Economie

Nabucco: recherche gaz désespérément (Gazeta.ru)



Jeudi 7 Février 2008

Les délais de mise en exploitation du gazoduc Nabucco ont été à nouveau rallongés, ce qui ne lui laisse plus aucune chance de concurrencer le projet transcaspien russe, note jeudi le quotidien Gazeta.ru.

L'Iran pourrait sauver le Nabucco, mais l'attitude négative de l'Union européenne à l'égard du leader de ce pays, Mahmoud Ahmadinejad, empêche l'adhésion de cet Etat au projet.

Le consortium Nabucco Gas Pipeline International a fait savoir que le projet n'entrerait pas en service avant 2013. Son lancement avait été initialement prévu pour 2011, puis pour 2012.

Le nouveau retard du projet Nabucco, qualifié par les Européens eux-mêmes de mort-né, peut être considéré comme une victoire incontestable de la Russie. Après une série de négociations réussies concernant le gazoduc caspien que la Russie a menées avec ses partenaires étrangers fin 2007 - début 2008, les positions du Nabucco ont été sérieusement ébranlées, indique Konstantin Gouliaïev, expert de la compagnie d'investissement Region. Sa raison d'être paraît de plus en plus discutable, selon lui.

D'après l'analyste, le Nabucco est certainement dans une grande mesure un projet politique, cependant, s'il est trop tard et que le tuyau russe (longeant la côte est de la mer Caspienne depuis le Turkménistan via le Kazakhstan et la Russie) est mis en exploitation plus tôt, la construction de ce gazoduc alternatif ne sera pas menée à bien.

Les gisements gaziers existants ne suffiront pas pour remplir les deux tuyaux à la fois, indique, en faisant écho à son collègue, un analyste de la compagnie d'investissement Finam. La mise en oeuvre de projets de ce type est une affaire relativement coûteuse, et les investisseurs ne dépenseront pas leur argent uniquement pour servir des intérêts politiques.

L'Europe tente toujours de sauver son projet, mais, selon les spécialistes, elle n'a pas choisi le meilleur moyen pour y parvenir. Le consortium qui s'occupe de la mise en oeuvre du projet Nabucco a réorienté son gazoduc du gaz centrasiatique vers les ressources énergétiques de l'Iran, le Kazakhstan et le Turkménistan ayant de fait adopté une position pro-russe sur cette question, explique Dmitri Abzalov, expert du Centre de conjoncture politique. Cependant, les Etats européens, principaux clients du Nabucco, adoptent une attitude très sévère envers l'Iran et surtout envers son président, Mahmoud Ahmadinejad.

M. Abzalov prévient que le choix de l'Iran en tant que fournisseur principal de gaz renforcera considérablement les positions de M. Ahmadinejad sur la scène politique internationale. Or, c'est justement ce que l'Occident tente d'empêcher, souligne l'analyste.

On ne sait pas encore si le projet Nabucco utilisera ou non, en fin de compte, du gaz iranien, mais ci cela n'aboutit pas, le projet perdra définitivement tout sens. A propos, la Russie y est également pour quelque chose. "Notre pays promeut la construction d'un gazoduc reliant l'Iran à l'Inde, explique Dmitri Abzalov. Ce projet pourrait attirer à lui la majeure partie des ressources énergétiques et laisser le tuyau du Nabucco à nouveau vide".

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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Jeudi 7 Février 2008

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