Sciences et croyances

Nanoparticules métalliques dans les crèmes solaires et d’autres cosmétiques



Jeudi 5 Février 2009

Nanoparticules métalliques dans les crèmes solaires et d’autres cosmétiques

Une étude italienne récente met en doute leur innocuité

Ce ne sont pas seulement les risques des nanoparticules contenues dans les crèmes solaires qui sont sousestimées. A ce sujet, la spécialiste Biancamaria Baroli: «Actuellement, toute utilisation de produits contenant des nanoparticules – produits qui, intentionnellement ou pas, entrent en contact avec la peau – devrait être soumise à une évaluation minutieuse. Il est prématuré de conclure qu’on peut être sûr à cent pour cent que ces particules sont inoffensives. Cela vaut tout particulièrement pour les particules de taille inférieure à 10 nanomètres.»

bha. Le Département de technologie chimique et pharmaceutique de l’Université de Cagliari, en Sardaigne, s’est penché sur la question de savoir si les nanoparticules métalliques pénétraient dans la peau puis dans l’organisme. Cette recherche était nécessaire car on trouve des nanoparticules dans les produits de beauté, les crèmes solaires et les produits d’entretien. L’étude de Biancamaria Baroli a révélé que les nanoparticules métalliques franchissent la barrière lipidique et peuvent pénétrer au plus profond de la couche cornée, dans les follicules capillaires et parfois même dans l’épiderme vivant.
Baroli et son équipe indiquent que jusqu’ici les expériences se sont limitées aux condi­tions de laboratoire et à des peaux saines. Or on ne peut pas conclure de ces résultats que les nanoparticules ne pénètrent pas profondément dans la peau ni qu’elles ne la traversent pas. Dans des situations de la vie réelle, par exemple lors d’égratignures ou d’écorchures, en cas d’insolations, lorsque la peau est très sèche ou très fortement irriguée, etc. on peut supposer que les nanoparticules ont un plus fort pouvoir de pénétration.
Quels facteurs sont déterminants?
a)    Tout d’abord la taille des nanoparticules: plus elles sont petites mieux elles pénètrent.
b)    Le type d’émulsion ou la composition du produit qui entre en contact avec la peau. La composition chimique peut réduire les barrières naturelles de la peau et faciliter la pénétration des nanoparticules.
c)    La quantité de nanoparticules contenues dans l’émulsion pourrait être déterminante pour sa toxicité potentielle.
d)    Il faut étudier la question de savoir si un effet toxique résulte du fait des composants toxiques des nanoparticules utilisées ou parce que la composition libère des éléments qui se trouvent alors dans un état ionisé.
La conclusion de Baroli est la suivante:
«Actuellement, toute utilisation de produits contenant des nanoparticules – produits qui, intentionnellement ou pas, entrent en contact avec la peau – devrait être soumise à une évaluation minutieuse. Il est prématuré de conclure qu’on peut être sûr à cent pour cent que ces particules sont inoffensives. Cela vaut tout particulièrement pour les particules de taille inférieure à 10 nanomètres.»
Il existe encore des cosmétiques sans nanoparticules. Il est possible de s’assurer une protection – indispensable – contre le so­leil grâce à des crèmes contenant des filtres protecteurs chimiques et à des vêtements adéquats.     •

Source: Journal für Verbraucherschutz und Lebensmittelsicherheit, No 3/2008/, pp. 330-31

Auteure: Biancamaria Baroli, Université de Cagliari, bbaroli@unica.it


Pourquoi la Confédération refuse-t-elle toujours de réglementer la nanotechnologie?

Tout le monde veut du «nano» mais peu
envisagent les conséquences. Nous devons savoir ce qui est sûr et ce qui est insensé.
Wendelin Stark, EPFZ

