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Obama à l'Iran, des carottes sans bâtons, de quoi lancer le dialogue


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Tout a été préparé minutieusement dans ce discours de nouveaux débuts, après une rupture de trois décennies.
Timing, symbolisme, traduction sous-titrée, reconnaissance, aveux, avantages et enfin proposition; tels sont les ingrédients du discours du président américain barak Obama qui a osé ce que les cinq précédents occupants de la Maison blanche ont refusé: en finir avec l'état d'animosité avec Téhéran.
Mais le plus important est qu'il ait choisi de faire cette démarche en personne, sans intérim, sans médiateur. Le président de la super puissance mondiale s'adressant à toute l'Iran.


Samedi 21 Mars 2009

Obama à l'Iran, des carottes sans bâtons, de quoi lancer le dialogue

Leila Mazboudi

Pour Obama le choix du temps a été bien travaillé: à la veille du Nourouz, fête durant laquelle les Iraniens célèbrent le nouvel an avec l'avènement du printemps. Le symbolisme saisonnier a d'ailleurs été bien retenu : "En cette saison qui est celle des nouveaux commencements, je voudrais parler clairement aux dirigeants iraniens", a-t-il dit.
La traduction en farsi, le persan, n'est pas non plus fortuite: question d'atteindre toutes les couches de la société iranienne certes. Mais c'est surtout marquer beaucoup de respect que de s'adresser à un peuple dans sa langue. Le peuple iranien est connu pour être sensible à cette courtoisie.

Et puis le ton aussi a été bien choisi, amical, loin de celui des prédécesseurs d'Obama qui prenaient des grands airs de chefs de grande puissance quand ils parlaient aux Iraniens, allant parfos jusqu'à parler en leur nom.
Et enfin il y a surtout le choix des mots et des thèmes, marquant un tournant de taille dans le langage de cette superpuissance à l'égard de ce pays longtemps satanisé.
Il s'y adresse d'abord à tous les Iraniens, sans distinction, " au peuple et aux dirigeants de la république islamique". C'est une première. Son prédécesseur, Georges bush, ne s'adressait qu'au peuple iranien, signe de dénigrement des dirigeants, et du régime banni depuis la révolution de 1979.
Le message d'Obama constitue une reconnaissance de la république islamique.
Celle-ci est suivie d'aveux successifs: celui "d'admettre de graves divergences qui se sont amplifiées avec le temps".

Le suivant, dissimulé derrière une double promesse, celles d'œuvrer loin de la menace, et d'utiliser "une diplomatie qui traite la totalité des problèmes", rappelle les menaces et mises en gardes américaines qui ont été proférées contre Téhéran, en plus des diplomaties sélectives.
Le comment de cet engagement cache aussi un autre aveu: étant déterminé à " rechercher un dialogue honnête et fondé sur le respect mutuel", Obama laisse deviner que c'est le contraire qui était de vigueur. Les Iraniens s'en étaient plaints souvent.
Dans son mot, Obama semble avoir opté pour proposer le maximum à l'Iran: oublier le passé, en surmontant "trente ans de conflit", et mettre fin à la politique d'isolement exercés par les pays occidentaux contre l'Iran: par "des relations constructives avec les Etats Unis et la communauté international", et celle exercée par les pays de la région " … vous et tous vos voisins et le monde en général vivez dans une sécurité et une paix plus grande"... et être réinséré dans la communauté internationale "Les Etats-Unis veulent que la République islamique d'Iran prenne la place qui lui revient dans la communauté des nations".
En plus du politique, Obama propose de mettre fin aux sanctions infligées contre elle, faisant miroiter "de plus grandes chances de partenariat et de commerce".
Après avoir exposé ces carottes juteuses, Obama expose sa requête, la présentant non sans minutie sous le terme "responsabilité", et utilisant un ton persuasif: "Vous aussi, vous avez un choix à faire, on ne peut obtenir cette place par la terreur ni par les armes, mais par les agissements pacifiques qui démontrent la véritable grandeur du peuple et de la civilisation iraniennes".
La demande ne trompe personne: c'est bien le soutien aux mouvements de résistance au Moyen Orient qui est visé, et plus particulièrement au Hezbollah et au Hamas.
Celle-là même que ses prédécesseurs exigeaient sans cesse.
À la différence qu'Obama s'est efforcé d'éviter le langage des bâtons, (il faut croire qu'il s'est avéré vain), se contentant de promettre des carottes.
C'est peut-être là que se situe le changement de la politique américaine. ce qui permet sans doute de lancer le dialogue.

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Samedi 21 Mars 2009


Commentaires

1.Posté par napooiseau le 21/03/2009 11:57 | Alerter
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Inch Allah, on vera la suite.

2.Posté par Magreof le 21/03/2009 14:15 | Alerter
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M Obama n'a pas l'air de comprendre. Il doit aussi dialoguer avec le Liban et la Palestine. Et non demander à l'Iran de joindre l'Israël contre ces populations.

Il doit aussi retirer son armée de l'Irak et d'Afghanistan. Cesser de pousser le Pakistan à la guerre civile et à la division. Cesser de diviser l'Irak, etc...


3.Posté par al le 22/03/2009 21:50 | Alerter
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Obama est très gentil. Alors soit il se comporte en homme juste et honnête et dans ce cas, il coupe toute relation et l' aide financière à l'entité sioniste israel, rapatrie les soldats américains de l'occupation en irak et en afghanistan, proclame la reconnaissance du hamas comme élu démocratiquement par le peuple palestinien et s'occupe sincèrement de son pays ou sa population croupie dans la misère, le désarroi et la violence, vote des lois reconnaissants définitivement l'égalité de tous les citoyens américains indiens, noirs, hispaniques et autres et reconnait le génocide des indiens d'amérique. Enfin efface les dettes des pays africains étranglés par le système corrompu et criminel du FMI, de la BM et de l'OMS, indemnise tous les vietnamiens et les japonais pour les crimes et les bombardements commis sur ces peuples, interdit le véto à l'ONU afin que nulle résolution ne soit bloquée.............vaste programme. Et ensuite on pourra croire ces criminels qui se succèdent depuis la création de ce pays qui génocide à travers le monde.

Alors Barak quand tu feras cela en évitant les premières balles des assassins sionistes et racistes blancs de ton pays, tu viendras nous raconter tes salades.

J'attends avec la volonté de Dieu la chute des Etats Unis d'Amérique et de tous ses criminels.
Et après cela, il ose proposer une confiance, des choses, de la coopération........ foutaise.
S'il avait eu l'occasion de rayer l'iran de la carte à travers les irakiens et les dix années de guerre, ils l'auraient fait ces crapules.

Vive l'iran libre et digne sans la coopération et le commerce pourri des USA et de leurs complices européens.

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