Conflits et guerres actuelles

Obama et la réforme de la guerre


Robert Gates, le secrétaire à la défense qui est passé de l’administration Bush à celle d’Obama, a annoncé une «profonde réforme» de la dépense militaire étasunienne. Il ne s’agit pas d’épargne : le président a demandé, pour l’année fiscale 2009, 83 milliards de dollars de plus pour les guerres en Irak et Afghanistan et, en 2010, le budget du Pentagone dépassera les 670 milliards.

Par Manlio Dinucci


Mercredi 15 Avril 2009

Obama et la réforme de la guerre
Il s’agit de mieux utiliser ce colossal débours d’argent public qui, avec d’autres postes à caractère militaire, se monte à environ un quart du budget fédéral. La réforme, explique Gates, consiste à redimensionner les programmes des plus grands systèmes d’armement et accroître les fonds pour la guerre de «contre-insurrection».

Les «leçons apprises en Irak et Afghanistan» ont montré qu’il faut des véhicules militaires plus résistants contre les mines et les engins explosifs improvisés. Des fonds conséquents seront donc destinés à leur réalisation. Mais ceci n’est qu’une partie du programme Future Combat Systems, destiné à augmenter les capacités des brigades de combat : les soldats seront de plus en plus intégrés dans un réseau de haute technologie, avec communications satellitaires et véhicules téléguidés.

Seront par contre redimensionnés des programmes comme celui du chasseur F-22 Raptor de la firme Lockheed Martin, conçu pour des scénarios de guerre froide, qui s’arrêtera à 187 exemplaires (de 140 millions de dollars pièce). Lockheed, en compensation, recevra de plus gros fonds pour le chasseur F-35 Lightning II (Joint Strike Fighter), plus adapté à la «contre-insurrection» (il y a même une version à décollage court ou vertical pour les marines).
Soupir de soulagement pour les actionnaires des sociétés italiennes (Avio, Piaggio, Galileo avionica, Oto Melara et autres) qui construiront les ailes des chasseurs et les assembleront.


Le Pentagone compte surtout sur les Uav (véhicules aériens sans équipage), télécommandés : en particulier le Predator («prédateur») et le Reaper («broyeur» de vie humaines, évidemment). La raison en est fournie par Gates : ces avions, déjà utilisés en Irak, Afghanistan et Pakistan, ont commencé à remplacer, dans certaines missions, ceux avec équipage à bord. Les avantages sont multiples : plus grand rayon d’action (3.500 miles pour le Reaper contre 500 pour le F-16), coût moins grand, (une unité de 4 avions, 55 millions de dollars) et, surtout, aucun risque pour l’équipage (un pilote et un technicien aux détecteurs).

Celui-ci est confortablement assis à une console dans une base aux Etats-Unis, à 12 milles kilomètres de distance. Le Predator a comme fonction première de repérer les objectifs à toucher, qui sont ensuite signalés aux pilotes des chasseurs, mais il est aussi armé de deux missiles Hellfire («feu de l’enfer»). Le Reaper a une fonction première de hunter/killer (chasseur/tueur) : il transporte une charge guerrière de plus d’une tonne et demie, composée de missiles, et bombes à commandes laser et satellitaire.

Souvent, les mêmes opérateurs qui sont à la console «volent» le matin sur l’Irak, puis sur l’Afghanistan ou le Pakistan après le lunch. Et, quand ils ont lancé quelques missiles sur de présumés «terroristes» en faisant éventuellement quelques massacres de civils, ils rentrent à la maison où les attend leur famille.


Tuer en manipulant avec un joystick un avion qui est à 12 milles kilomètres de distance est la dernière limite des technologies guerrières, sur lesquelles est fondée la réforme du Pentagone.

De gros investissements permettront de potentialiser non seulement les Uav de l’aéronautique, qui sont actuellement au nombre de 200 environ pour les Predator et 30 pour les Reaper ; mais aussi tout le système des drones militaires, y compris les véhicules terrestres téléguidés, qui sont passés de 170 en 2001 à 5.500. Ils serviront à mener la guerre de «contre-insurrection», que les stratèges définissent «à basse intensité».
 
 
 
Source : http://www.ilmanifesto.it/
Traduction : Marie-Ange Patrizio


ism-france.org









Mercredi 15 Avril 2009


Commentaires

1.Posté par Yaghmoracene le 15/04/2009 22:54 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Israël et le rêve d’Obama

Le Président américain Barack Obama a appelé au cours de sa visite à Prague à un monde exempt d’armes nucléaires. C’est le rêve de l’Humanité, après la prolifération des armes nucléaires entre les mains de forces aussi extrémistes qu’Israël.

A savoir que le Président Hosni Moubarak avait appelé à faire du Proche- Orient une région exempte d’armes nucléaires, reconnaissant leur danger sur les peuples. Et de mettre en garde contre la course au nucléaire qui avale les aspirations des peuples dans le développement et le progrès.

Est-ce que le Président peut entamer ses tentatives de dénucléarisation par le Proche-Orient? Est-ce qu’il pourrait demander à l’AIEA d’effectuer des inspections sur les bâtiments nucléaires israéliens, en prenant les mesures adéquates? Est-ce que le rêve d’Obama va se briser aux portes d’Israël?"

Dans ses premières déclarations après sa nomination au poste de ministre des Affaires étrangères israélien, Lieberman a assuré qu’Israël n’est pas engagé à respecter les accords conclus antérieurement. Il a également refusé de reconnaître la conférence d’Annapolis. Dans 20 minutes, il a détaillé sa vision quant au règlement politique au Proche-Orient. C’est ce qui a poussé l’ex-ministre des Affaires étrangères et chef du parti de Kadima à dire : "Lieberman a fait perdre en 20 minutes ce qu’Israël a fait pendant 20 ans".

Ces déclarations démontrent que Lieberman n’a pas changé. On a dit qu’il a changé après être parvenu au pouvoir. On a dit qu’il a changé ses idées et ses positions.

En s’abstenant de commenter les déclarations de Lieberman, Netanyahou a prouvé qu’il n’a pas changé. On disait que cet homme est devenu plus astucieux et expérimenté, après avoir dépassé la soixantaine. Son premier mandat de Premier ministre date de plus de 13 ans. A l’époque, il avait 47 ans. Il est évident que Lieberman et Netanyahou gardent les mêmes visions. Evoquer tout changement se serait de simples chimères. Un groupe de Juifs américains a pris l’initiative de se déplacer pour démettre Lieberman de ses fonctions et le remplacer par un autre ministre des Affaires étrangères.

Car, certains groupes croient en la nécessité d’un règlement politique avec les Palestiniens, afin d’établir un Etat palestinien indépendant et viable. D’autres ne l’approuvent pas, mais ils pensent toutefois que Lieberman dévoile le vrai visage d’Israël. Tandis que les Israéliens exploitent les divisions palestiniennes pour évoquer l’absence d’un partenaire palestinien. Or, le discours de Lieberman ouvre les yeux du monde sur l’extrémisme israélien. Extrémisme qui acquiert une importance majeure à l’issue des agressions israéliennes contre la bande de Gaza. Outre la commission d’enquête sur les crimes perpétrés par les forces israéliennes contre les Palestiniens de Gaza.

L’arrivée du ministre des Affaires étrangères israélien Lieberman au pouvoir offre une occasion propice aux Palestiniens pour rallier leurs rangs et dévoiler la vérité sur Israël.


Nouveau commentaire :

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires