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Noam Shalit se trompe


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Vendredi 9 Décembre 2016 - 11:29 THERESE MAY ET LES ROITELETS DU C.C.G


Dans un court article publié en première page du quotidien arabe basé à Jérusalem Est, Al-Quds, le 5 août, Noam Shalit prétend que le blocus criminel de la Bande de Gaza par Israël est à imputer en premier lieu à la capture, par les combattants de la résistance palestinienne, de son fils, le soldat de l'armée d'occupation israélienne Gilaad Shalit, il y a plus de deux ans.

Par Khaled Amayreh amayreh@p-ol.com


Vendredi 8 Août 2008

 Noam Shalit se trompe
Shalit affirme aussi que la "captivité" de son fils est une des raisons principales pour laquelle Israël ne peut pas libérer des milliers de prisonniers politiques et résistants qui croupissent dans les camps de détention israéliens.

Eh bien, je pense que la déclaration de Shalit, citoyen français qui a émigré en Palestine occupée pour s'approprier une terre et une propriété qui appartiennent à un autre peuple, est une insulte à l'intelligence.

Il devrait réaliser que s'adonner à la prévarication, aux mensonges et aux demi-vérités ne peut être un substitut véritable à l'approche honnête du "calvaire" de son fils, qui est absolument négligeable comparé au cauchemar qu'endurent plus de 11.000 prisonniers palestiniens incarcérés en Israël.

En fait, la façon condescendante d'aborder la question des prisonniers palestiniens par Shalit résume l'approche sioniste globale vis-à-vis des non-juifs en général, et des Palestiniens en particulier, à savoir qu'ils sont des gens moindres, avec des droits moindres, y compris leur droit à la vie.

En réalité, il n'y a qu'un très faible lien entre le blocus criminel de Gaza et l'affaire Shalit. Après tout, Israël assassine, torture, affame et bloque les Palestiniens depuis longtemps. Israël empêche des dizaines de milliers de Palestiniens de Cisjordanie de se déplacer et de chercher du travail. Et cela n'a rien à voir avec l'affaire Shalit, mais a tout à voir avec le but stratégique d'Israël d'annihiler les Palestiniens en tant que peuple et de se saisir de ce qui reste de leur patrie.

Prétendre que la capture par des combattants palestiniens d'un soldat israélien d'occupation, qui pourrait bien avoir beaucoup de sang innocent sur les mains, est la cause des politiques simili-nazies d'Israël en Cisjordanie et à Gaza est l'expression flagrante de l'ignorance ou du mensonge criminel.

Devons-nous croire que le meurtre de sang froid d'Ahmad Mousa, à Ni'lin il y a quelques jours, était motivé par l'emprisonnement de Gilaad Shalit ? Devons-nous croire que la démolition systématique des maisons arabes à Jérusalem Est doit être attribuée à l'affaire Shalit ? Le règne de terreur, semblable à celui de la Gestapo, institué par les colons juifs contre des bergers et des paysans palestiniens innocents, dans divers endroits de Cisjordanie, est-il lié à la même question ?

De plus, il est absolument faux de dire qu'Israël aurait été plus enclin à libérer les prisonniers palestiniens sans l'affaire Shalit. En fait, seuls les fous et les ignares donneraient à Israël le bénéfice du doute à ce sujet.

Israël détient des milliers de Palestiniens, dont beaucoup sans charge ni procès, depuis bien longtemps avant "l'enlèvement" de Shalit.

Feu le dirigeant palestinien Yasser Arafat avait fait ce qu'il pouvait, souvent de manière obséquieuse, pour obtenir la libération des prisonniers palestiniens des geôles israéliennes, en vain.

Il a révoqué la Charte Nationale Palestinienne, il a emprisonné et torturé les opposants aux Accords d'Oslo pour faire plaisir et pour apaiser Israël, il a fait construire un casino à Jéricho pour recevoir les joueurs israéliens, il a même été à Tel Aviv baiser la main de Lea Rabin, dont le mari avait ordonné à l'armée israélienne de briser les os des enfants palestiniens pendant le Premier Intifada, l'homme qui n'avait pas hésité à révéler que son souhait était de voir Gaza, avec ses 1,5 million d'habitants, sombrer dans la Méditerranée.

La même chose est arrivée aux prisonniers jordaniens, qui se languissent toujours dans les prisons israéliennes en dépit de la signature d'un traité de paix et les relations exemplaires entre Israël et le royaume hachémite.