ra. Chaque jour, des produits nouveaux élaborés grâce à la nanotechnologie arrivent sur le marché. Produits destinés à nous rendre plus beaux, plus jeunes, à nous protéger des UV, à nous libérer de certaines tâches ou à permettre aux aliments de se gâter moins vite. Les consommateurs ne savent pas quels produits contiennent déjà des nanoparticules. Ils ne peuvent pas décider s’ils veulent ou non consommer un aliment contenant des nanoparticules, porter un vêtement enrichi de nanoparticules, utiliser un produit d’entretien contenant des nanoparticules. Sans le savoir, ils achètent quotidiennement des produits contenant ce genre de particules.
Cette situation est insupportable car on n’a effectué que très peu de recherches sur les effets des nanoparticules sur l’homme, les animaux et l’environnement, bien qu’on sache que les nanoparticules synthétiques causent des dégâts aux poumons (comme l’amiante) ou peuvent être toxiques pour les animaux aquatiques. On a en outre des raisons de penser que ces particules franchissent la barrière hémato-encéphalique et parviennent dans le cerveau. Le consommateur ne sait pas quels dégâts elles y occasionnent. On suppose qu’elles pourraient contribuer à l’apparition de la maladie d’Alzheimer.
Il n’existe aucune loi qui détermine ce qui peut être ou ne pas être fabriqué avec des nanoparticules. L’Office fédéral de la santé publique et l’Office fédéral de l’environnement ont publié en allemand un Rapport détaillé.1 Dans le résumé en français, les auteurs re­lèvent que «malgré l’évolution galopante de la nanotechnologie, on connaît encore très peu de choses sur l’exposition de l’être humain et de l’environnement à ces éléments et sur les risques potentiels qui en découlent».
On ne se soucie pas
de la protection des consommateurs
La Confédération et l’industrie ne veulent pas de réglementation. Le Plan d’action 2008 du Conseil fédéral ne fait que donner aux fabricants des lignes directrices concernant l’autocontrôle. Il mise sur la responsabilité individuelle de ces derniers.
On est très loin d’une réglementation juridique car les fondements méthodologiques n’ont pas encore été élaborés. Un de ces fondements est la définition des concepts relatifs à la nanotechnologie. Il n’existe pas encore de définition internationale utilisable. Le Conseil fédéral veut attendre que l’Organisation internationale de normalisation ait trouvé une définition.
Une autre lacune consiste dans la déclaration (information des consommateurs sur les emballages) si bien que des tonnes de nanoparticules nous assaillent et se répandent dans l’environnement. Qu’attendent la Confédération, l’industrie et la recherche?
C’est là un exemple typique d’économie globale qui se développe sans aucune réglementation et génère des milliards de dollars de profits: on parle déjà de billions de chiffre d’affaires.
Jusqu’ici, trois démarches ont été effectuées au Parlement en vue d’une réglementation de la nanotechnologie. La conseillère nationale des Verts Maya Graf a eu le mérite de déposer déjà trois motions. Dans la première, en 2006, elle réclamait une loi sur la nanotechnologie. Les éléments non contraignants de la motion ont été acceptés mais le gouvernement s’est opposé à la demande visant faire établir par le Conseil fédéral une réglementation et une définition en particulier de la notion de nanotechnologie et des domaines d’application.
La même année, Maya Graf a déposé une seconde motion demandant au Conseil fédéral de mettre sur pied un programme national de recherches sur l’utilité et les risques des nanoparticules synthétiques et sur les applications de la nanotechnologie. A l’automne, les Chambres en ont recommandé le rejet sans avoir débattu de la question.
La troisième motion a été déposée en décembre 2008. Elle demande que le Conseil fédéral règlemente, en vertu du principe de précaution, le domaine de la nanotechnologie et introduise une déclaration obligatoire sur les emballages des produits contenant des nanoparticules afin que les consommateurs puissent choisir librement ces produits (cf. encadré).
Il semble que les politiques veulent ignorer l’existence des nanoparticules. Sont-elles trop petites pour eux ou y a-t-il d’autres raisons?    •

1     Synthetische Nanomaterialien. Risikobeurteilung und Risikomanagement, 2007 (avec résumé de 10 pages en français)

Dispositions légales pour la nanotechnologie

Motion déposée par Maya Graf

Le Conseil fédéral est chargé:
1.    d’établir, en vertu du principe de précaution, des dispositions légales dans le domaine de la nanotechnologie
2.    d’introduire une déclaration obligatoire sur les emballages des produits contenant des nanoparticules, ceci afin que les consommateurs aient la possibilité de choisir librement des produits nanotechnologiques ou non.

