Economie et pouvoir financier

Notes critiques de lecture de Principes de l’économie de G.N. MANKIW et M.P. TAYLOR, chez deboeck, traduit de l’original de la 3ième édition 2014 par Elise Tosi



Jean-Marie Pollé
Dimanche 12 Novembre 2017

Notes critiques de lecture de 	Principes de l’économie de G.N. MANKIW et M.P. TAYLOR, 	     chez deboeck, traduit de l’original de la 3ième édition 2014 par Elise Tosi
Notes critiques de lecture de
Principes de l’économie de G.N. MANKIW et M.P. TAYLOR,
chez deboeck, traduit de l’original de la 3ième édition 2014 par Elise Tosi

Dans l’avant-propos, nous trouvons une citation d’Alfred Marshall, un économiste britannique du19ème siècle, tiré de son livre « Principes d’économie politique » : « l’économie est une étude de l’humanité dans l’activité ordinaire de la vie ». Chose importante qu‘il est utile de signaler dès le début. Six et demi, sept, huit… milliards de personnes doivent pouvoir boire, manger, s’habiller, se loger, se déplacer, être soignées, être informées, pouvoir développer leurs facultés … Cela ne peut s’improviser. Cela ne se fait pas sans un minimum d’organisation, elle-même sous-tendue par des choix éthiques. Et vu l’importance qu’elle a dans la vie de tous les jours, cette organisation a donc une grande influence sur le comportement quotidien des personnes.
D’emblée on nous dit que les ressources sont rares. Etant donné ce fait, ils en déduisent que dans les familles, il importe donc de répartir les ressources, entre autres, « compte tenu des efforts et des capacités de chacun » (p. 4). Voilà un apprentissage original. Et de continuer, dans une société, celle-ci doit donc décider des consommations de chacun alors que celle-ci ne pourra répondre aux besoins de tous. Voilà des conceptions très personnelles présentées comme indiscutables et qu’il est utile évidemment d’inculquer aux enfants si l’on veut que ceux-ci puissent participer utilement à l’organisation économique préconisée par les auteurs qui elle veillera donc à la répartition inégalitaire des ressources rares.
L’inégalité de la répartition des ressources est donc pour eux inévitable et l’économie y joue un rôle très important. Et il est ajouté pour qu’il n’y ait plus le moindre doute, que lorsqu’une politique veut intervenir pour qu’il y ait plus d’équité, cela se paie par une réduction de l’efficacité de l’économie. C’est ainsi qu’il ne faut pas taxer les revenus du travail pour assurer une certaine redistribution parce qu’alors les personnes travaillent moins. En d’autres mots, pour les auteurs, le dynamisme de l’activité économique résulte d’abord de l’inégalité des revenus. Et les auteurs d’insister puisqu’ils affirment que du point de vue économique, c’est perpétuellement un combat entre toutes les familles. On ne peut être plus clair. En fait un combat pour pouvoir consommer d’avantage que les autres
On en arrive au Dieu marché et à la fameuse main invisible en faisant référence à « La Richesse des Nations » publiée en 1771 par Adam Smith. Ils soulignent alors que dans ce marché, cette main invisible reflète un point de vue propre aux auteurs des Lumières : la liberté de chacun est préférée au pouvoir du Gouvernement. Voilà pour le moins, résumé on ne peut plus brièvement, la richesse de la pensée du siècle des Lumières. Ils se demandent alors pourquoi l’économie de marché est-elle aussi performante? Et de citer Adam Smith : « L’homme a presque continuellement besoin du secours de ses semblables […] il sera bien plus sûr de réussir, s’il s’adresse à leur intérêt personnel et s’il les persuade que leur propre avantage leur commande de faire ce qu’il souhaite d’eux. […] L’individu […] n’a pas du tout l’intention de promouvoir l’intérêt public […]. Il ne pense qu’à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions […]. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la Société que s’il avait réellement le but d’y travailler » (cité p. 12 et 13). Aucune explication ne vient étayer cette vérité « évangélique » d’application depuis de très nombreuses années. Pas étonnant qu’il faille inculquer cette croyance aux enfants, dès leur plus jeune âge. Quoiqu’il en soit, si cette fameuse main invisible a existé, aujourd’hui elle est manifestement plongée dans une profonde léthargie.
Ils insistent alors sur l’importance du respect du droit de propriété, chose indispensable donc au bon fonctionnement du marché. Il s’agit des droits individuels et de ceux des entreprises. C’est évidemment indispensable quand seul l’intérêt personnel est le moteur de l’activité économique.
Nuançant ce qu’ils avaient écrit précédemment, ils admettent que la main invisible ne peut pas tout régler. Des interventions de l’Etat sont donc nécessaires en vue d’avoir une plus grande efficacité et une meilleure équité. C’est un des objectifs de l’étude de l’économie, précisent-ils, que d’aider chacun à mesurer si une décision politique est utile ou non à une plus grande efficacité ou à une plus grande équité. C’est donc l’économie qui doit évaluer de l’opportunité d’une décision politique. C’est probablement vrai mais ils n’insistent nullement sur l’importance des choix éthiques qui sont à la base des règles de leur économie, sans doute considèrent-ils qu’ils n’y en a pas d’autres.
A propos des choix opérés en politique, il semble important de signaler ici bien que les auteurs n’y fassent pas allusion, le « consensus de Washington de 1989 ». Ce consensus a été formalisé par John Williamson alors Economiste en chef et Vice-Président de la Banque Mondiale. Il s’inspire « d’accords informels (…) conclus (…) entre les principales sociétés transcontinentales, les banques de Wall Street, la Federal Reserve Bank américaine et des organismes financiers internationaux (B.M., F.M.I., …) ». Lire entres autres « Retournez vos fusils » de J. Ziegler, p.73, 74 et 75 ». Brièvement, ce consensus préconise que les dépenses publiques doivent essentiellement favoriser la croissance, que les barrières douanières soient supprimées, qu’il n’y ait plus de règlementation financière, qu’il faut respecter la propriété privée, que les fonctions de l’Etat doivent être limitées à ses fonctions régaliennes et donc que l’enseignement, les soins de santé, les transports, la distribution de l’eau, le secteur de l’énergie… doivent être privatisés. C’est l’ultra libéralisme économique dans toute sa splendeur sans la moindre attention à la place des personnes dans cette organisation. Il faut savoir que ce sont les personnes partageant ces idées qui siègeront dans les tribunaux privés prévus par le CETA.
Ils abordent alors la croissance économique qui est pour eux, un concept clé de l’analyse économique. Celle-ci mesure l’augmentation de la production et de la vente de biens et services et donc pour eux, mesure la santé de l’économie. Ce qui sous-entend qu’une économie en bonne santé, est une économie qui affiche de la croissance. Evidemment, les habitants d’un pays riche disposent de beaucoup de biens, de meilleurs soins de santé… Tous les habitants ou une partie seulement de ceux-ci, la question n’est même pas posée. Il est clair qu’il s’agit de ceux qui réussissent le mieux dans leur économie. Ils donnent alors les chiffres du FMI qui en 2013 présentent les chiffres du PIB en dollars US 2009 par habitant pour l’année 2012. Seuls dans l’ouvrage sont repris une trentaine de pays pauvres ou riches. Notons que la Belgique occupe ici la onzième place, le PIB est de 43.615 $, supérieur à celui de l’Allemagne et le premier étant celui du Luxembourg (106.406 $). 43.615 $ par habitant alors que 20% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (25 % des enfants), merci l’économie, félicitations aux économistes. Ils prétendent alors que l’augmentation du revenu des travailleurs n’est pas due à l’action des organisations syndicales mais à l’augmentation de la productivité. C’est relativement vrai, l’augmentation de la productivité augmente le gâteau à redistribuer mais ils oublient que les organisations syndicales ont agi pour que ce gâteau soit mieux partagé. Et ce n‘est pas dû à l’organisation de l’économie telle qu’ils la présentent.
