Politique Nationale/Internationale

Musharraf, contre l'enquête de l'ONU sur le meurtre de Bhutto



Dimanche 13 Janvier 2008

Musharraf, contre l'enquête de l'ONU sur le meurtre de Bhutto
Le Chef de l'exécutif pakistanais dit fermement "non" à une possible enquête des Nations Unies sur l'assassinat de la défunte Benazir Bhutto, comme le réclame le parti de l'ancien Premier Ministre. " C'est impossible. Impliquer d'autres pays dans l'affaire?", a dit le Président pakistanais au Figaro. " Le Pakistan n'est pas le Liban.", est allé plus loin dans ses propos, en allusion à l'idée d'une enquête onusienne sur le meurtre de l'ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri. Dans son interview avec "Le Figaro", Musharraf reconnaît l'existence d'une campagne terroriste liée à Al-Qaïda et visant à la déstabilisation du Pakistan, mais, a-t-il ajouté, le pays n'est pas au bord du gouffre et de la désintégration. Le rejet par Musharraf d'une enquête de l'ONU sur la mort de l'ancien Chef de file du Parti du peuple pakistanais (PPP) montre qu'il ne souhaite pas voir le processus des enquêtes traîner en longueur au risque de compromettre la position du parti au pouvoir. En réalité, le Président pakistanais, en rappelant l'attentat en 2005 contre la vie du feu Hariri, entendait implicitement suggérer qu'un autre pays était impliqué dans le meurtre de l'ancien Premier ministre libanais et relever par la même occasion le fait que les enquêtes, de ces deux dernières années de l'ONU, dans ce domaine sont restées lettre morte. Ne sont pas rares les observateurs politiques qui estiment que les enquêtes de la commission de suivi de l'ONU sur le meurtre de Hariri ont été même déviées en raison de l'implication directe du Mossad dans ce crime. Le Président Musharraf croit qu'en cas d'ingérence des Nations Unies dans l'affaire de l'assassinat de Bhutto, d'autres pays étrangers se permettraient de s'ingérer dans ce dossier. Cependant, les critiques du gouvernement ont de leur côté une autre vision des choses : selon eux, Musharraf refuse une enquête onusienne par crainte que le voile soit levé sur certaines vérités. Au cas où le rôle des éléments du gouvernement pakistanais dans l'attentat contre l'opposante serait prouvé, Musharraf se verrait forcé d'adopter une attitude conformément à la loi et à la constitution pakistanaise envers eux. Par conséquent, il serait contraint à une face à face directe avec la puissante armée et ses services des renseignements, ce qui ne profiterait sans doute pas au Chef de l'exécutif. Il s'avère que l'ouverture d'une enquête internationale sur l'assassinat de Benazir et la publication des résultats finaux ne va en rien en faveur du gouvernement pakistanais. Il en ressort que si Musharraf n'a pas refusé jusqu'à présent l'aide de Scotland Yard, c'est parce qu'il veut se préserver des pressions intérieures et étrangères. Ceci dit, il continue à faire la sourde oreille aux exigences de l'opposition, ce qui risque de l'enfoncer davantage dans sa posture de président en difficulté.

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Dimanche 13 Janvier 2008

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