Diplomatie et relation internationale

Obama N' A Pas Réussi A Obtenir Du Roi Abdullah D'Arabie Saoudite Des "Gestes" En Faveur D'Israël


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Début Juin, une visite passée sous silence par les médias occidentaux rivés au "discours historique" d'Obama adressé au monde musulman au Caire, et à ses visites en Allemagne et en France. En Arabie Saoudite, c'est une véritable douche froide qu'a reçu Obama.


Myriam Abraham
Mardi 21 Juillet 2009

Pour consoler Obama, Abdullah lui offre une médaille - Photo CopyrightKevin Lamarque/Reuters
Pour consoler Obama, Abdullah lui offre une médaille - Photo CopyrightKevin Lamarque/Reuters
Les relations US Arabie Saoudite, supposées être perpétuellement au beau fixe, ont connu quelques avatars lors de la récente visite du Président Obama à Riyadh le 3 Juin dernier. Le roi Abdullah l'a reçu dans son ranch dans la banlieue de la capitale saoudienne. Selon deux responsables américains, parlant sous couvert d'anonymat, cités dans un article du 1707/09 du site www.foreignpolicy.com (une branche internet du WashingtonPost Newsweek Interactive) l'un s'étant rendu récemment là bas et l'autre actuellement en mission sur place, la rencontre ne s'est pas bien passée , tout du moins pas comme Obama l'aurait souhaité.

Obama espérait persuader le roi Abdullah d'être prêt à faire des gestes envers Israël, en échange de quoi ce dernier, sous la "pression" de Washington suspendrait la construction dans les colonies, afin de faire avancer le processus de paix régionale et la création d'un état palestinien.

Selon ce responsable US, " plus le temps passait plus la rencontre saoudienne devenait un évènement dilué". " C'est la première fois que le Président Obama, comme sénateur, candidat ou président, en utilisant son pouvoir personnel de persuasion, n'a pu pratiquement rien obtenir, aucun geste." Pourtant, Obama avait changé son agenda initial pour faire cette visite extrêmement importante pour lui à Riyadh.

Selon des hauts responsables saoudiens appartenant à l'équipe de sécurité nationale, la visite du président Obama a été mal préparée et selon eux "il venait demander de grandes faveurs sans aucune préparation " mais "les Saoudiens n'offrent jamais rien de "grand" dans une telle situation."

Dennis Ross, un proche conseiller sioniste d'Obama, nommé récemment par ce dernier à un poste de direction du NSC ( National Security Council) pour la "Region Centrale" ( incluant le Moyen Orient et AfPak) a dit à des collègues qu'Obama était " trés dépité" après la rencontre " car il n'a rien obtenu de celle-ci". Apparemment le roi Abdullah se serait lancé dans une tirade très critique contre Israël, pas du tout enclin à faire le moindre geste et dévier de la proposition saoudienne faite en 2002 pour un accord de paix avec le régime sioniste : retrait de tous les territoires occupés en 1967, partage de Jérusalem, et une solution négociée pour les réfugiés palestiniens.

La Maison Blanche a cherché à minimiser l'échec de l'entrevue Obama-Abdullah d'Arabie Saoudite, en disant que n'avait participé à la rencontre, outre les deux principaux intéressés, que seulement deux fonctionnaires des deux côtés, et que seuls ceux qui y étaient connaissent le contenu de ce qui s'est dit, allant même jusqu'à accuser quiconque parlait d'échec de raconter des histoires. La Maison Blanche a affirmé que l'objectif principal s'était de continuer à construire une relation et non pas de revenir avec en main des "offres" saoudiennes.

N'empêche, l'un des présidents américains les plus charmeurs et les plus doués en matière de rhétorique est rentré bredouille à la Maison Blanche.

Selon F. Gregory Gause, un expert sur l'Arabie Saoudite et le Golfe Persique de l' Université du Vermont US la démarche d'Obama peut se résumer ainsi :

" Il fait pression sur les Israéliens, mais il veut montrer qu'en faisant pression sur eux cela rapproche aussi les Arabes" d'une paix avec Israël. " Il veut que les Saoudiens fassent quelques gestes pour que ce soit plus facile pour les Israéliens de stopper la construction des colonies".

