Société

Nous sommes les « mauvaises herbes » visées par l’herbicide Roundup de Monsanto



William Engdahl
Samedi 7 Novembre 2015

Ce n’est pas parce que tu es paranoïaque qu'ils n’ont pas l’intention de te tuer. » Cette observation pourrait faire allusion à Monsanto et son herbicide le plus couramment utilisé, le Roundup sous brevet mondial, un herbicide systémique à base de glyphosate. Plus tôt cette année, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l'OMS a déclaré probablement cancérigène pour l'homme le glyphosate. Des études scientifiques ont confirmé cela. Une nouvelle étude scientifique révisée par des pairs, couvrant les deux ans de la durée d’une vie de rat, démontre désormais clairement que la consommation de quantités même infimes de Roundup ou d'autres herbicides à base de glyphosate, aboutit à de graves dommages au foie et aux reins et, dans certains cas, à la mort prématurée.
 

    Là-bas, à Bruxelles, les bien intentionnés bureaucrates anonymes de la Commission supranationale de l'UE, refusent même de considérer sérieusement pareilles études et mettent « sous le sceau du secret » un rapport gouvernemental allemand concernant ce qui s’est tramé en janvier, car il montrerait sans doute l’empreinte des sales pattes de Monsanto. Tout cela ne fait que démontrer une fois de plus la conspiration criminelle de Monsanto, principal pourvoyeur d’OGM à utiliser des mythes, des mensonges et toute sorte de falsifications scientifiques, pour enfoncer ses poisons dans la gorge des êtres humains et dans celle des animaux de boucherie.
 

Nouvelle étude choquante

 

    Le 25 août, la revue scientifique internationale Environmental Health, a publié les conclusions évaluées par des pairs de l’étude de deux ans de l’équipe dirigée par Michael N. Antoniou du Department of Medical and Molecular Genetics du King College de Londres. Cette étude a été conçue en collaboration avec le professeur Gilles-Éric Séralini de l'Institut de Biologie de l'université de Caen, en France.
 

    Sous conditions strictes, différents groupes de rats ont reçu des micro-dilutions de concentrations de glyphosate et d’adjuvants du Roundup. La dose de glyphosate équivalente à du Roundup administrée dans cette étude était moitié moindre de celle permise dans l'eau potable dans l'UE et en Australie, et 14.000 fois plus faible que celle permise dans l'eau potable aux USA.
 

    De plus, la quantité de glyphosate équivalente à du Roundup consommée quotidiennement par les animaux était plusieurs milliers de fois inférieure aux limites de sécurité réglementaires pour le glyphosate seul dans toutes les régions du monde.
 

    Cette étude est la plus approfondie et la seule connue pour sa durée, sur les effets toxiques potentiels des herbicides à base de glyphosate comme le Roundup de Monsanto, bien que le Roundup au glyphosate ait été découvert par Monsanto en 1970.
 

    Les herbicides à base de glyphosate comme le Roundup, sont les principaux pesticides utilisés dans le monde entier et sont actuellement appliqués sur au moins 24% de l’ensemble des terres cultivées dans le monde. Ils sont aussi largement utilisés pour l’environnement domestique et urbain. Leurs résidus sont régulièrement détectés dans les denrées alimentaires et l'eau potable contaminée par la pluie, les eaux de ruissellement et s’infiltrant dans les nappes phréatiques. Bref, ils sont quasiment partout.
 

    Ce que les scientifiques ont découvert devrait déclencher la sonnette d'alarme dans le monde entier. Avez-vous entendu même seulement un tintement de grelot jusqu'ici ?
 

    Ils ont découvert que les animaux mâles souffrent de pathologie au foie et de lésions rénales qui entraînent l’élévation du taux de mortalité précoce. De plus, une importante altération de la tendance de la fonction génétique a été découverte à la fois dans le foie et les reins des rats du groupe sous Roundup par rapport au groupe témoin. Les altérations de la fonction génétique s’accompagnaient de fibrose (cicatrisation), nécrose (tissu mort), phospholipidose (métabolisme des graisses perturbé) et de dommages aux mitochondries (centres de la respiration cellulaires).
 

    Je tiens à souligner la gravité de ce qu’Antoniou et ses collègues ont décrit. Le foie est un organe vital. Il a environ 500 fonctions, dont la désintoxication de divers métabolites, la synthèse des protéines, et la production des produits biochimiques nécessaires à la digestion. Cet organe joue un rôle majeur dans le métabolisme. Il régule une ribambelle de réactions essentielles, dont la synthèse et la dégradation de petites molécules complexes qui sont nécessaires pour les fonctions vitales ordinaires. Bref, le foie coopère avec quasiment tous les organes du corps et est vital pour la survie.
 

