Palestine occupée

« Notre syndicat regroupe des affiliés des différentes religions »


Castro Abdallah, 43 ans, est secrétaire général de la Fédération Nationale des Syndicats des Ouvriers et des Employés au Liban (Fenasol). Rencontre.

Ce n’est pas tous les jours que l’on rencontre un syndicaliste prénommé Castro. « C’est exact, je porte le nom de Fidel », dit-il rayonnant. Nous le rencontrons dans l’austère bureau du Secours Populaire Libanais, quelque part en plein cœur de Beyrouth, autour d’un petit café bien serré.


Bert De Belder et Luc Vancauwenberge
Jeudi 7 Décembre 2006

par Bert De Belder et Luc Vancauwenberge



La Fenasol compte près de 200 000 membres et regroupe des syndicats de tous les secteurs dans tout le pays. « La plupart des syndicats libanais sont divisés par religion et par secte (chrétien orthodoxe ou maronite, musulman shiite ou sunnite, …). Les syndicats de notre fédération, par contre, sont séculaires, regroupant des travailleurs de toutes les convictions. 57 syndicats sont regroupés dans la Fédération générale des syndicats, qui est contrôlée par l’Etat, tandis que la Fenasol en regroupe 18 », nous explique Castro Abdallah. Pas mal pour une fédération connue comme « d’opposition » ou « de gauche ».

Faire face à la guerre

Le plus grand problème des travailleurs au Liban ? « La crise économique », répond Castro Abdallah sans hésitation. « Le taux de sans-emploi est officiellement de 32% ; il atteint en réalité 40%. Ce taux a encore augmenté depuis la guerre. Et au Liban, il n’y a pas d’allocation de chômage. Les choses ne se sont pas améliorées avec les privatisations : la poste est dans les mains des Canadiens, la téléphonie va suivre… ».

« Nous avons joué notre rôle dans la résistance ! Nous nous sommes joints aux efforts du Secours Populaire Libanais et de l’Union de la Jeunesse démocratique du Liban, et nous avons ouvert nos locaux aux réfugiés. Nous avons accueilli 500 familles, avec 180 bébés. A Tyr et à Bint Jbeil notamment, nos bureaux ont été détruits. Et nous avons aussi nos martyrs de guerre : plusieurs ouvriers membres de nos syndicats et un dirigeant syndical », nous explique-t-il. Mais aujourd’hui c’est aux conséquences de la guerre que le syndicat doit faire face. « La guerre nous a fortement touchés. Beaucoup d’usines ont été détruites par les bombardements israéliens. Pour les ouvriers agricoles, il reste dangereux de labourer leurs champs à cause des bombes à fragmentation ».

Les vendredi 22 et samedi 23 décembre, des veillées pour la paix seront organisées à Charleroi, Bruxelles, Louvain, Anvers, Gand et ailleurs. Il s’agit d’initiatives locales qui s’inscrivent dans le cadre d’une vaste plateforme anti-guerre. Si vous souhaitez rejoindre cette initiative ou organiser vous-mêmes une veillée dans votre commune, contactez www.intal.be ou www.stopusa.be ou www.nonalaguerre.be.

Pierre Galand : « La légitimité de la résistance »

Du 16 au 19 novembre dernier s’est tenue à Beyrouth une conférence internationale pour la solidarité avec la résistance. Celle-ci était organisée par le Parti Communiste libanais, le Hezbollah et un certain nombre d’ONG. C’est l’ancien Premier ministre du Liban, Salim Hoss, et le numéro deux du Hezbollah, sheik Naïm Kassem, qui ont ouvert la conférence. Quant au sénateur belge, Pierre Galand (PS), de retour d’une visite dans le Sud ravagé, il a pu s’adresser aux 300 participants étrangers lors de la séance de clôture : « J’ai vu dans le Sud comment Israël, avec le soutien de l’impérialisme, a ravagé ce pays. Israël est un danger pour la paix mondiale et nous ne pouvons pas accepter que ce pays soit un allié privilégié au sein de l’Otan. » Et Galand de continuer : « La résistance contre la guerre et l’occupation est un droit fondamental, comme ce l’était lors de la lutte contre l’apartheid. Aussi en Amérique latine, on assiste à une renaissance de la résistance. Les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes, les résistances ont toute leur légitimité. »

7000 euros de soutien pour le Liban

Pendant la guerre, Médecine pour le Tiers Monde (M3M) a mis sur pied une campagne de soutien d’urgence au profit de l’ONG Secours Populaire Libanais (SPL). Cette campagne a permis de récolter plus de 7 000 euros. La mission de solidarité de M3M en août avait déjà permis de verser un acompte de 5 000 euros au SPL. Les 2 000 euros supplémentaires viennent d’être versés au Dr. Ahmed Saddek, vice-président du SPL.

Pour plus d’infos: http://www.m3m.be.

http://www.stopusa.be http://www.stopusa.be



Jeudi 7 Décembre 2006

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