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Nouvelle fermeture de site par PSA-Citroën, toute l’hypocrisie du gouvernement et de Sarkozy

Fillon "Homme de l’année" du secteur automobile ? Pour le patronat, avec votre argent, mais contre les salariés !



Olivier Bonnet
Mercredi 5 Mai 2010

Nouvelle fermeture de site par PSA-Citroën, toute l’hypocrisie du gouvernement et de Sarkozy
La bonne blague ! Le 22 avril dernier, le Premier ministre François Fillon a été couronné par le Journal de l’automobile en tant qu’ "Homme de l’année 2009". Qu’a-t-il fait pour mériter l’honneur ? "Admirateur des sports mécaniques, il a surtout œuvré à la relance de l’industrie automobile en début d’année 2009 lorsque l’Etat français y a investi plus de six milliards d’euros", explique le Parti de la décroissance sur Oulala.net. Coïncidence du calendrier, une semaine plus tôt, Le Point annonçait : "PSA Peugeot Citroën va fermer d’ici 2012 son site de gestion de pièces détachées de Melun-Sénart en Seine-et-Marne qui emploie près de 398 personnes". Et le 20 avril, Le Parisien citait le délégué CGT Jean-Pierre Mathieu : "On ne va pas se laisser enterrer vivant. Ce qui se passe à Melun, c’est dégueulasse. La direction a touché l’argent de l’Etat et met 400 personnes à la rue". "Trois milliards d’euros de prêt de l’Etat début 2009 au titre de l’aide au secteur automobile en difficulté en temps de crise", précise le journal. Renault a touché pareil. Il faut ajouter à cela "une prime à la casse de 1 000 euros pour inciter au remplacement des véhicules anciens" et "un soutien au crédit automobile à hauteur de 1 milliard d’euros", comme le récapitule le site Toute l’Europe. Une aide au bénéfice de l’emploi ? Pas sûr ! Déjà, le 16 mars 2009, la CGT faisait les comptes, dénombrant 4900 emplois supprimés par Renault et 3550 par PSA, et accusait : "Alors que les grands constructeurs continuent à servir des dividendes à leurs actionnaires et perçoivent les aides de l’Etat dans le cadre du plan de soutien, ils suppriment des milliers d’emplois en commençant par les intérimaires qui, fort nombreux dans ce secteur, ont constitué une sorte de tampon amortisseur. A ces milliers d’emplois supprimés, il convient d’ajouter des semaines entières de chômage technique. Par ailleurs, dans la filière, les sous-traitants petits ou gros et les équipementiers font les frais des stratégies des grands donneurs d’ordre." Suit une litanie d’entreprises ayant supprimé quelque 7000 emplois supplémentaires.

Problème : au moment d’octroyer l’aide mirifique de l’Etat, Sarkozy et la clique gouvernementale avaient mis en avant des garanties pour l’emploi : "A l’issue de la rencontre avec les responsables de la filière automobile le 9 février, rappelle L’Expansion, Nicolas Sarkozy avait déclaré : "Renault et PSA ont pris un engagement, je dis aux Français très important, de ne fermer aucun de leurs sites pendant la durée de ces prêts". Mais dans le communiqué du constructeur, il n’est plus question de "site" mais bien d’"usine". "Encore faudrait-il que tout le monde s’entende sur la définition d’usine", fait remarquer Franck Don (délégué syndical central de la CFTC, NdA). Ce ne serait pas la première fois que le constructeur joue sur cette ambiguïté. Début 2010, un site de production de suspensions pour les Citroën C6 et C5 situé à Asnières (Hauts-de-Seine) a été fermé au terme d’une baisse continue de son volume d’activité. Le constructeur avait expliqué que le site était "un atelier, rattaché au site de Saint-Ouen", et non une usine." Le Point rappelle également ce précédent et ajoute : "Pour Melun-Sénart, "PSA va jouer sur les mots et mettre en avant le fait que ce n’est pas un site de production", estime Philippe Portier", délégué CFDT central. Hypocrisie et mensonge : "En novembre 2009, le président du directoire du groupe Philippe Varin avait déclaré qu’il n’y avait "aucun projet de plan de restructuration, ni de nouveau plan de départs chez PSA". Face à ce scandaleux reniement de la direction de PSA, que fait le gouvernement ? Il vole à son secours ! "PSA va jouer sur les mots et mettre en avant le fait que ce n’est pas un site de production", prédisait donc notre syndicaliste ci-dessus. Mais cette même fourberie est utilisée jusqu’au plus haut niveau ! "Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a souligné, mercredi 14 avril, que la fermeture du site de PSA à Melun-Sénart ne contrevient pas au plan de soutien à l’automobile, rapporte Le Monde. Le plan de sauvetage du secteur face à la crise avait "un certain nombre de contreparties" dont "la non-fermeture d’usines de production", or à Melun-Sénart (Seine-et-Marne) "il ne s’agit pas d’un site de production mais d’un site de logistique, fi(ll)onde pièces détachées", a expliqué M. Chatel sur Canal +." Pour résumer, malgré les belles paroles de Sarkozy et consorts, les constructeurs, qui ont touché plus de six milliards d’euros d’aide publique, continuent comme si de rien n’était à supprimer des emplois, avec la bénédiction des Tartuffe UMPistes. Alors François Fillon, "Homme de l’année" pour l’automobile ? Pour son patronat, à n’en pas douter. Avec votre argent. Mais contre ses salariés !
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P.-S.

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Mercredi 5 Mai 2010


Commentaires

1.Posté par juste le 05/05/2010 19:16 | Alerter
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je n ose même pas évoquer le taux de chaumage d ici le départ du nabot .il me semble que nous allons faire des pointes a laisser sur le carreau les plus coriaces aux alentours des 20 pour cent, mais vous savez on choisit pas nos parents ,en ce qui concerne le choix de nos dirigeants on sait qui blâmer .

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