Ils précisent que la croissance du revenu moyen est liée à la croissance de la productivité. Evidemment, mais aucune règle n’apparaît en ce qui concerne la répartition du revenu national. De plus comme rien n’est dit, ils supposent donc que la croissance est infinie. Quand on sait que si toute la planète vivait au niveau de l’Europe, il faudrait quatre planètes. Quand on sait qu’un Euro ayant un taux de croissance de 2% devient plus de 390 millions d’Euros au bout de 1.000 ans, il faut bien admettre que poursuivre ainsi est suicidaire. Une mauvaise répartition des richesses finit toujours par conduire inéluctablement à une crise (désordre intérieur) ou à la guerre. Prôner la croissance en Belgique comme dans la majorité des pays européens, est de l’incivisme planétaire. A propos de la croissance, il ne faut pas oublier non plus qu’en 2016, début août, les habitants de la planète commençaient à consommer les réserves destinées à l’année suivante. Il s’agit évidemment d’une observation globale qui de plus, résulte de la somme de profondes inégalités des consommations. Mais c’est quand même le comble du surréalisme, alors que beaucoup d’efforts devraient être mobilisés afin que cette date se rapproche progressivement du 31 décembre, on assiste à l’inverse et elle s’éloigne de plus en plus de cette date. A propos du partage équitable du gâteau planétaire, s’il était réparti de façon égalitaire, « chaque habitant de la planète disposerait d’un revenu de l’ordre de 760 € par mois » (chiffres 2012) nous dit P. Piketty dans son ouvrage « Le capital au XXI siècle » (p. 109).
Maintenant, on va nous apprendre à penser comme un économiste. Etre scientifique, c’est expérimenter les théories nous dises-t-il. Et de poursuivre, en économie, les expériences sont difficiles à réaliser. En économie on observe, on récolte des données et on développe des théories. Mais il faut avoir conscience que les choses changent et il ne faut donc pas se reposer sur ses lauriers. Toujours il faut chercher (encore faut-il que ce soit motivé par les bons objectifs). L’économie est toujours issue de choix normatifs. La science nous dit comment le monde fonctionne, donc l’économie nous écrivent-ils. Mais c’est oublier que l’économie est une construction de l’esprit et qu’elle n’est le reflet que des choix opérés par ceux qui l’ont conçue. Notons que les auteurs finissent par reconnaître qu’il y a des théories contradictoires par ce que leurs auteurs ont des valeurs différentes.
Viennent alors les théories sur le marché : l’offre et la demande. Il s’agit pour les auteurs de présenter des raisonnements théoriques concernant l’offre des producteurs et la demande des consommateurs. Ils partent de l’hypothèse que le consommateur est un être rationnel alors qu’aujourd’hui le but de la publicité est de le rendre le moins rationnel possible tout en faisant l’impossible pour qu’il soit persuadé qu’il l’est. En fait, le but principal recherché est de maximiser le profit du vendeur tout en persuadant les acheteurs qu’ils sont satisfaits. A part cela, pas un mot des personnes actrices de l’économie seulement considérées comme moyen de production ou de consommation au seul profit des détenteurs des moyens de production.
On essaye alors de modéliser le comportement du consommateur et ce d’après l’hypothèse encore une fois, que les consommateurs sont rationnels, qu’ils préfèrent toujours plus (préférer plus, est-ce rationnel ?), qu’ils essayeront toujours de maximiser leurs moyens et qu’ils agiront toujours uniquement en fonction de leur seul intérêt. C’est appelé le modèle économique standard.
Cette rationalité n’est pourtant pas parfaite. Loin s’en faut précisent-ils. Il est donc utile que les producteurs s’informent le mieux possible sur le comportement des consommateurs de façon à tirer de leur production et de la façon de la présenter, un profit maximum.
Devant toutes ces affirmations concernant le comportement des consommateurs, il faudrait savoir s’il s’agit de comportements innés ou acquis par l’éducation et en vivant tous les jours dans une Société profondément marquée par l’économie qu’ils préconisent dans leur ouvrage. Nous avons déjà vu qu’ils préconisent une éducation des enfants s’inspirant de leur paradigme.
Pour étudier les coûts, les auteurs parlent du marché concurrentiel ce qui suppose qu’il y a un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs et que le comportement d’un seul ne peut influencer les prix du marché, il faut bien reconnaître que cette situation est plus que théorique en ce qui concerne les vendeurs compte tenu de la puissance de certains. D’autre part, quand ils nous disent qu’il importe de maximiser les profits du vendeur sans autre considération, c‘est faire l’impasse sur d’autres réalités (limitation des ressources, qualité des produits, pollutions diverses…) et ne pas tenir compte de l’avenir de la Société dans laquelle vivent le vendeur et le consommateur. Ils précisent aussi que certaines hypothèses ne font pas l’unanimité de tous les économistes.
En conclusion, il faut que l’on insiste sur le fait qu’un choix dépend toujours du type de Société dans laquelle on veut vivre : une Société égalitaire ou profondément inégalitaire ? Ils terminent par une profession de foi et en reviennent à la fameuse main invisible réaffirmant que si un vendeur ou un acheteur ne se soucie que de son seul bien être, il est toujours guidé par une main invisible qui les mène vers une situation qui maximise les avantages de tous. Evidemment, ils ne s’interrogent nullement sur le comment sont maximisés les avantages de chacun. En tous cas, il est flagrant que c’est dans une phénoménale inégalité sans doute parce qu’elle est inscrite dans les gènes du modèle économique qu’ils proposent.
On en vient alors aux interventions de l’Etat pour obtenir plus d’équité. Mais d’emblée on nous dit que si l’on touche aux hypothèses de base (les leurs évidemment), l’efficacité économique n’est plus garantie. C’est évident, si on veut modifier les résultats, il faut d’abord remettre en cause les principes de base sur les quels sont bâties l’ensemble des règles, en construire de nouvelles pour avoir une autre efficacité et d’autres résultats. Mais qu’entendent-ils eux, par efficacité économique ? Seulement toujours plus ? Pour tous ou certains ?
Ainsi lorsque sont abordées quelques interventions : les prix planchers, les prix plafonds, les taxes et les subventions, ils montrent avec leurs graphiques qu’un prix contrôlé offre des avantages et des inconvénients et que la question est régulièrement débattue. Mais il est manifeste qu’ils préfèrent que l’on laisse purement et simplement jouer les lois de l’offre et de la demande, soit les lois du marché.
Quant à leurs études relatives aux taxes et diverses subventions, seule ce qu’ils appellent « la taxe spécifique (pour toute unité)» trouve grâce à leurs yeux parce qu’acheteurs et vendeurs se partagent la charge. Les autres mesures offrent généralement des distorsions aux lois du marché qui pour eux sont évidemment sacro-saintes. Ces distorsions sont d’après eux à l’origine d’une inefficacité des allocations des ressources du marché. L’offre et la demande doivent rester l’essentiel de l’analyse. Jamais ils ne s’interrogent sur la réalité des personnes vivant dans ce marché, sans doute, la trouvent-ils inéluctable.
Il faut quand même admettre que l’approche économique par l’offre et la demande est une façon extrêmement limitée d’apprécier les problèmes économiques. C’est ainsi qu’un de nos ministres avait proposé que l’on diminue les taxes sur les cigarettes pour augmenter les ventes et ainsi les recettes fiscales en faisant l’impasse sur les augmentations des dépenses en soins de santé. Et que dire du cynisme à l’égard des fumeurs malgré eux.
