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ONU : qui doit s'asseoir autour de la "grande table"?


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La question de la réforme du Conseil de sécurité, organe majeur de la communauté mondiale, mais aussi le plus conservateur, a commencé à être examinée le 19 février au siège de l'ONU, sur les bords de l'Hudson. L'idée de "moderniser" l'ONU a été approuvée par l'Assemblée générale, lors de sa précédente session, la 62e, à la majorité des voix. Pour l'instant, seules les questions de procédure figurent à l'ordre du jour : les modalités du travail de la session, ainsi que des points généraux des discussions - composition, droit de veto, représentation régionale, rapports entre le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale. Toutes ces questions sont présentées de manière vague.


Mercredi 25 Février 2009

ONU : qui doit s'asseoir autour de la "grande table"?
Par Andrei Fediachine, RIA Novosti



Si une majorité des voix a pu être obtenue lors de la 62e session en faveur de la réforme, cela ne signifie nullement que cela puisse se rééditer au cours de la 63e ou dans un avenir prévisible. Il faudrait, pour ce faire, quelque chose de plus important que le nombre de voix. En effet, la réforme du Conseil de sécurité implique automatiquement celle de la Charte, ce qui nécessite non seulement les deux tiers des voix à l'Assemblée générale, mais aussi l'accord unanime des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Précisons tout de suite qu'aucun membre permanent n'envisage de partager avec qui que ce soit son droit de veto.

Bref, pour réaliser la réforme, il faut que 192 pays membres de l'ONU se mettent d'accord sur un "détail", que résume la question suivante : "Au fait, que voulez-vous?" Pour obtenir une réponse à cette question, et que cette réponse recueille une majorité de voix et que soient surmontés tous les vetos au Conseil de sécurité, un miracle doit se produire.

Certes, l'ONU doit être réformée. Cette organisation, dont les principes et la structure sont vieux de 60 ans, est au plus haut point anachronique, quoi que puissent dire les diplomates, selon lesquels l'ONU progresse pour s'adapter aux besoins du 21e siècle. Les déclarations sur la réforme de l'ONU et la nécessité de revoir sa Charte resurgissent régulièrement lors des assemblées, dans les couloirs et au cours des cocktails diplomatiques. Mais il s'agit là plutôt d'une tradition consistant à tenir des propos sérieux au cours de ces soirées pour masquer le vide ambiant.

Peut-on réellement parler de changements et de progression graduelle, alors que seulement deux réformes importantes ont eu lieu depuis la fondation de l'Organisation des Nations Unies? Le Conseil de sécurité n'a été réformé qu'une fois, en 1965. Le nombre de ses membres non permanents (sans droit de veto) élus pour deux ans avait alors été porté de 6 à 10. Dans la foulée, la majorité nécessaire pour adopter les résolutions du Conseil de sécurité était passée de 7 à 9 voix. Le Conseil économique et social a été réformé deux fois : le nombre de pays participants a été augmenté. Mais ces réformes ne peuvent certainement pas être qualifiées de radicales.

Tous les Secrétaires généraux de l'ONU engagent habituellement leur réforme. Mais le Secrétaire général de l'ONU étant, en fait, le diplomate le plus malheureux du monde, car il est entouré des ambassadeurs des pays membres permanents du Conseil de sécurité et d'autres diplomates réputés qui ne respectent son opinion que par politesse, ces réformes engagées sont considérées, même à l'ONU, comme des "jeux de coquillages". Elles ne concernent que des remaniements, des compressions anodines de personnel et quelques innovations insignifiantes au niveau de la direction.

Personne ne dit à l'ONU qu'il "ne veut pas de réformes". Tout le monde les souhaite. Mais les diplomates de l'ONU ont le don d'émettre des réserves. Bien entendu, ces réserves ne sont pas aussi nombreuses, mais leur nombre est suffisamment élevé pour qu'elles constituent un casse-tête.

Quand un groupe de pays fait des propositions de réforme, des contre-propositions sont immédiatement soumises au Secrétariat de l'ONU par un "camp opposé". Ce fut le cas, par exemple, en 2005, lorsque le Brésil, l'Allemagne, l'Inde et le Japon entamèrent les procédures actuelles en vue de réformer le Conseil de sécurité. Ces pays furent immédiatement qualifiés au sein de l'ONU de "Groupe des quatre", ou G4.