    Et il nous faut aussi être clair sur le rôle d'un autre organe endommagé par le glyphosate, les reins. Ils sont essentiels pour éliminer de l'organisme les déchets du métabolisme. Les reins sont essentiels pour le système urinaire et aussi pour la régulation des électrolytes, le maintien de l'équilibre acido-basique, et la régulation de la pression artérielle par le maintien de l'équilibre du sel et de l'eau. Filtres naturels du sang, ils éliminent les déchets solubles dans l'eau qui sont détournés vers la vessie. Quand les deux reins et le foie sont sérieusement endommagés, nous sommes en mauvaise posture ou même morts.
 

    Pour résumer les résultats de la recherche de l'équipe Antoniou et Séralini, les rats nourris de concentrations ultra-faibles de Roundup à base de glyphosate pendant les deux ans que dure leur vie, ils ont montré que, « le nombre de paramètres biochimiques perturbés dans les reins étaient deux fois ce que l'on pourrait attendre du hasard. Par ailleurs, un déséquilibre testostérone/oestrogène était évident, avec les taux sériques de testosterone significativement augmenté de 97% par rapport au groupe témoin, tandis que les taux sériques d'estradiol étaient réduits de 26%. Ces observations, associées aux troubles de la glande pituitaire, suggèrent des effets perturbateurs endocriniens. L'estradiol est un stéroïde et l'œstrogène une hormone sexuelle, et principale hormone sexuelle féminine. Elle est essentielle pour le développement et l'entretien des tissus reproducteurs féminins, mais a aussi d’importants effets dans de nombreux autres tissus, os compris. Les œstrogènes ont aussi des fonctions essentielles chez l’homme.
 

    Suite des conclusions des scientifiques : « Dans l'ensemble, l'analyse des processus de la toxicité a révélé des perturbations de l'expression des gènes associées à l'apoptose, la nécrose, la phospholipidose, la dysfonction de la membrane mitochondriale et l'ischémie. Ainsi l'altération ... dans cette étude est en corrélation avec l'augmentation des signes observés de pathologie anatomique et fonctionnelle du foie et des reins. » Ils ont observé « plus de 4000 gènes dont l'expression a été altérée à la fois dans le foie et les reins dans le groupe sous Roundup. »
 

Monsanto et les scientifiques corrompus

 

    Le professeur Gilles-Éric Séralini a conçu cette nouvelle étude avec ses collègues comme une suite à l’étude sensationnelle de 2012. La nouvelle étude concernait spécifiquement l'impact, pas l’alimentation avec du maïs GM de Monsanto vaporisé de Roundup, mais seulement l'impact du Roundup isolé, l’herbicide à base de glyphosate utilisé dans toutes les cultures GM d’aujourd'hui. En septembre 2012, la revue Food and Chemical Toxicology a publié la première étude de Séralini d’une durée de deux ans, sur l'impact du maïs GM pulvérisé, comme l’exige Monsanto, avec son herbicide Roundup.
 

    Dans ce rapport de 2012, Séralini décrit la première étude au monde sur les effets de l'alimentation chez plus de 200 rats, avec un régime de maïs GM pendant deux années entières, pour un coût de 3 millions d’euros. L'étude a trouvé des cas alarmants de tumeurs cancéreuses chez les rats alimentés de maïs GM traité avec du Roundup au glyphosate. La couverture médiatique mondiale a forcé la Commission de l’UE a protéger sa trajectoire pro-OGM.
 

    Plus d'un an plus tard, en 2013, dans une démarche sans précédent et tout à fait contraire à l'éthique, les éditeurs de Food and Chemical Toxicology ont rétracté l'article de 2012 de Séralini. Il a été découvert plus tard que l’un des principaux anciens employés de Monsanto, Richard Goodman, avait été nommé par la revue à son comité de rédaction peu de temps avant que l'étude de Séralini soit rétractée. Un an après cette démarche de corruption flagrante, Goodman ainsi que le rédacteur en chef, A. Wallace Hayes, ont été eux-mêmes tous deux révoqués par l'éditeur.
 

    Mais la corruption ne s’arrête pas aux tentatives d'ostraciser les études de Séralini sur le rat.
 