Quant à la fiscalité en général, les auteurs rappellent « les quatre canons de la fiscalité » d’Adam Smith :
- « Egalité » (impôts en fonction de la capacité de chacun à payer) ;
- « Certitude » (impôts fixés d’avance) ;
- « Commodité » (organisation simple et peu coûteuse) ;
- « Economie » (rapporter plus que cela ne coûte) ».
Si on peut facilement marquer son accord avec les trois derniers, pour le premier, cela reste la bouteille à encre et dépend essentiellement de choix étiques. D’autre part, ne serait-il pas important d’aborder le problème de la répression et de considérer la fraude fiscale concernant les revenus et les bénéfices, la fraude concernant la TVA ainsi que la fraude sociale comme des crimes d’incivisme passibles de la perpétuité et de la confiscation de tous les biens. Cela implique évidemment une simplification des règles.
Ils se posent alors la question de savoir ce qu’est un individu riche. Ne serait-il pas plus pertinent de se demander : Quand une personne est-elle pauvre ?, Pourquoi en est-il ainsi ? Comment éviter que cela n’arrive? Et ne pas seulement se reposer sur le fantasme d’une main invisible particulièrement inefficace.
Evidemment comme les taxes et les impôts sont fixés par les politiques, ils dépendent donc de la conception que ces derniers ont de la Société. Et les auteurs disent que les débats entre économistes, entre économistes et politiques sont fréquents. Ils prétendent alors que l’analyse strictement économique qu’ils proposent, permet aux politiques de mesurer si le manque d’efficacité qu’ils provoquent par leurs mesures, est compensé ou non par une plus grande justice sociale. Mais une fois de plus, rien ne précise sur ce qu’on entend par la justice sociale.
Ils différencient alors le secteur public du secteur privé. Pour le premier, ils notent entre autres, que les biens et services sont produits parce que tous y trouvent avantage. Pour le secteur privé, rien n’est précisé à ce propos. Sans doute n’ont-ils pas voulu écrire que seul le profit du producteur ou des actionnaires était recherché. Ils abordent aussi la lutte contre la pauvreté et disent qu’il est important de taxer les nantis pour améliorer le sort de pauvres. Les nantis y gagnent aussi car il y a en effet plus de satisfactions, écrivent-ils, à vivre dans une Société avec moins de pauvreté apparente. Voilà une nouvelle version des dames patronnesses. Voilà la pauvreté comparée à de la poussière sur un meuble. De plus, une fois encore, c’est toujours l’intérêt personnel qui prime, la solidarité n’existe pas chez les auteurs.
Ils citent alors Aristote à propos de ressources communes : « ce qui est commun à tous fait l’objet de moins de soins, car les hommes s’intéressent d’avantage à ce qui est à eux qu’à ce qu’ils possèdent en commun avec leurs semblables » (p. 321). Aristote ne date pas d’hier mais ce n’est pas parce que l’idée est ancienne qu’elle est fondée. Ce penchant humain présenté comme indiscutable n’est pas génétique. C’est une question d’apprentissage, d’éducation. C’est d’autant plus important qu’ils vont jusqu’à dire qu’il y a une version moderne de l’échec des communs, pour eux il s’agit de la dégradation de l’environnement. Mais n’est-ce pas dû au fait que ces dégradations de l’environnement causées par l’activité économique sont considérées par elle, comme externalités ? Et eux de poursuivre qu’il faut privatiser tout ce qui peut être. Ils constatent que les océans sont très peu régulés comme ressources communes. Beaucoup y ont accès et une coopération est difficilement envisageable entre des personnes ayant des valeurs différentes, précisent-ils. Voilà une façon très simpliste de présenter le pillage des mers et océans. C’est omettre volontairement le fait que c’est essentiellement dû en ce qui concerne par exemple la pêche, aux grosses sociétés de pêche qui n’ont qu’un objectif réunir un maximum de profits à court terme. Quand il n’y aura plus de poissons ils essayeront de s’enrichir ailleurs. Mais ne pourrait-on pas tous coopérer parce que c’est la seule solution si l’on veut assurer la survie de l’espèce humaine.
Est alors abordé le problème des externalités : des conséquences négatives ou positives de l’activité économique. En ce qui concerne les négatives, ils reconnaissent que dans bien des cas, les acteurs économiques ne parviennent pas à prendre en compte des dégâts collatéraux. L’Etat essaye alors de ralentir ou de modifier les comportements à l’origine de ce ceux-ci. Quand on connaît la gravité des pollutions, la problématique du réchauffement climatique, l’épuisement des ressources… le moins que l’on puisse dire est que les interventions de l’Etat ou es Etats ne sont guère efficaces. Une des raisons à cela est que quand l’Etat veut intervenir, les « autorités économiques » trouvent toujours mille et une raisons pour ralentir la volonté exprimée par l’Etat ou les Etats. Mais en fait, ces dégâts devraient être pris en considération dans l’économie, les pollutions devraient être supprimées dans le processus qui les provoque et de même en ce qui concerne le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources. L’économie doit elle-même résoudre les externalités négatives. En ce qui concerne le coût de la prévention de la pollution, ils précisent que ce coût doit être comparé à ce qu’on renonce suite à cette dépense. Accepterait-on moins de soins médicaux, une alimentation moins diversifiée, des logements moins confortables pour avoir un environnement plus sain, se demandent-ils. D’abord un environnement propre n’implique pas nécessairement de telles extrémités. Que du contraire, un meilleur environnement provoquera une diminution des soins de santé. De plus, c’est une fois encore la volonté de développer un égoïsme absolu alors que l’être humain est d’abord un animal social qui n’existe et qui n’évolue que par ses relations aux autres. Enfin, un développement économique qui risque à brève échéance si l’on poursuit dans la même voie, de provoquer la disparition d’une grande partie de l’humanité si pas de la totalité, n’est-ce pas un choix absurde ?
