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Obama N'A Pas L'Intention De Mettre Fin A l'Occupation De L'Irak


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...Quiconque a pris le temps de faire abstraction de la rhétorique de la campagne de Barak Obama sur le "changement" et mettre "fin" à la guerre en Irak a eu tôt fait de réaliser que l'actuel président élu n'avait aucun plan hormis celui de réduire le nombre de soldats et de réorganiser l'occupation. Alors qu'il mettait l'accent sur son engagement à retirer les "troupes de combat" d'Irak dans les 16 mois à venir (ce qui peut ou non se faire) il a toujours dit qu'il avait l'intention de conserver des "forces résiduelles" sur place dans le futur proche...


Dimanche 7 Décembre 2008

Obama N'A Pas L'Intention De Mettre Fin A l'Occupation De L'Irak
Le New York Times rapporte une "évolution apparente" de la pensée du président élu Barak Obama sur l'Irak, citant ses récentes déclarations sur son plan de garder des "forces résiduelles" dans le pays et son engagement à "écouter les recommandations de mes commandants" alors qu'Obama se prépare à assumer le commandement des forces armées US.

Le Times rapporte qu' "au Pentagone et dans les quartiers généraux militaires en Irak, la réponse aux déclarations de la semaine dernière d'Obama et de son équipe nationale de sécurité cela a été un "soupir de soulagement", selon le Times. "Les mots ont résonné pour eux comme un signe que le nouveau président aurait une approche modérée concernant le nombre de troupes stationnées "

La réalité c'est qu'il n'y a pas "d'évolution".

Quiconque a pris le temps de dépasser la rhétorique de la campagne de Barak Obama sur le "changement" et mettre "fin" à la guerre en Irak a eu tôt fait de réaliser que l'actuel président élu n'avait aucun plan hormis celui de réduire le nombre de soldats et de réorganiser l'occupation. Alors qu'il mettait l'accent sur son engagement à retirer les "forces de combat" d'Irak dans les 16 mois à venir (ce qui peut ou non se passer) il a toujours dit qu'il avait l'intention de conserver des "forces résiduelles" sur place dans le futur proche.

C'est un choix sémantique interessant . "Résiduels" se définit comme " la quantité qui reste à la fin d'un processus". Cela veut dire qu'Obama après avoir complété le plan de "retrait", laissera des troupes en Irak. Quelque soit la façon dont Obama choisit de qualifier ces troupes restant en Irak, le fait est qu'elles seront des forces d'occupation.

En annonçant cette semaine les nominations pour son équipe à la Sécurité Nationale, il a réaffirmé sa position : " j'ai dit que je retirerai les forces de combat d'Irak dans les 16 mois à venir, en tenant compte du fait qu'il pourrait être nécessaire - qu'il sera probablement nécessaire" - de laisser une force résiduelle pour fournir éventuellement formation, soutien logistique, pour protéger nos civils en Irak." Alors que certains ont interprété cela comme une réaffirmation de son engagement de campagne électorale, ce n'est pas le cas. Ce qui est nouveau, c'est que certaines personnes semblent seulement maintenant prendre conscience du fait qu'Obama n'a jamais eu de plan raisonné pour mettre complètement fin à l'occupation d'Irak.

Plus recemment on trouve dans le New York Times :

"lors de sa campagne électorale, le Sénateur Barak Obama a offert un engagment qui a électrifié sa base libérale, jurant de "mettre fin" à la guerre d'Irak," écrivait le reporter, Thom Shaner, jeudi. "Mais alors qu'il se rapproche de la Maison Blanche, le président élu Obama laisse encore plus clairement entendre que des dizaines de milliers de soldats américains resteront en Irak, même s'il peut tenir sa promesse de campagne de retirer toutes les forces combattantes dans les 16 mois à venir".

Depuis de nombreux mois, c'est particulièrement évident que le plan d'Obama est en contradiction avec sa rhétorique de campagne. Pourtant Shanker écrit : " à ce jour, il n'y a pas eu de critique significative de la gauche anti guerre au sein du parti Démocrate sur la perspective qu'Obama maintienne des dizaines de milliers de soldats en Irak au minimum pour plusieurs années à venir." Effectivement, le Times est en droit de faire cette remarque, dans le sens littéral. Il n'y a pratiquement pas eu, s'il y en a eu, de voix s'élevant publiquement concernant ce plan d'Obama de forces résiduelles pour l'Irak de la part de membres de son propre parti, dont ceux qui se décrivent eux mêmes comme "anti guerre".

Mais, pour ceux qui ont scruté les plans d'Obama et les déclarations de ses conseillers dés le début, c'est de l'information ancienne. Obama n'a pas défini le fait de "mettre fin à la guerre" comme voulant dire retirer toutes les troupes US d'Irak. Mis à part les avis de ses conseillers les plus proches - un grand nombre étant des faucons pro guerre - le plan d'Obama pour l'Irak est basé sur deux sources principales : les recommandations du rapport du "Groupe d'Etude d'Irak" dit Baker -Hamilton, et la loi de dépense supplémentaire pour l'Irak de 2007 qui a été présentée comme le plan de retrait Démocrate. Les deux envisageaient une présence soutenue des forces US pour une période indéfinie suite à un "retrait".

