Palestine occupée

Nos dirigeants ont changé mais pas nos droits. La Palestine au quotidien....


Vivre la Palestine à travers la parole de celles et ceux qui en sont privés depuis la Nakba ; faire prendre conscience que l’expropriation, l’expulsion, l’exil, la privation des droits humains fondamentaux et la souffrance continuent de constituer le lot quotidien des Palestinien(ne)s et ce, depuis 1948 ;


Farid@evhr.net
Mardi 11 Avril 2006

Rappeler que la paix et un partage juste et équitable des territoires sont l’unique «clé» à la résolution du conflit israélo-palestinien ; mettre la lutte du peuple palestinien au cœur des préoccupations et des débats de l’opinion internationale de manière à intensifier l’action solidaire et humaniste pour la cause de ces femmes, de ces hommes et de ces enfants dont le vœu le plus cher est de se réapproprier une terre dont ils ont été spoliés, privés et pour certain(e)s, bannis. Tels étaient les objectifs de la soirée organisée dans la ville de Bagnolet à l’occasion de la commémoration du 30e anniversaire de la Journée de la Terre.

Porté collectivement dans une démarche partenariale par des associations (G.U.P.S., JAFRA, A.P.J.F., A.J.N.) et la ville de Bagnolet, cet événement s’inscrit dans une perspective de continuité voire de consolidation de l’action solidaire et citoyenne à l’encontre du peuple palestinien initiée par Marc Everbecq, maire de Bagnolet, ville actuellement jumelée avec les réfugié(e)s du camp de Chatila à Beyrouth.
Cette soirée chaleureuse et chargée d’émotion était l’occasion d’accueillir, pour la première fois en France, sur la scène publique, l’ambassadrice de Palestine en France, Hind Khoury, le représentant de la Palestine à l’Unesco ; Elias Sanbar ; Jyad Tomaley, député palestinien du camp de El Amari ainsi que des élu(e)s français(e)s qui ont récemment pris part à une délégation en Palestine et en Israël à l’initiative de l’association des jumelages Palestine France (A.J.P.F.).

Le débat animé par Dominique Vidal, rédacteur en chef adjoint au Monde Diplomatique, était un moment de découverte, d’échange et de partage. La démarche adoptée avait pour objectif de rompre avec une vision abstraite voire fantasmatique de la situation en Palestine et de permettre ainsi une meilleure compréhension du conflit israélo-palestinien.

Dans un premier temps, les interventions ont mis l’accent sur la nécessité de lutter contre l’oubli et l’indifférence et ce, par la commémoration de cette journée qui symbolise l’expulsion des Palestiniens de leur terre, leur exil, leur souffrance commune ; journée durant laquelle des Palestinien(ne)s de l’intérieur et de l’extérieur ont protesté contre les opérations de confiscation de leurs terres et leur confinement dans des camps par le gouvernement israélien afin de construire des colonies et d’établir des zones militaires ; révolte qui se solda par l’assassinat de six Palestinien(ne)s par l’armée israélienne. Selon H. Khoury, «cette journée cherche à garder la mémoire des centaines de maisons rasées. C’est le symbole de la lutte du peuple palestinien contre la négation de ses droits fondamentaux, de sa propre histoire, de la confiscation de sa terre». La mise en valeur symbolique de la Journée de la Terre a servi d’introduction aux intervenant(e)s pour aborder de manière plus approfondie la problématique nodale du conflit israélo-palestinien. Ainsi, tout à son discours, E. Sanbar a souligné la gravité de la situation en mettant l’accent sur la politique expansionniste et colonialiste de l’Etat d’Israël. «Nous sommes face à une crise que nous n’avons jamais eue. La terre entière prétend que ce qui ne va pas, c’est la conséquence des résultats des élections. Cependant, ce qui ne va pas aujourd’hui, c’est que l’annexion des territoires palestiniens a énormément progressé. Il y a trois semaines, la totalité de la vallée du Jourdain a été annexée et déclarée zone militaire. Le mur est quasiment achevé. Il y a une annexion de fait de la Cisjordanie par le mur qui a été suivie d’un certain nombre de pratiques de droit, a-t-il déclaré. E. Sanbar assimile la politique unilatérale israélienne des frontières à «un vol, un assassinat. C’est le meurtre final du processus de paix. Sous couvert d’être choqués par les résultats des élections palestiniennes, on est en train de taire un crime politique qui est l’annexion de la Cisjordanie». Et pour ce spécialiste de la question palestinienne, «le silence de l’opinion internationale, c’est la légalisation de ce vol», de cet «assassinat».
Le second aspect du discours d’E. Sanbar concerne la question de l’impunité internationale à l’égard de l’attitude expansionniste de l’Etat d’ Israël : «La question fondamentale c’est qu’ Israël peut annexer, multiplier les colonies, construire des murs et il n’a à répondre à aucune injonction internationale. Il n’encourt aucun risque. Il n’y a aucune condamnation. Il y a réellement un problème avec l’impunité israélienne», conclut-il.

Jyad Tomaley, député palestinien a centré son intervention sur les conséquences des résultats des élections palestiniennes. Ainsi, selon son point de vue, «malgré la colonisation et les pressions économiques, les élections en Palestine ont été démocratiques. On ne punit pas un peuple qui a élu ses représentants politiques démocratiquement. Et c’est la première fois dans la région qu’un parti au pouvoir joue le jeu de la démocratie et cède sa place à un parti d’opposition».

L’intervention de Marc Everbecq, maire de la ville de Bagnolet, de retour d’un voyage en Palestine et en Israël a consisté à faire part à l’auditoire des éléments observés in situ. Ses constats ont fait ressortir deux aspects caractéristiques de la situation dans la région. Primo, l’existence d’une crise profonde dans laquelle la population palestinienne ne cesse de s’enliser : «La situation financière est très préoccupante. Elle aura des répercussions sur la vie quotidienne de nombreuses familles. Les colonies continuent à s’installer avec une stratégie très puissante des Israéliens» a t-il affirmé. Secundo, le repérage d’un certain nombre d’indices parmi les deux populations qui révèlent une forte détermination à résister au traitement discriminatoire du pouvoir israélien et d’œuvrer pour la paix. Ainsi, «du côté palestinien, nous avons rencontré une population qui a du ressort et qui est encore debout malgré tout. Du côté israélien, poursuit-il, émerge parmi la société civile un groupe de jeunes pacifistes, dont le mouvement semble minoritaire, mais qui se positionne non plus dans une démarche de solidarité à l’égard des Palestinien(ne)s mais plutôt dans une perspective de lutte commune». En effet, ce positionnement révèle un changement d’attitude et ainsi une volonté non plus de vivre côte à côte mais ensemble. En guise de conclusion, les intervenant(e)s ont réitéré l’appel à la solidarité et au soutien au peuple palestinien. Pour E. Sanbar,«les Palestien(ne)s n’ont jamais eu autant besoin de la solidarité internationale car la situation est plus que grave en Palestine».

Pour H. Khoury, «le soutien international et la solidarité sont des éléments importants dans l’aboutissement du processus de paix». Et afin de donner un aspect concret à la démarche solidaire et citoyenne à l’égard du peuple palestinien, M. Everbecq propose «de former une chaîne d’espoir», et ce, par le biais d’une délégation qui réunira une pléiade de solidaires de la cause palestinienne, d’humanistes et de bâtisseurs de la paix en Palestine et en Israël.

De Paris Nadia Agsous
La Nouvelle République. (Algerie)
http//www.lanouvellerepublique.com
10-04-2006








Mardi 11 Avril 2006

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