Les auteurs évoquent la difficulté qui existe parfois quand il s’agit de déterminer le droit de propriété. Mais ce droit de propriété nous permet-il de faire ce qu’on veut de ce qu’on possède ? Peut-être serait-il utile de remplacer le droit de propriété par un droit d’usage accompagné d’un cahier de charge fixé dans le cadre d’une gestion démocratique et décentralisée de l’économie et ce, dans une nouvelle économie à concevoir. Les biens communs comme l’air, l’eau potable et celle des cours d’eau, des mers et des océans seraient alors rejoints par le sol et son occupation, le sous-sol, toute la nature donc aussi les végétaux et les animaux et pas seulement ceux destinés à l’alimentation, les découvertes, les logements, l’énergie…
Lorsqu’on définit l’intérêt général comme une façon de penser et de décider qui permette à un maximum de personnes de bénéficier d’avantages au moindre coût, il est évident qu’il s’agit d’une conception exclusivement mercantile de l’intérêt général. Et ce choix ne peut de toute façon être décidé que si c’est matériellement possible et ce n’est pas parce que c’est impossible au niveau général qu’il faut permettre que ce le soit au niveau individuel. S’ils reconnaissent que la poursuite de l’intérêt individuel n’est pas toujours le plus efficace quant à l’allocation des ressources, ils continuent de prétendre que l’Etat reste bien souvent moins efficace car la recherche du profit et les forces du marché qui sont les caractéristiques du secteur privé, restent le moteur le plus efficace. Hélas ce moteur est très souvent aveugle. Finalement, il s’agit de savoir si l’économie est une machine à créer des richesses avec des personnes à son service dans la mesure où elles sont utiles ou si l’économie est au service de toutes les personnes pour permettre à tous de survivre dans les meilleurs conditions possibles, de survivre aujourd’hui, demain et après-demain…
Ils abordent alors l’économie comportementale grâce à l’apport de la psychologie et d’autres disciplines. Les comportements décrits par celle-ci ont permis de nombreuses découvertes qui ont permis essentiellement de manipuler les travailleurs et surtout, les consommateurs. Restent à savoir quels sont les comportements innés et ceux qui sont acquis par le fait de vivre dans une économie comme celle décrite par les auteurs. Le discours de ce chapitre reste en parfaite cohérence avec tout ce qui précède : que faire pour maximiser le profit tout en maximisant les allocations des ressources quant à la quantité de biens socialement désirables. Dans les pages qui évoquent les différents marchés des firmes, ils évoquent le jeu du prisonnier. Deux prisonniers alors qu’ils n’ont pas de contact entre eux, sont interrogés par la Police. Ils ont deux possibilités : ou il dénonce l’autre et il est remis en liberté ou il se tait et si l’autre le dénonce, il écope de 20 ans de prison. S’ils se taisent tous les deux, ils écopent chacun d’un an de prison. S’ils parlent tous les deux, ils écopent chacun de 8 ans de prison. Une première remarque s’impose : les données sont peu réalistes. Mais les auteurs disent que même s’ils ont décidé avant leur arrestation qu’ils se tairaient l’un et l’autre s’ils étaient arrêtés, les prisonniers peuvent difficilement respecter leurs engagements car la coopération n’est pas un choix rationnel pour une personne. Les données étant arbitrairement choisies et peu réalistes, ils ont probablement raison mais en économie cela me semble différent. Qu’est-ce qui est important, la compétition où il y a toujours un gagnant et un perdant ou la coopération où tout le monde peut-être gagnant. Notons que plus tard, en évoquant l’équilibre de Nash (Prix Nobel d’économie), ils semblent nuancer leurs propos envers la coopération. « Une de implication des travaux de Nash est que la coopération peut être la meilleure option à long terme » (p. 485). Leur position est moins tranchée qu’elle n’apparaissait au point de départ.
Sont abordés maintenant les marchés du travail. Comme on peut le lire, c’est encore et toujours la même logique qu’il s’agisse des petits pois ou des travailleurs ou travailleuses. Finalement, ils ou elles seront rémunéré(e)s en fonction de ce qu’ils ou elles pourront rapporter aux détendeurs des moyens de production. Les marchés du travail sont véritablement des marchés aux bestiaux. Est-ce que ceux qui sont le moins bien rémunérés ne sont-ils pas tout aussi importants que les autres au bon fonctionnement de la Société ? Sans doute le coût des études pourrait justifier certaines différences mais dans une Société socialement responsable toutes les études devraient être gratuites.
Pour eux, il s’agit toujours d’un emploi qui se trouve quand il y a équilibre entre l’offre de travail et la demande, le travail étant rémunéré d’un montant bien précis. Il est fixé par leurs graphiques. Notons qu’ils supposent qu’il y ait de nombreuses firmes. Est-ce souvent le cas ? Et s’il arrive qu’un gouvernement n’accepte pas le salaire d’équilibre et qu’il fixe un salaire minimum supérieur au salaire d’équilibre, ils montrent alors graphiquement que la quantité de travail offerte par les personnes excède celle demandée par les entreprises et ils montrent que cela crée du chômage. Graphiquement, c’est vrai mais la réalité peut être tout autre. Cela créera du chômage par exemple, si le même produit est importé d’un pays où il n’y a pas de salaire minimum. C’est ici que pourrait intervenir une taxation de régulation économique et sociale tant au niveau européen qu’au niveau mondial. La question fondamentale qui se pose est de savoir si la rémunération de la personne est fixée en fonction du marché ou parce que la personne participe à sa manière à la survie de tous ? En fait, il faudrait que toutes les personnes soient rémunérées le plus équitablement possible et que l’économie soit organisée pour que tous puissent y participer.
L’économie collaborative dont on parle beaucoup et qui n’est pas abordée par les auteurs, mérite qu’on s’y attarde un instant. D’abord il ne faut pas la confondre avec l’économie coopérative. L’économie collaborative est une manière extrêmement efficace de détricoter les avancées humaines obtenues dans l’économie. Toute personne participant à l’activité doit respecter les mêmes obligations : l’impôt sur les revenu, la t.v.a., les charges sociales, l’impôt sur les bénéfices même si les prestations sont organisées de l’étranger et les diverses obligations professionnelles imposées par la loi. Les obligations en matière de charges sociales sont une grande conquête du monde du travail pour permettre une meilleure redistribution du revenu global. Un partage équitable du revenu global peut seulement garantir la stabilité de la Société.
Puisqu’on aborde la problématique du travail et de sa rémunération, il est peut-être utile d’envisager le problème de la « robotisation » bien que les auteurs ne semblent pas l’aborder en tant que tel. Il faut bien avoir à l’esprit qu’elle a des avantages mais aussi que s’il y a moins de personnes qui travaillent, il y a moins de consommateurs donc moins de production et le chômage augmente. Alors qu’il y a plusieurs centaines de milliers de chômeurs (pas seulement ceux qui perçoivent des allocations de chômage mais tous ceux qui ne travaillent pas alors qu’ils sont en âge de le faire), il semblerait qu’il serait opportun de taxer le « robot » d’un montant égal à la rémunération de la personne qui accomplirait la même tâche.
Pour eux les rémunérations d’une personne sont la conséquence de l’offre et de la demande, de sa compétence… Une fois de plus, ils justifient la différence entre les revenus. Et de poursuivre en affirmant que de nombreux économistes préconisent que l’Etat intervienne d’une manière ou d’une autre pour qu’il y ait une plus grande égalité entre les revenus des citoyens. Mais ils rappellent que de telles interventions modifient les incitations (financières évidemment) et les comportements et que cela aura pour conséquence une allocation moins efficace des ressources. Une fois de plus, ils montrent que l’enrichissement personnel est le moteur essentiel de l’économie.
Mais pourquoi est-il obligatoire de maintenir une économie western ? Pourquoi ne pourrait-on pas considérer le revenu des travailleurs et des travailleuses comme un coût fixe et de limiter la différence entre les revenus tous revenus confondus, de 1 à 4, de 1 à 3, de 1 à 2… en fonction de revenu global. Rappelons qu’en Belgique, on produit et on consomme globalement de trop compte tenu des possibilités planétaires. On produit donc de trop. Le revenu national devrait donc diminuer. Le plus petit revenu devant être défini comme le minimum donnant accès à une vie décente. On considérerait que chaque travailleur et chaque travailleuse participent à sa manière à l’économie et donc ont droit à une part équitable du revenu global. Il est donc important que tout le monde puisse avoir accès à un emploi et que l’économie soit organisée pour le permettre. L’économie doit être organisée de façon à être au service de toutes personnes et non de façon à ce que les personnes soient au service de l’économie si elles lui sont utiles, les autres étant rejetées en attendant qu’un jour l’économie en ait éventuellement besoin. C’est alors pour eux, l’exclusion et ils doivent vivre dans la pauvreté. Et quand ils précisent que ces personnes retrouveront rapidement un emploi et que la pauvreté à long terme ne se pose que rarement, ils sont viscéralement de mauvaise foi.