L’UE déclare « Secrète » l’étude allemande sur Monsanto

 

    Dans le dernier rebondissement de ce drame criminel de mensonges et d’intrigues, la Commission de l’UE vient de déclarer « secrète » une étude du gouvernement allemand et l’a rendue indisponible pour tout examen d’expert scientifique indépendant.
 

    La Commission européenne refuse que, pour évaluer les risques du glyphosate, des experts indépendants examinent le dernier rapport préparé par l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR).
 

    Le 10 août 2015, la Commission de l’UE a écrit à Testbiotech.org, un groupe d'experts indépendants de l’industrie, enregistré en tant qu’organisation à but non lucratif dont le but est de promouvoir la recherche indépendante et le débat public sur les impacts de la biotechnologie, un euphémisme pour l’industrie des OGM.
 

    La Commission de l’UE a écrit avoir refusé une demande de Testbiotech pour examiner les documents mis à la disposition de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) par le gouvernement allemand. L'UE a bizarrement insisté sur le fait que les documents « sont protégés dans leur intégralité » en tant que confidentiels. La Commission de l’UE ne voit « aucun intérêt public supérieur » qui en justifierait l'accès. La lettre a été signée par Ladislav Miko, Directeur général provisoire de la Direction de la sécurité alimentaire de la Commission de l'UE (le nom du bureau de l'UE ressemble à du 1984). Miko est l’un de ces autres bureaucrates anonymes de Bruxelles, dotés d’une immense responsabilité et d’aucune transparence.
 

    La question est un rapport sur la sécurité du glyphosate, envoyé ce printemps à l'EFSA lié à Monsanto par le BfR allemand. L'évaluation allemande a été faite après une large publicité sur l'évaluation de l'OMS sur la nature cancérigène probable du glyphosate. Étonnamment, le BfR est arrivé à la conclusion contraire, à savoir qu'il n'y a pas de risque de cancer avec le glyphosate. Leur étude avait été faite à la hâte, et s’appuyait apparemment sur une étude aussi précipitée fourni au gouvernement allemand par ... vous l'aurez deviné, des scientifiques de Monsanto. Cette étude de Monsanto, formant la base du joyeux rapport du BfR allemand, est ce que les experts scientifiques de Testbiotech.org souhaitent examiner au microscope. Pour éviter un éventuel embarras, la Commission de l’UE a qualifié l'étude allemande de « secrète et confidentielle ». Le gouvernement allemand a lui aussi gardé son rapport secret.
 

    Le mélodrame criminel devient pourtant encore plus remarquable.
 

    En 2013, dans une décision rendue par la Cour européenne de justice (affaire T 545/11), les juges ont estimé que les données pertinentes pour l'évaluation des risques des herbicides doivent être rendues publiques. La Commission européenne ainsi que le gouvernement allemand méprisent cette décision.
 

    Tout ce que touche Monsanto semble suinter la corruption et la fraude. Cette entreprise est intéressant et extraordinaire par son omniprésence, et cela suggère qu’elle a un ordre du jour au-delà du simple profit des sociétés. Je voudrais poser en principe que l'ordre du jour caché de Monsanto concerne sa longue histoire avec des familles en faveur de l’eugénisme, les Rockefeller et plus récemment avec le défenseur de l’eugénisme, Bill Gates de Microsoft.
 

    Est-ce que le projet OGM entier, un projet financé et porté à la commercialisation principalement par la fondation Rockefeller, est un projet eugénique caché visant à réduire progressivement la population mondiale, ceux que les Rockefeller et son espèce appellent les « mangeurs inutiles » ou les « mauvaises herbes » humaines ? Ça commence à y ressembler de plus en plus précisément. C’est une élégante manière pour que des centaines de millions, voire quelques milliards de gens se tuent lentement en consommant des OGM et du glyphosate qu'ils ne remarquent même pas jusqu'à ce qu'il soit trop tard. En particulier les Asiatiques, les Africains, tous les non-Anglo-Saxons. Mais c’est présentement plutôt ridicule, n’est-ce pas ?
 

    F. William Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier. Il est titulaire d'un diplôme en politique de l'université de Princeton et auteur à succès sur le pétrole et la géopolitique, exclusivement pour le magazine en ligne « New Eastern Outlook  ».
 

NEO, F. William Engdahl, 6 novembre 2015

Original : journal-neo.org/2015/11/06/we-re-the-weeds-for-monsanto-roundup-weed-killer/
Traduction Petrus Lombard



Samedi 7 Novembre 2015


Nouveau commentaire :

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences


Publicité

Brèves



Commentaires