L'Agence de Sécurité Nationale (NSA) est également impliquée ainsi que d'autres organismes du gouvernement fédéral. Le Programme de Sécurité du Système d'Armes Nucléaires fait partie de ce programme qui comprend un système de surveillance et de protection de l'arsenal nucléaire des États-Unis. Les Normes de Sécurité des Armes Nucléaires relèvent du Programme de Sûreté des Armes Nucléaires et sont en place afin d'interdire tout « accès non autorisé aux armes nucléaires ; prévenir leur endommagement ou leur sabotage ; empêcher d'en perdre la garde ; et éviter, le plus possible, la contamination radiologique causée par des actes non autorisés. » Au dessous de ces systèmes de protections, il existe aussi un contrôle rigoureux de l'usage du système qui est liée à la chaîne de commandement militaire et à la Maison Blanche. « Commande et Contrôle (C2) » et « Usage du Contrôle » L'« Usage du Contrôle » est un ensemble de mesures de sécurité destinées à empêcher l'accès non autorisé aux armes nucléaires. Ces mesures mêlent les caractéristiques de conception des armes, les procédures opérationnelles, la sécurité, et les règles de sûreté des systèmes. « Commande et Contrôle » ou « C2 » implique le Bureau du Président des États-Unis d'Amérique. C2 est une solide ligne de commande liée à la Maison Blanche. Sans elle, les armes nucléaires ne peuvent pas être déployées ou armées comme elles l'ont été à la base militaire de Minot. Ce sont ces deux éléments de contrôle qui instaurent la base de l'autorisation à travers laquelle « le contrôle absolu des armes nucléaires » est maintenu « à chaque instant. » En plus des contrôles et des contrepoids en place concernant la manipulation des armes nucléaires, l'Agence de Réduction des Risques de Défense (Defence Threat Reduction Agency) et ses partenaires inspectent et surveillent manuellement et électroniquement toutes les armes nucléaires US à travers les Systèmes d'Information sur l'État des Armes Nucléaires (Nuclear Weapon Status Information Systems). Autres questions sans réponse : Qu'est-il arrivé au Système de Suivi Informatisé ? Les Systèmes d'information de gestion nucléaire (Nuclear Management Information Systems) interfacent l'ensemble et fournissent (au ministère de la Défense), la capacité de repérer l'emplacement des armes nucléaires et de suivre les composantes du berceau au tombeau (depuis le moment où elles sont conçues jusqu'au moment où elles sont mises hors service). [12] Le Military Times a aussi fait une omission qui évente la fausseté du récit officiel et indique que cet événement n'était pas qu'une erreur : « Le ministère de la Défense utilise un programme informatique de suivi pour garder à l'œil chacune de ses ogives nucléaires, » a déclaré Hans Kristensen, directeur du Projet d'information Nucléaire de la Fédération des Scientifiques Américains. Chacune des six ogives montées sur le B-52 aurait dû être notée à sa sortie du bunker de stockage et à son convoyage vers le bombardier. [13] C'est à ce moment de la chaîne de commande que le jeu a pêché en ce qui concerne les officiers militaires. Si des armes nucléaires d'un stock inventorié sont déplacées vers un lieu autorisé, elles seront notées et suivies à la trace par l'Agence de Réduction des Risques de Défense ce qui exigera une autorisation appropriée. Il y a aussi l'implication d'un système de codes qui est lié à la chaîne de commande. Le fait que l'incident semble être devenu connu de l'US Air Force seulement au moment où le personnel militaire l'a signalé, suggère que, soit il a été ordonné de déplacer les armes nucléaires, soit les dispositifs de suivi électronique ont été enlevés ou trafiqués. Ce scénario nécessiterait l'implication du personnel possédant un savoir-faire dans l'électronique militaire, ou bien que les responsables de la surveillance des armes nucléaires aient regardé de l'autre côté, ou les deux. L'auteur : Mahdi Darius Nazemroaya est un auteur indépendant basé à Ottawa et spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient. Il est chercheur associé au Centre de recherches sur la mondialisation (Center for Research on Globalization). Notes [1] Sarah Baxter, US hits panic button as air force 'loses' nuclear missiles, The Times (U.K.) du 21 octobre 2007. [2] Les Nuclear Reactions Data Centres estimaient aussi que le stock de W80-1 comportait au total de 1.400 ogives restant en réserve de sécurité, associée à 900 ALCM stockés sans leur ogive. [3] Baxter, Op. cit. [4] John Andrew Prime, Barksdale bombers expand B-52 capabilities, The Sheveport Times du 27 août 2007. [5] Baxter, Op. cit. ; Le major général Newton est aussi chargé de formuler la politique de soutien aérien, spatiale, nucléaire, de contre prolifération, de la patrie, de la météo, des cyber opérations. En raison de son rôle d'homme clef de l'Air Forces concernant les questions du nucléaires et de la contre prolifération, il a été impliqué dans planification de la guerre en ce qui concerne l'Iran, les préparatifs pour les attaques israéliennes en Syrie, et la guerre israélienne contre le Liban en 2006. [6] Robert Stormer, Nuke transportation story has explosive implications, Fort Worth Star-Telegram du 8 octobre 2007. [7] Ibid. ; Pour aider à assurer une sécurité adéquate à bord des navires, TLAM-N est protégé par un système d'alarme de détection d'intrusion, qui indique une intrusion, à la fois visuellement et de manière audible, dans un poste habité en permanence capable d'envoyer une équipe de sécurité. [8] Ibid. [9] Ibid. [10] Ibid. [11] Michael Hoffman, B-52 mistakenly flies with nukes aboard, Military Times du 10 septembre 2007 ; des sources d'Associated Press ont aussi fait le même rapport. Military Times a simplement modifié son article et AP a retire son rapport sur la base d'une erreur factuelle. [12] Bureau de l'Inspecteur Général, ministère de la Défense US, Year 2000 Status of the Defense Threat Reduction Agency Nuclear Weapon Information Tracking Systems, Rapport N ° 99-235 (19 août 1999). [13] Michael Hoffman, Commander disciplined for nuclear mistake, Militarty Times du 7 septembre 2007.
(À SUIVRE) Original : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=7158
La traduction de cet article sera publiée en trois parties. À venir : Partie 2 : Morts mystérieuses à l'US Air Force : Maquillage et Dissimulation Partie 3 : Avant l'incident des missiles nucléaires perdus, les aviateurs de la base de Minot ont rencontré le Président et le Chef d'état-major de l'US Air Force | ||