Sont alors abordées différentes philosophies politiques de redistribution des revenus par l’Etat mais fondamentalement, elles ne diffèrent qu’à la marge des conceptions des auteurs. Fondamentalement l’idée de base est que les personnes réagissent aux incitations et que dans cet ouvrages, on considère comme seule incitation, l’avantage individuel dont pourra bénéficier la personne. Cet avantage est financier parce que pour eux, tout peut et doit finalement être acheté. Cela voudrait dire que l’être humain est d’abord vénal. Est-ce inné ou acquis ? Et d’affirmer que lorsqu’une politique pénalise le succès et récompense l’échec, il y a moins de raison de réussir. De nouveau, ils soulignent le problème qui se pose à l’Etat : arbitrer entre égalité et efficacité (la leur évidemment). Et d’affirmer que plus le gâteau est partagé équitablement, plus ce gâteau tend à diminuer de volume. Pour eux, cette approche fait l’unanimité. Voilà de nouveau une conclusion qui ne s’avère être qu’une profession de foi, qui ne repose que sur une autre : la vie d’une personne n’est motivée que par un individualisme vénal forcené à réaliser en se servant des autres. Et si l’efficacité devenait l’égalité ?
Est abordé maintenant la problématique de l’échange. Divers aspects sont examinés. Il semble important de relever qu’une fois encore, ils font appel à l’un des dix principes de l’économie (la leur) qui nous dit que l’échange international est bénéfique pour tous. On peut se demander en quoi les femmes et les enfants qui sont exploités tels des esclaves pour faire les vêtements que nous portons, en tirent de réels bénéfices, juste de quoi survivre et encore. D’autre part, une fois le système installé, les consommateurs deviennent complices et ce, quasi malgré eux, parce qu’ils ne peuvent faire autrement. Evidemment dans leur économie, l’exploitation des personnes n’entre pas en ligne de compte. Le niveau de rémunération d’une personne est donné par un graphique reflétant leur conception du marché de l’emploi.
Le libre-échange semble avoir nettement la préférence des auteurs. Toutefois, ils ne semblent pas aborder la problématique de l’équilibre pourtant indispensable de ces échanges. Pourtant, si un pays exporte plus qu’il n’importe, il s’enrichit et inversement, s’il importe plus qu’il n’exporte, il s’appauvrit. Et quand un pays exporte plus qu’il n’importe, il y a au moins un pays qui doit importer plus qu’il n’exporte. Si l’on veut garantir l’équité des échanges, il faut que chaque pays importe autant qu’l exporte. Eux prétendent le contraire dans la mesure où ils affirment que l’échange permet aux différents acteurs de bénéficier de plus de prospérité et ce disent-ils, malgré ce qu’affirment certains politiques. De plus, le problème est qui de la population en profite concrètement. Quand on affirme que globalement un pays s’enrichit rien ne permet de savoir si c’est tous où seulement quelques-uns. Il n’est nullement question de supprimer les échanges –pour la Belgique, c’est tout-à-fait impossible- mais de construire des échanges basés sur le respect de l’équité. D’ailleurs, quand un pays importe plus qu’il n’exporte, il arrive qu’un jour il doive diminuer ces importations ce qui pose un problème à celui ou à ceux qui exportent plus qu’ils ne devraient.
Vient maintenant la mesure du PIB d’un pays, c’est globalement tout ce qu’un pays produit (biens et services), c’est globalement, aussi l’importance du gâteau à partager, directement –le revenu des personnes- et indirectement –les taxes et divers impôts-. On peut alors facilement déterminer le PIB par habitant, et donc le revenu. Eux parlent du revenu moyen d’un individu. Tout un chacun comprendra que ce sont des chiffres statistiques qui ne représentent guère la réalité de la répartition de ce revenu global. De plus, ils reconnaissent que l’augmentation globale de la richesse ne correspond pas à une augmentation globale du bonheur, et encore moins, du développement de toutes les personnes. Et ici non plus, ils ne se posent pas la question de la possibilité ou non d’une augmentation infinie du PIB.
Mesurer le coût de la vie est l’objet des pages suivantes. C’est le fameux index des prix à la consommation. Une chose importante semble devoir être signalée. Le premier obstacle est la formation de la liste des biens et services repris pour calculer le coût de la vie et l’importance relative de chacun d’eux dans les dépenses des consommateurs compte tenu du revenu de ceux-ci. Une fois de plus, il s’agit de moyennes statistiques qui ne donnent qu’une vue d’ensemble théorique et non représentative de la réalité de chaque personne. Et c’est très important pour les bas revenus qui ont très peu de possibilités d’adaptation. Un élément de plus pour justifier une répartition plus égalitaire et plus équitable du revenu global. D’autant que s’il s’agit d’un pays qui n’est plus maître de sa monnaie, une indexation des revenus en fonction des prix à la consommation n’est envisageable que s’il y a croissance et augmentation de la productivité.
On aborde alors la production et la croissance. De nouveau, consommer plus est reconnu comme une amélioration. Ils considèrent dons à la fois que le niveau du PIB est un bon indicateur du niveau de la prospérité économique d’un pays et sa croissance, un bon indicateur du progrès économique. Une fois encore, il s’agit de données statistiques globales qui ne reflètent en rien la situation matérielle de chaque personne et de plus, qui n’envisagent pas les exclus éventuels. Encore une fois, ils n’envisagent pas non plus d’éventuelles limites à cette croissance. Une fois encore aussi, ils n’envisagent que la richesse matérielle. Ils envisagent alors les quatre facteurs qui déterminent la productivité : le capital physique (les bâtiments…), le capital humain (les connaissances et compétences de chaque personne), les ressources naturelles renouvelables ou non et les connaissances technologiques. Le capital physique est important mais pourquoi une somme investie doit-elle rapporter un intérêt à l’investisseur ? C’est un coût inutile qui génère une spéculation effrénée qui est destructrice plutôt qu’un apport positif à l’économie. De plus cette spéculation n’est possible que pour certains et cela finalement concentre de plus en plus ce capital entre un nombre limité de détenteurs qui dans l’économie que veulent les auteurs, détiennent le pouvoir réel. C’est donc aussi un renforcement des inégalités économiques. Quant au capital humain, seul est pris en compte ce qui sert l’économie envisagée par les auteurs. L’être humain devient chez eux un animal qui se vend pour pouvoir acheter.
S’ils envisagent les ressources naturelles, s’ils reconnaissent que ce soit pour les renouvelables ou celles qui ne le sont pas, qu’elles sont limitées et inégalement réparties, jamais n’est envisagé comment tenir compte que les unes et les autres s’épuiseront, les renouvelables à cause de la surconsommation qui empêche qu’elles se renouvellent durablement ou l’épuisement des non-renouvelables. Pas un mot non plus sur une répartition équitable entre toutes les personnes de la planète qui pourtant est la seule façon d’assurer stabilité et paix. De même, en ce qui concerne les connaissances technologiques, les brevets ont d’abord pour objectif l’enrichissement de ceux qui le possède. Comme en ce qui concerne l’importance de l’éducation, ils disent qu’en Amérique du Nord, chaque année de scolarité supplémentaire fait augmenter en moyenne de 10% le revenu de la personne. L’éducation sert donc pour eux, à mieux se vendre.
A propos du libre-échange, on peut lire que les échanges sans restriction, ont pour conséquence une croissance économique du même type que celle résultant d’une avancée technologique majeure. Voilà une nouvelle profession de foi qui n’est étayée que par des exemples concrets temporaires.
En ce qui concerne la propriété d’une découverte protégée par un brevet, ils le justifient par le fait que cela apporte plus de bénéfice au découvreur et donc que cela incite à la recherche. Toujours le seul profit individuel ou de quelques-uns.
