Politique Nationale/Internationale

Non à l’immixtion de la France dans les affaires tchado-tchadiennes



koulbou@yahoo.fr
Vendredi 30 Novembre 2007

Le dictateur Idriss Déby pilier du néocolonialisme français est mis à mal par une révolte massive. Après avoir refusé d’envoyer une délégation pour discuter des modalités pratiques de l’application de l’accord de Syrte du 25 octobre paraphé par les quatre principaux groupes rebelles, Idriss Deby a lancé une vaste et violente offensive contre les forces de l’UFDD et du RFC mettant ainsi fin à la trêve observée jusqu’à là, scrupuleusement, par les différents mouvements politico-militaires de l’Est.

Il n’en faut pas plus pour que Sarkozy et son gouvernement amènent leur soutien à Déby par leurs déclarations complaisantes et surtout par un important appui militaire. Rappelons que la France maintient au Tchad 1200 hommes en permanence et plusieurs avions de combats. Cette force a pour but de soutenir les intérêts économiques et géostratégiques de la classe dominante française. Cela se traduit par le soutient, sans retenu, à un dictateur qui refuse toute avancée démocratique, qui change à sa guise la constitution de la République pour se maintenir éternellement au pouvoir qui massacre son opposition, qui maintient son peuple dans la misère et la désolation alors qu’il est riche en ressources pétrolières, mais qui a le mérite de sauvegarder et faire fructifier les intérêts de son clan et de ses alliés.

Le Quai d’Orsay après avoir exprimé la nécessité du déploiement des forces européennes dans la région, reconnaît hélas que les forces françaises soutiennent l’armée de Deby dans le cadre de la logistique et du renseignement. Il admet par ailleurs que ses avions survolent la position des rebelles en vue de communiquer des renseignements aux milices de Deby. Nous rappelons qu’en avril 2006 lorsque la rébellion du FUC avait atteint les limites de la capitale où se sont déroulés des combats extrêmement violents, l’armée française avait alors soutenu, sans détour, le régime tyrannique de N’djamena. Il ne fait aucun doute que l’on assiste, pour la énième fois, à une intervention militaire française dont le Quai d’Orsay est coutumier pour défendre ses alliés dictateurs. Face à la détermination et à l’intransigeance des forces de l’UFDD, le coup de semonce constitue un simple jeu d’enfants et ne pourrait être une véritable protection du régime mourrant de Deby. Cette intervention va à l’encontre du droit du peuple Tchadien à s’autodéterminer et à s’émanciper de la dictature de Déby et des multinationales de tout poil. Pourtant toutes les rebellions de l’est récuse cette intervention odieuse de la France. L’UFDD a demandé explicitement aux troupes françaises d’observer la neutralité axiologique dans la guerre l’opposant aux milices de Deby. Face à une situation aussi dramatique que connaît le pays depuis des décennies, des choix audacieux sont plus que jamais indispensables et urgents si l’on veut renouer avec les espoirs et aspirations du peuple tchadien. L’enjeu est de taille. Comment imaginer que l’on puisse laisser des millions d’êtres humains à la dérive avec un Etat plus que jamais en voie de désintégration.

Nous dénonçons les agissements graves de la mission Epervier au Tchad. Cela est absolument inadmissible. C’est une insulte à l’Afrique toute entière et au Peuple Tchadien en particulier. Retenez bien que les filles et les fils de ce pays n’oublieront jamais votre geste de complaisance à l’égard de ce despote tendant à lui reconnaître une légitimité supposée. Sachez aussi que par votre présence indigne sur les théâtres des opérations vous participez, dans une certaine mesure, à la construction et au prolongement de notre malheur collectif, à la souffrance d’un peuple qui ne peut aspirer à la démocratie, à la dignité et à la justice. Vous n’êtes pas sans savoir que ce dernier à l’insu de la volonté populaire cherche à se maintenir au pouvoir en se déclarant vainqueur d’une élection dont il est le seul à reconnaître la légitimité. Vous ne pouvez ignorer que la non participation du régime à la table de négociation devant se tenir à Khartoum comme prévoit l’accord de Syrte témoigne de la volonté de Deby de vouloir plonger le Tchad dans une guerre sans précédente.

A. DJIBRINE HAROUN


Vendredi 30 Novembre 2007

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