Le G4 propose (proposition toujours en vigueur) d'accroître le nombre des membres permanents de 6 pays, et celui des membres non permanents de 4. Autrement dit, la composition du Conseil de sécurité doit s'élargir. Il compte actuellement 15 pays : cinq membres permanents ayant le droit de veto (Grande-Bretagne, Russie, Chine, Etats-Unis et France) et 10 membres non permanents élus pour deux ans. Naturellement, le G4 a inclus les pays qui le composent, ainsi que deux Etats africains, parmi les nouveaux membres permanents.

Une proposition alternative (elle aussi toujours en vigueur) a été soumise presque simultanément par le Pakistan, qui vit dans un antagonisme permanent avec l'Inde, l'Argentine, vieux rival du Brésil, ainsi que par l'Italie et l'Espagne, qui ne veulent pas de Berlin parmi les membres permanents du Conseil de sécurité. Ils sont soutenus par le Kenya, mécontent que le G4 propose pour le Conseil de sécurité non pas sa candidature, mais celle de l'Afrique du Sud.

Des sous-groupes des principaux groupes politiques de partisans des réformes se forment déjà, comme toujours, à l'ONU. Ainsi, en mars dernier, l'Allemagne a demandé à Chypre de présenter une proposition "commune" sur la réforme du Conseil de sécurité. Un projet de compromis prévoit d'élargir la composition du Conseil de sécurité en portant le nombre de ses membres de 15, actuellement, à 22. La résolution germano-grecque accorde 2 sièges à l'Afrique, 2 à l'Asie et propose que les pays d'Amérique latine et des Caraïbes, d'Europe de l'Est et de l'Ouest reçoivent un siège chacun. La question des pouvoirs des nouveaux membres reste en suspens : on ignore si certains d'entre eux deviendront membres permanents, avec droit de veto, ou non.

Les diplomates les plus radicaux de l'ONU proposent de réformer fondamentalement cette organisation. Les représentants de ce camp radical - ce sont, pour l'essentiel, certains pays d'Amérique latine et d'Afrique - proposent de moderniser l'ONU de fond en comble, de faire en sorte que les résolutions de l'Assemblée générale, et non pas celles du Conseil de sécurité (comme c'est le cas actuellement), soient obligatoires pour tous les membres de cette organisation internationale. Mais c'est trop.

La Russie soutient la réforme, ce qui a déjà été maintes fois déclaré par ses représentants, mais elle propose qu'elle soit réalisée avec précaution : tout élargissement du Conseil de sécurité doit être effectué dans des limites raisonnables, le vote sur la réforme du Conseil de sécurité ne devant diviser ni le Conseil de sécurité, ni l'ONU elle-même. En fait, quelles que soient la nouvelle configuration et la nouvelle composition du Conseil de sécurité, ces changements ne seraient pas avantageux pour Moscou. Pas plus, il est vrai, que pour les Etats-Unis, la Chine et, dans une moindre mesure, la France et la Grande-Bretagne. Depuis longtemps, on n'aime pas les "5 grands" à l'ONU.

Bref, le processus a débuté et pourrait s'étaler sur de longs mois.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.


Mercredi 25 Février 2009


Commentaires

1.Posté par mimoun le 26/02/2009 00:24 | Alerter
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DABORD IL DEVRAIENT COMMENCER PAR LA CLAUSE SUIVANTE
TOUT ETAT QUI NE RESPECTE PAS UNE RESOLUTION VOTER A SON ENCOTRE DOIT ETRE EXCLUE IMMEDIATEMENT
ISRAEL CELA 60 ANS QUI NE RESPECTE QUE LA RESOLUTION QUI LES A CREER ET RIEN POUR CELLES LES CONTRAIGNANTS A RESPECTER LE DROITS DES PALESTINIENS

2.Posté par platon le 26/02/2009 00:33 | Alerter
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Israel est au dessus de l'onu, c est un pays elu constitué des gens elu eux aussi et qui sont destineés a etre les rois de la terre, l'onu c est bon pour affamer les irakiens sous couvert de punir saddam ou autre pitrerie

3.Posté par stef13 le 26/02/2009 06:20 | Alerter
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dans le jeu civilisation,,,,

onu:
organisation permettant de mener des actions de guerre en les qualifiants d'action humanitaire une fois sur deux ,,,,

pas si cons les jeux

4.Posté par knossos le 26/02/2009 09:02 | Alerter
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Instrument aux mains des Usionistes,c'est tout.

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