Est abordé ensuite la problématique de la croissance démographique. Ils commencent par affirmer que Malthus s’est trompé. Pour eux, c’est le résultat du progrès technologique dans l’agriculture qui a permis de produire beaucoup plus sur une même surface. Pour eux, les périodes de famines surviennent le plus souvent comme conséquence d’une mauvaise répartition du revenu sans autre précision, d’une certaine instabilité politique ou d’une production mal adaptée à la production de nourriture. Pas un mot sur toutes les conséquences désastreuses de l’agriculture devenue industrielle : gaspillage d’eau potable, pollution des sols et percolation vers les nappes phréatiques qui sont où seront à leur tour polluées, monopoles de tous les intrants, exploitation des travailleurs du secteur agricole… La liste serait beaucoup plus longue. Pas un mot sur l’honteuse spéculation de ceux qui assurent le commerce des céréales, en organisant une pseudo-pénurie pour favoriser la hausse des prix.
Quoiqu’il en soit, il est évident que la planète ne peut supporter une croissance infinie de la population. Survivre sur une surface donnée n’est possible qu’à un maximum de personnes. Il est donc impérieux de contrôler les naissances. Ce contrôle doit relever de la seule responsabilité individuelle des personnes. Ici comme partout, seules l’information et la formation peuvent permettre l’existence de personnes responsables. Et pas, comme le suggèrent les auteurs en revenant à l’économie, parce qu’un enfant à un coût individuel d’opportunité : en ayant un enfant, je renonce à quoi ?
Et les auteurs de conclure le chapitre en rappelant que le niveau de vie d’une nation dépend de ce qu’un pays peut produire de biens et services, en un mot, de la croissance du PIB, sans limite ce qui est absurde compte tenu entre autres, de la limitation des ressources naturelles renouvelables ou non. D’autre part, après l’apparition du burnout du travailleur, à quand celui de certains consommateurs.
Vient maintenant l’épineux problème du chômage. Les auteurs soulignent les difficultés de relever le nombre de chômeur. Ils relèvent qu’on ne peut compter comme chômeur, seulement ceux qui perçoivent des allocations de chômage. Ils n’expliquent pas comment relever le nombre de ces autres personnes. Sur base des chiffres définis par le Bureau International du Travail, ils donnent alors des chiffres repris par Eurostat (2014). Ce qui semble important de relever c’est que si l’on compare le chiffre de la population occupée (ceux qui participe à la production) avec le nombre de chômeurs et les inactifs – on peut supposer qu’il s’agit des enfants, des étudiants, des retraités, des malades… et des exclus pour mille et un prétextes qu’on justifie par leur théorie économique – on en arrive à constater que c’est quasi moitié moitié. C’est évidemment intenable et c’est que la théorie n’est pas bonne. Quant à eux, ils donnent comme définition : les personnes en âge de travailler, capables et disponibles pour travailler au taux du salaire courant et qui n’ont pas d’emploi. Voilà une définition pour le moins vague. « En âge », quel âge ?, « capables », c. à d. ayant les capacités imposées par ceux qui ont le pouvoir économiques ?, « disponible », est-elle disponible, une personne habitant Arlon pour un travail proposé à Tournai ? Enfin, pour un salaire défini par leurs graphiques ?
Quand ils abordent la durée du chômage, de nouveau ils affirment que les problèmes économiques en tant que conséquence de la perte d’un emploi, n’existent que pour peu de travailleurs, ceux qui sont sans emploi pour une longue durée. La mauvaise foi perdure ou peut-être au vu de leurs théories il est utile d’en revenir à l’esclavage.
Ils affirment qu’il y aura toujours du chômage parce qu’on ne peut toujours ajuster les salaires pour équilibrer l’offre et la demande de travail. Il devient judicieux de se poser la question de savoir si l’économie est pensée pour être au service de l’ensemble de la population ou si elle est seulement au service de ceux qui dans la conception de l’économie envisagée par les auteurs, y trouvent leur place et tant pis pour les autres.
Ils parlent alors des études qui montrent que lorsque les travailleurs ne perçoivent plus d’allocations de chômage ou d’autres allocations, ils trouvent plus facilement un emploi. Evidemment, alors on doit accepter n’importe quoi ou on disparait. Ils disent aussi que pour certains économistes, la suppression de toute allocation de chômage ou autre allocation réduirait l’importance du chômage dans l’activité économique. C’est du pareil au même. Encore une fois, il ne faut pas négliger le fait que sans revenu aucun, on est prêt à accepter n’importe quoi et à travailler dans n’importe quelles conditions si l’on trouve un emploi. Une telle façon de procéder est la parfaite illustration du « marche ou crève ». Mais il est sans vrai aussi que pour d’autres économistes, des allocations de chômage de longue durée peuvent permettent à l’économie de se donner la possibilité d’avoir des travailleurs mieux adaptés aux nouvelles exigences technologiques. Enfin, il est peut-être utile de se demander s’il ne serait pas opportun de s’interroger sur le fait qu’un travailleur représenterait toujours un coût fixe, le plus égalitaire possible, coût pareil à ceux des autres intrants.
Enfin, ils évoquent la problématique des organisations syndicales. Ils parlent des détracteurs de la présence de telles organisations. Ces derniers prétendent que lorsque ces organisations exigent une augmentation de salaire au-dessus du niveau des marchés concurrentiels, provoquent une baisse de la quantité de travail demandée, engendrant du chômage et une baisse des salaires dans le reste de l’économie, telle qu’ils la conçoivent évidemment. D’autres économistes reconnaissent quand même que les organisations syndicales peuvent protéger les travailleurs d’un pouvoir excessif de leur employeur, voire d’aider les employeurs à répondre plus efficacement aux préoccupations des travailleurs. Et les auteurs de conclurent qu’en ce qui concerne les économistes, il n’y a pas d’unanimité à propos des syndicats. Un reproche que l’on pourrait peut-être faire aux syndicats, c’est qu’en raison de nécessités stratégiques, ils ont provoqués dans certains groupes de travailleurs, une mentalité corporative. Notons qu’il ne semble pas y avoir des économistes qui posent la problématique du partage du temps de travail et du partage équitable du gâteau. En tous cas s’ils existent, ils ne sont pas cités par les auteurs.
On aborde maintenant l’épargne, l’investissement et le système financier. Ils commencent par rappeler ce qu’ils avaient dit dans le chapitre précédent à savoir que l’épargne et l’investissement sont les clés de la croissance économique à long terme. Encore une fois, ils ne se posent pas la question de savoir si une croissance infinie est possible. C’est d’autant plus surprenant que cela fait longtemps que la cybernétique (science de l’efficacité de l’action) nous enseigne que tout effecteur doit être régulé en constance et non en croissance.
En parlant des actions d’une entreprise, ils écrivent que cette action représente un titre de propriété ce qui signifie que pour les détenteurs d’une action ont un droit sur les bénéfices réalisés par l’entreprise. On peut mesurer tous les effets pervers d’une telle conception. Bien qu’ils n’en parlent pas directement, étant donné que vous avez un droit de propriété, vous participez au pouvoir de décision proportionnellement à l’importance de notre participation. On comprend aisément que les actionnaires d’une entreprise recherchent avant tout un bénéfice maximum sans autre considération.
