Lors du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) à Téhéran, le 28 avril, la Russie présentera son projet de statuts du FPEG, que Moscou rêve depuis longtemps de transformer en une "OPEP du gaz", note lundi le quotidien Kommersant.
A la différence du projet iranien, qui ressemble aux statuts de l'OPEP "du pétrole", Moscou formule les tâches et les objectifs du FPEG de façon plus modérée: l'organisation doit devenir une plate-forme internationale pour élaborer la formule du prix du gaz et débattre des itinéraires de nouveaux gazoducs. Selon les experts, il sera très difficile pour les participants potentiels à "l'OPEP du gaz" de s'entendre.
Gazprom et le ministère de l'Industrie et de l'Energie rejettent catégoriquement toutes les analogies entre le futur FPEG et l'OPEP. "Nous n'avons pas besoin d'un accord de cartel", affirment les responsables interrogés par le Kommersant.
Les initiatives actuelles de Moscou sont de fait une réponse aux propositions concernant le futur FPEG présentées par l'Iran à la fin de l'année dernière. Selon des sources au sein de Gazprom et du gouvernement russe, le projet iranien reproduisait dans une grande mesure les statuts de l'OPEP. Le document a été soumis à une expertise au sein des ministères russes mais nombre d'entre eux ont donné des conclusions négatives.
Les interlocuteurs du quotidien refusent de prédire lequel des deux projets de statuts du FPEG, qui se font actuellement concurrence, sera approuvé lors du forum de juin à Moscou. En attendant, il y a déjà suffisamment de signes témoignant du fait que les participants potentiels à "l'OPEP du gaz" ont des intérêts et des attentes tout à fait différents. Par exemple, lors d'un déjeuner organisé en l'honneur du président russe, Vladimir Poutine, la semaine dernière, le leader libyen Mouammar Kadhafi a déclaré que Tripoli soutenait fermement l'idée de créer une organisation des pays producteurs et exportateurs de gaz à l'instar de l'OPEP. Cependant, il a immédiatement expliqué ce qu'il attendait de cette organisation: ses participants devront aider les pays victimes de la flambée des prix du pétrole, en particulier les Etats africains.
Les experts se montrent critiques quant à l'éventualité de création d'un analogue gazier de l'OPEP. Vladimir Milov, président de l'Institut de politique énergétique, explique que les fournisseurs et les consommateurs de gaz seront reliés, dans les dix années à venir, par des pipelines directs qui se croiseront peu. Le Qatar est le plus grand fournisseur vers les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, et l'Algérie vers l'Espagne et l'Italie, et ils ne peuvent pas se substituer l'un à l'autre, précise M. Milov.
La concurrence s'aggrave aujourd'hui en matière d'itinéraires de transport de gaz. Dès que la Russie a annoncé son projet South Stream, l'Iran s'est dit prêt à devenir une base de ressources pour le Nabucco [projet alternatif soutenu par les Etats-Unis] et s'est empressé de conclure des contrats bilatéraux sur la livraison de gaz vers l'UE via le Gazoduc transadriatique, en provenance de Turquie vers la Grèce, puis éventuellement vers l'Italie, note l'expert. On ne peut décemment pas espérer que les concurrents se concerteront sur les itinéraires.
Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.