Politique Nationale/Internationale

NATIONALISATIONS / ETATISATIONS OU APPROPRIATION SOCIALE / DEPERISSEMENT DE L'ETAT



Michel Peyret
Mardi 13 Avril 2010

NATIONALISATIONS / ETATISATIONS OU APPROPRIATION SOCIALE / DEPERISSEMENT DE L'ETAT

Aujourd'hui, sous le capitalisme et sa gestion étatique, toutes les nationalisations ne sont, et ne peuvent être, que des étatisations. C'est peut-être une évidence, mais souvent les évidences sont tellement évidentes qu'elles se diluent dans le fleuve des réalités et perdent leurs spécificités.



D'où la nécessité de rappeler de temps à autres leurs identités particulières pour ne point les perdre de vue au risque de tout mélanger pour le plus grand dommage des luttes pour le changement de société qui exigent avant tout la clarté des objectifs.



En général, de qui est composé le Conseil d'administration des entreprises nationalisées ou publiques? Qui désigne les membres de ces Conseils ou au moins la majorité de ces membres?Et par qui est nommé le Président de ces Conseils, si ce n'est d'abord au plus haut niveau de l'Etat?



Et par qui le président de la SNCF est-il rappelé à l'ordre quand il décide quelque jour de grève de fermer la Gare Saint-Lazare?



S'il était nécessaire d'en rajouter, quel est celui d'entre-nous qui n'a pas un jour dénoncé « l'Etat-patron » comme le responsable de tous les maux! L'Etat-patron n'exploite-t-il pas son personnel au même titre que les autres patrons, et d'ailleurs dans l'intérêt des autres patrons qui recourent aux services de ces personnels.



Dans le système capitaliste, le service dit « public » est avant tout au service du capitalisme!



C'est d'abord le cas lorsque le « service public » transporte les salariés des entreprises capitalistes, mais aussi celui des entreprise nationalisées/étatisées.



C'est aussi le cas lorsqu'il transporte les marchandises, également pour le compte des entreprises, pour l'essentiel capitalistes.



Si le « service public » était « un bien commun » comme il est dit, il serait géré en commun. A ma connaissance, cette question de « gestion en commun » n'est guère, sinon jamais abordée, personne au mois ne l'expose publiquement!



Et qu'est-ce que cette « société nouvelle, débarrassée du capitalisme », et qui n'est pas nommée?



Craint-on, et pourquoi, de parler de « communisme », lequel est justement une gestion en commun, et pour faire du commun, à l'inverse de la gestion capitaliste qui permet de favoriser l'appropriation privée des richesses produites par le travail?



Est-ce donc pour éviter de parler d'appropriation sociale, laquelle est bien évidemment très différente de la nationalisation-étatisation, justement parce que cette appropriation sociale permet, elle, la gestion en commun véritable.



Ou bien, est-ce encore pour éviter de parler de « dépérissement de l'Etat », autre concept fondamental du communisme selon Marx?



Lequel « dépérissement de l'Etat » permet la gestion en commun de toute la société, l'auto-administration de toute la société!



Résumons:



Aujourd'hui, c'est l'étatisation et la gestion au service du capitalisme, avec des « élus du peuple » qui, gèrent au mieux les entreprises publiques pour le meilleur intérêt du capitalisme.



Et ce sont d'ailleurs les mêmes qui prennent les décisions de « privatisation », au niveau national comme au niveau européen lors de sommets, décisions bien partagées entre représentants des pays à gestion de « droite » et représentants des pays à gestion de « gauche ».



Le gouvernement de Lionel Jospin, Premier Ministre, qui « cohabitait » avec Le Président Chirac, a parfaitement tenu son rôle de privatisateur en chef en battant tous les records de privatisation, sans compter les décisions prises de privatisations à venir, telles celles relatives aux services publics!



Demain donc, et a contrario, on voit bien qu'il n'y a que le communisme qui pourra permettre au peuple de décider de l'appropriation sociale et du dépérissement de l'Etat permettant la seule et véritable auto-administration de la SNCF comme de l'ensemble de la société.



Aujourd'hui, pour préparer cet avenir, il convient de s'opposer avec toute la force du possible à la poursuite de la privatisation de la SNCF, laquelle est en effet bel et bien commencée avec la privatisation des LGV selon le système des PPP ( Partenariats Public-Privé ), système qui a été inauguré sous le gouvernement Jospin avec la privatisation de la ligne Perpignan-Figueras.



Le ministre des transports était alors qui vous savez, lequel avait déjà « à son compte » la privatisation des autoroutes!



Et il en est qui s'étonnent de la puissance des abstentions, tandis que d'autres ne veulent pas les voir!



Et pourtant, il faudra bien s'en convaincre totalement un jour, car on le sait au moins depuis Marx: ce sont les masses qui font l'histoire!



Mardi 13 Avril 2010


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