Géopolitique et stratégie

Nouveau rapport GEC-BERCI-IPSOS : une jonglerie intellectuelle pour justifier la contestation des résultats de la présidentielle du 30 décembre


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Samy BOSONGO
Dimanche 30 Décembre 2018

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Nouveau rapport GEC-BERCI-IPSOS : une jonglerie intellectuelle pour justifier la contestation des résultats de la présidentielle du 30 décembre
Bénéficiant d’un relai médiatique hors commun de la part de tous ceux qu’on connaît comme étant pro-opposition à l’intérieur comme à l’extérieur de la RDC, un nouveau rapport GEC-BERCI-IPSOS circule sur le net depuis le vendredi 28 décembre 2018. Sur le site du Group d’étude sur le Congo(GEC), il porte le titre intrigant d’«Un électorat inquiet (qui) demande le changement » et se révèle être un recueil de toutes les intox et impostures diffusées contre le Front commun pour le Congo(FCC) par la coalition Lamuka.
Outre que ce rapport étonne et intrigue par son caractère impromptu à quelques heures de la date des élections qui est le 30 décembre, les résultats de ce rapport, qui est une suite logique du fiasco de toutes les stratégies utilisées pour bloquer la tenue des élections afin d’engager la RDC dans la voie d’une transition sans Joseph Kabila à la magistrature suprême, répond plus au besoin d’alimenter la contestation des vrais résultats du scrutin présidentiel que va publier la centrale électorale les 5 et 15 janvier 2019. Conséquence directe et compréhensible de la prise de conscience dans le camp de la coalition instrumentalisée Lamuka de l’évidence du fiasco électoral subodoré de Martin Fayulu. Alors, puisqu’il ne faut pas facilement lâcher le morceau, autant tenter quelque chose sur lequel s’appuyer pour tailler de la besogne au camp FCC et contraindre le camp victorieux aux négociations ou au dialogue en vue d’un partage du pouvoir ou carrément de la mise en place d’un modus vivendi en faveur des marionnettes des lobbies miniers occidentaux.
Ce rapport sert aussi, ainsi que l’on a déjà vu sur le net, à déclarer illégitime Emmanuel Ramazani Shadary s’il est proclamé vainqueur du scrutin présidentiel. En effet, dans un posting sur les réseaux sociaux sur des propos attribués à Herman Cohen, ancien monsieur Afrique de l’ex-administration américaine, il est déjà dit que compte tenu du rapport GEC-BERCI-IPSOS, Shadary serait illégitime s’il est déclaré vainqueur de la présidentielle du 30 décembre». Nos efforts pour accéder aux détails des propos de Cohen sur le site cité n’ont rien produit.
La taille des échantillons et les méthodes sont sujettes à débat
Il n’est pas scientifique d’étendre sur tout l’électorat congolais, constitué de plus quarante millions d’électeurs, les conclusions tirées d’un petit échantillon (variant 902 et 1196 Congolais selon les structures de sondage impliquées, même pas le 1% de cet électorat), surtout quand on ne sait même pas comment ses éléments ont été choisis. A-t-on choisi plus des Congolais pro-opposition ? A-t-on tenu compte du niveau intellectuel des Congolais interrogés ? Voilà quelques unes des questions auxquelles le rapport GEC-BERCI-IPSOS n’a pas apporté des réponses.
Les méthodes utilisées n’offrent pas la possibilité d’investigation à ceux qui voudraient se livrer au même exercice pour s’assurer du sérieux, de la fiabilité ou de la neutralité de ce rapport. A-t-on les preuves matérielles des réponses des Congolais interrogés pour produire ce rapport ? Comment accéder à ces preuves ? Rien n’a été dit dans ce sens dans ce rapport.
Les révélations du rapport
Elles sont telles qu’elles reprennent juste tout ce que l’opposition essaye de faire avaler aux Congolais. Il est facile de comprendre que le rapport a fait dire aux Congolais fictifs ce que disent les opposants et leurs soutiens déployés sur le net et les médias classiques. A propos, par exemple, de la violence après élections, on sait que ceux qui se livrent à la violence sont les partisans des opposants et que ce sont ceux-ci qui lancent des appels au trouble, exploitant des moindres faits dont ils embrouillent l’intelligence, ainsi qu’on l’a vu dans le cas de l’ajournement partiel des élections dans Beni, Butembo et Yumbi.
Les pourcentages donnés à Fayulu et à Tshisekedi sont nettement supérieurs à ceux octroyés par les différentes structures citées dans le rapport. Ces structures ont voulu démontré que de toutes les façons tous les deux candidats géants de l’opposition l’emporteront sur Shadary à qui elles n’ont pas voulu donné la moindre chance de victoire pour conforter toutes les affirmations que les opposants avancent déjà sur les résultats du scrutin présidentiel. Pourquoi n’avoir même pas donné la victoire à Félix Tshisekedi ? On voit bien le penchant exclusif envers Fayulu.
Un penchant qui nous pousse à nous intéresser à la neutralité des personnes présidant les structures qui ont produit ce rapport factice. Olivier Kamitatu, par exemple, est le responsable de BERCI et tout le monde sait qu’il est le patron de la communication de Moïse Katumbi qui, aux côtés de Jean-Pierre Bemba, sont les leaders de Lamuka qui soutient la candidature de Martin Fayulu. Ce rapport n’est, en définitive, qu’une jonglerie intellectuelle des soutiens de Fayulu qui ont voulu artificiellement lui donner un poids politique qu’il n’a pas pour alimenter, le moment venu, la contestation de vrais résultats électoraux s’ils ne donnent pas vainqueur Martin Fayulu.
Samy BOSONGO, Journaliste poète-essayiste, +243811530303


Dimanche 30 Décembre 2018


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