Développement
Dans le plan d’action sur les nanomatériaux synthétiques (DFI, DFE, DETEC 2008), on trouve le constat fondamental suivant: «Les propriétés physiques et chimiques des nanoparticules synthétiques sont encore inconnues et, partant, le risque impossible à évaluer». A cet égard, le «Rapport de base sur le plan d’action sur les nanomatériaux synthétiques: évaluation et gestion des risques» (OFSP, OFEV 2007) va plus loin encore: un potentiel de risque y est attribué à des produits se trouvant déjà aujourd’hui sur le marché, notamment à des produits relevant du domaine de la cosmétique et du textile: «Eu égard à des risques fondamentalement incertains, force est d’admettre que ces applications sont porteuses de conflits potentiels». Dans ce contexte, il est indispensable qu’une déclaration obligatoire figure sur les emballages afin que le consommateur puisse au moins choisir librement ses produits.
Le rapport de base insiste sur l’absence de conditions-cadre lé­gales. Il constate que l’utilisation de nanoparticules dans les produits ne fait pour l’instant l’objet de dispositions légales particulières que dans de rares cas, et que dans ces rares cas eux-mêmes, aucune tentative d’établir une valeur limite relativement à la grandeur des particules, ni de différencier les divers types de particules n’est effectuée. Il en résulte «d’importants flous juridiques qui, d’une part, peuvent conduire à l’absence d’identification de risques potentiels pour la santé et l’environnement, et, partant, à l’impossibilité de les réduire à un minimum grâce à des mesures appropriées; d’autre part, ils peuvent faire l’effet d’un frein à l’innovation: l’économie n’a qu’un intérêt minime à investir dans le développement de nanotechnologies ou de produits contenant des nanoparticules aussi longtemps qu’elle ignore les exigences légales qu’il lui faudra satisfaire ou les restrictions qui seront imposées aux fabricants». On peut repérer des lacunes règlementaires non seulement dans la législation sur le travail, sur les produits chimiques, sur les médicaments, sur la responsabilité du fait des produits, sur le trafic routier et sur l’environnement, mais également dans les lois sur les travailleurs et sur la protection des eaux.
Le principe de précaution, principe essentiel dans la politique de l’environnement et de la santé, vise à prévenir les risques et les dangers. Le but du principe de précaution est de réduire au minimum les risques qui pourraient ne se manifester qu’à long terme. Comme les connaissances en matière de chances et de risques de la nanotechnologie sont, dans leur stade actuel, encore jugées insuffisantes, il est absolument nécessaire d’utiliser la nouvelle technologie de manière responsable.



Date de dépôt

19/12/08

Déposé au

Conseil national

Etat des délibérations

Non encore traité au conseil

Compétence

Département de l’intérieur (DFI)

Conseil prioritaire

Conseil national


Nanoparticules dans des armes

Nanoparticules métalliques dans les crèmes solaires et d’autres cosmétiques
Le laboratoire de recherches des forces armées américaines se vante d’avoir fabriqué, en partenariat avec le Lawrence Livermore National Laboratory, une ogive à la fois d’une grande précision de tir et provoquant peu de dommages collatéraux, mais à forte létalité. Elle est remplie de très fines particules de métal lourd, des nanoparticules qui, associées à l’enveloppe en fibres carboniques, ont un très haut pouvoir de pénétration. La propagande édulcorée en faveur de la nanotechnologie, même lorsqu’elle prétend avoir évalué les risques, devrait à l’occasion signaler cet usage meurtrier des si «sympathiques» nanoparti­cules et le condamner. Mais voilà, cela mettrait brutalement fin à un marché gigantesque.
Tous ceux qui se trouvent dans une région en guerre respirent les nanoparticules de métal lourd sans aucune protection. Massimo Zucchetti a raison d’affirmer que bien que cela paraisse peut-être secondaire en regard de la situation de la population dans la bande de Gaza, il convient de signaler que les survivants développeront de terribles tumeurs. Ceux qui n’ont pas été tués mourront de cancers provoqués par des nanoparticules de métal lourd beaucoup plus destructrices. •


Jeudi 5 Février 2009


Commentaires

1.Posté par Ramos le 05/02/2009 12:12 | Alerter
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Un police et des Mouchards de 10 Nanometres, presque la taille de notre President!
Magnifique!

2.Posté par Magic Emeraude le 05/02/2009 23:04 | Alerter
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et pan! dans les dents !!mdr

3.Posté par cossuet le 27/09/2010 11:51 | Alerter
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Pendant que l'on nous bassine avec des lois et autres sans importance... on nous mets dans nos assiettes et nos produits courants de soins et ménagés des nanoparticules sans que les écologistes (idiots utiles du NOM) depuits au moins 10 ans...

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