Pourquoi un placement doit-il rapporter quelque chose ? On pourrait éventuellement admettre si c’est possible, qu’il garde sa valeur en dépit de l’inflation. Il y a aussi le fait de couvrir le risque d’une disparition totale de l’entreprise. On pourrait mutualiser ce risque en faisant détenir les actions par des fonds de placement. De plus, ces actions seraient très proches d’une obligation. Les entreprises par actions/obligations n’appartiendraient plus à des individus, elles appartiendraient à des fonds de placement… et l’assemblée générale d’une entreprise seraient aux mains de certains citoyens, chacun étant élu et ayant une voix. On éviterait ainsi la spéculation. Ils écrivent d’ailleurs que le prix d’une action reflète la profitabilité d’une entreprise à savoir ce que rapportera cette action soit lors de la redistribution des bénéfices annuels soit lorsque je la revendrai. Le droit de propriété a aussi pour conséquence un pouvoir relatif au montant de sa participation. Il est évident que tout actionnaire recherchera à maximiser son profit pour augmenter son pouvoir pour augmenter son profit… L’économie n’est pas un casino.
On est en droit de se demander où entre en ligne de compte le bien commun. T. Piketty dans son ouvrage sur le capital au XXI siècle écrit à la page 598 « Mais une conclusion apparaît d’ores et déjà clairement : il serait illusoire d’imaginer qu’il existe dans la structure de la croissance moderne, ou dans les lois de l’économie de marché, des forces convergentes menant naturellement à une réduction des inégalités patrimoniales ou à une harmonieuse stabilisation ».
Nous voilà arrivé à la page 786. Le livre en compte plus de 1200. Pourtant nous n’avons plus le choix, cet ouvrage doit être jeté au pilon. C’est évident. Oui… mais il apparait que cet ouvrage ou d’autres semblables sont utilisés dans quasi toutes les écoles et les universités et ce, au niveau planétaire.
Nous voilà en plein paradoxe, alors que l’économie devrait assurer la survie de tous, elle génère de perpétuels conflits entre les personnes ou les groupes de personnes parce qu’elle génère une société profondément inéquitable ce qui est sources de conflits, voire de guerres. Nous avons vu aussi que cette économie devant assurer la survie, ne respecte en rien la vie.
Cette économie défendue par les auteurs est évidemment l’économie capitaliste. Comme ils l’écrivent, seule compte ce qu’ils appellent l’efficacité économique c’est-à-dire le profit individuel au détriment de celui des autres, avec pour se donner bonne conscience, la foi en l’efficacité de « la main invisible » permettant globalement un avantage pour tous, les lois du marché étant celles qui s’imposent prioritairement dans tous les cas. Quand on voit les résultats, on peut dire que nous sommes donc en présence d’un modèle inefficace puisque plutôt que d’assurer la survie de tous, c’est le contraire que l’on doit prévoir. Et dans un avenir relativement proche, c’est une grande partie de l’espèce humaine, voire la totalité qui pourrait disparaître.
Dans cette conception de l’activité économique, à aucun moment n’est posée la question de savoir si une telle conception est durable. Déjà aujourd’hui nous l’avons vu, en ce qui concerne le renouvelable, dès le début août, tout ce dont nous avons besoin durant 365 jours, est consommé. Et au lieu de progressivement se rapprocher du 31 décembre, en fait on s’en éloigne de plus en plus. Quant au non-renouvelable, face au problème que si toute la planète consommait comme l’Europe (notons que nous ne sommes pas les seuls à être dans cette situation), il faudrait quatre planètes, on se croit sauvés en proposant l’économie circulaire. Mais on observe déjà que lorsqu’un matériau est réutilisé après avoir été récupéré, la qualité initiale n’est pas nécessairement au rendez-vous. D’autre part, quand il faut récupérer ceux utilisés en très petite quantité par unité produite, le coût est très élevé. Enfin on ne peut pas tout récupérer, bien plus, des montagnes de déchets s’amoncellent, les plus toxiques été transportés des pays riches vers les pays pauvres. Que ferons-nous par ailleurs des déchets des centrales nucléaires arrivées en fin de vie (sans parler du coût), on nous avait promis que l’on trouverait une solution et on en a toujours pas. Et quand on sait que leur conception de l’efficacité économique ne fonctionne qu’avec une croissance infinie alors que nous le savons matériellement impossible. Il s’impose donc de changer de modèle.
Dans une telle conception, nulle place dans les différents calculs n’est faite à la pollution de l’air provoquée par l’activité économique. Celle-ci entre autres, provoque un réchauffement climatique. Or les conséquences pourraient être dramatiques et ingérables : flux migratoires, conditions tout autres pour les personnes qui vivent sur la planète et de manière générale, pour toute forme de vie dont la production agricole. Et la qualité de l’air pose déjà des problèmes pour la santé des personnes tant dans les grandes villes que dans celles de moyenne importance. Rien n’est prévu pour l’augmentation conséquente des soins de santé. Enfin le réchauffement climatique provoque et continuera à provoquer la fonte des glaces aux pôles et si elles devaient fondre totalement, cela provoquerait une hausse de 70 mètres du niveau des mers et océans (ce chiffre parle de lui-même) et cela changerait aussi les conditions de vie de la faune et de la flore des milieux marins. Il s’impose donc aussi de changer de modèle.
Dans une telle conception, nulle place dans les différents calculs n’est faite à la pollution des eaux. Tôt ou tard, par percolation, la pollution des sols notamment par les intrants agricoles, finiront par atteindre les nappes phréatiques et les rendront non-potables. De plus ces nappes sont de plus en plus surexploitées entre autres par l’agriculture. Et à ce propos, le réchauffement climatique n’arrange rien. Enfin, que dire des lacs et des cours d’eau où de plus en plus toute vie disparaît progressivement. L’eau c’est la vie, paraît-il. Il s’impose donc une fois de plus de changer de modèle.
Tous ces phénomènes destructeurs de vie, considérés à ce jour dans leur conception de l’économie comme exogènes, devraient être pris en compte quand on apprécie l’efficacité économique d’une action. Il est donc extrêmement urgent de concevoir une autre économie. Prenant en compte ces phénomènes destructeurs de la vie, celle-ci devrait être avant tout entièrement au service de toutes les personnes, de manière équitable et solidaire, et non conçue comme un système au service duquel sont utilisées les seules personnes jugées aptes à atteindre les objectifs fixés, le profit personnel de quelques-uns, les autres étant rejetées et devant survivre tant bien que mal, dans la misère. De la lutte de tous contre tous, chacun pour maximiser son profit personnel, il faudrait lui substituer la coopération de tous pour atteindre un but commun, la survie de la vie au niveau planétaire.
Dans cette nouvelle économie, toutes les personnes devaient participer d’une manière ou d’une autre aux différents choix. Cela n’est possible que si « une personne, une voix » devient le modèle du pouvoir économique, celui-ci étant fortement décentralisé. Cela n’est possible que si une importante majorité des personnes partagent les principes de base de cette nouvelle économie qui assure la survie de la vie de manière pérenne. Cela suppose une diffusion importante de toutes les informations. Il ne faut pas imposer un modèle aussi pertinent soit-il mais expliquer sous forme de débats contradictoires ce qu’il est utile d’adopter. Une fois le modèle adopté, sa mise en pratique avec la participation de tous de manière décentralisée, sera beaucoup simplifiée. Cela impose aussi qu’une fois écrite cette nouvelle économie soit expliquée dès le plus jeune âge sans en faire une « religion ». Il faut dès le plus jeune âge que chacun comprenne que cette économie doit toujours être réfléchie à chaque instant et impose à tous des droits et devoirs.
Dans cette nouvelle économie, la première préoccupation d’une personne agissant en agent économique, devrait être la survie de tous les autres qui en retour assure sa survie. On ne peut courir deux lièvres à la fois, son intérêt personnel et l’intérêt de tous. C’est la mort du fantasme de la main invisible.
