Palestine occupée

Oeil pour oeil ...


Khaled Amayreh jette un regard sévère sur ce sixième congrès tant attendu, tant annoncé et tant controversé qui doit se réunir à Bethléem.
Khalid Amayreh - Al Ahram Weekly


Khalid Amayreh
Mardi 4 Août 2009

Rassemblement du Fatah à Ramallah, le 31 juillet 2009. Sur la bannière, côte à côte, un portrait de Mahmoud Abbas et Yasser Arafat. Sur les drapeaux en premier plan : des portraits de Marwan Barghouti, chef extrêmement populaire de la résistance pa
Rassemblement du Fatah à Ramallah, le 31 juillet 2009. Sur la bannière, côte à côte, un portrait de Mahmoud Abbas et Yasser Arafat. Sur les drapeaux en premier plan : des portraits de Marwan Barghouti, chef extrêmement populaire de la résistance pa

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne (AP) et chef du Fatah, a décidé de tenir le congrès le 4 août dans les territoires palestiniens occupés, malgré les sérieuses objections formulées par certains dirigeants importants du Fatah tels que le Secrétaire général du Comité central Farouk Kaddoumi. Toutefois, alors que les obstacles logistiques et autres entravant l’organisation du congrès ont été largement surmontés, les conditions de son succès demeurent incertaines.

Ce congrès sera le plus important de l’histoire du Fatah et devrait constituer un événement décisif qui déterminera la forme et le discours politique du principal mouvement politique palestinien pour de nombreuses années. En outre, l’issue du congrès aura un impact sur le processus politique avec Israël actuellement dans l’impasse.

Le congrès verra l’élection d’un nouveau leadership du Fatah, ce qui signifie que certains visages actuels du mouvement, hauts responsables inclus, seront soit réélus soit rejetés par les votes. De nouveaux visages seront mis en avant, ce qui pourrait avoir d’importantes ramifications sur le processus de paix, le conflit avec le Hamas et les troubles internes au Fatah.

Il n’empêche que plusieurs graves points d’interrogation planent sur le lieu du congrès. Par exemple : le Hamas autorisera-t-il pas moins de 400 dirigeants du Fatah de la Bande de Gaza à partir pour Bethléem ? Et si le Hamas les autorise effectivement à sortir, Israël leur garantira-t-il l’entrée en Cisjordanie ?

Cette semaine, les organisateurs de la conférence ont reçu de mauvaises nouvelles de Gaza. Mahmoud Al-Zahhar, dirigeant du Hamas, a dit au cours d’un sermon que les autorités islamiques à Gaza n’autoriseraient les délégués du Fatah à sortir que si le gouvernement de l’AP dominé par le Fatah à Ramallah acceptait de libérer tous les détenus politiques affiliés au Hamas et de fournir à Gaza des passeports, longtemps refusés aux Gazaouis en représailles à l’expulsion violente par le Hamas de milices du Fatah à l’été 2007. « Bonne action pour bonne action, et mauvaise action pour mauvaise action » a dit Al-Zahhar, s’adressant à des milliers de fidèles dans une mosquée du centre de Gaza.

Les 400 délégués du Fatah de Gaza représentent un poids numérique important dont la présence ou l’absence aura un impact fort sur les délibérations et sur l’issue du congrès.

En outre, on suppose généralement que beaucoup de ces délégués sont loyaux au camp Abbas. On peut donc affirmer sans risque qu’Abbas et ses alliés, en particulier l’ancien homme fort Mohammed Dahlan, seront près de perdre au cas où le Hamas persiste à refuser d’autoriser les délégués du Fatah à quitter.

Dans cette optique, le leadership du Fatah a demandé à l’Egypte de faire pression sur le Hamas pour qu’il autorise les délégués du Fatah à partir. Néanmoins il est peu probable que le Hamas fera des concessions gratuites au Fatah, spécialement avec quelque 900 partisans du Hamas toujours emprisonnés dans les geôles de l’AP. Certains détenus auraient été soumis à de graves tortures physiques et psychologiques, comme en a témoigné un journaliste de Kalkilya libéré de sa prison de l’AP le 26 juillet dernier, après cinq mois de détention sur l’accusation d’affiliation au Hamas.

En début de semaine, un ancien détenu du Hamas qui avait passé plusieurs mois dans les prisons de l’AP à Hébron, a été déclaré « cliniquement mort » au Centre Médical Roi Hussein à Amman. Kamal Tiema (45), a été libéré de sa détention AP il y a près de deux mois, après un grave infarctus qui serait la conséquence de tortures.

