Politique Nationale/Internationale

Nations unies: le talk-show mondial continue (Vedomosti)


Les débats télévisés diffusés sur l'ensemble de la planète proposés par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad ont eu lieu. La 61e session de l'Assemblée générale de l'ONU qui se tient à New York leur a servi de scène.


Ria novosti
Vendredi 22 Septembre 2006


Ahmadinejad ne s'est pas du tout manifesté dans le costume d'épouvantail que lui avaient déjà fait endosser les médias occidentaux, et a même probablement obtenu la radiation de la question des sanctions contre l'Iran de l'ordre du jour à venir. Ahmadinejad a désavoué ou atténué certaines de ces déclarations antérieures (au sujet de l'anéantissement d'Israël par exemple) et s'est montré ferme mais à la hauteur. De l'avis des spécialistes des problèmes du Proche-Orient, le président iranien a adopté une nette différence entre la rhétorique destinée au consommateur intérieur et les "déclarations à exporter". Compte tenu de ce fait, il est parfaitement possible de négocier avec lui.

George Bush, cette fois, a utilisé la tribune des Nations unies pour s'adresser plutôt au consommateur intérieur: les élections au Congrès approchent, alors que les positions des républicains ne sont pas assez solides, notamment à cause des opérations qui s'éternisent en Afghanistan et en Irak. Dans cette situation, les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre de déclencher une guerre en Iran et il est fort douteux que des sanctions puissent nuire à l'économie iranienne, par contre elles sont capables d'unir davantage la société autour de l'antiaméricanisme.

Le président vénézuélien a évoqué le souvenir de Nikita Khrouchtchev et de Fidel Castro. Il a traité George Bush de "diable" ("ce lieu sent encore le soufre") et de "dictateur mondial qui a besoin d'un traitement psychiatrique". Puis il a appelé à abolir le droit de veto au Conseil de sécurité et à partir en guerre contre l'hégémonie des Etats-Unis. Le discours de Chavez était également préélectoral: la présidentielle est fixée au 3 décembre. Son discours a été diffusé en direct au Venezuela, et celui d'Ahmadinejad aux Etats-Unis. En Iran, le président a récemment interdit les antennes satellitaires.

Bush, Chavez et Ahmadinejad ont repris le style de la polémique soviéto-américaine de la période de la crise de Cuba. Rappelons que Nikita Khrouchtchev avait traité en 1960 le secrétaire général de l'ONU, Dag Hammarskjöld, de "suppôt de l'impérialisme".

Cependant, force est de reconnaître que la critique de Chavez au sujet de l'état actuel de l'ONU est en partie juste. La communauté de 182 Etats n'arrive pas à adopter de position unique sur bien des questions. Pour cette raison, l'ONU s'est transformée en une organisation universelle mais peu efficace. D'ailleurs, la majorité des pays n'admettront ni sa dissolution, ni sa transformation profonde. D'après le service Gallup, plus de 55% des personnes interrogées dans le monde entier se sont prononcées pour la poursuite des travaux de l'ONU et seulement 35% pour sa dissolution. En Russie, 45% des sondés sont pour la conservation de l'ONU, 32% pour sa dissolution, les autres sont sans opinion.


Vendredi 22 Septembre 2006

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