Cette nouvelle économie, dans les pays riches, imposerait la décroissance pour faire en sorte que sur la planète, chacun ait droit à une part égale des matières premières et des productions renouvelables. Devront être prévues des taxes de distorsions de développement économique et sociétal et ce, dans les échanges tant de marchandises que des travailleurs, le temps qu’on en arrive à un équilibre de développement, celui de toutes personnes dans un contexte durable. Cela éviterait que les uns vivent de l’exploitation des autres. Seule l’harmonie est gage de paix. Cette décroissance imposerait une réduction drastique des différences entre les revenus, tous revenus confondus, le revenu minimum devant permettre une vie décente. Cela permettrait aussi de limiter la marchandisation des qualités humaines sur le marché de l’emploi. Il est impératif que le « gâteau » soit partagé le plus équitablement possible. Il est évident que cette décroissance ne devrait en rien diminuer la partie redistribuée solidairement (la sécurité sociale).
Dans cette nouvelle économie, l’argent ne devrait être qu’un moyen d’échange. Il ne devrait plus pouvoir être placé sous quelque forme que ce soit pour en obtenir ni un gain quelconque (juste éventuellement un intérêt pour couvrir une dévalorisation quelconque), ni un pouvoir quelconque (une personne, une voix, au sein de toute la population). On éviterait ainsi une des principales véroles de l’économie actuelle : la spéculation qui ne tient compte que du seul intérêt personnel et pour certains, ainsi obtenir plus de pouvoir pour encore agrandir leurs profits, mettant l’avenir de tous en danger, comme nous l’avons vu ci-dessus et comme vécu lors de la dernière crise financière.
Dans cette nouvelle économie, dans la mesure du possible, on devrait relocaliser un maximum de la production de biens et services. Cela éviterait d’une part, le gaspillage d’énergies nécessaires au transport et les pollutions conséquentes de tous ces transports. D’autre part, pour les services prestés là où les revenus sont différents ainsi que les redistributions solidaires, une taxe devrait être instaurée pour rééquilibrer les échanges. Il devrait en être ainsi pour l’e-commerce.
Dans cette nouvelle économie, toutes les recherches, que cela soit celle des nouveautés ou celles des conséquences sur la vie présente de la planète, elles devraient être confiées aux universités et la ligne de conduite devrait être régulée par le devoir de précaution. En toute état de cause les découvertes devraient faire partie du bien commun.
Bien d’autres choses encore devraient caractériser cette nouvelle économie. On pourrait croire qu’il s’agit en fait, de décisions politiques à prendre. Quand on voit d’une part les décisions de la dernière conférence de Paris, il y a de quoi en douter. L’économie actuelle est génétiquement mortifère, nous l’avons vu. Cependant, il s’agit d’un système très cohérent qui marque profondément la vie de tous les jours des habitants de la planète et donc leur culture. On peut observer que les décisions politiques quand elles sont prises, le sont toujours avec beaucoup de retard, après de nombreuses tergiversations. Et quand elles sont prises, elles ne le sont qu’à la marge. Et la raison en est simple, ce sont les puissances économiques qui s’enferment dans le système en cour, qui freinent des deux pieds pour que l’on ne touche pas à la cohérence de ce système, aveuglées qu’elles sont par leur puissance et leurs profits. A ce niveau, toute forme de lobbying devrait être rigoureusement interdite. Les lobbyistes sont des menteurs légaux.
Mais comme déjà dit, pouvoir nourrir, vêtir, loger, se déplacer, être soignées, être informées, développer ses facultés quand on est 7, 8, 9…milliards de personnes, ne s’improvise pas. Il faut donc construire théoriquement cette nouvelle économie coopérative qui doit être matériellement possible en restant humaine, équitable et solidaire. Mais il faut bien avoir conscience que survivre sans exploiter les autres n’est pas chose facile d’autant que nous le faisons journellement parce qu’emprisonné dans une économie qui nous est imposée. Notons qu’elle ne pourrait être mise en pratique par un seul pays et cela pour commencer pourrait se faire au niveau européen à condition que chacun oublie son égo et soit préoccupé par l’intérêt de tous. Ce n’est pas gagné d’avance. Mais s’il n’est pas encore trop tard, il est plus que temps de s’y mettre, faute de quoi les enfants d’aujourd’hui risquent très probablement de vivre l’enfer.
« Ce qui veut dire que plus il (l’être humain) recherche à dominer, plus il produit. Mais cela veut dire aussi que cette production est distribuée hiérarchiquement puisque c’est la recherche de la dominance hiérarchique qui constituera sa motivation fondamentale. Le cercle est fermé, vicieux et ne peut aboutir qu’à l’expansion économique, à l’insatisfaction mitigée en pays industrialisés, à la souffrance muette et fataliste en pays sous-développés, à la pollution grandissante et à la mort de l’espèce. » Henri Laborit dans La nouvelle grille 1974.
Le six juillet 2017 – Jean-Marie Pollé, travailleur social retraité.



Bibliographie.
Alberto Acosta – Le buen vivr,
Christian Arnsperger – Critique de l’existance capitaliste,
Patrick Artus et Marie-Paule Virard –Croissance zéro,
Geneviève Azam – Le temps du monde fini,
Gauthier Chapelle – Le vivant comme modèle,
Gilles Dostaler et Bernard Maris – Capitalisme et pulsion de mort,
Renaud Duterme – De quoi l’effondrement est-il le nom ?,
James K. Galbraith –Crise grecque, tragédie européenne,
Ivan Illich – Libérer l’avenir,
Ivan Illich – Energie et équité,
Ivan Illich – La convivialté,
Paul Jorion – Le dernier qui s’en va éteint la lumière,
Paul Jorion et Bruno Colmant – Penser l’économie autrement,
Tim Jackson – Prospérité sans croissance,
Naomi Klein – Tout peut changer ;
Paul Krugman – Sortez-nous de cette crisse… maintenant,
Henri Laborit – L’homme et la ville,
Henri Laborit – La nouvelle Grille,
Pierre Larrouturou – Pour éviter la krach ultime,
Serge Latouche – Le pari de la décroissance,
Michel Lepesant – Politiques(s) de la décroissance,
François Lenglet – Tant pis ! Nos enfants paieront,
Rosa Luxemburg – Introduction à l’économie politique,
William Mcdonough et Michael Braungart – Cradle to cradle,
Donella Meadows, Dennis Meadows et Jorgen Randers – Les limites de la croissance,
Edgard Morin – La voie,
Edgard Morin – L’aventure de la méthode,
Yuval Noah Harari – Sapiens, une brève histoire de l’humanité,
Maurizio Palante – La décroissance heureuse,
Petrella Riccardo – Au nom de l’humanité,
Thomas Piketty – Le Capital au XXIe siècle,
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot – La violence des riches,
Pierre Rabhi – Vers une sobriété heureuse,
Hubert Reeves – Là ou croit le péril… croit aussi ce qui sauve,
Hubert Reeves – L’avenir de la vie sur terre,
Hubert Reeves et Frédéric Lenoir – Mal de terre,
Olivier Rey – Une question de taille,
Jeremy Rifkin – La troisième révolution industrielle,
Marc Roche – Histoire secrète d’un Krach qui dure,
Marc Roche – Les banksters,
Pablo Servigne et Raphaël Stevens – Comment peut tout s’effondrer,
Joseph E. Stiglitz – Le triomphe de la cupidité,
Jean Ziegler – Retournez les fusils !,
Jean Ziegler – Destruction massive,
Collectif – Décroissance ou récession,
Collectif – Ceci n’est pas une crise,
Collectif – Que faire contre les inégalités,
Collectif – Le progrès m’a tuer,
La revue Kairos,
Le bulletin de liaison du Mouvement politique des objecteurs de croissance (L’escargot déchaîné).





Dimanche 12 Novembre 2017


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