Certains responsables du Fatah sont restés défiants, mettant le Hamas en garde sur le fait que son « intransigeance » aurait de graves conséquences sur le dialogue Hamas-Fatah. Mais d’autres s’interrogent sur le sens de tenir le sixième congrès en l’absence des délégués Fatah de Gaza.

Outre le facteur Hamas, le succès de la conférence repose aussi sur l’arrivée en Cisjordanie et la participation au congrès de centaines de délégués du Fatah venus de la diaspora.

Jusqu’à présent, seul un éminent dirigeant du Fatah est arrivé en Cisjordanie pour le congrès. Il s’agit d’Abou Maher Ghoneim, souvent cité comme successeur possible de Mahmoud Abbas.

Trente autres délégués se préparaient à quitter Amman pour la Cisjordanie dans les prochains jours. Toutefois il n’est toujours pas certain qu’Israël les autorise tous à entrer en Cisjordanie. Mais des dizaines voire quelques centaines d’autres délégués sont susceptibles de boycotter le congrès ou d’être interdits d’entrée en Cisjordanie par Israël.

Ensuite il y a le facteur Kaddoumi, qui pourrait peser lourd sur le congrès. Début juillet, celui-ci a lancé une bombe au cours d’une conférence de presse improvisée à Amman, disant qu’il était en possession d’un document authentique montrant qu’Abbas et Dahlan étaient impliqués dans un complot israélien visant à empoisonner le défunt dirigeant palestinien Yasser Arafat.

Abbas et Dahlan ont dédaigné ces révélations, accusant Kaddoumi de chercher à faire avorter le prochain congrès de Bethléem. Il n’empêche que les effets directs et secondaires de la bombe de Kaddoumi ne se sont pas encore dissipés, puisqu’un certain nombre de dirigeants du Fatah exigent qu’une « enquête sérieuse » sur les allégations de Kaddoumi soit réalisée par un « organisme neutre et crédible ». Une telle investigation en soi équivaudrait à un vote de défiance envers Abbas, qui ne permettra sans doute pas qu’elle ait lieu.

Selon des sources palestiniennes fiables, Kaddoumi a exprimé sa bonne volonté de conciliation avec Abbas si le chef de l’AP accepte de limoger Dahlan, de dissoudre le gouvernement de Salam Fayyad soutenu par les Etats-Unis et de mettre un terme à la campagne de quasi inquisition contre les dirigeants et les militants du Hamas en Cisjordanie.

De telles conditions ont peu de chances d’être acceptées par Abbas car ce faisant les relations de l’AP seraient sérieusement détériorées avec les USA, dont le soutien vital pour Abbas est directement lié à sa position anti-Hamas.

La question la plus conflictuelle dans le congrès de Bethléem est sans doute le processus de paix moribond avec Israël. Les leaders du Fatah sont déjà occupés à sanctionner les dirigeants de l’AP pour avoir été trop longtemps trompés par la duplicité et la corruption israéliennes, pendant qu’Israël accapare toujours plus de terres palestiniennes et construit toujours plus de colonies juives en territoire occupé.

Les observateurs palestiniens prédisent qu’il sera difficile à Abbas de vendre aux délégués, parmi lesquels beaucoup d’ex-prisonniers des geôles israéliennes, une « vision modérée » pour la paix, tout spécialement à la lumière de l’hostilité rancunière et de l’extrémisme agressif manifestés par le gouvernement israélien actuel.

Les observateurs attendent également la réaffirmation des constantes nationales palestiniennes de jadis : le retrait israélien total de Cisjordanie, y compris de Jérusalem-Est, et une solution juste à la détresse des réfugiés conformément à la Résolution 149 de l’ONU.


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ligne-notes
2009 - Al Ahram Weekly - Cet article peut être consulté ici :
http://weekly.ahram.org.eg/2009/958...
Traduction de l’anglais : Marie Meert
http://www.info-palestine.net/


Mardi 4 Août 2009


Commentaires

1.Posté par goula le 05/08/2009 12:00 | Alerter
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pff, Abbas et Yasser ont toujours ete opposes dans cette histoire de palestine

abbas est bete !

il n est chef de rien du tout, ni du fatah, ni de l AP

tout cela n est que supercherie

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