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Nicolas Sarkozy, prochain 'caniche de Bush'? (RBC Daily)


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Mercredi 14 Novembre 2007

Nicolas Sarkozy, prochain 'caniche de Bush'? (RBC Daily)
Les dernières déclarations du président français Nicolas Sarkozy démontrent que Washington s'est trouvé un nouvel allié en Europe, note mercredi le quotidien RBC Daily.

La politique extérieure française a effectué un virage à 180 degrés. Si l'administration Chirac condamnait l'opération en Irak et avait son propre avis sur tous les problèmes clés, l'équipe de Sarkozy, quant à elle, évite soigneusement d'être en contradiction avec la Maison Blanche.

Les critiques sur la politique américaine ne se font plus entendre à Paris. La France préconise désormais la reconnaissance de l'indépendance du Kosovo et un durcissement des mesures à l'égard de l'Iran, mais envoie également de nouveaux soldats et du matériel en Afghanistan.

La France a une particularité: lorsqu'un des leaders mondiaux renforce ses positions, Paris lui cherche tout de suite un contrepoids. Dans les années 1960, ce sont les Etats-Unis qui s'étaient renforcés, c'est pourquoi la France s'était liée d'amitié avec la Chine et l'URSS. A présent que les Etats-Unis s'affaiblissent, s'étant embourbés au Proche-Orient et ayant été confrontés à des problèmes financiers, la France commence à les aider, estime Anatoli Outkine, directeur du Centre d'études internationales de l'Institut des Etats-Unis et du Canada de l'Académie des sciences de Russie.

Selon lui, l'actuelle alliance entre Paris et Washington reflète l'aspiration du monde occidental à s'unir face à la menace de l'expansion des "nouveaux leaders" (Chine, Brésil et Inde), mais si les Etats-Unis se renforcent à nouveau, il est probable que les relations franco-américaines se refroidiront par la suite. Cependant, il n'est pas garanti que ce soit Sarkozy qui s'en occupera: à en juger par son intervention au Congrès américain, son amour des Etats-Unis est tout à fait sincère.

En outre, le président français a déclaré que son pays souhaitait retrouver son influence dans le commandement militaire de l'OTAN, ce qui signifiera le retour de fait de son armée au sein de l'Alliance, d'où elle avait été retirée par le général de Gaulle il y a plus de 40 ans. Si l'on prend en compte que ce sont les Etats-Unis qui jouent le premier rôle au sein de l'OTAN, la conclusion s'impose: Sarkozy veut tout simplement que Washington puisse disposer de plus de personnel et de matériel.

Il est évident qu'après le départ de Tony Blair du poste de premier ministre britannique, les Etats-Unis avaient besoin d'un nouvel allié européen. Nicolas Sarkozy a été un candidat idéal. Ce n'est pas un pays tapageur comme la Pologne ou l'une des "hypodémocraties" baltes qui s'est retrouvé sous le contrôle de Washington, mais une des grandes puissances de l'Ancien monde, disposant d'une puissante économie, d'un potentiel nucléaire et du droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU.

Pourtant, selon l'analyste politique Dimitri Evstafiev, le rapprochement avec Washington a été contraint pour Paris. Le potentiel du gaullisme en tant que pensée s'étant épuisé, le pays a besoin d'une nouvelle idéologie et d'après Sarkozy, ce sont l'atlantisme et le rapprochement avec les Etats-Unis qui doivent la représenter. Il est difficile de dire quel effet aura tout cela sur la France. Tout dépend de la limite que Sarkozy est prêt à franchir en soutenant les actions des Américains. Il ne faut toutefois pas oublier le sort de son prédécesseur au poste de "principal allié des Etats-Unis en Europe" Tony Blair, surnommé "le caniche de Bush" du fait de son soutien consécutif à la Maison-Blanche, a souligné M. Evstafiev.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.


Mercredi 14 Novembre 2007

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