Il continue en disant à propos des Saoudiens : " ils ne sont pas intéressés... leur ligne de conduite est la suivante : nous avons déjà fait cela et n'avons rien obtenu en retour. Nous avons fait cela en 2002 avec le plan de paix d'Abdullah et l'avons renouvelé en 2007, et nous avons obtenu de tous les membres de la Ligue Arabe de le signer. Maintenant pourquoi faire plus ? Nous avons fait tout cela et n'avons rien obtenu en retour".

Obama essaie également de lier les progrès dans le conflit israélo palestinien et la question du programme nucléaire iranien, en espérant des pays arabes dits "modérés", si des progrès sont faits d'un côté, qu'ils puissent se montrer plus conciliants à l'égard du durcissement de la politique américaine vis à vis de Téhéran, voire même qu'ils adoptent une "neutralité bienveillante" si Israël décidait d'attaquer l'Iran. Une grossière erreur d'appréciation semble -t-il.

Selon Chas Freeman, un ancien ambassadeur US en Arabie Saoudite, " côté américain, Washington a sans arrêt mal compris ou a été déconcerté par les Saoudiens sur des problèmes liant l'Iran et Israël. La notion que d'une façon ou d'une autre les Saoudiens fermeront les yeux sur une attaque israélienne contre l'Iran est un mauvais calcul". Il a également dit que l'idée que si les Israéliens suspendent la construction des colonies "cela amènera certains gestes des Arabes" est une idée que Riyadh rejette."Ils ont parcouru ce chemin encore et encore avec Madrid et Oslo". L'initiative de paix arabe de 2002 est prudemment cadrée, et selon lui " si les Israéliens et Palestiniens trouvent une solution acceptable pour les deux parties... alors la récompense sera une totale normalisation des relations entre le monde arabe et Israël". Mais, toujours selon Freeman, Riyadh le voit comme un "bonus" et "non pas quelque chose sur lequel on marchande". C'est à prendre ou à laisser.

Obama semble s'être fait des illusions sur ses capacités à convaincre le monde Arabo Musulman en général et le roi Abdullah d'Arabie Saoudite en particulier, de faire des "gestes" en faveur d'Israël, alors que le gouvernement Netanyahou sur le terrain continue et amplifie la colonisation, affirme qu'en ce qui concerne le statut de Jérusalem, il n'y a rien à discuter, et que les Sionistes peuvent s'installer partout où ils le souhaitent en Cisjordanie, allant même, comble de l'arrogance cynique sioniste, jusqu'à dire que ce serait discriminatoire voire raciste de les en empêcher.

Illusions, ou complicité pour maintenir le statut quo favorable à la colonisation en accéléré de la Palestine par Israël, avec qui les Etats Unis entretiennent depuis des décennies une "relation d'amitié particulière" au point de subventionner ce 51ème état à coups de milliards de $ tout en refusant d'accorder une aide financière à l'état de Californie en faillite.

http://www.planetenonviolence.org http://www.planetenonviolence.org



Mardi 21 Juillet 2009


Commentaires

1.Posté par Alexandre le 21/07/2009 20:32 | Alerter
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Une propagande mensongère. Obama n’a pas besoin de demander des gestes du Roi Abdullah D'Arabie Saoudite en faveur de l’entité sioniste. Il est esclave des sionistes.

2.Posté par fadi le 21/07/2009 21:46 | Alerter
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il faut comprendre par ce texte que de nouvelles concessions et gros cadeaux seront donnés à israel,depuis quand ce roi maudit refuse à ces maitres americains,lui qui ne sait même pas ni lire ni ecrire,il n'y a qu'a l'entendre parler,ça donne envie de vomir.

3.Posté par franck le 22/07/2009 13:31 | Alerter
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Pitoyable et risible article de propagande qui ne serait trompé la plupart des lecteurs d'alterinfo. Tout le monde sait parfaitement que l'entité sioniste et les monarchies du Golfe entretiennent d'intenses liens économiques, politiques, militaires et stratégiques.
L'antisionisme saoudien est de façade et a pour vocation de tromper les masses musulmanes lobotomisées.
L'arabie saoudite est terrorisée par l'idée que les Sunnites puissent s'inspirer de la révolution iranienne afin de se débarrasser de leur gouvernement corrompu au service de l'entité sioniste. Quand on voit l'efficacité des mouvement armés s'inspirant du modèle iranien (le Hezbollah chiite et le Hamas sunnite) on comprend mieux les raisons de cette inquiétude....

