Palestine occupée

Noël à Bethléem : le mur



Mercredi 23 Décembre 2009

Noël à Bethléem : le mur
Les pèlerins et touristes venus à Bethléem pour les fêtes de Noël sont accueillis par un mur en béton qui serpente autour de la ville natale de Jésus Christ.
Cet ouvrage, dont la construction par Israël a débuté après la deuxième intifada au début des années 2000 pour stopper les kamikazes palestiniens, est parsemé de tours de guet.
Dans un message destiné à rappeler au monde l’existence de cette barrière séparant Jérusalem, toute proche, de l’église de la Nativité, l’Organisation de libération de la Palestine évoque le symbole d’"un Noël sans espoir" pour cette ville chargée d’histoire qui étouffe sous le poids des mesures de sécurité imposées par l’armée israélienne. "Les Israéliens sont hantés par une grande peur qui les empêche de prendre des mesures courageuses pour arrêter ce conflit", a déclaré de son côté Mgr Fouad al Toual, patriarche latin de Jérusalem.
"Ce mur de séparation constitue une présence physique qui symbolise la peur", a ajouté le prélat jordanien dans son traditionnel message de Noël.
La Cour internationale de justice a qualifié d’illégale cette barrière, haute de huit mètres à certains endroits, parce qu’elle empiète sur des terres occupées par Israël lors de la guerre des Six jours de 1967.
Dans son message, l’OLP souligne : "Pour la première fois en 2.000 ans de chrétienté, Bethléem et Jérusalem seront séparés lorsque sera achevé le mur israélien dans la partie nord de la ville de Bethléem".
Les habitants affirment que cet ouvrage étouffe déjà leurs vies et leur ville, même si le mur israélien n’empêche pas la venue des touristes et pèlerins.
"Nous tablons cette année sur la venue à Bethléem de 40.000 à 50.000 touristes venus du monde entier pour les fêtes de Noël", indique Kholoud Daibes Abou Dayyed, chargé du Tourisme au sein de l’Autorité palestinienne.
Pour les Palestiniens, ce mur non seulement symbolise la confiscation de terres arabes, mais est aussi un moyen de consolider l’emprise d’Israël sur l’ensemble de la Ville sainte.
Les Israéliens répondent que cet ouvrage, qui court aujourd’hui sur environ 400 km le long de la Cisjordanie, est temporaire et peut être démantelé.
Bon nombre de visiteurs de Bethléem sont en fait des Palestiniens de confession chrétienne vivant en Israël et en Cisjordanie. Certains habitent même dans la bande de Gaza soumise au blocus israélien et dirigée par le Hamas.
Selon des sources dans cette enclave, les autorités israéliennes ont fait savoir cette semaine à l’Eglise que 200 des 700 chrétiens candidats seraient autorisés à faire le déplacement.
"Ces quatre dernières années, le secteur du tourisme a connu une nette embellie, ce qui rejaillit sur toute l’économie", commente Samir Hazboun, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Bethléem. "Mais cela n’a pas résolu nos problèmes économiques.
"Comment peut-on promouvoir notre ville en tant que destination touristique alors qu’elle est cernée par un mur en béton hideux ?"
Pour le patriarche latin, "le plus beau cadeau que nous souhaitons n’est pas l’argent ou la santé, mais la paix. Tel est le voeu le plus cher partagé par tous ceux qui vivent sur cette terre, qu’ils soient palestiniens ou israéliens".
Ironie du sort - les pèlerins qui franchiront cette année le portail en acier menant de Jérusalem à Bethléem seront accueillis par un immense panneau pendu à une tour de garde de l’armée israélienne proclamant "Que la paix soit avec vous !"
(Mercredi, 23 décembre 2009 - Avec les agences de presse)

http://www.aloufok.net/spip.php?article1193 http://www.aloufok.net/spip.php?article1193



Mercredi 23 Décembre 2009


Commentaires

1.Posté par un lecteur le 23/12/2009 21:00 | Alerter
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L'année dernière parmi, la très petite minorité chrétienne à Gaza, plusieurs ont été interdit d'aller en Cisjordanie pour les fêtes...

Nos pensées et prières leurs sont destinés, à eux et leurs frères.

Chaque année cette fête de la Nativité arrive à réunir en Palestine et ailleurs (comme à Bagdad l'année dernière) les chrétiens, mais aussi quelques musulmans et quelques juifs qui regardent les cérémonies extérieurs ou assistent même dans les églises. Puisse t-elle faire en sorte que nous nous recentrons sur l'essentiel et voyons tous la souffrance et l'injustice que vit le peuple autochtone basé sur la terre natale de Jésus pour espérer qu'un jour ils puissent la vivre chez eux, libres, libérer de l'occupation, sans contraintes diverses, bref dans la paix et la sérénité. Les non-palestiniens du Monde entier qui vont à Bethléem et Nazareth en ce moment, se doivent d'être auprès de leurs frères, vivre cela avec eux, et non pas éloignés de la réalité, cette réalité qu'on ne peut cacher. Ils contribueront, à très petite échelle, certes, à partager et informer car chaque année des messages sont publiés par les représentants religieux en Palestine, mais ils ne trouvent pas de réels échos ici, c'est dommage.

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