Et qu'en est-il des supplications du Président de l'Autorité Palestinienne Abu Mazen pour la libération des prisonniers du Fatah et autres, dont certains, comme Said Al-Ataba et Abu Ali Yatta, sont dans les prisons israéliennes depuis plus de trente ans ?

Toutes ces suppliques et ces prières ont-elles réussi à obtenir qu'Israël libère ces prisonniers ?

Oui, Israël libère occasionnellement quelques prisonniers, pour soutenir la popularité d'Abu Mazen. Cependant, nous savons tous que la condamnation de la plupart des prisonniers libérés dans le contexte de ces "gestes de bonne volonté" était arrivée, ou presque, à expiration.

En outre, il est bien connu que pour chaque Palestinien relâché, le Shin Beth israélien (la principale agence de renseignements intérieurs) en rafle au moins cinq.

Cette attitude israélienne constamment arrogante envers les prisonniers palestiniens, comparée à l'approche scandaleusement libérale envers les terroristes et criminels israéliens, a fini par convaincre des millions de Palestiniens, Arabes et Musulmans que la seule manière de faire sortir leurs fils, filles et bien-aimés de l'enfer israélien est celle du Hezbullah et du Hamas. Israël ne doit s'en prendre qu'à lui-même.

Dans son article, Shalit prétend également que l'emprisonnement souvent interminable des militants palestiniens dans les geôles israéliennes est le résultat inévitable des guerres israélo-palestiniennes précédentes !

De quelles guerres parle-t-il ? Depuis des lustres, le peuple palestinien fait les frais de la barbarie, de la sauvagerie et du nettoyage ethnique israéliens. Les Palestiniens n'ont jamais mené de guerre contre Israël. Les Palestiniens sont victimes du nazisme israélien. Comment un peuple qui survit et meurt quotidiennement de la main indifférente du sionisme peut-il lancer une guerre contre un pays qui possède des centaines d'armes nucléaires et qui est en contrôle étroit des politiques et des hommes politiques américains ? Comment les victimes d'une agression barbare et du nettoyage ethnique peuvent-ils être les initiateurs d'une guerre ?

Shalit prétend donc que la fermeture par Israël du carrefour frontalier de Rafah est liée à l'affaire de son fils.

Ce n'est pas vrai. Nous savons tous qu'Israël a fermé le carrefour de Rafah et les autres passages frontaliers, presque complètement, bien avant la capture de son fils.

De façon intéressante, Shalit dit que c'est la captivité de son fils qui maintient en otage des milliers de civils palestiniens, des gens, dit-il, "non impliqués" et souffrant d'une misère effroyable et d'une pénurie aigue des produits de consommation de base.

Eh bien, merci, Monsieur Shalit, de reconnaître l'innocence des victimes de votre Etat. Merci d'admettre, même indirectement et probablement par inadvertance, qu'Israël est un Etat terroriste qui assassine, affame et torture des civils innocents pour des raisons politiques.

Mais si ces gens sont innocents, et il est évident qu'ils le sont, alors pourquoi ne dites-vous pas à vos dirigeants qu'imposer un blocus, ruiner et affamer des gens innocents est mauvais, et incompatible avec une éthique morale et religieuse ? L'éthique juive excuse-t-elle la torture de gens innocents qui n'ont rien fait de mal ?

On peut avoir de la sympathie pour Noam Shalit, en particulier au niveau personnel. Cependant, M. Shalit devrait essayer, même pour un bref instant, de se mettre à la place des pères, mères et cousins des 11.000 prisonniers palestiniens qui, contrairement à lui, ne bénéficient pas de la puissante machine médiatique mondiale qui a fait de son fils le prisonnier le plus célèbre du monde.

Est-ce que ça ne suffit pas ?

Traduction : MR pour ISM

http://ism-france.org/news/article.php?id=9620&type=analyse&lesujet=Prisonniers http://ism-france.org/news/article.php?id=9620&type=analyse&lesujet=Prisonniers



Vendredi 8 Août 2008


Commentaires

1.Posté par djeha le 11/08/2008 16:48 | Alerter
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au nom de quoi ?

2.Posté par djeha le 11/08/2008 16:50 | Alerter
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cela fait 60 ans que ce massacre dure et tojours personne ne dit mot

3.Posté par anna le 12/11/2008 15:46 | Alerter
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Il n'avait qu'a rester en France.

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