4.Posté par Le Kabyle le 22/07/2009 15:38 | Alerter
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Pure propagande !Les saoudiens caniches des Usionistes savent que s'ils franchissent le seuil de la normalisation avec l'entité criminelle sioniste ,là ils apparaitront définitivement comme traîtres aux yeux des gens naïfs et lobotomisés qui croient le contraire.

5.Posté par Souad le 22/07/2009 16:00 | Alerter
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Cet article ne peut pas sauver le régime traître saoudien, et Abdullah.
Car il n’y a personne qui oublie le frais de la guerre d’entité sioniste contre Hezbollah en 2006 et contre Hamas en 2009 payé par le régime corrompu saoudien.

6.Posté par BELH le 22/07/2009 16:23 | Alerter
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Mais le plus important, personne n'a oublié l'installation de bases militaires US, dans les lieux saints en 1991, de plus pour attaquer l'Irak, un pays musulmans, pour moi les gérants de ces lieux saints ne sont même pas musulmans, puisqu'il est dit qu'ils formeront une coalition et s'inviteront aux festins pour vous dévorer.

7.Posté par FABE37520 le 23/07/2009 16:03 | Alerter
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Je pense que vous simplifier trop les choses a mon avis

8.Posté par FABE37520 le 27/07/2009 09:55 | Alerter
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Et il m’apparaît utile ici, de rappeler les propos de Camille Bitterman, alors Président du Conseil Britannique en 1907 qui, lors de l’inauguration des travaux d’une Commission gouvernementale chargée de plancher sur le sujet de la pérennisation de l’Empire, déclara ceci :

""Les empires se forment, s’agrandissent et se stabilisent un tant soit peu, avant de se désagréger et de disparaître….Avons-nous un moyen d’empêcher cette chute, cet effondrement ? Nous est-il possible de freiner le destin du colonialisme européen actuellement à son point critique ? En fait, l’Europe est devenue un vieux continent aux ressources épuisées et aux intérêts émoussés, alors que le reste du monde encore en pleine jeunesse, aspire à plus de science, d’organisation et de bonheur…."" (Camille Bitterman, Président du Conseil Britannique - Londres 1907) ("Le conflit israélo-arabe" in – Numéro Spécial de la Revue Les Temps Moderne n°253 Bis, page 225 - Juin 1967).

En réponse à cette question qui exprimait clairement les craintes des impérialistes britanniques quant à leur avenir, la Commission élabora un important rapport. Celui-ci soulignait

""la nécessité de lutter contre l’union des masses populaires dans la région arabe ou l’établissement de tout lien intellectuel, spirituel ou historique entre elles"" (ibid) - et préconisait – ""la recherche de tous les moyens pratiques pour les diviser autant que possible"".(ibid). Comme moyen d’y parvenir, le rapport suggérait : ""L’édification d’une barrière humaine puissante et étrangère à la région – pont reliant l’Asie à l’Afrique – de façon à créer dans cette partie du monde, à proximité du canal de Suez, une force amie de l’impérialisme et hostile aux habitants de la région."" (ibid)

Plus tard, à l’issue de la deuxième Guerre Mondiale, c’est Winston Churchill, apôtre de l’impérialisme britannique – qui venait de passer le témoin aux Etats-Unis -, en déclarant de son coté :

""Si nous avions la chance d’assister de notre vivant à la naissance d’un Etat juif, non seulement en Palestine, mais sur les deux rives du Jourdain, nous verrions se produire un évènement absolument conforme aux intérêts réels de l’Empire."" (ibid)

C’est assez dire combien les origines historiques et les motivations géostratégiques impérialistes qui ont présidé à l’implantation de l’Etat sioniste greffon d’Israël, en territoire arabe de Palestine, sont d’essence éminemment impérialiste.

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