En soutenant la loi de dépense supplementaire de 2007, Obama a dit que cela plaçait les US " à une signature de la fin de la guerre d'Irak." La loi aurait permis de redéployer les troupes US dans les 180 jours. Mais la legislation, à laquelle Bush a opposé son veto, prévoyait de laisser entre 20 000 et 60 000 soldats en Irak comme "formateurs" 'forces de contre terrorisme" ou pour "la protection de l'ambassade et des diplomates" selon une analyse faite par l'Institut d'Etudes des Politiques. La loi ne mentionnait pas combien de "sous traitants privés" pourraient rester en Irak. Cela permet d'éclairer ce qu'Obama voulait dire par "mettre fin à la guerre en Irak".

D'autres indications probantes de la véritable nature du plan d'Obama pour l'Irak pour quiconque prête attention peuvent être trouver dans les commentaires publics de ses conseillers, particulièrement sur la taille des troupes qu'Obama pourrait laisser en Irak après que le "retrait" soit achevé. Obama a refusé de parler chiffres disant en Octobre : " j'ai essayé de ne pas mettre un chiffre dessus". C'est la position adoptée par nombres de ses fidèles aides. " Nous ne l'avons pas chiffrer. Cela dépend des circonstances sur le terrain. " a dit lors de la campagne Susan Rice, qui a été nommée ambassadrice US à l'ONU. "Ce serait pire que fou, dangereux, de fixer un chiffre précis concernant les forces résiduelles".

Mais, Richard Danzig, l'ancien secrétaire à la Marine de Clinton qui pourrait bientôt succéder à Robert Gates comme Secrétaire à la Défense d'Obama, a dit pendant la campagne que les "forces résiduelles" pouraient se chiffer jusqu'à 55 000 soldats. Cela n'inclut pas Blackwater et d'autres mercenaires et des forces privées, le camp d'Obama déclarant que le président élu " n'exclut pas de les utiliser". Actuellement il y a plus de mercenaires en Irak que de soldats, ce qui est d'autant plus inquiétant quand on etudie le plan d'Obama pour l'Irak.

En Avril, on a révélé que le coordinateur du groupe de travail sur l'Irak d'Obama, Colin Kahl, était l'auteur d'un document intitulé " Stay on success : a Policy of Conditional Engagement" (Maintenir le Succés : Une Politique d'Engagement Conditionné" ) recommandant que " les US devraient viser une transition avec une position de surpervision soutenue (de peut être 60 000 à 80 000 troupes) d'ici à la fin 2010, ( les agendas spécifiques devant être sujets à négociations et conditions sur le terrain)". Kahl a essayé de mettre de la distance entre les points de vue exprimés dans ce document et la position de la campagne officielle d'Obama, mais ils étaient et sont constants.

En Mars, la conseillère d'Obama, Samantha Power, a révélé le pot aux roses auprès de certaines personnes quand elle a décrit l'agenda de son candidat portant sur le retrait dans 16 mois des troupes de "combat", comme étant le cas du " meilleur scénario". Power a dit "qu'Il ne s'appuierait pas bien sûr sur un quelconque plan établi en tant que candidat à la présidentielle ou comme sénateur US" ( Après cette remarque et après avoir fait référence à la Sénatrice Hillary Clinton comme étant un "monstre", Power a démissionné de la campagne. Maintenant qu'Obama est président élu, le nom de Power a de nouveau fait surface comme membre de son équipe de transition).

Le New York Times a aussi soulevé la perspective qu'Obama puisse manipuler les mots pour définir son plan de retrait dans 16 mois, observant que "les planificateurs du Pentagone disent que c'est possible que l'objectif d'Obama puisse être en partie accompli en renommant certaines unités, de sorte que celles qui sont actuellement comptées comme troupes de combat pouraient être " re-missionnées" leurs activités définies comme entraînement et soutien aux irakiens".

Comparez tout ce qui est mentionné ci dessus et une déclaration d'Obama a faite en juillet : " j'ai l'intention de mettre fin à la guerre. Lors de mon premier jour de prise de fonction je réunirai les chefs d'état major conjoint, et je leur donnerai une nouvelle mission, et cela sera de mettre fin à la guerre- de façon responsable, délibérée, mais fermement".

Certains pourront actuellement accusé Obama de faire volte face. En réalité, nous devons comprendre ce que les mots "fin" "guerre" "résiduel" et "fermement" veulent dire quand nous entendons Obama les prononcer.

Jeremy Scahill, journaliste independant international, écrit pour The Nation, et participe aux émissions de radio et TV de Democracy Now. Article paru sur le site www.antiwar.com le 06/12/08.

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org



Dimanche 7 Décembre 2008


Commentaires

1.Posté par blackhole le 08/12/2008 11:20 | Alerter
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Le slogan d'Obama: "Change, we can"
Il n'a pas dit si c'était en mieux...ou en pire

Il suffit de regarder l'équipe mise en place à ses côtés pour se rendre compte...

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