Téhéran est disposé à examiner les initiatives des six pays médiateurs dans le règlement du problème nucléaire, à condition qu'ils prennent en compte les propositions iraniennes, annoncé lundi Mohammad Ali Hosseini, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
"L'Iran est prêt disposé à négocier l'offre de coopération des Six (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU - la Russie, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Chine plus l'Allemagne, ndlr) s'ils tiennent compte des initiatives de Téhéran sur le règlement des problèmes mondiaux", a déclaré M. Hosseini.
Selon lui, l'Iran et l'Europe possèdent un potentiel favorable en vue du règlement des questions de stabilité et de sécurité internationales. "Ces pourparlers présentent une bonne possibilité de lancer d'une telle coopération", a conclu le diplomate.
Un nouveau paquet d'initiatives des Six destinées à inciter l'Iran à renoncer à l'enrichissement d'uranium a été remis le 14 juin dernier aux autorités iraniennes par le haut représentant de l'UE pour la politique extérieure et de sécurité commune Javier Solana. Téhéran a déclaré qu'il étudierait les initiatives en question et donnerait sa réponse "au moment opportun".
Les mesures sont notamment destinées à reconnaître le droit de l'Iran de développer la recherche, la production et l'utilisation de l'énergie nucléaire dans des buts pacifiques, conformément au traité de non-prolifération (TNP). Elles envisagent également d'épauler Téhéran dans la construction de réacteurs à eau légère et de normaliser les relations économiques de l'Iran avec le reste du monde, en évoquant une possible adhésion du pays à l'OMC.
Les Etats-Unis et certains autres pays reprochent à l'Iran de chercher à mettre au point l'arme nucléaire. Téhéran rejette ces accusations, affirmant que ses recherches ont pour seul but de satisfaire les besoins du pays en électricité.
Ces trois dernières années, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté trois résolutions - 1737 (décembre 2006), 1746 (mars 2007) et 1803 (mars 2008) - sanctionnant l'Iran pour son refus d'établir un moratoire sur l'enrichissement d'uranium et d'abandonner son programme balistique. Les autorités iraniennes ont qualifié ces documents d'illégitimes et ont refusé d'en accomplir les dispositions.