Diplomatie et relation internationale

Nicolas Sarkozy entame une première visite dans le Golfe


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Dimanche 13 Janvier 2008

Pour sa première visite dans le Golfe, Nicolas Sarkozy se rendra à partir de dimanche en Arabie saoudite, au Qatar et aux Emirats arabes unis, acteurs modérés au Proche-Orient avec qui il entend parler de diplomatie, mais de la flambée du prix du pétrole et des grands contrats lorgnés par les entreprises françaises, même si peu devraient être signés. Ce voyage "sera à nouveau l’occasion pour le président d’envoyer un message de paix" à ces trois pays, explique l’Elysée. M. Sarkozy devrait aborder le nucléaire iranien, la persistance de la guerre en Irak et de la menace terroriste, la crise politique au Liban et, évidemment, les espoirs de paix entre Israéliens et Palestiniens. "Il y a beaucoup à discuter", souligne un diplomate français.

Le président français commencera sa visite dimanche à Riyad par l’Arabie saoudite, partenaire-clé de la France dans la région. Au roi Abdallah, qui règne sur le plus grand producteur mondial de pétrole, Nicolas Sarkozy souhaite dire que "l’intérêt des producteurs comme des consommateurs, c’est de faire baisser" le prix du baril de pétrole, qui frôle les 100 dollars, selon un diplomate français. Nicolas Sarkozy se rendra ensuite en visite d’Etat à Doha, lundi et mardi, et terminera son périple en passant quelques heures à Abou Dhabi (EAU).

Côté commercial, la France entend accompagner le développement de la région, boosté par les exportations d’hydrocarbures. Aux grands contrats des secteurs traditionnels comme l’armement, les transports et des hydrocarbures, Paris entend ajouter une offensive dans le secteur du nucléaire, conformément au voeu de Nicolas Sarkozy de "garantir aux pays émergents l’accès aux bienfaits de l’énergie atomique".

Après la Libye et l’Algérie, les Emirats arabes unis devraient ainsi devenir mardi le troisième pays arabe à signer avec la France un accord sur le nucléaire civil. Les groupes français, exportateurs en pointe dans le secteur, espèrent en tirer ensuite des contrats qui pourraient atteindre les quatre milliards d’euros.

Dans les autres secteurs, des négociations sont engagés, principalement en Arabie saoudite, mais "il n’est pas prévu de finaliser des contrats", souligne un diplomate français, l’objectif de la visite étant avant tout "une remise à plat et une reconstruction" des relations avec Riyad.

De plus, Nicolas Sarkozy croisera le président américain W. George Bush, théoriquement attendu en Arabie saoudite deux heures après le départ de son homologue français. "En termes de signatures, ce n’est pas l’idéal", relève un haut fonctionnaire, qui souligne que les groupes américains concurrencent souvent directement les Français. Aucune rencontre entre les deux hommes n’était initialement prévue, affirmait l’Elysée.

Parmi les projets sur la table en Arabie saoudite figure la construction de deux lignes ferroviaires, dont une liaison TGV entre La Mecque et Médine, pour quelque dix milliards d’euros. Dans le secteur de l’eau et de la production d’électricité, Suez, Véolia, la Saur et d’autres groupes français estiment pouvoir glaner jusqu’à six milliards d’euros.

Le royaume wahhabite, confronté à une menace terroriste croissante en partie liée à sa frontière commune avec l’Irak et engagé dans une rivalité avec l’autre grand pays de la région, l’Iran chiite, reste également demandeur de coopération militaire et sécuritaire. Dans ce domaine, Thalès est "en pointe" pour rafler un important contrat de surveillance des frontières saoudiennes, l’ancien projet MIKSA, lancé il y a plus de vingt ans et récemment recadré. Plus de cinq milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) sont en jeu. La coopération militaire sera aussi abordée aux Emirats et au Qatar, deux clients importants.

La France veut également poser des jalons dans le secteur de la culture et de l’éducation, dont la croissance est portée par la jeunesse de la population du Golfe. En Arabie saoudite, un habitant sur deux a moins de 19 ans et l’éducation est désormais le premier poste de dépenses publiques dans le royaume. Plusieurs universitaires engagés dans des coopérations feront donc le voyage avec le président, tout comme l’architecte Jean Nouvel, chargé de la construction du futur Louvre d’Abou Dhabi.

Enfin, Nicolas Sarkozy, qui s’exprimera lundi devant le Conseil consultatif saoudien (Majlis al-Choura), devrait aborder un autre de ses thèmes préférés, celui de la place et du rôle de la religion. Nul doute que le défenseur d’une "laïcité positive" trouvera une oreille attentive dans le berceau de l’Islam.

http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4364 http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=4364



Dimanche 13 Janvier 2008

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